VEINES SPERMATIQUES ET VEINES OVARIENNES
L Veines spermatiques. — Les veines spermatiques, satellites de l'artère spermatique, branche de l'aorte, mais beaucoup plus considérables qu'elle dans leur portion extra-abdominale, se constituent au fond des bourses par la réunion des v. testiculaires avec les v. épididymaires antérieures.
Les V. testiculaires sont le prolongement des deux espèces de vaisseaux veineux de la glande génitale : les uns périphériques, situés dans l'albuginée et presque sinusiens, ou bien dans la couche interstitielle sous-albugineuse ; les autres centraux, plus courts et plus directs, qui suivent les cloisons interlobulaires. Elles émergent en dedans de l'épididyme, au milieu du bord supérieur du testicule et forment un épais faisceau de veines flexueuses et ascendantes. On voit assez souvent un tronc postérieur suivre d'abord un trajet descendant
VEINE CAVE INFÉRIEURE
jusqu'à l'origlue du canal déférent, et do là remonter avec ce canal, pour ne rejoindre qu'à une certaine distance le groupe principal.
Les V. cpididij inaires antérieures naissent de la tête de l'épididyme; leur groupe moins important s'unit bientôt aux v. testiculaires pour former le paquet des veines spermatiques.
Celles-ci, au nombre de 10, 15 et 20, suivant le niveau où on les considère, sont des brancbes flexueuses, en général de faible dianièire à l'état vide (1 à 2
Fig. .Mil . — Vciiii^s >pi'i'inalii|iios (lo l'Iionimo (d'aprrs Ch. Porior).
inm. deD.). Elles se subdivisent, s'accolent, s'anastomosent et même se fusionnent par places, constituant ainsi le plexus spermatique ou plexus pa^npiniforme, plexus à mailles étroites, en fentes allongées, d'autant plus marqué qu'on se rapproche davantage du testicule el ordinairement plus développé du côté gauche. Le [)Iexus spermali(jue entoure l'artère spermatique, qui estsou-
SYSTÈME VEINEUX
vent rejetée àsa partie postérieure, et, comme elle, est situé en avant du canal déférent; il est entouré à son tour par les vaisseaux lymphatiques et plongé dans la masse adipeuse du cordon qu'enveloppe une mince gaine celluleuse. Quand il est un peu distendu, il donne au toucher la sensation d'une masse pâteuse.
Le plexus veineux occupe toute la hauteur du cordon et comme celui-ci il cesse à l'orifice externe du canal inguinal ; il est extra-abdominal. Les v. spermatiques, réduites à 3 ou 4 troncs, traversent le canal inguinal, au-dessous du canal déférent, puis se dirigeant en dedans et en haut, elles remontent avec l'artère qui est en dedans et qui les enlace en spirale très allongée, sur la face antérieure du psoas, entre le péritoine et le fascia iliaca. A droite, elles longent le bord interne du cœcum ; à gauche, elles passent sous TS iliaque ; dans la région lombaire, elles croisent obliquement l'uretère qui leur est sous-jacent. Au niveau de l'angle sacro-vertébral, il n'y a ordinairement plus que deux troncs qui se fusionnent plus haut en un seul, de 2 à 5 mm. de D. La V. spermatique droite se jette dans la v, cave inférieure, dans sa partie antérieure, sous une incidence oblique, presque parallèle chez certains sujets; la V. gauche, dans le bord inférieur de la v. rénale gauche ou dans sa branche de division la plus inférieure, sous une incidence perpendiculaire ou très peu oblique.
Les veines spermatiques reçoivent dans l'abdomen des veines péritonéales, des V. urétériques, et des v. adipeuses du tissu adipeux lombaire et de la capsule adipeuse du rein. Parmi ces dernières, il faut noter la v. adipeuse inférieure, forte branche qui, encadrant une artère semblable, se dirige en haut et en dehors vers le pôle inférieur du rein ; elle s'y continue ordinairement avec les V. adipeuses moyennes qui entourent le bord externe de l'organe.
Les anastomoses des v. spermatiques ont lieu : avec les v. scrotales inférieures, c'est-à-dire avec les v. superficielles des bourses, au niveau du ligament scrotal ; — avec les v. épididymaires postérieures, à leur origine même ; — à la racine de la verge, avec la v. dorsale superficielle de la verge, et les v. honteuses externes; — dans l'abdomen avec la v. circonflexe iliaque et les v. coliques par l'intermédiaire de veinules sous-péritonéales. D'un côté à l'autre, les V. spermatiques droite et gauche sont unies, comme le montre la fig. 504, par des anastomoses transversales, les unes prépubiennes, les autres profondes, sus-pubiennes ; mais, d'après Périer, il n'y a pas communication entre les V. droite et gauche, car dans ces anastomoses, comme dans un cercle veineux de Braune, la partie moyenne est neutre et les deux extrémités sont valvulées en sens inverse.
La paroi des v. spermatiques possède une tunique musculaire, qui, d'après Eberth,està double couche, longitudinale et circulaire, tandis que lien le leur décrit une forte couche musculaire compacte, à fibres longitudinales, entourée d'une mince couche conjonctive annulaire. — On ne rencontre aucune valvule pariétale dans la portion intra-abdominale de leur trajet. La portion scrotale en renferme presque constamment; mais elles sont le plus souvent peu nombreuses et insuffisantes. L'orifice de la v. spermatique droite, dans la v. cave inférieure, est en règle générale munie d'une valvule ostiale paire et suffisante, cpii fait défaut du côté gauche.
VEINE CAVE INFÉRIEURE
Veines fimiculairea. — Des trois arlères que conlieiil le cordon, deux onl des veines satellites: l'a. s|)ermati(|iie entourée par les v. s])erina tiques; Ta. funiculaire, pai' la v. funiculaire ; quant à l'a. délérenlielle, branche de la vésicale, elle n'a pas de veine coniitante. Périer a le premier décrit le groupe des V. funiculaires, ijui ont pour (u-igine les v. L'pididij>nuires postérienres, au niveau de la queue de Tépididyme, à la naissance du canal déférent. Ces veines, peu Ile.xueuses et plus régulières que les v. spermatiques, en général exsangues sur le cadavre, forment au nombre de 2 ou 3 un petit faisceau qui entoure l'aitère funiculaire et occupe la partie postérieure du cordon, eu arrière du canal déférent; elles sont enlacées par les fibres du ci'émasler interne ou crémaster lisse. Assez souvent on observe une grosse veine cjlindriqiie autour de laquelle monicnt en spirale de petites veines anastomosées. Elles
suivent le canal inguinal, dans sa partie la pl us inférieure, el à roriliee interne .s'unissent en un seul Ironc (jui s'incurve en crosse autour de l'artère épigastrique et s'ouvre à angle aigu dans la v. épigastri(iue. jolies ne communiquent avec les v. spermatiques ([u'au niveau de leur origine, sur le bord supérieur du testicule.
Iliin.
Spenii.
{vaio.).
i'i'j:. .'lO.'i. — Einljoiirlmrc veine» s|iei in;Uii| aes.
II. Veines ovariennes. — Les v. ovarioDies {v. nléro-ovarioDies, v. sjiermatiijues de la femme) sont analogues aux veines spermaliques de l'homme. Elles ont pour origines principales les v. de l'ovaire, (jui sortent par le hile de cet organe el constituent le plexus sous-ovarique logé dans l'aileron postérieur, et les veines du fond de l'utérus; pour origines accessoires, les veines de la trompe et celles du ligament rond, ces dernières se déversant d'autre part dans l'épigastrique. A l'angle supérieur de l'utérus, les racines de la v. ovarienne s'anastomosent largement avec les branches les i)lus élevées de la veine utérine, tributaire de l'hypogastrique. Toutes ces branches des veines ovariennes se réunissent immédiatement en un plexus à mailles étroites qui occupe la partie supérieure du ligament large, parallèlement à la trompe ; c'est le plexus pampiniforme ou plexus spermatique de la femme. An sortir du ligameni large, elles montent de dehors en dedans, avec l'arière ovarienne qu'elles entourent, enveloppées elles-mêmes par une tunique de fibres musculaires lisses qui les lie en un faisceau arrondi, appelé ligament rond postérieur, ligament
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ovario-lombaire ou cordon vasculcdre. Le nombre des troncs se réduit rapidement à deux, puis à un seul, qui se termine comme chez l'homme, à droite dans la veine cave et sous une incidence oblique, à gauche dans la veine rénale sous une incidence perpendiculaire. Le tronc terminal n'est pas plus gros que chez l'homme.
Les veines ovariennes reçoivent également des v. du péritoine, de l'uretère et des V. adipeuses. Elles sont très volumineuses dans la grossesse. On n'observe normalement aucune valvule soit dans le plexus pampiniforme soit dans les troncs collecteurs. La veine ovarienne droite présente comme chez l'homme une valvule ostiale qui fait défaut à gauche [Brhiton).
11 est à remarquer que les v. ovariennes ont un territoire plus étendu que celui de l'artère correspondanle el méritent mieux le nom de v. utéro-ovariennes. Elles ont en effet dans leur domaine tout le fond et même le tiers supérieur de l'utérus ; c'est ce que démontre le volume considérable qu'elles acquièrent dans la grossesse, volume qui peut même surpasser celui de la veine utérine.
5° VEINES DIAPHRAGMATIQUES INFÉRIEURES
Les V. diaphragmatiques inférieures ou phréiiiques inférieures correspondent aux artères de même nom. De leur réseau qui s'étend sur la face abdominale du diaphragme, les troncs rayonnent de la périphérie au centre, au nombre de deux par artère, puis se fusionnent ordinairement en un tronc unique qui s'ouvre dans la v. cave, immédiatement au-dessus des v. sus-hépatiques. Elles reçoivent la v. capsulaire supérieure etquelques veinulesœsophagiennes.