‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 69 sur 194 · SURFACE EXTÉRIEURE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

SURFACE EXTÉRIEURE DU CERVEAU

Le cerveau présente la forme d'un ovoïde à grosse extrémité jiostérieiire. Cette forme varie comme colle du crâne ; elle se rapproche de l'ellipse chez les dolichocéphales au crâne allongé, de la sphère chez les hrach\'céphales au crâne court, avec toutes les transitions mésaticéplialiques qui relient ces deux t3'pes extrêmes. Les deux formes, crânienne et cérébrale, ne sont pas rigoureusement calquées l'une sur l'autre et leur indice n'est pas identique ; les sinus frontaux en avant, la protubérance occipitale interne en arrière rétrécissent sensiblement le diamètre antéro-posLérieur des hémisjihères. Dans la très grande majoi'ité des cas, et probabloment toujours dans les conditions normales, c'est lec erveau qui décide de la forme ; la boîte osseuse se modèle sur lui, comme le font les méninges, et le suit dans toutes ses expansions à la façon de la capsule d'un viscère. Dans certaines conditions anormales, telles que les déformations artificielles du crâne ou les soudures précoces des os de la voûte de cause pathologique, c'est la boîte crânienne qui détermine, mais encore d'une façon partielle, la conlormation extérieure des hémisphères.

On distingue dans le cerveau une région supérieure ou convexité, une région inférieure ou Ijase.

]" CONVEXITÉ DU CERVEAU. • — l^a facc couvcxc répoud à la voûle du crâne depuis les arcades orbitaires jusqu'à la protubérance occipitale ; elle n'esLséparée de la face osseuse endocrânienne que par les méninges, par la dure-mère surtout; la présence d'empreintes sur cette face, mieux marquées il est vrai à la base qu'à la voûte, atteste ces rapports de contiguïté.

Elle est divisée en deux moitiés par la scissure inter}iémis23hénqiie (scissure médiane, fente inlerhémisphérique, fente du manteau) qui est verticale et antéro-postérieure. En avant et en arrière, elle s'étend sur toute la hauteur ; au milieu, elle s^arrète au corps calleux. La faux du cerveau la remplit en partie. Cette scissure sépare le cerveau en deux hémisphères ou deux cerveaux, les cerveaux droit et gauche de Galien. Elle peut être déviée d'un coté ou de l'autre {Cruveilhiei') .

Les deux hémisphères ne sont pas rigoureusement symétriques, fresque toujours l'un des deux est plus lourd de quelques grammes. Le gauche est généralement plus long, surtout en arrière, et sa densité est souvent un peu plus forte. Sa partie frontale se développe plus tard que celle de droite. On peut considérer ces asymétries comme un caractère supérieur, car elles n'existent pas chez les mammifères inférieurs et sont à peine marquées chez les singes et les races primitives. Quant aux grandes asymétries, visibles au premier coup d"œil, qui déforment la scissure médiane, on les a rencontrées principalement dans des cas extrêmes, chez des idiots ou des faibles d'esprit, et alors elles relèvent d'encéphalites, d'atrophies crâniennes, d'agénésies cérébrales, et chez des sujets distingués. Bichat avait un de ses lobes cérébraux notablement plus volumineux que l'autre.

Dans chaque hémisphère, il faut considérer une faceinterne, une face externe, et une face inférieure.

La faceinterne, conformée en croissant, est plane, verticale, séparée de celle du côté opposé parla faux du cerveau. Les deux faces internes sont au contact presque immédiat à travers l'espace fenêtré de la faux et sous ce repli fibreux ; Cruveilhier les a vues soudées par des ponts de substance grise.

IIKMISPIIKIÎF.S CKRKBHArX

l'iii isolaiiL cp[l(\ face inlorno l(jiiLe oiitii'ic à l'aide du couteau qui sépare l"héniis])lière droil de l'héniisphère f^au(li(% n\\ i'einan|ue fiu'elh^ coin|)rend deux parties : une péripInTiqne l'oniiéc par lescirconvolulions el ipii aj)parlieiii au mauteau ; une centrale, sectionnée, limitée en hani |tar le sillon du corps calleux, en bas par le sillon de rhip|)Ocainpe, et qu'on appelle le ^enil ou linien de l'hémisphère. Ce seuil (^st constitué par le corps calleux avec son sillon (|ui l'oriuiMe limbe, par la voûte à trois piliers, la cloison Iransparenle et le troisième ventricule.

I^a face cxtcr>ie arrondie en segment de surface sphérique, appliquée contre le^ écailles osseuses de la voûte, montre quatre sailliesen rap[)ort avec les bosses IVonlale, temporale, pariétale et occipitale, mais très atténuées, Ijien moins mai'ipic ;'s r[U(> les sa i 1 1 ies de la voûte crânienne, f^es exti'émi li's antérieui'e et

/Inril xafji/lal Se/ilum Trigone

tcnipora! i

Sil/oii r/nppocnmpi'

F'i^. l'IT. — I-'acc inlorne ilu cerveau.

posl('ritMire smit ari'ondii^s ; la postérieure dépasse le cervelet d'environ 2))mm . sauf dans quelipies raceschez lesquelles le recouvrement es! incomplet, l^lleest ])rofon(UMnent entaillée pai' la ficissurc de Si/h'iiif;, rpii naît de la l)ase on elle correspond aux peliles ailes du sphénoïde, et monte oblnjucment en haut et en arrière sur la face convexe ([u'elle ne parcourt qu'à moitié et qu'elle divise en deux régions, l'une antérieure ou fronto-pariétale, l'autre postérieure ou temporo-occipitale. Imi écartant les lèvi'cs accolées de cette scissure, on reconnaît dans sa profondeur une vaste excavation dont la surface est plissée comme le reste de l'hémisphère et f[u'occupe un lobe indépendant, V'nii^iilrt de Red. En se re|)ortant au déveloiq)(^un^nt embryologique du cerveau antérieur, on se rapl)ellera ijue l'insula est ce lobe central, ou cette portion centrale du manteau, qui, accolée à la face externe du corps strié, répond à ce ganglion et à son union avec la couche (q)li(pn\ par conséquent à la jonction du cerveau antérieur et du cerveau intermédiaire. I''n i-aisoii ])eut-étre de ces connexions, elle ni> ])rend

NÉVROLOGIE

qu'une faible expansion, alors qu'autour d'elle le reste du manteau s'étend et se soulève dans le cours de son développement intensif; peu à peu, l'insula débordé s'enfouit dans une dépression qui est d'abord la fosse de Sylvius, et dès le neuvième mois la scissure de Sylvius, alors que les deux parois, en se rejoignant, ont déterminé l'occultation complète du lobule insulaire.

La réunion à angle aigu de la face externe avec la face interne forme le bord supérieur ou bord sagittal de l'iiémispbère, qui s'étend en ligne courbe antéropostérieure d'une extrémité à l'autre. 11 est longé par le sinus 1. supérieur vers lequel convergent des veines nombreuses ; c'est un des sièges d'élection des

,. Uord sagilial

Fig. 218. — Face extérieure du cerveau. D'après Hirschfeld.

granulations de Pacchioni. La longueur moyenne du bord sagittal, mesuré dans son contour du pôle frontal au pôle occipital est de 27cm. 6 chez l'homme, de 23.5 chez la femme, et si on le prolonge en retournant sur la face inférieure jusqu'au trigone olfactif, de .33, 6 et 31, 5 (Eberstaller).

La face inférieure fait partie de la base du cerveau avec laquelle nous allons la décrire.

2° BASE DU CERVEA.U. — L'cucépliale reposant sur sa convexité et les pédoncules cérébraux ayant été sectionnés à leur entrée dans le cerveau, on a sous les yeux une vaste surface, horizontale et plane dans son ensemble, la base du cerveau en anatomie descriptive , composée de parties embryologiques diverses : face inférieure du manteau, base du cerveau antérieur et base du cerveau intermédiaire. — On y distingue deux régions latérales symétriques et une région médiane.

IIÉVIISPHÈHES CÉRÉBnAUX

Régions latérales. — Chacuno dos régions laléralos droite et gaucho est la face infcrleare do l'héinisplière et présente, connue les autres faces, des circoiivolutious. Elle est séparée en deux parties, antérieure et posiériourc». par le prolongement de la scissure de Syl\'ius ([ui arrive j us(|ir,'i la n''ui(ni iiK'iliaue en décrivant une courbe à concavité poslérieure.

La partie antérieure, plane, comprenant le tiers seulement de la hase de l'hémisplièro, est la face inférieure du lobe frontal ou lohide orhitaire ; elle repose sur la voûte de l'orbite sur laquelle elle creuse des empreintes bien nettes. Sa forme est triangulaire, à sommet mousse dirigé en avant ; elle est limitée en dedans par un l)oi<l dioil, (|ui touche le bord opposé, en dehors par un bord

rr,l. olf.

Sijhius

Exp. pcrfurc....

Empreinte pétr. -■ Inci.i. occipil

Scissui u iiiPit.

Oenriu

Chinsma

Iln'u/flctti'S np-

— — Pèd. ci'i'éli.

Fente ,le flic/mt

..- Bourrelet

Sciss. >neil

Fig. 210, — Base du cerveau (l'a|iré^ IlirsclircM.

convexe, en arriére par une base concave, la scissure de Sylvius. l*ios du boid interne et parallélt^iuonl à lui, ou r(Mnar(|no le pédoncule oiraclil': il émei-ge eu arrière d'unesailli(> Iriangulaire, le trigone olfactif, et se termine en avant par un renflement ovo'nle, le bulije olfactif; celui-ci repose sur la gouttière elhmoïdale et donne naissance aux filets du nerf olfactif. Ciiez cerlaius sujets, la i)arlie qui sépare le bord interne d'avec le pédoncule olfactif, le gyrus rectus, est recouverte d'une bandelotle blanche gaufrée, mal limitée en dehors, qui n'acquiert d'ailleurs son plein développement que chez les animaux osmaliqnos ; c'est !a substance rélicidéc du tractus olfactif (jBrissrtiKi).

La |)artie postérieure, rétro-sylvienne, est une surface réniforme, excavée pour loger le cervelet; elle comprend la face inférieure de deux lobes, le Inbe

temporal et le lobe occipital. Elle occupe, dans la cavité crânienne, deuxsurfaces différentes : en avant, la fosse sphénoïdale étendue de la petite aile du sphénoïde au bord supérieur du rocher; en arrière, la face supérieure de la tente du cervelet qui la sépare de cet organe. Une légère dépression, l'empreinte pétreuse, marque sur l'hémisphère le point de contact de l'arête du rocher et la séparation des deu.K parties temporale et occipitale. La fente qui sépare cette face du cervelet et dans laquelle s'insinue la lente de la dure-mère est la /"ente cérébrale transversale antérieure, la fente transversale postérieure étant celle qui sépare le cervelet du bulbe.

La face inférieure de l'hémisphère en se rencontrant en dehors avec la face externe, en dedans avec la face interne, détermine un bord inférieur et externe, un bord inférieur et interne. Le bord inférieur externe est mousse, arrondi sur le lobe frontal et le lobe temporal, net et tranché sur le lobe occipital. Le bord inférieur interne présente une disposition inverse.

Région médiane. — Elle repose sur la partie centrale de la base du crâne, c'est-à-dire d'arrière en avant sur la lame quadrilatère, la selle turcique, la gouttière optique et les petites ailes du sphénoïde, toutes parties appartenant au même os. On y remarque une excavation en forme de fer à cheval ouvert en avant, et aux deux extrémités de la ligne médiane, l'origine et la terminaison de la scissure interhémisphérique.

Extrémité antérieure de la scissure interhémisphérique. — Elle se compose de deux parties : une antérieure, libre, longue de 3 cm., dans laquelle sont reçues l'apophyse crista-galli et la faux du cerveau ; une postérieure en partie comblée par le corps calleux.CeUe dernière partie delà scissure est cachée superficiellement par l'arachnoïde qui passe comme un pont d'un borda l'autre et constitue le plancher de l'espace ou confluent sous-arachnoidien antérieur (Voy. Fig. 220). Si on déchire ce feuillet dense et qu'on écarte les lèvres de la fente, on aperçoit au fond la [)ortion réfléchie du corps calleux avec son genou ou extrémité antérieure et son bec, qui se prolonge en pointe jusque vers le chiasma. Les fibres transversales du genou et du bec sont croisées par deux faisceaux blancs longitudinaux à direction antéro-postérieure, qui, au niveau du genou, se continuent en partie avec le nerf de Lancisi et au niveau du bec se séparent à angle obtus pour traverser l'espace perforé antérieur ; on donneàces faisceaux le nom de pédoncules du corps calleux ou bandelettes diagonales. Ils sont accompagnés par les artères cérébrales antérieures.

Excavation centrale. — L'e.xcavation centrale, que borde en arc de chaque côté la dernière circonvolution temporale, est recouverte par un épais feuillet de l'arachnoïde qui passe d'une circonvolution à l'autre et du chiasma à laprotubérance ; ce feuillet ferme en dessous le grand confluent inférieur ou confluent central, un des principaux réservoirs du liquide céphalo-rachidien. De la surface de la toile arachnoïdienne on voit émerger les nerfs optiques, les artères carotides, la tige pituitaire, les nerfs moteurs oculaires communs. L'arachnoïde étant enlevée, on observe un creux profond ; sur un cerveau reposant dans sa calotte crânienne, c'est une pyramide étroite, à base superficielle correspondant à l'opercule arachnoïdien, et dans laquelle la plupart des organes sont indistincts ; si, au contraire, le cerveau repose par sa convexité sur un plan horizontal, sa

l)ase l'iiinassri^ (>l infir'eliii^ se dislcinl, le croux s"('lali' et laisse volv la sli-iirl ii rc de ses parois. Toute sa |)éri|jhérie est occupée pai' I hexagoiie fii LcricI de W'illis et par la partie initiale de ses hraiiclies elTéreiiles ; c'est dire qu'on y Irduvccii avant les artères cérébrales antérieures et lessylviennos, sur les côti's les coniiniinicanles postérieures et les clioroïdiennes, en arrière les cérébrales poslérieures. Ces vaisseaux ayant ('li'' reconnus et excisi';, l'excavation se Iroiisc divisée en plusieurs parties par le chiasina opti(|in' cl les p(''doncules cérébraux.

IjC chiasma optique est une masse blancbe en c irre comparée pour sa

forme à la lettre Cbi des (îrecs ; il est couché iiuri/.oiilalement sur la lige de rhy|)opiivse et sur la |)ai1ie antérieure di> la lenle piluilaire. Des deux angles antérieurs parlent l(>s uimTs optiques, ([ui l'epnsenl d'abord sui' les goullières optiques latérales, j)uis péin'ti'ent ])ar les Irons de même nom dans la cavité orbitaire. Les deux angles posli'i'ieiii's (binnenl naissanc(> à deux faisceaux de libre-! lîlanche-;, bandelettes optiques ([ui conlournent en arc l'excavation, puis la hii'O externe des pédoni'ub^s eéi'(''l)ranx id vont, de plus en plus api al i s, se terminer derrière la couche opli(|ue, dans les corps genouilb's.

En avant du chiasma, et sur la ligne médiane, se voit la lamelle grise optique ou racine grise des nerfs nplique^, de loi'me li iangulaire, attachée pai' sa base au chiasma, par son sommet au bec du coi'ps calleux. l"]lle est très mince et très molle ; la moindre traction la déchire et produit un trou f[ui conduit au v(Mitri( nle moyen. C'est ipi'en elîel la lamelle opliipn^ appartient au cerveau interuH'diaire, le cerveau des couches optiques, dont elli> est la partie la plus antérieure, celle qu'on désigne en embryologie du nom de lame tenninale. Imi dehors d'elle, s'élend de chaque nWi' l'espace perforé antérieur, porlion basale du cerveau antérieur, soudée laléralement au cerveau intermédiaire. Cet espace est quadrilatère, à grand axe parallèle à la bandelette optique qui le boideen arrière ; le chiasma, le bord posiérieur du l(d)ule orbitaire et le |)(')le du lobe temporal forment les autres ci')t(''s. Une légère saillie, pli falcifonne, le sé|)are endelioi sde la scissure de Syl vins avec laquelle il se continue (Voy. Fig. 220). Sa surface est lisse, de couleur grise, quelquefois partiellement ou ru(''nie entièrement blanche. Son nom Ac perforé lui vient des nombreux trous dont il es! criblé et qui servent de passage aux artères et veiiu's du cor|>s strié. Onebpu'fois res|iace perforé est parcouru obli([uement de son angle antéro-interne au |)ùle tem|)oral par un \.vacln>^\)\imc ou bandelette diagonale ([n i n'est que le |)rolongemenl du pi'doncule du corps calleux. Sur son bord antérieui' se voit le li igone olfactif dont les trois i-acines externe, moyenne et intern(\ se portent sur la substance perforée qu'elles traversent. Par sa face supérieure invisible, il se continue avec l'exliémilé anléri(Mire du corj)s strié. Toules ces connexions nous sont expli((uées par l'embryologie ; c'est en elîet la base du cerveau antérieur (espace perforé) qui donne naissance au lobule olfactif et aux corps striés.

L'espace perforé antérieur (substance ou lamo porforci', (luailrilatèrr' ixM'fort') est une petite r('j,'ion d'une grande importance, qui ne se voit l)ien qu'en écartant les parties voisines, cliiasma et circonvolutions, qui la cachent et en enlevant l'artère sylvicnne, qui rampe à sa surface et s'y attache par de nombreux rameaux. Sur le cerveau en place, elle est complètement couverte par l'extrémité ou pôle du lobe temporal qui se projette au-dessous d'elle. On aperçoit alors une sorte de bas-fond dont la forme estcelled'un ([uadriialèi'e allonf;i'', les deux grands cotés étant l'un anti-riiMir. l'antre posté^rieur. Le coté

NÉVROLOGIE

antérieur, taillé en biseau, est la portion orbitaire de la troisième circonvolution frontale, qui s'unit en dedans à la première pour former le pôle frontal et se dirige transversalement en dehors vers la scissure de Sylvius. Surla partie interne de cette circonvolution, on remarque une s.a.\\\\e,\a. tiibét'osité olfactive, d'où partent deux rac/nes olfactives bla,nches, l'une interne l'autre externe, qui côtoient les parties correspondantes du bord antérieur de l'espace; quelquefois une racine moyenne s'enfonce directement en arrière dans l'espace perforé. Le côté postérieur est la bandelette optique qui du chiasmase porte obliquement en dehors et en arrière ; elle adhère à la substance qu'elle recouvre. Le côté interne est formé en avant par une arête mousse, qui marque le point de jonction de la face interne et de la face infél'ieure orbitaire de l'hémisphère, en arrière par la lamelle optique. Sur le côté externe curviligne à concavité interne nous trouvons une crête saillante, le pli falci forme, et derrière elle, le bord interne du sommet du lobe temporal, fortement échancré ^a.vVincisure lijnbique. Cette crête sépare l'espace perforé de la scisiure de Sylvius, et confine au pôle du lobe de

l'insula; la scissure de Sylvius débouche donc dans l'espace perforé en franchissant cette sorte de détroit, le pli falciforme, qui manque d'ailleurs chez la plupart des animaux ; c'est pourquoi cet espace porte aussi le nçm de vallée de Sylvius.

Il y a quatre angles ; deux antérieurs qui sont externe et interne ; deux postérieurs, qui se distinguent de la même façon.

Nous voyons donc que cette région est étroitement contournée et en partie pénétrée par les deux seuls nerfs qui naissent du cerveau même, le nerf olfactif et le nerf optique. Nous voyons aussi que les pôles des trois lobes frontal, temporal et de l'insula répondent à trois de ses angles.

La surface de l'espace perforé est lisse, d'une couleur grisâtre de ton très variable. Tantôt elle est complètement grise, tantôt entièrement blanche, ou le plus souvent d'un gris plus foncé dans sapartie antérieure, presque blanc au contraire en dehors ; d'autres fois enfin, la substance grise se rassemble en deux bandes, appelées par quelques auteurs circonvolutions olfactives externe et interne, qui se dirigent l'une en dehors vers le pôle temporal, l'autre en dedans vers le bec du corps calleux, et sont toutes deux longées par les racines du pédoncule olfactif.

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

Il nous reste encore à signaler ileux parLicularités iaiporlanlos, ce sont les vaisseaux et la bantleletlc diagonale.

« La surface est crevée d'un grand nombre de troua vascu/nires distribués avec une « assez grande régularité. Alignés sur des lignes parallèles à la direction du bord antérieur « du quadrilatère, ils forment plusieurs rangs régulièrement espacés. Dans cliacun de ces « rangs, le diamètre des trous augmente de dedans en <lebors. Ceux qui occupent la diago- « nale blanche figurent des ovales, dont le grand diamètre est transversal conmie cette « couche elle-même. Ceux qui occupent l'espace gris, antérieur à cette mi'Mue diagonale, Il représentent des ovales allongés à grand diamètre antéro-postérieur (Foville). « Par ces orifices passent quelques veines et surtout des artères centrales, qui vont de l'artère sylvienne au corps slrii'.

La handeletle d'Kujonnh' a été signah'cpar Vicq d'Azyr sous le nom de pédoncule antérieur du corps calleux, par Foville sous le nom Açbnndeleltv dia(innaJ(!, diagonale Idanche, et sous ce même nom redécrito avec plus de soin par 15rocaqui en a imliipii'' les connexions olfactives. C'est la partie horizontale ou basale du pédoncule du corps calleux. Kn effet, ci; ruban de substance blanche, sortantde l'angle antérieur et infirme, traverse l'espace et aboutit au coté externe sans suivre un trajet rigoureusement diagonal : ce trajetest d'ailleurs un peu variable, ordinairement il est parallèle à la bandelette optique etàlaracinc olfactive externe ; quelquefois le ruban est reporté tout à fait en arrière. Au delà de son émergence à l'angle interne, lu bandelette se réfléchit au-devant du bec du corps calleux et se continue avec les nerfs de Lancisi. Si les classiques l'ont à peine indi([uéi\ c'est que dans la majorité des cas elle n'est pas apparente. Elle varie comme par exemple les stries acoustiques: tantôt coaqjlètement superficielle et visible, ou superficielle par places, ramassée en ruban compact ou bien éparpillée sur le quadrilatère, elle est, le plus sou\'ent, enfouie sous une couche de substance grise, qu'il faut gratter ou enlever par un courant d'eau, pour qu'on reconnaisse le faisceau médullaire. Mais, superlicielle ou profonde, elle existe toujours (ZuckerkandI , Ti-nlard, Brissmid) ; d'ailleurs, même à travers la substance grise, on soupçonne sa présence parla direction ti'ansversale caractéristique des orifices vasculaire* sur son trajet.

La bandelette diagonale divise l'espace perforé en deux parties: une antérieure d'un gris plus foncé, bien que moins foncé encore que la lamelle opti([uo, et qu'on appelle la substancp grise de Sœmmering , élargie surtout en dehors et pénétrée pai' les filets de la racine olfactive moyenne ; nne postérieure ou partie innominée.

L'espace perforé est la véritable base de la vésicule hénnsphi''ri(pie : c'est son bile \a^culaire, c'est aussi le point d'attache du corps strié, formation liasale qui n'est eu quchjue sorte que la couche supérieure de la substance grise perforée énormément agrandie et projetée dans les cavités ventriculaires.

J^ii ;u'rit'ri> lUi chia-^iiia ost une siirraco losangiqno, circDiiscrile |)ar les haiidoletlos (i|di([iios el la face iiilernedes pédoncules céroijraux. l';llo aji|iaidi('nl : pour sa partie antérieure, à la base du cerveau intermédiaire et nous l'avons décrite avec le plancher du ventricule moyen; pour sa partie postérieure à la base du cerveau mo\'en. i)n y trouve le tuber cinercuin, avec rinruudibulum ou tige [tituitaire, que termine la glande pitiiilaire, les tubercules maniillaires, et l'espace perforé postérieur ou inlerpédonculaire (Voyez page 3()G).

Les jjcdoiicidi's cérébraux, qui plongent dans la base du cerveau au-dessous des conciles optiipies, nous sont connus. Sur leur face iulerne, se voit l'émergence du iierl" moteur oc. commun. Leur face externe est croisée et contournée par la bandelette optique, li' ncu'f pathéti([ue et l'artère cérébrale posléri(Hire.

En arrière des pédoncules, l'excavalion est limilée par le bourrelet dw corps calleux, extrémité posiérieui'e large el renllée qui termine celte commissure en arrière comme le genou en avant. Il étend ses libres blanches Iransversalement d'un hémis|dière à rautri\ Au-dessous de lui sont les tubercules (piadrijumeaiix antérieurs aN ce la glande jiinéale ; entre les tubercules el le bourrelel, la |>arlie movenne de la i'cnic de liichat.

Fente de Bichat. — L'excavation ([uo nous venons de déciire est contournée, dans la portion ipii es! en arrière du chiasma, juir la fcnlc ile JJicliKl ou (jritnde

fente cérébrale, fente transversale du cerveau- La fente de Bichat impaire, médiane, symétrir[U8, a la forme d'un fer à cheval dont la concavité regarde en bas et en avant. On lui reconnaît deux parties latérales et une partie médiane ou moyenne. Chaijue ijartle latérale s'étend d'avant en arrière, le long du bord inféro-interne de l'hémisphère, depuis l'espace perforé antérieur, où elle semble se continuer avec la scissure de Sylvius, jusiju'au bord externe du bourreletcalleux ; elle a pour lèvre supérieure la bandelette optique et le pédoncule cérébral, pour lèvre inférieure le bord libre arqué de la cinquième circonvolution temporale ou circonvolution de l'hippocampe. La partie moyenne ou médiane, partie transversale de la l'ente, est placée horizontalement entre le bourrelet du coi-ps calleux, qui lui sert de lèvre supérieure, et les tubercules quadrijumeaux qui sont sa lèvre inférieure; elle se continue de chaque côté avec la partie latérale. Pour la voir sur un encéphale entier dont on a la base sous les yeux, il faut soulever le cervelet et le porter en avant; on aperçoit alors au fond de l'espace qui sépare le cervelet du cerveau (fente céréb. antérieure) et sous le bourrelet un vide devenu béant, par lequel s'engagent dans le troisième ventricule un repli de ])ie-mère et la glande pinéale ; c'est la partie moyenne de la fente de Bichat.

La fente de Bichat n'est au fond que le sillon qui sépare les couches optiques de l'hémisphère, le cerveau intermédiaire du cerveau antérieur. Ce n'est pas unafente réelle, il n'y a pas de perforation de la paroi. A son niveau, la voûte primitive du cerveau hémisphérique a été refoulée dans les ventricules par une invagination delà pie-mère épanouie en plexus choroïde; elle persiste à l'état rudimentaire d'un feuillet épithélial, qui se continue sur les deux lèvres avec la membrane épendymaire, La fente est donc fermée par la pie-mère et son revêtement épithélial.

Extrémité postérieure de la scissure interhémisphériqaè. — Cette partie de la scissure qui s'étend sur une longueur de 6 cm. à [)artir du bourrelet du corps calleux est libi'e dans toute son étendue; elle est remplie par la base de la faux du cerveau.

On a signalé clans le champ de ^ex(■a^■atilJn des l'oriiiations médullaires inconstantes que nous mentionnerons brièvement.

-1° Bandelette mamiUaive. Trolard a oljser\-é trois fois et des deux cotés un tractus blanc qui, partant de l'espace perforé antérieur et plus particulièrement de la bandelette diagonale, passait au-dessus de la bandelette optique, et traversait le tuber cinercum pour s'attacher au tubercule mamillaire ; de là il se dirigeait en arrière, entre l'espace perforé postérieur et la face interne du pédoncule cérébral et se perdait dans la face supérieure de la protubérance. Trolard tond à croire que ce tractus, qu'il a appelé \a. bandelette matnillaire, est constant, quoique souvent masqué dan» la substance grise du plancher, et qu'il représente une communication entre le champ olfactif et le bulbe, ou si l'on veut la racine rachidienne des nerfs olfactifs. Il est difficile de dire s'il faut ou non l'identifier avec la strie médullaire que nous allons décrire et qui n'était pas connue de cet anat.omiste. (Tvnlard. Appareil nerveux do l'olfaction.. 18!)0).

â" Strie blanche du tuber cinereum. Gudden la connaissait déjà. Lenhossek l'a constatée doux fois typique sur trente cerveaux humains, toujours unilatérale et à gauche. Elle existe aussi chez le chien. Cette bandelette, d'un blanc net, large d'un millim , se détache en pinceau de la partie postérieure du tubercule nianiiUaire autour duquel elle s'enroule, traverse le tuber cinereum à 4 ou 5 mm. du pédoncule cérébral, passe sur la bandelette optique, en dessous si on regarde un cerveau par sa base, et s'enfonce dans l'espace pci'foré antérieur. Les coupes montrent qu'elle s'yrecourbe en décrivantun arc à convexité antérieure etqu'elle finit en pinceau au ni\ eau du pilier antérieur de la voûte. Jj'auteur pense que la strie

IIÉMISPIIKHES CliHÉBRAUX

blanche est un faisceau détaclié du jjilior antrrieur ilu trif^imc iv'i c'lnvil ; il nait comme lui ilu tubercule niamillaire, suit un trajet parallèle bien c[uï'carli'', illr n-juiiil, au-dessus du tuber. (Lenliosso/x. Iîci)l]a(ddungen aui (ieliiru des Meusclieii. Anal. An ccitjcr. 1887).

Page 1