C. opt
Pédonc.
' Bourrelet ■Pulv.
Corne occipit. Tapetum F. long. iiif.
Fig. 260. — Forceps posterior ou radiations postérieures du corps calleux dans
le lobe occipital.
La corne occipitale du ventricule latéral est ouverte par sa face interne, — D'après Schwalbe.
proémine dans la cavité sous le nom de bulbe de la corne occipitale; un faisceau inférieur accessoire. En arrière de l'ergot, les deux faisceaux se rejoigrient en une couche unique qui enveloppe en cornet la pointe du ventricule et s'épanouit dans le lobe occipital.
NERFS DE LANCISI
Sur la face supérieure du corps calleux, de chaque côté du sillon médian, on remarque un faisceau de fibres de couleur blanchâtre, large de 1 mm., qui coupe perpendiculairement les fibres transversales de la commissure. Ces nerfs de Lancisi ou tractus longitudinaux médians sont sujets à de grandes variations ; ils sont droits ou flexueux, séparés ou entrelacés, quelquefois unis en avant. Ils s'écartent en arrière et peuvent être suivis jusqu'au corps godronné
HÉMISPHKRRS CÉRÉBRAUX
de la circonvolution do l'hippocampo ; en avant on les voit au niveau du bec du corps calleux se perdre en partie dans i'extrônuté initiale de la circonvolution adjacente, en partie passer dans les pédoncules calleux qui les conduisent à l'espace perforé antérieur
Assez rarement, les nerfs de Lancisi sont côtoyés |)ar deux traînées grises de cellules nerveuses qui naissent de lacorne d'Animon et passant sur le bourrelet se terminent au milieu du corps calleux (ju même au niveau du genou. Ce sont Icsti'actus gris de Lancisi ou tractus latéraux, appelés encore stries couvertes, parce que ces faisceaux sontcacliés par la circonvolution du corps calleux.
Les nerfs de Lancisi n'ont avec le corps calleux qu'un rapporttopograj)hique ; on les isole sur les pièces macérées dans les liquides durcissants, et dans les cas d'absence totale du corps calleux ils sont le plus souvent intacts. Ils appartiennent, comme les tractus gris, au système olfactif; ce sont les vestiges atrophiés d'un anneau cortical qui, chez les animaux à odorat bien développé, unit la pointe du lobe temporal au corps godronné.
Les nerfs de Lancisi représentent la partie dorsale ou sus-calleuse de la circonvolution godronnée (corps godronné). Chez les animaux osmatiqucs. c'est-à-dire à odorat très développé, cotte petite circonvolution acquiert une certaine importance et forme une traînée grise continue qui, logée entre le lobe limbique et le corps calleux, contourne ce dernier dans toute son étendue. Chez les anosmatiques, chez l'homme et plus encore chez certains primates, elle est atrophiée, rudimentairc, et comme tous les organes en rétrogradation sujette à de grandes variations.
On distingue les nerfs médians et les nerfs latéraux.
lo Les nerfs médians de Lancisi (nerfs de Lancisi proprement dits, traclus longitudinaux médians, cordons médullaires, raphé du corps calleux, stries médianes, stries internes, stries libres ; nervuli longitudinales de Lancisi) sont deux cordons blancs, larges de 1 mm. qui situés sur la ligne médiane de la face supérieure du corps calleux sont dirigés en sens antéro-postérieur, perpendiculairement au sens des fibres calleuses. Droits ou flexueux, séparés ou entrelacés, quelquefois unis en avant, ils forment sur le corps calleux tantôt un raplié saillant quand ils sont fusionnés, tantôt un raphé creux ou sillon, qufnd ils sont écartés l'un île l'autre. .\ la partie antérieure, ils contournent le genou du corps calleux et passant au-devant du bec débouchent dans les pédoncules du corps calleux, avec lesquels ils se fusionnent et par lesquels ils se continuent, sous le nouveau nom de bandelette diagonale, dans l'espace perforé antérieur et dans le pôle temporal. Sur certains sujets les nerfs de Lancisi semblent ne pas passer tout entiers dans les pédoncules calleux, mais se terminer en partie dans la petite région corticale, située à côté du bec et nommée par Broca le carrefour île l'hémisphère, par Zuckerkandl le pli aoiis-calleux (gyrus s. c.)
.\ leur extrémité postérieure, les nerfs médians de Lancisi, contournant le bourrelet du corps calleux, pénètrent dans l'extrémité amincie du corps godronné connue sous le nom de fasciola cinerea: en d'autres termes, le corps godronné émet des traînées de cellules et de fibres nerveuses qui sont les nerfs de Lancisi. Trolard dit les avoir vu perforer le liourrelct du corps calleux et y disparaître sur un certain trajet.
2^1 Nerfs latéraux de Lancisi (stries cachées ou couvertes, striœ ou tœniae tectœ, stries latérales). On décrit sous ce nom deux productions dilTérentes, qui peuvent être isolées ou concomitantes et qui ont ce caractère commun d'être cachées dans le sillon du
Genou call
Lancisi
lioai relet
Ped. olf.
Fig. 2t)l.
Cire. godr.
Nerfs de Lancisi.
Figure schématique montrant les tractus gris (trpnicR tecta\ nerfs latéraux) sous la forme d'une petite circonvolution lancisienne continue en lias avec la circonvolution godronnée (corps godr.).
NÉVROLOGIE
corps calleux et recouvertes par la face inférieure de la circonvolution qui borde cette commissure. Lancisi les avait signalées sous le nom de limbes médullaires.
On peut d'abord rencontrer des traclus gris, ou induseiim griseum, placés en dehors des nerfs médians. Cette forme, normale chez les animaux osmatiques, paraît être rare chez l'homme. Les tractus renferment des cellules nerveuses caractéristiques de l'écorce cérébrale. Ordinairement ils sont limités à la région du bourrelet; exceptionnellement ils arrivent jusqu'au genou. Chez les animaux osmatiques c'est une petite circonvolution annulaire qui aboutit en avant au lobe olfactif. Il est plus fréquent, sinon même constant, à divers degrés, d'observer, au fond du sillon du corps calleux, un liseré simple ou double, blanchâtre, denticulé, libre par son bord interne, adhérentà l'écorce par son bord externe. Au-dessous de cette bandelette est le sillon du corps calleux, au-dessus un petit sillon (sillon limbique vrai de quelques auteurs) qui la sépare de la circonvolution du corps calleux. En arrière, elle proviendrait de la substance réticulée qui couvre en dehors la corne d'Ammon; en avant, elle disparait presque toujours vers le genou du corps calleux, ou bien se perd dans ses pédoncules antérieurs.
Eu résumé, nous voyons que la corne d'Ammon et la circonvolution godronnée se prolongent bien chez l'homme, comme chez les mammifères osmatiques, par dessus le corps calleux, et forment un arc presque complet, dont l'aboutissant est l'espace perforé avec ses centres olfactifs avoisinants : lobule de l'hippocampe, trigone olfactif. Mais la partie supérieure de cet arc atrophiée, dissociée, n'est plus qu'à l'état de vestige ; des traînées irrégulières, inconstantes, de substance grise et blanche, permettent seules de reconstituer le trajet de la circonvolution originelle.
TRIGONE CÉRÉBRAL ou VOUTE A TROIS PILIERS
PU. antér.
Corpsdutrig.
Le trigone cérébral est une lame médullaire, de forme cintrée, qui s'étend d'avant en arrière, de la base du cerveau au bord interne du lobe temporal. En arrière il est sous-jacent au corps calleux, en avant il s'en sépare en décrivant une courbe inscrite dans celle du corps calleux ; la cloison transparente remplit cet intervalle. Le nom de trigone lui vient de sa forme en triangle isocèle à sommet antérieur; on l'a appelé aussi voûte à trois piliers (Winslow), à tort car il y a deux piliers postérieurs, et deux piliers antérieurs, ceux-ci très rapprochés il est vrai ; fornix, forme latine du mot voûte ; bandelettes géminées (Reil), parce qu'il est formé de deux cordons juxtaposés. Comme la plus grande partie de ses fibres / appartiennent au système olfactif, il est relativement peu développé chez l'homme et chez les animaux à faible odorat.
C'est un ensemble de faisceaux à destina- Fig. 262.
tions différentes ; par les fibres de la lyre, il
,. , . • I 1 ' • I . Les lignes pointillées indiquent la
appartient aux commissures interhemisphe- partie adliérente. — (Schwalbe).
riques ; par son faisceau olfactif, aux commissures antéro-postérieures intra-hémisphériques ; par la majeure partie de ses fibres, au système de projection qui unit l'écorce hémisphérique au cerveau intermédiaire. On ne saurait donc lui assigner une place exclusive dans tel ou tel système anatomique.
En découvrant la voûte après avoir enlevé avec précaution le corps calleux, on voit qu'elle est formée d'un corps et de piliers qui émanent des extrémités du corps. Ceux-ci ont de leur côté une partie libre et une partie adhérente. Le
Fimhria
l'il. post.
Forme en X du trigone cérébral.
HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX
tout forme un X dont les quatre extrémités sont recourbées. La longueur de la partie libre ou apparente du trigone est de 8 à 9 cm.
1" Corps. — Le corps du trigone, long de 2 cm. environ, large de i cm. et épais de omm., s'étend du tubercule antérieur optique au triangle de l'habenula. Il est triangulaire, son sommet est dirigé en avant. S à face supérieure, faiblement convexe, est en rapport sur la ligne médiane avec la cloison transparente en avant, avec le corps calleux en arrière, et adlière assez fortement à ce dernier chez l'adulte ; sur les côtés, elle est libre, sous-jacente au corps calleux, et fait partie du plancher des ventricules latéraux. Sa face inférieure, parcourue par un sillon médian que limitent deux reliefs latéraux, repose sur la toile choroïdienne et par elle sur la face supérieure de la couche optique. Ses bords, qui sont externes, sont nets, minces, appliqués sur le sillon cho-
roïdien de la couche optique; ils répondent à la jonction de la toile choroïdienne avec les plexus choroïdes, ces derniers se repliant souvent sur la face supérieure de la voûte. La voûte sépare donc les trois cavités du ventricule moyen et des ventricules latéraux.
On peut voir, par les cou|>es transversales, qu'eu avant les deux bandelettes constitutives du trigone sont intimement unies en une masse triangulaire à base supérieure, tandis qu'en arrière elles s'écartent l'une de l'autre et forment une lame plate (jui mesure à peine 2 mm. d'épaisseur. L'espace triangulaire produit par cet écartemenl est comblé par des fibres transversales qu'on voit bien surtout à la face inférieure. L'ensemble de ces fibres, comparées à des cordes d'instrument, des deux piliers sur les côtés et du bourrelet calleux qui forme une base postérieure, s'appelle la lyre (lyre de David, corpus psalloïdes, psalterium, d'où l'épithète fibres psaltériales). Les fibres transversales de la lyre sont en grande partie une commissure ammonienne, interhéinisphérique par conséquent, qui unit les cornes d'Ammon d'un côté à l'autre; une [)etite partie semble ap])arlenir au corps calleux.
2° Piliers antérieurs. — L'angle antérieur ou sommet du corps est bifide ; chacune de ses branches se prolonge en cordons larges de .3 mm. appeléspi/(crs antérieurs, colonnes de la voûte. Ces piliers s'écartant à angle aigu descendent verticalement en contournant l'extrémité antérieure de la couche optique ; à ce niveau ils forment un demi-anneau antérieur convexe que complète en arrière le demi-anneau concave du sommet de la couche optique ; ainsi est délimité le trou de Mo)iro (jui fait communi(juer les ventricules latéraux avec le ventricule iiiovcn.Les |)iliers écartés reposent sur le bord supérieur de la commissure blanche antérieure et s'v bifurquent ; la grosse masse passe en arrière, une petite partie (faisceau olfactif) se dirige en avant. Entre les piliers el la commissure blanche qui les croise par devant estun intervalle qui répond au ventricule
Fig. 263. — La Lyro on psalterium.
Le trigone est vu par sa face inférieure. D'après Sappey.
NÉVROLOGIE
de la cloison transparente, c'est la fossette triangulaire (recessus, vulve, dépression vulvaire); les piliers dans ce point sont tapissés en avant par la cloison qui leur adhère, tandis qu'en arrière ils sont libres et recouverts par l'épendyme du ventricule moyen.
La partie des piliers antérieurs que nous venons de décrire est libre et se voit sans préparation ; mais au delà, c'est-à-dire au-dessous du trou de Monro, est une portion adhérente, engagée dans la base du cerveau, qu'on^appelle les racines du trigone. (Chaque racine plonge dans la substance grise du troisième ventricule, et se dirigeant en bas et en arrière à travers le tuber cinereum, aboutit au côté externe et postérieur du tubercule mamillaire, dont elle constitue en
Cloison
Ti'ou de Monro PU. anl C. opt.
Dand. opt
l'aise, de Vicij d'Azyr Uneus
Fig. 264. — Le trigone cérébral.
Vu dans le sens antéro-postérieur. — D'après Hirschfeld.
ce point la capsule blanche, adjacente au noyau gris externe de ce ganglion. De la partie antérieure et interne de ce même tubercule mamillaire part un second faisceau compact, qui monte en haut et en dehors sous la substance grise du troisième ventricule, puis se coude horizontalement pour se terminer dans le tubercule antérieur de la couche optique.
Comme ces deux cordons, la racine du trigone et le faisceau ascendant, se croisent en X à leur émergence du tubercule mamillaire, ils semblent être la continuation l'un de l'autre, et depuis Vicq d'Azyr jusqu'à Meynert on a admis que le pilier antérieur se contourne en anse ou en 8 de chiffre dans le tubercule mamillaire, pour se terminer réellement dans la couche optique ; de là la distinction de deux racines pour chaque pilier, une racine ascendante et une racine descendante, la racine ascendante (descendante pour d'autres auteurs) allant du tubercule antérieur optique au corps mamillaire, la racine descendante (ou ascendante) de ce corps mamillaire au trou de Monro. Mais Gudden, confirmé par Monakow, a montré que le tubercule mamillaire est composé de deux noyaux cellulaires différents : un externe d'où émerge le pilier antérieur, un interne d'où part le faisceau de la couche optique. Ils sont donc bien distincts, et, pour éviter toute confusion, Forel a proposé d'appeler faisceau de Vicq
IIl'iMISPHÈRES CÉRÉBRAUX
d'Azijr le cordon qui va de la couche optique au corps mamillaire (racine ascendante de Meynert).
Le pilier antérieur naît donc du tubercule mamillaire, des cellules nerveuses de sonnoyau externe; mais commeau niveau du truudeMonro ilest plus volumineux qu'à son émergence mamillaire et ([ue le corps du ti'igone a une section plus large que ses piliers réunis, il faut admettre qu'il a d'autres origines. Ces fibres accessoires lui viennent : 1" encore du tubercule mamillaire par la strie blanche aberrante (faisceau aberrant du trigone) f[ue nous avons décrite à la base du cerveau ; 2" des fibres du sej)tum lucidum, de son bord postéro-inférieur; 3° probablement des fibres de l'espace perforé antérieur, qui longent le pédoncule du corps calleux, en avant de la commissure blanche antérieure; peut-être aussi des libres du tuber cinereum.
Faisceau olfactif du pilier antér. — i*'oville le premier avait expressément décrit et figuré une bifurcation des piliers antérieurs du trigone ; il avait reconnu que chaque pilier antérieur possède, outre sa branche postérieure