ARTICULATIONS DES CORPS VERTÉBRAUX
Elles représentent le type parfait des amphiarthroses.
SURFACES ARTICULAIRES. — Ellcs sout formées par les faces supérieure et inférieure des corps ; ces faces (V. Ostéologie, p. 284) présentent à leur péri-
ARTICULATIONS DES VERTÈBRES ENTRE ELLES
phérle un bourrelet compact, saillant, entourant une partie centrale, spongieuse et légèrement excavée. 11 résulte de cette concavité des faces vertébrales que, mises en présence, elles interceptent entre elles un espace lenticulaire plus ou moins épais, espace occupé, à l'état frais, par le ménisque intorarticulaire. Toutefois cette concavité est fort atténuée par la présence d'une mince lame de cartilage hyalin.
Dans la colonne cervicale, plus mobile que les autres segments du rachis, les faces en présence, concaves et convexes en sens opposé, présentent un commencement d'emboîtement réciproque; de plus, on rencontre, dans cette région, sur les parties latérales des corps vertébraux, de véritables artlirodies entre les a])ophyses semi-lunaires et les échancrures correspondantes (V. page 730).
MOYENS D'UNION. — Ils sont représentés : l» par des ligaments interosseux ou ménisques, interposés aux faces des corps vertébraux ; — 2" par un manchon fibreux représenté en avant et en arriére par deux larges bandes, les ligaments vertébraux communs antérieur et postérieur.
Ligaments interosseux ((/is^/ues intervertébraux). — Les disques intervertébraux interposés entre les faces opposées de deux corps vertébraux voisins prennent la forme de lentilles biconvexes, moulées sur la très légère concavité des faces vertébrales en regard. Ils présentent exactement la même configuration et les mômes dimensions que les faces terminales de ces corps; c'est ainsi que cylindriques avec échancrures postérieures à la colonne dorsale et lombaire, ils se rapprochent de la forme cubique à la colonne cervicale.
Par ses faces, le disque s'insère sur la large bande osseuse qui circonscrit la face terminale de chaque corps vertébral. En arrière,
il adhère fortement au liga- pjg. jjgO. - Coupe sagittale do d,nx corps vertébraux ment vertébral commun pos- de la région lombaire.
térieur,et contribue à former
la paroi antérieure du canal rachidien et des trous de conjugaison ; par le reste de sa circonférence, il répond aux faces antérieure et latérales de la colonne vertébrale sur lesquelles les stries blanches des ménisques alternenl avec les corps vertébraux.
La hauteur des disques intervertébraux est fort variable sur les divers points
ARTHROLOGIE
de la colonne : elle est minima entre la 3"'^ et la?'"" dorsale ; au-dessus de cette région elle va en augmentant, mais fort peu le long de la colonne cervicale ; au-dessous elle augmente progressivement et atteint son maximum sur les derniers disques lombaires. Si l'on compare la hauteur des disques à celle des corps vertébraux, on voit qu'au niveau de la colonne cervicale la hauteur du disque est égale au quart de la hauteur du corps, qu'elle devient égale au tiers de la hauteur du corps sur la colonne dorsale, et enfin qu'elle dépasse la moitié de cette hauteur sur la colonne lombaire.
On ne saurait donner une moyenne de la hauteur des disques : entre la 3^ et la 6° dorsale cette hauteur ou épaisseur ne dépasse jamais 4 millimètres : elle atteint 15, 18 et 20 mm. sur les derniers disques lombaires.
L'épaisseur des disques n'est pas la même en avant et en arrière : elle est plus élevée en avant au cou et aux lombes, là où la colonne décrit une courbe à convexité antérieure ; elle est plus élevée en arrière sur la colonne dorsale qui décrit une courbe à convexité postérieure. Il ne faut pas croire cependant que les courbures de la colonne soient dues exclusivement à des différences de hauteur des disques. Les corps présentent des ditTérences analogues et contribuent, eux aussi, à la formation de ces courbures. La part que prend chacun de ces éléments au développement des courbures est variable suivant les régions.
Au coUfies corps offrent partout la même hauteur; les disques, au contraire, épais en avant de 5 à 6 mm., sont réduits en arrière à 2 ou 3 mm. La courbure cervicale est donc entièrement causée par les disques.
Au dos, l'épaisseur des disques est sensiblement la même en avant qu'en arrière, tandis que les corps, surtout ceux des vertèbres moyennes (Sappey), sont plus épais en arrière ; la courbure dorsale a donc pour cause la conformation des corps.
Aux lombes, le disque est un peu plus épais en avant qu'en arrière, les corps vertébraux sont aussi plus épais en avant qu'en arrière ; corps et disques prennent donc une part à peu près égale à la formation de la convexité antérieure de la colonne lombaire (A).
Structure. — Les disques intervertébraux se composent de deux portions : l'une périphérique, fibreuse ; — l'autre centrale, molle, gélatineuse.
La portion périphérique est formée de faisceaux fibreux, disposés en lames concentriques. La lame la plus extérieure descend de la face inférieure d'un corps vertébral à la face supérieure du corps sous-jacent; ses faisceaux sont tous dirigés obliquement dans le même sens, de gauche à droite, par exemple. Les faisceaux de la deuxième lame ont une direction inverse, de droite à gauche ; ils s'entrecroisent en sautoir avec ceux de la lame précédente. Ceux de la troisième lame et des suivantes s'entrecroisent également; leur direction devient d'autant plus oblique que l'on se rapproche davantage de la portion centrale, molle, du disque.
Lorsqu'on regarde une coupe horizontale des ménisques, la couche périphérique présente des cercles inégalement colorés : à un cercle blanc nacré succède immédiatement un cercle blanc mat ; si on regarde la coupe du côté opposé, le cercle mat apparaît nacré, et le nacré apparaît mat : il y a là un phénomène de polarisation qu'expliquent l'obliquité et l'entrecroisement des lames fibreuses
ARTICULATIONS DES VERTÈBRES ENTRE ELLES
Fig. 581. — Conpc Iinrizontalo d'un disque intorvei'téliral dor-
qui composent la portion périphérique des ménisques. Ces faisceaux fibreux sont mélangés de fibres élastiques, d'autant plus nombreuses qu'on se rapproche du noyau central; souvent ces fibres élastiques forment des cloisons très fines, horizontales ou obliques, séparant chaque couche fibreuse. Entre les faisceaux de fibres élastiques, surtout au niveau des cloisons qu'ils forment, on rencontre des cellules de cartilage, dont le nombre augmente en se rapprochant du noyau gélatineux central. Examinés sur une coupe horizontale, les disques apparaissent comme formés d'une série de tubes
emboîtés les uns dans les autres ; tandis que, Noyau Ponjon
gclaliiiea.i: ftbrnise
examines sur une coupe verticale, ils se montrent formés de stries longitudinales, souvent - ; ' divisées perpendiculairement à leur direction.
La porfion centrale est représentée par une masse de substance molle, blanchâtre, plus rapprochée du bord postérieur du disque que de son bord antérieur. Blanche, gélatineuse et très développée chez l'enfant, cette substance durcit, devient jaunâtre et moins volumineuse chez le vieillard.
Ce noyau central, débris de la corde dorsale, se compose de faisceaux fibreux et élastiques sal. entrecroisés dans tous les sens, de cellules conjonctives et de cellules cartilagineuses énormes.
La partie centrale envoie des prolongements dans l'intérieur du disque; on voit quelquefois un de ces prolongements s'étendre jusqu'au ligament vertébral postérieur. Elle fait hernie à la surface d'une coupe horizontale ou verticale des ménisques; immergée dans l'eau froide elle double de volume: plongée dans l'eau bouillante, elle n'augmente pas de volume, mais elle acquiert une densité rappelant celle des fibro- cartilages interarticulaires (Sappey). Desséchée, elle se réduit à une lame dure, très mince, qui se gonfle rapidement dans l'eau froide. Examinée sur une coupe verticale, elle présente une cavité anfractueuse irrégulière, envoyant de tous les côtés de très nombreux prolongements, sortes de villosités ; certains auteurs ont vu dans cette cavité un rudiment de la synoviale que l'on trouve normalement dans les articulations des corps vertébraux des poissons (Cruveilhier). — Très souvent on rencontre, indépendamment de la cavité centrale ou en communication avec elle, une ou deux cavités entre le noyau central et le cartilage qui revêt les faces terminales des corps vertébraux. — Je possède une pièce sur laquelle on peut voir la substance d'un ménisque se prolongeant dans un corps vertébral : j'ai présenté à la société anatomique cette pièce rare recueillie sur une colonne d'adulte.
Varia. — A. — .J'ai mesuré avec soin la hauteur des disques interosseux sur trois sujets, dou.-ï hommes et une femme : la hauteur moyenne des disques lombaires est de 12 mm. 6 chez l'homme et de 10 mm. C chez la femme ; la hauteur moyenne des disques dorsaux est de 5 mm. 1 chez l'homme ; 3 mm. 8 chez la femme ; la hauteur moyenne des tlisques cervicaux est de 4 mm. S chez l'homme et 4 mm. 8 chez lafemme. — Si l'on additionne les hauteurs de tous les disques d'une même colonne, on voit qu'elle s'élève à 1.5 centimètres chez l'homme, à 13 chez la femme. Comme la hauteur totale de la colonne atteignait 63 cm. 8
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et 62 cm. 2 sur les deux sujets mâles et 53 cm. sur le sujet féminin, on voit que les disques représentent à peu près le quart de la hauteur de la colonne vertébrale. — Ces résultats obtenus par un procédé long et minutieux diffèrent peu de ceux que Sappey obtint par un procédé différent et qui le conduisirent à admettre que : « les disques formaient de la quatrième à la cinquième partie de la hauteur totale du rachis. »
ARTICULATIONS LATÉRALES DES CORPS VERTÉBRAUX DE LA RÉGION CER- VICALE. — Indépendamment de ramphiarthrose qui unit la face inférieure d'un corps vertébral à la face supérieure du corps sous-jacent, il existe à la
'rliciil.
Noyau central,
Fig. 582. — Articulations latérales des corps vertébraux de la région cervicale,
vue antérieure.
colonne cervicale des diarthroses, unissant les apophyses semi-lunaires aux échancrures de la face inférieure du corps sus-jacent.
Ces articulations latérales, entrevues par Barkov^^ ont été très bien étudiées par Luschka (Die Halbgelenke des Menschlichen Kœrpers, Berlin, 1838). Tout récemment Trolard (Alger, 1892), rappelant l'attention sur ce point d'anatomie, généralement ignoré, a décrit ces articulations sous le nom A'unco-vertébrales.
Surfaces articulaires. — La face supérieure de chaque corps vertébral présente de chaque côté deux prolongements en forme de crochets (apophyses
ARTICULATIONS DES VERTÈBRES ENTRE ELLES
semi-lunaires) qui viennent, se loger dans des échancrures creusées sur les parties latérales de la face inférieure du' corps vertébral sus-jacent (V. Ostéologie, p. 286). Apophyses semi-lunaires et échancrures sont revêtues à l'état frais de cartilage d'encroûtement. Ce cartilage dont la structure diffère d'après Luschka de celle du cartilage qui revêt les faces terminales des corps vertébraux a une épaisseur moyenne de un millim. et demi. Les disques intervertébraux au niveau de ces articulations viennent se terminer en s'amincissant, et les surfaces osseuses entrent en contact, par leur revêtement cartilagineux.
Moyens d'union. — Les surfaces de ces petites arthrodies sont maintenues en présence par une capsule fibreuse ; cette capsule présente en avant un renforcement étendu du bord antérieur et supérieur du crochet, au bord inférieur et antérieur de l'échancrure. Ce trousseau ligamenteux dont la disposition rappelle celle des ligaments rayonnés costo-vertébraux s'étend quelquefois jusque sur la face antérieure de l'apophyse transverse.
Synoviale. — Une synoviale lâche, dont quelques prolongements font hernie à travers les fissures de la capsule lorsqu'on imprime à la colonne cervicale des mouvements de latéralité, revêt la face interne de la capsule.
La signification morphologique de ces articulations a été bien établie par Luschka. Cet auteur assimile l'apophyse semi-lunaire à une tète costale qui viendrait se loger dans féchancrure du corps vertébral sus-jacent. Nous avons déjà vu en ostéologie que l'apophyse semi-lunaire se développe par un point d'ossification spécial; le faisceau de renforcement de la capsule est analogue aux ligaments radiés costo-vertébraux; enfin le développement anormal d'une côte cervicale, anomalie assez fréquente, vient confirmer cette analogie.
LIGAMENT VERTÉBRAL COMMUN ANTÉRIEUR. — C'est UIIC lougue bande
fibreuse, rubanée qui s'étend de l'apophyse basilaire de l'occipital jusqu'au sacrum, sur la partie moyenne de la face antérieure des corps vertébraux. 11 se comporte dilTéremment dans chacune des régions de la colonne.
Ail cou, il affecte la forme d'un triangle, dont le sommet répond, à première vue, au tubercule antérieur de l'atlas. Mais, en réalité, le ligament se prolonge jusqu'à l'apophyse basilaire, où il s'insère immédiatement en avant du ligament occipito-atloïdien antérieur. Dans cette partie supérieure, le ligament prend la forme d'un cordon mince, séparant les muscles longs du cou, et confondu en arrière avec l'appareil ligamenteux qui ferme l'espace compris entre l'arc antérieur de l'atlas et le crâne. Quelques fibres, émanées du tubercule antérieur de fatlas en avant du ligament atloïdo-axoïdien, renforcent cette portion cervicale du ligament, qui s'élargit ensuite, en descendant, jusqu'à la septième cervicale. Ce triangle ligamenteux, à sommet effilé, occupe l'interstice des muscles longs du cou: il recouvre la partie moyenne des corps vertébraux et des disques, et répond au pharynx qui se meut sur lui par l'intermédiaire d'un tissu cellulaire fort lâche.
La plupart des auteurs terminent ce ligament au niveau du corps de l'axis ; ^^■eitbrecht le suit jusqu'au tubercule de l'atlas. Or, une dissection attentive, décollant le ligament de bas en haut, permet de le suivre jusqu'à Vapophyse basilaire, et montre que ses fibres les plus superficielles franchissent l'atlas,
ARTHROLOGIE
sans y adhérer; on trouve même le plus souvent une bourse séreuse séparant cette couche superficielle du tubercule de l'atlas (V. fig. 597). Le point n'est pas d'importance, puisque, dans cette partie supérieure, le ligament n'est plus qu'un mince cordon, parfois même une lamelle; je n'insiste que pour légitimer l'étendue que j'ai cru devoir assigner au ligament.
Dans la. région dorsale, le ligament vertébral commun antérieur se présente sous un aspect difïérent; jusqu'à la deuxième ou troisième dorsale, la bande cervicale, toujours logée entre les bords internes des muscles longs du cou, garde sa largeur primitive ; mais, à partir de ce niveau, la bande médiane est flanquée, de chaque côté, par une bandelette fibreuse revêtant les parties latérales des corps vertébraux. Le ligament, notablement élargi, peut être alors
■ -- Ligament vertébral commun antérieur
...Disque intervertétjral
Lif/. rayonné costo' vertébral
Fig. 383. — Articulations des corps vertébraux, et articulations costovertélDrales, vue antéro-latérale.
divisé en nne; partie médiane, épaisse, nacrée, continue en haut avec la portion cervicale, et àes parties latérales, plus minces, percées de fissures ou d'orifices par lesquels passent des veines issues des corps vertébraux. Quelquefois, les parties latérales sont nettement séparées de la bande médiane par une fente verticale, au fond de laquelle apparaît le corps vertébral et par laquelle émergent des vaisseaux.
Dans sa partie supérieure, la portion dorsale du ligament commun antérieur répond à l'œsophage; àpartir de laquatrièmedorsaleelleentre en rapport intime avec l'aorte, les artères intercostales, les veines azygos et le canal thoracique.
Les faisceaux externes des bandelettes latérales s'entrecroisent avec les ligaments rayonnés costo-vertébraux.
ARTICULATIONS DES VERTÈBRES ENTRE ELLES
Dans la région lombaire, la partie médiane acquiert une largeur do 3 à 4 centimètres; moins épaisse qu'au dos et percée de fissures qui laissent passer de grosses veines, olioest renforcée, au niveau de la deuxième et de la troisième vertèbre lombaire par les piliers du diapbragme. Elle répond à droite à la veine cave, à gauche et sur la ligne médiane, à l'aorte abdominale. — Par contre, les bandelettes latérales disparaissent ou plutôt sont remplacées par les arcades fibreuses du psoas. Ces arcades, de force variable suivant les sujets, s'étendent d'un ménisque au ménisque sous-jacent, passant comme un pont fibreux sur les gouttières qui creusent la partie latérale des corps vertébraux, et les convertissent en un canal ostéo-fibreux, dans lequel passent les artères et veines
Fig. 584. — Face postérieure de deux corps vertébraux do la région lornljaire.
lombaires; elles donnent insertion par leur face externe aux fibres cbarnues du psoas.
Le ligament vertébral antérieur francbit la symphyse sacro-iliaque, et vient se terminer en éventail sur le tiers antérieur de la face pelvienne du sacrum (V. fig. 533); généralement il prend fin sur la deuxième vertèbre sacrée, mais il n'est pas très rare de le voir se prolonger en s'effilant jusqu'au coccyx.
Les faisceaux fibreuxqui constiluentleligamentvertébral commun antérieur présentent une direction longitudinale et parallèle. Les faisceaux superficiels, longs, s'étendent sur le corps de plusieurs vertèbres (4 ou 5); les profonds,
ARTHROLOGIE
plus coulis, vont d'une vertèbre à la vertèbre suivante, ils se confondent avec le périoste.
L'épaisseur de cette longue bande ligamenteuse varie dans les diverses régions de la colonne ; assez mince au cou et aux lombes, où le rachis est plus mobile, elle atteint son maximum à la région dorsale, particulièrement sur la ligne médiane.
Le ligament nivelle la face antérieure de la colonne vertébrale sillonnée transversalement sur le squelette par les gouttières des corps vertébraux alternant avec les saillies des ménisques. Si l'on décolle le ligament par traction, ce qui est possible, on arrache en même temps le périoste des corps vertébraux
Nerf sacré Dure-mère
Lig. sacro dureincrien
Lig. vrrtébr. covi viim postérieur
Fig. 58S. — Ligament vertébral commun postérieur dans le canal sacré.
La paroi postérieure du canal a été réséquée, la cavité dure-mérienne injectée, et rejetée à droite.
intimement confondu avec le ligament; on constate que l'adhérence, très forte au niveau des vertèbres, est faible sur les disques, contrairement à ce qu'a dit Cruveilhier; on obtient ainsi une longue bandelette mince et transparente au niveau des disques, plus épaisse et opaque au niveau des corps vertébraux.
LIGAMENT VERTÉBRAL COMMUN POSTÉRIEUR. — C'est une large bande fibreuse, allant de l'occipital au sacrum, le long de la face postérieure des corps et des ménisques vertébraux.
ARTICULATIONS DES VERTÈBRES ENTRE ELLES 733
Dans la région cervicale, il est Icarge et rectangulaire ; par son extrémité supérieure il s'attache à la face endocrânienne de l'apophyse basilaire, en avant du trou occipital ; à ce niveau le ligament adhère à la dure-mère crânienne. De là le ligament descend obliquement en bas et en arrière, uni à la face postérieure du ligament occipito-axoïdien postérieur, puis il devient vertical et suit la courb\ire de la colonne. Il adhère au niveau des ménisques et s'attache sur les bords supérieur et inférieur des corps vertébraux et un peu à leur face postérieure sur la ligne médiane, restant séparé de leurs parties latérales par des plexus veineux très abondants. Les bords latéraux du ligament postérieur adhèrent aux pédicules des vertèbres, et aux gaines que la dure-mère donne aux nerfs rachidiens.
Dans ^es régions dorsale et lombaire, la bande ligamenteuse, devenue plus étroite, présente deux couches : une couche superficielle, et une couche jJrofonde passant comme un pont, en arrière de la fossette veineuse dont est creusée la face postérieure des corps vertébraux. Large au niveau des ménisques, étroit au niveau des corps, le ligament apparaît festonné. Dans le canal ostéo-fibreux formé par la face postérieure des corps et la couche profonde du ligament, chemine un plexus veineux très riche.
Dans le canal sacré, sa partie moyenne se réduit à un cordon filiforme que l'on peut suivre sautant d'un ménisque à l'autre jusqu'à la base du coccyx, il est renforcé par le ligament sacro-dure-mérien.
Comme l'antérieur, le ligament vertébral commun postérieur est composé de fibres longues, superficielles, s'étendant à quatre ou cinq vertèbres, et de fibres courtes, allant d'un ménisque à l'autre. Il renferme un assez grand nombre de fibres élastiques, caractère qui le rapproche des ligamcnis jaunes (Sappey).