X. lut
Subsf. gr. cendr.
Olive sup.
N. trop.
Form. rétie.
Fig. 330. — Substance grise ganglionnaii'e du tronc cérébral. Figure sclicmatique.
ce sac, qui contient un noyau médullaire, est ouvert seulement sur le milieu de sa face interne, au niveau de son /ti/e. Il mesure 15 mm. en hauteur. 6 en sens transversal. 5 en sens antéro-poslérieur : la lame elle-même a une épaisseur de Û ujm. 3. Le sac est aplati en sens sagittal, en sorte qu'il présente un feuillet antérieur ou ventral, un feuillet postérieur ou dorsal. 11 n'est bien net q>ie chez les mammifères, et encore l'homme seul possède une olive fortement plissée : les plis sont rudimentaires chez les singes, et font défaut chez la plupart dos animaux ; la lamelle est rudimentaire chez le bœuf, le cheval. Les oiseaux n'ont pas d'olive et seulement des celhdes éparses.
La lamelle nerveuse est composée : d'abord d'un grand nombre de petites cellules rondes, de 18 à 15 fi, à pigment jaunâtre, possédant plusieurs prolongements protoplasmiques et un prolongement nerveux ; puis d'un riche plexus de fibres fines qui déploient autour des cellules leurs arborisations terminales et constituent les fibres inliT/eures âe Kœlliker. Gel auteur présume que les fibres arborisées proviennent des cellules de l'urkinje dans le cervelet et que les cylindre-aies des cellules olivaires vont au reste du cordon latéral du
NÉVROLOGIE
bulbe. Extérieurement l'olive est recouverte par une couche blanche d'épaisseur très variable, que lui fournissent les Obres arciformes externes ; celles-ci proviennent ou de l'olive ou de la pyramide antérieure (voyez fig. 330).
L'olive bulbaire est en rapport l°avec le cervelet, 2» avec la moelle, 5" avec le cerveau.
lo Avec le cervelet, par le faisceau olivaire cérébelleux. Ce faisceau bien connu provient du noyau dentelé et de l'écorce cérébelleuse, suit le corps restiforme qu'il constitue en majeure partie, s'échappe de sa face antérieure, au moment où il aborde le bulbe, et divergeant en large éventail traverse toute la partie latérale du bulbe à l'état de fibres arciformes. Les libres convergent vers l'olive, se réunissent en faisceaux pour pénétrer de part en part la lamelle nerveuse qu'ils fragmentent, et après s'être croisées dans le raphé vont aboutir à l'olive opposée. On appelle pédoncule de l'olive le faisceau des fibres cérébelleuses qui entre en masse compacte par le hile de l'olive. Les olives sont ainsi en relation croisée avec le cervelet.
2" Avec la moelle, par le faitceau olivaire spinal. — Cette voie est incertaine. Kœlliker suppose que les cellules olivaires envoient leurs cylindre-axes au reste du cordon latéral dans le bulbe et par celui-ci à tout le cordon latéral de la moelle. Ce serait la voie cérébelleuse descendante. Helweg, sous le nom de faisceau triangulaire, Bechterew, sous celui de faisceau spinal de l'olive, ont décrit simultanément un faisceau de fibres fines qui s'étend depuis le haut du renllement cervical jusqu'à l'extrémité inférieure de l'olive. 11 occupe dans la moelle l'espace compris entre le cordon antérieur et le cordon latéral, en avant du faisceau de Gowers dont il semble être la partie antérieure ; dans le bulbe, la région des pyramides. 11 naîtrait des cornes antérieures et se terminerait autour des cellules olivaires (Voy. Bechtei'cw, Ucbcrdas Olivenbûndel, Neur. Centr. 1894).
30 Avec le cerveau, parle faisceau olivaire cérébral. — Bechterew a décrit sous le nom de voie centrale de la calotte {Neur. centralbl. I880) un faisceau qui sort de l'olive dans sa partie externe et dorsale, se constitue immédiatement avec son volume définitif et sa forme compacte, passe dans le pont au-dessus du corps trapézoïde, puis se rapproche de plus en plus de la partie postérieure, pénètre dans la formation réticulée, et la suit jusqu'au pédoncule cérébral. Dans cette dernière région, il passe à travers le pédoncule céréb. supérieur, sur la face dorsale du noyau rouge, et après croisement aboutit au corps strié.
Cette voie centrale serait identique avec le faisceau décrit par Stilling comme prolongement du cordon latéral, par d'autres comme faisceau de la calotte de la commissure postérieure. Flechsig admet aussi l'existence de ce faisceau ; mais Kœlliker dit qu'elle est entièrement hypothétique. Enfin il est probable qu'on peut identifier la voie centrale de Bechterew avec le faisceau cérébro-olivaire récemment signalé par Luys (1894, Ac. des sciences) : cet auteur le décrit comme une bandelette blanche qui descend par la partie postérieure de la protubérance pour envelopper la face externe de l'olive et se perdre dans ses replis.
Quels que soient les faisceaux qui relient l'olive à la moelle, au cerveau et au cervelet, et quand même nous saurions ceux qui sont centripètes et ceux qui sont centrifuges, le rôle de cet organe n'en resterait pas moins tout à fait énigmatique.
L'olive est accompagnée de deux petits noyaux appelés olives accessoires ou parolives; on les distingue en externe et interne (Voyez fig. 330).
La parolive externe ou dorsale est un noyau plat, transversal et rectiligne, en certains points courbé en arc, situé derrière le feuillet postérieur de l'olive. Il correspond au hile, par conséquent à la partie moyenne de l'olive et se confond en haut avec la parolive interne.
La parolive interne est un noyau long et étroit, composé de deux lamelles, coudées l'une sur l'autre à angle obtus ; une de ces lamelles est tranvcrsale, longue de 3 à 4 mm. et placée derrière la pyramide antérieure, l'autre est sagittale, un peu plus courte, et s'enfonce dans la couche interolivaire ; cette dernière existe seule à la partie postérieure. Le noyau olivaire interne commence plus basque l'olive et se prolonge moins haut ; il lui est relié par des ponts de substance grise.
Les parolives externe et interne ont la même structure que l'olive, dont elles représentent des parties aberrantes.
2» Noyau arciforme. — Le noyau arciforme, noyau des pyramides, est un mince feuillet superficiel qui de bas en haut apparaît d'abord à la face antérieure des pyramides, puis sur leur face interne le long du sillon médian (voyez fig. 330). H commence un peu au-dessous do l'olive et se prolonge plus haut qu'elle, dans la protubérance, où il se présente sous une forme triangulaire. Dans ce long trajet, il envoie dans la pyramide des prolongements
STRUCTURE DU TRONC CEREBRAL
qui so confondent avec les petits noyaux, de position et de nombre inconstants, que contient cet organe. Il l'ait défaut chez les niainmilcres non primates.
Mingazzini pense que le noyau arciforme est un centre moteur qui transmet à la moelle les impulsions cérébelleuses. Mais on admet communément que ce ganglion n'est qu'une expansion, une projection à distance des noyaux protubérantiels ; il se continue en elfet avec eux par son extrémité supérieure, et il en a la structure, cellules très petites, l'usii'ormes. bien dilTérentes de celles de l'olive. KcoUiker admet que le noyau arcilorme rc(;oit la terminaison d'un certain nombre do fibres rcstil'ormes liomolatérales et qu'il émet ses propres libres dans le corps restiforme opposé ; il le considère donc comme une commissure inter-cérébelleuse.
30 Noyaux protubérantiels. — A travers les fibres transversales, et même au milieu du laisceaii pyramidal a son jiassage dans le pont de Varole, sont infiltrés de très nombreux ilôts de couleur gris foncé, les uns formant des masses importantes, les autres de simples nids. Ils sont disséminés dans toute l'épaisseur du pied et la protubérance, comblant les espaces libres que laissent entre elles les fibres des couches profondes ou superficielles; les i)lus importants sont situés enavant du faisceau pyramidal. Ce sont les noyaux gris protubérantieh ou noyaux du pont. Ils se prolongent dans le bulbe en constituant le noyau arciforme. (Voyez fig. 330).
Ils sont composés de nombreuses cellules de petite taille, I 5 à 20 fi, fusiformes .étoilées ou triangulaires, plongées dans un riche plexus que forment les fibres alférenles. Ces fibres atîél'entos viennent de plusieurs sources : — 1° du cervelet. Un certain nombre de cellules de Purkinje envoient leurs libres nerveuses dans les noyaux protubérantiels liomo et contrelatéraux, mais principalement dans ceux du côté opposé, après croisemenldans le raphé ; ces fibres ilu pédoncule cérébelleux moyen sont centrifuges par rapport au pont; — 2" du faisceau tie Meynerl, qui, issu du lobe temporal et descendant par la partie externe ilu pied pédonculaire, se termine dnns certains noyaux protubérantiels, ainsi que l'atteste l'atrophie de ces centres ganglionnaires constatée dans les dégénérations du faisceau ; — 3" du faisceau pyramidal, qui à son passage dans la protubérance émet d'innombrables collatérales dont les terminaisons plexiformes entourent les cellules ganglionnaires [V. Cajal, le pont de Varole, 1894).
Parleurs libres alTércntes, les ganglions du pont sont donc en ra)>port nvec le cerveau et avec le cervelet. Leurs fibres efféreales, c'est-à-dire les cylindre-axes de leurs cellules retournent au cervelet par la même voie du péiloncule moyen, lequel comprend des fibres centripètes et des fibres centrifuges; presque toutes ces fibres se croisent dans le raphé' du pontet vont à l'hémisphère cérébelleux opposé. On les a suivies jusque dans la couche des grains, dans laquelle elles constituent probablement les fibres grimpantes (Cajal, Acsu/ay). l'ar elles mêmes, par leurs collatérales ascendantes, elles impressionnent les celluli's de Purkinje, auxqu^les elles apportent soit les excitations cérébrales du faisceau pyramidal et du faisceau île Meynert, soit les excitations cérébelleuses des cellules de l'hémisphère opposé (libres conuuissurales).
Uechterew admet que les noyaux de la partie inférieure du pont envoient leurs fibres dans la moelle et non dans le cervelet ; il les considère comme les éléments de la voie cérébelleuse descendante, ces noyaux supérieurs restant all'ectés à la voie ascendante cérébro-cérébelleuse. C'est une hypothèse qui ne repose que sur îles observations embryologiques contestées par d'autres observateurs.
4° Locus cœruleus ou Substantia ferruginea. — Nous avons déjà signalé (p. 299) sous ce nom une traînée brune ou bleuâtre qui s'étend, dans la partie supérieure du plancher du (piatrième ventricule, en tlehors du funiculus teres, en avant de la fossette antérieure. Toujours superficielle, dissinmlée ou non par une nnnce couche blanche, elle aune longueur apparente lie 5 mm. environ, mais se poursuit en réalité sur une étendue de 1 cm. jusqu'à l'émergence du pathétique, par conséi]uent jusqu'aux tubercules qu. postérieurs. Sur la coupe, le locus cœruleus occupe le bord externe du ventrieide, en avant et en dedans de la racine ascendante ou céi'ébrale du trijumeau, entre elle et le faisceau longitudinal postérieur. Il est composé de cellules nioyeimcs et grosses, très grosses même, puisiju'elles atteignent jusqu'à GO et 70 en longueur, de forme multipolaire et contenant un |iigment gris qui les colore intensivement. Ce pigment fait défaut chez l'enfant et chez la ])lupart des animaux. Amaldi signale chez l'adulte des cellules non pigmentées mêlées aux autres, et des cellules pigmentées éparses qui se prolongent jusqu'au noyau rouge et rattachent ce ganglion au locus cœruleus.
La signification du locus cœruleus est incertaine. Ilelil et Craniei- le rattachent en partie aux origines motrices du trijumeau.
jo Locus niger de Sœmmering. — Le locus nigerou substantia ni^'ra. i[ue nous avons déjà signalé (page 308), porte le nom de substance de Si.enunering bien ([ue Vicq d'Azyr
NËVROLOGIE
l'eût déjà décrit sous le nom détache noire. C'est une couche ardoisée, épaisse de 1 à 2 mm., conformée sur la coupe en croissant à concavité supérieure, étendue du sillon latéral de l'isthme au sillon de l'oculo moteur commun; elle sépare dans le pédoncule cérébral les régions du pied et de la calotte (Voyez fig. 330). Elle dépasse le pédoncule par ses deux extrémités, sinon comme tache noire du moins comme amas cellulaire ; car des cellules non pigmentées la prolongent en bas dans le pont sur 5 à 6 mm. d'étendue, jusqu'au noyau latéral du faisceau acoustique, en haut dans la région sous-optique jusqu'au corps de Luys (Amaldi).
Mingazzijii avait cru reconnaître dans les cellules de la couche supérieure du locus niger une forme pyramidale et une orientation régulière, qui rappelaient celles de l'écorce cérébrale et portaient à assimiler ce ganglion à un ganglion du manteau. Amaldi n'a pas retrouvé cette disposition. Selon lui, le locus niger est, comme le lœcus cœruleus, et comme beaucoup d'autres îlots épars dans le pontet dans le pédoncule, un mélange de cellules, les unes très pigmentées, les autres non pigmentées. Leur forme est très variable, pyramidale, globuleuse, fusiforme ; il n'y a pas do stratification précise ni d'orientation fixe du corps cellulaire; tout ce qu'on peut dire, c'est que le cylindre-axe semble se diriger presque toujours en avant vers le pied du pédoncule.
Le locus niger existe chez tous les animaux, au moins sous des formes équivalentes; mais, chez l'iiomme seul, les cellules présentent la pigmentation caractéristique, qu'elles n'acquièrent d'ailleurs qu'après la naissance.
Au milieu des cellules se trouve un plexus constitué par les fibres afférentes d'origine inconnue. On a décrit, sous le nom de faisceau longitudinal intermédiaire ou couche intermédiaire, des fascicules de fibres nerveuses qui occupent surtout la partie externe du locus niger, et sous le nom de pédoncule du locus niger (Mcynert), ou étage dorsal du pied (Flechsig), un faisceau situé entre le locus et le faisceau pyramidal. Ces faisceaux représenteraient les fibres cérébrales afférentes.
En fait les relations du locus niger sont tout à fait obscures. Tout ce qu'on peut dire c'est que ses fibres effércntes descendent en majeure partie dans le pied du pédoncule, qu'elles traversent en sens radié pour se recourber et devenir fibres longitudinales à direction inconnue. Tel auteur unit le locus niger au corps strié, tel autre à la couche optique. On a observé plusieurs fois la dégénérescence de ses cellules à la suite de lésions étendues du cerveau, de l'atrophie unilatérale du cerveau, de vastes lésions des corps opto-striés, de foyers anciens dans le bras antérieur de la capsule interne (Bechtereic). Tout récemment Edinger, se fondant sur des recherches d'anatomie comparée etsurla dégénération secondaire provoquée chez un chien par l'ablation des corps striés, admet que, conformément aux vues anciennes de Meynert, le locus niger reçoit une partie des fibres de l'anse lenticulaire, par conséquent dn corps strié et que c'est là un des traits d'union entre le cerveau antérieur et le cerveau moyen.
(Voy. Amaldi, Contributo ail' anatomia délia regione pcfdoncolarc , Rii\ speriment 1892).
6° Noyau rouge. — Le noyau rouge (voy. p. 309) est un ganglion situé dansia calotte du pédoncule cérébral, lia une teinte rougeâtre, une forme globuleuse, un D. de 6 à 7 mm. Il occupe la partie supérieure ou proxiniale du pédoncule, celle qui correspond aux tubercules quadrijumeaux antérieurs, et se prolonge dans la région sous-optique. En arrière de lui (en sens distal), sous les tubercules quadrijumeaux postérieurs, est le croisement des pédoncules cérébelleux supérieurs qui, après décussation, pénètrent dans le ganglion et s'y terminent en grande partie. Les fibres radiculaires du moteur oc. commun le traversent sans s'y arrêter.
Le noyau rouge est composé de nombreuses cellules multipolaires pigmentées. Il appartient à la voie cérébro-cérébelleuse. Nous y reviendrons en décrivant le cervelet. Forel observe que le noyau rouge et le pédoncule cérébelleux supérieur ont chez l'homme un puissant développement, comparés aux tubercules quadrijumeaux et à l'étendue de la calotte pédonculaire.
Noyau du tractus pédonculaire. — Sous ce nom Bechtercw décrit un petit amas de substance grise, conique, situé entre le noyau rouge et le locus niger, qui recevrait les fibres du tractus pédonculaire transverse.
7" Substance grise centrale. — La substance grise qui entoure immédiatement dans la moelle le canal de l'épendyme se prolonge dans le bulbe à la surface du plancher, le long du sillon médian, puis se reconstitue en tube autour de l'aqueduc de Sylvius ; à son débouché, elle se continue avec la substance grise du ventricule moyen. Elle est parsemée d'un grand nombre de cellules nerveuses de formes et de grosseurs variables; dans certains points, ces cellules se réunissent en groupes, et c'est ainsi que nous avons signalé le noyau du funiculus te?'es, qu'on voit en dedans du noyau de l'hypoglosse, sur la lèvre
STRUCTURE DU TRONC CEREBRAL
liu sillon iii(?clian, el qui est bien marqué vers l'cxlréniité supérieure do l'aile blanche iiilurue ; puis les deux noyaux de petites cellules qui occupent la substance grise de l'aqueduc au niveau dos tubercules qu. postérieurs, noyaux que Westphall a successivement rapportés aux origines du nerf pathétique.
Au milieu de cette substance grise ventriculairc est disséminée une immense quantité (le libres, ordinairement d'une grande iinesse D'après Schutz, un grand nombre de ces fibres auraient une direction longitudinale et seraient rassemblées' en un faisceau, faisceau loïKjiludinal dor'^al, qui s'étend de la substance grise du ventricule moyen à la substance qui entoure le canal central de la moelle, dans la partie inférieure de la moelle. Il occupe l'épaisseur de la substance grise et sui' le plancher s'étale en nappe tout à fait supcrlicielle. Il relie non seulement ses points d'origine et de terminaison, mais les parties intermédiaires, et coMuiiuni(|ue avec les noyaux des nerfs crâniens. Kœiliker conteste l'existence de ce faisceau; pour lui il n'y a que des libres éparses dirigées en tous sens, qui sont poul-étre lies voies courtes d'association. Les cylindre-axes des cellules se terminent tous dans la substance grise ventricidaire et no se rendent jamais aux noyaux des nerfs crâniens.
(Voy. Schût-:, Ueber die Faserlauf in centralen Ikelilengrau (.l/'c/i. /'. J^sijch., 1890; et Kccllikcr, Gewebe/lire, 1893).
8° Formation réticulée. — La formation réticulée n'est pas à proiirement parler un l'dé^ment nouveau du bulbe, mais dans le tronc cérébral seulement elle actiuiert un développement important. Sur toute la longueur de la moelle, l'angle rentrant compris entre la corne postérieure et la partie latérale de la corne antérieure est occupé par un réseau de prolongements de la substance grise, dans les mailles iluquel passent les libres du faisceau latéral profond ; ce réseau porte le nom Aa formation mliculée. H s'accroit en sens ascendant, et atteint son plein développement dans le haut de la région cervicale. A ce niveau, dès le deuxième nerf cervical, les faisceaux pyramidaux du cordon latéral se dirigent vers la ligne médiane pour s'entrecroiser ; dans leur trajet oblique ou horizontal, ils coupent les libres longiludiuales qui entourent la substance grise, et ces intersections produisent de nouvelles mailles.
Le pi'omier accroissement de la formation réticulée est donc produit par l'enlrecroisement <les pyramides, dans la région de transition cervico-bulbaire. A partir du bulbe, la formation réticulée est constamment située dans la région de la calotte.
Dans le bulbe, elle occupe un vaste espace, tout l'espace compris entre les pyramides en avant, les cordons postérieurs ou la substance grise du plancher en arrière; latéralement elle s'étend sur presque toute la largeur tlu bulbe. On l'a subdivisée en deux parties, la formation blanche, ou champ interne, île forme triangulaire, comprise entre le raphé médian et les racines de l'hypoglosse ; la forniation grise ou champ externe, allant do ces mémos racines à celles des nerfs mixtes. La formation blanche est ainsi appelée ]iarce qu'elle est composée presque uniquement de libres médullaires et ne renferme que de rares cellules nerveuses. C'est seulement près du raphé que se voient de petits amas de cellules, analogues à celles du noyau arciforme et désignées parfois du nom de noyaux arciformes du raphé. Ce champ interne de la formation réticulée blanche n'est autre que la couche interolivaire, que nous savons être constituée presque exclusivement par les libres ascendantes du ruban de Rcil, et dans la partie tout à fait tlorsale par le conunencenumt du faisceau longiluilinal postérieur.
Dans la protubérance, la formation réticulée est uniformément grise, les cellules étant réparties sur toute son étendue, et mémo les grandes cellules habitent de préférence près du raphé; on peut toutefois, mais à un point de vue purement topographi(iue, distinguer un champ interne limité par le raphé et par les racines du moteur oc. externe. Le champ réticulé occupe à peu près toute la calotte entre le plancher ventriculairc et les libres transversales du ])ont, et d'un pédoncule cérébelleux à l'autre.
Dans le pédoncule cérébral, son territoire est de plus en plus restreint par le passage des pédoncules cérébelleux supérieurs el l'interposition des noyaux rouges ; il correspond à l'espace compris entre la substance grise centrale, le locus niger et le ruban de Reil. C'est sous cette forme extrêmement amoinilrie que la formation réticulée pi'uèlre dans la région sous-optique pour se fondre en partie dans la couche optique, en partie dans la paroi du ventricule moyen.
Sur toute son étendue, la formation réticulée est com])Osée di' deux éléments, de cellules nerveuses et de fibres métiullaires.
Les cellules nerveuses appartiennent à deux catégories, les grandes et les petites. Les grandes cellules sont étoilées et peuvent atteindre une taille colossale jusqu'à 90 p ; elles ressemblent tout à fait aux grandes cellules radiculaires do la moelle, sauf que leurs prolongements proloplasuiiquos sont peu ramiliés. Les petites cellules, multipolaires ou fusilormes, ont la mémo disposition que les grandes. Tous ces éléments occupent les travées du réseau.
Les fibres médullaires suivent deux directions diamétralement opposées : les unes sont longitudinales, dans l'axe du tronc cérébral et passent dans les trous du réseau ; les autres, perpendiculaires aux premières, sont transversales et décrivent des arcs à concavité interne ; elles se croisent presque toutes dans le raphé. La plupart de ces fibres sont fines et groupées en minces fascicules.
L'origine des fibres transversales arciformes est variable suivant la région. Dans le bulbe, elles proviennent essentiellement de l'épanouissement du corps restiforme, et plus particulièrement du faisceau olivaire cérébelleux; dans la protubérance, d'abord des cellules mêmes de la formation réticulée dont les prolongements cylindraxiles prennent à leur naissance une direction horizontale avant de se recourber en sens longitudinal ; puis des fibres afl'érentes et efférentes des noyaux du nerf crânien ; dans le pédoncule cérébral, à ces fibres s'en ajoutent d'autres des pédoncules cérébelleux, du noyau rouge et des tubercules quadrijumeaux.
Les fibres longitudinales sont représentées dans le bulbe, pour la formation réticulée interne qui correspond à la couche interolivaire, par les fibres ascendantes du ruban de Reil ou faisceau sensitif, et pour la formation externe par la terminaison des faisceaux de la moelle, autres que le faisceau pyramidal et les faisceaux po.stérieurs. Dans le pont de Varole et dans le pédoncule cérébral, ce sont surtout les cylindre-axes des cellules réticulées qui constituent les fibres longitudinales en se recourbant à angle droit et en devenant ascendants après leur premier trajet transversal.
Kœlliker considère la formation réticulée coiimie une voie centripète de troisième ordre. Ses cellules reçoivent la terminaison d'un grand nombre de fibres cordonales de la moelle, surtout des fibres du cordon latéral, et à leur tour transmettent à des étages plus élevés les excitations qu'elles ont reçues des fibres médullaires. Ce seraient donc des voies courtes d'association. Cajal y ajoute la terminaison de nombreuses fibres cérébelleuses, issues des cellules de Purkinje. Mais on ignore où aboutissent à leur tour les fibres ascendantes réticulées ; on sait seulement que leur nombre décroit de bas en haut et qu'on n'en trouve plus qu'un petit nombre au passage du pédoncule dans le cerveau.
Kœlliker déclare que nulle part les cellules de la formation réticulée ne se rassemblent en noyau, et que nulle part les fibres longitudinales ne se réunissent en faisceau, à l'exception du faisceau longitudinal postérieurque nousdécrirons plus loin. C'est un ganglion essentiellement diffus. Bechterew au contraire croit pouvoir distinguer plusieurs amas ganglionnaires et un faisceau allant de l'olive au troisième ventricule, faisceau qui est la voie centrale de la calotte et dont nous avons déjà parlé à propos de l'olive.
Les noyaux que Bechterew admet dans la formation réticulée sont : 1° pour le champ externe, en dehors de l'émergence de l'hypoglosse ou du moteur oc. externe, le noyau du cordon latéral, l'olive supérieure ou prolubérantielle, et un petit noyau innominé de la calotte du pédoncule cérébral. A vrai dire, ces centres cellulaires sont placés dans le champ de la formation réticulée, mais ne sont pas formés par ses cellules. — 2' Pour le champ interne, le noyau de Roller, le noyau réticulé de la calotte et le noyau central supérieur. Ceux-ci sont vraiment propres à la substance réticulée, mais Kœlliker, ainsi que nous l'avons dit, ne les trouve pas sulfisamment caractérisés.
Le noyau de Roller ou central inférieur atteint son plus grand développement au niveau de l'extrémité supérieure de l'olive; il est formé de grosses cellules et remplit presque toute l'étendue du champ interne. Il reçoit le plus grand nombre des fibres du faisceau fondamental latéral. Le noyau réticulé de la calotte occupe les deux tiers inférieurs de la protubérance ; dans son plus grand développement, il s'étend d'avant en arrière depuis le ruban de Reil jusqu'au faisceau longitudinal postérieur; il émet de chaque côté trois prolongements compacts. Enfin le noyau central supérieur est placé immédiatement audessus du précédent et correspond au tiers supérieur du pont de Varole. Il suit de cette description que, dans toute la hauteur du bulbe et de la protubérance, le champ interne triangulaire de la formation réticulée et par conséquent de la calotte est occupé par des amas cellulaires qui se succèdent sans interruption et sont de bas frn haut: le noyau de Roller, le noyau réticulé et le noyau central supérieur.
(Voy. Bechterew, Ueber die Langfaserzûge der Formatio reticularis, iVet</'o/. Centralbl.,