HUMÉRUS
L'humérus forme le squelette du bras, segiuenl du meuibie supérieur interuiédiaire à l'épaule et à l'avaut-bras. C'est un os long-, ardCuIé eu haut avec romoplale, en bas avec les os de l'avant-bras.
i/humérus descend sur le côté du thora.x, non pas verlicalemeni , mais un peu obliquement de haut en bas, de dehors eu dedans, et d'avant en arrière. Envisagé en lui-même, il n'est |joint tout à fait rectiligiie, mais présente une très légère courbure à convexité tournée vers le tronc; déplus, il parait tordu sur son axe. L'humérus présente à étiulier un corps e( deit.e extrémités.
Mettre en haut l'extrémité terminée par une tète sphérique, en dedans la surface articulaire de cette tétc, en avant la gouttière profonde que présente cette extrémité.
La position dans laquelle nous avons l'habitude d'étudier l'humi'Tus est celle qu'il prend lorsque la main est en su])ination (paume en avant) ; il convient d'observer que, quand le bras pend au repos le long liu corps, l'humérus ne prend point cette position : son extrémité inférieure est dans un plan plus ra|>proché de la dn-ection sagittale que de la trans- \ ersale, et son bord externe tend à devenir antérieur.
CORPS. — Le corps de l'humérus, cylindro'ide dans sa moitié supérieure, devient |)risinalique triangulaire dans sa moitié inCérieure : c'est donc en par-
lînril fini.
Fitrp po^t.
F ace /wsirr.
|.'jj r ] — Humérus, coupe an V'iii- liT. — Humérus, couiie au niveau du niveau du tiers supérieur. tiers inférieur.
tant de l'extrémité inférieure que l'on peut décrire à cet os trois faces, réunies par (rois angles |)lans ou bords.
Face externe. — La face externe, presfiue plane et regardant en dcdiors dans sa moitié supérieure, s'arrondit et se dévie en avant dans sa moitié inférieure, l^lle olîre à étudier dans son tiers moyen : 1° une empreinte rugueuse, en forme de V, c'est Vempreinte deltoïdienne ou V delto'i'dien, trace de l'insertion du muscle dello'i'de ; le plus ordinairement, on dislingue entre les deux branches du V une troisième série linéaire de rugosités, ctjmme le montre notre figure I2S
Coulisse bici- Face int.
pi taie
Face iiit. .
OSTEOLOGIE
(A) ; 2" immédiatement au-dessous du Vdelloïdien est une dépression parallèle à la branche postérieure du V ; c'est la dépression sous-deltoldiemie, communément désignée sous le nom de gouttière de torsion ; il semble, en effet, qu'elle
.Petite lul/éros.
Grosse tubérosite
Gouttière radiale
Face externe
Bord externe Face post.
Ext. pr. 5' Cuh. pmt,
Brachial ont.
Long >up.
radial Extens. com.
radial Court sup.
■ Epicondyle Fig. 128.
Humérus, face externp.
Fig. 129.
Humérus l'ace externe, insertions.
résulte de la torsion en sens inverse des deux e.Ktrémités de Thumérus : ce n"est là qu'une apparence. — 3" Au-dessous de la dépression sous-deltoïdienne est une véritable gouttière qui prend naissance sur la face postérieure de l'humérus, franchit le bord externe de l'os, et vient ûnir sur la face externe ; c'est
os 1)11 BP.AS
In goultiere du nerf radial c] ni donne passage à ce iiei fet à l'artère hmnérale |irofoiiile (H).
Dans son tiers supérieur, la face externe, lisse, est en rap[)ort avec la face
Crossr tnhernxilé
Sus-('piiit'iu:
Col anatonii(jU.e Col chirurgical Coulisse lilci/ji-
Bord iniernf^
Fane interne
Bord antérieur
U '1 li rf' ''^^ Canité corow'"' 'I M noïdicnue
Suus-scapul.
F.pirundijle
hpHrorhie
Sillon l'ondtjte frochlr
Fig. 130.
liuiiLTii.-;, VHP Mnltji-ii'iiii
Ligament lal. 1/ujament lut.
exlerne inirrnr
Vil:.
lu mcrns. \ iic antijfi(''in'L\ insertions.
profoiiile (lu deltoïde, les vaisseaux et le nerf circonllexes. — Dans sa partie inlÏM-ieiire, au-dessous de la gouttière radiale, elle donne insertion aux fibres i liai'iiue^ du lii'nclii.ii ant(''rieur.
OSTÉOLOGIE
Face interne. — Rlle regarde en dedans et légèrement en avant : vers son tiers moyen, elle présente quelques rugosités qui répondent à l'insertion du coraco-brachial ; l'empreinte de ce muscle empiète parfois sur la face postérieure
Grosse tiibérosile
Gouttière radiale
Cavité olécyoïi.
Epicondyte
Troclilée
Cuijital aul.
Fi g. 132.
linmrrus, fare postérieure.
Fig. 13:^.
Humérus, face postérieure, insertions
de l'os. Au-dessus de l'empreinte du coraco-brachial, la face interne répond aux tendons du grand dorsal et du grand rond qui s'enroulent autour d'elle: bien que le grand rond s'insère en réalité sur le tiers supérieur de la face interne, je
os DU BUAS
déciiiai son iiiserliuii (.oiiHiie lèvie iiileriie de la couiit-.-c bu ipitdle. — Au-dessous de l'empreinte du coraco-braohial , la face inlerne donne insertion au brachial antérieur (C).
Face postérieure. — Klleest lisseet convexe transversalement ; assez étroite en haut, elle s'élargit beaucou|) en bas. Elle est traversée très obliquement dans son tiers moyen par la gouttière du nerf radial. Au-dessus de celte gouttière, la face postérieure donne insertion au vaste externe du triceps ; au-dessous, au vaste inlerne du même muscle.
Bord antérieur. — Il preml dans sa |)artie supérieure l'aspect d'une crête rugueuse (ligne âpre de l'humérus), formant la lèvre e.xterne ou antérieure de la coulisse bicipilale : il donne insertion au tendon du grand pectoral; plus bas il se confond avec la branche antérieure du V deltoïdien ; enfin, dans son tiers inférieur, il devient mousse et se bifuiNjue au-dessus de la cavité coronoïdienue.
Bord externe. — Mousse dans sa partie supérieure, il commence à devenir visible sous la forme d'une crèle linéaire en arrière du V deltoïdien ; il est aussitôt interrompu par le passage de la gouttière radiale, au-dessousde laquelle il redevient mince et saillant. Dans sa partie inférieure, il s'épaissit et se l'ecourbe d'arrière en avant pour aboutir à la lubérosité externe [éplcondyle] de l'extrémité inférieure. Il donne insertion à l'aponévrose inlermusculaire externe, et, dans son quart inférieur, au long supinatenr et au premier radial externe.
Bord interne. — Il commence à la partie la plus inférieure de l'ovale cartilagineux de la tète. Egalement très mousse dans son tiers supérieur (où il ne faut pas le confondre avec l'empreinte du grand rond, lèvre interne de la coulisse), il devient une crête linéaire dans ses deux tiers inférieurs, et va se terminer à la tubérosité interne (épUrocJih'e). Il donne insertion à Faponévrose inlermusculaire interne (I)).
[,e conduit noiirricie)' se trouve d'ordinaire sur le bord interne de l'os ou sur la face interne, tout près de ce bord (E).
EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE {scajudairc). — Volumineuse, elle présente trois saillies ou éminences : la plus grosse, articulaire, arrondie, est la tête de Vlmiiiérus ; les deux autres, non articulaires, sont les tithérosilcs, divisées en externe (grosse ou trochïter), cl. 'ndcrne [ petUc ou Irochin), séparées par une gouttière osseuse, la coidisse bicipitule.
La tète de riimnénis, tournée en haut, eu arrière et en dedans, est un segment de sphéroïde, équivalent à peu près au tiers ou aux 2/5 d'une sphère. Sa forme est ovalaire ; le grand axe de l'ovale, situé daus un plan frontal, mesure 0 cm. environ, et l'emporte de un demi-centimètre environ sur le petit axe situé dans un ]>lan anléro-postérieur : la tête estdoncallongécdans le mêmesens que la cavité glénoïde aveclaquellc elles'articule.Lasurface articulaire decelle tête est presque trois fois plus étendue que celle de la cavité glénoïde dans laquelle elle s(> nient. L'axe de la tête liuniérale forme avec le corps de l'os un angle obtus de ioU" environ : l'ouverture decetangle estd"aill( Ui s très variable ; il serait moins ouvert chez la femme ({ue chez l'homme (E).
La surface articulaire de la tête luimérale est limitée par uiu> rainure circu-
OSTEOLOGIK
litire, légèrement sinueuse, appréciable surtout entre la tête et les lubérosilés : c'est le col anatomique àe l'humérus que l'on considère généralement comme l'homologue du col du fémur (G). Un plan tnené par le col anatomique fait avec l'horizontale un angle d'environ 40".
La grosse tubérosité continue la face externe du corps huméral ; cependant, lorsque le bras pend au repos le long du corps, elle tend à devenir antérieure. Sa face e.\ ter ne est creusée de nombreux trous vascu lai res. Son contour supérieur présente trois facettes, empreintes d'insertions musculaires : lafacetteantérieure et supérieure, carrée, regardant directement en haut, donne insertion au susépineux : la facette moyenne, beaucoup plus grande, regardant en haut et en arrière reçoit l'insertion du sous-épineux ; la facétie postérieure et inférieure regardantdireclement en arrière donne insertion an tendon du petit rond: celte dernière facette est prolongée vers le bord externe de Thumérus par une série de rugosités qui donnent attache à des fibres charnues du petit rond.
ha.petite tubérosité, séparée de la précédente par la coulisse bicipitale, se continue en bas avec la face interne de la diaphyse : elle présente à sa partie antérieure une très large empi'einte, frappée par l'insertion du sous-scapulaire.
La coulisse bicipitale, dans laquelle glisse le tendon de la longue portion du biceps, descend sur la face interne de l'humérus. Sa lèvre antérieure ou externe, tressaillante, large et rugueuse, appartient au bord antérieur de l'os et donne insertion au tendon du grand pectoral ; sa lèvre postérieure ou interne est formée par une série de rugosités résultant de l'insertion du muscle grand rond ; le fond est traverséobl'quement par une crête rugueuse, difficile avoir, qui marque l'insertion du grand dorsal. Large et profonde à sa partie supérieure, entre les deux tubérosités, la coulisse vient se perdre insensiblement sur la face interne de l'os (H).
On désigne sous.le nom de colchirurgicalàe l'humérus la portion de l'os qui unit la diaphyse à l'extrémité supérieure.
EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE (flH/(6rac/uaZ(?). —L'extrémité inférieure de l'humérus représente assez bien un cylindre transversal autour duquel s'enroule en pas de vis une surface articulaire. Aplatie d'avant en arrière, elle offre un diamètre transversal trois ou quatre fois plus grand que son diamètre antéropostérieur ; elle est de plus incurvée dans le même sens, dételle sorte que l'axe prolongé de l'humérus laisse au-devant de lui la plus grande partie de l'extrémité inférieure. Elle comprend une partie centrale articulaire et deux saillies latérales.
ha portion ariicidaire offre à étudier, de dedans en dehors, une trochléeel un conciyZe séparés par une gorge ou sillon.
hdL poidie ou trochlée humérale est une gorge osseuse, presque circulaire, limitée par deux lèvres ou joues appartenant à deux cônes qui se rencontrent par leur sommet tronqué vers le fond de la gorge : la lèvre interne est plus longue et plus proéminente que l'externe. La direction de la gorge trochléenne est importante à considérer : dans la partie antérieure, elle est très légèrement oblique de haut en bas et de dedans en dehors; dans la partie postérieure, elle présente une obliquité dans le même sens, mais beaucoup plus prononcée. On
IIS Dr HHAS
pciil dùiic dire (pic la Iruohlét' n'ontoiire pas (■irfulaiirmeiil l'e.x 1 1 enu le iiiléfieure cvliinlriqiie do riuimoriis, mais (piV/^t? décrit (inluiir de ce cijUikJ l e iirir sorte de spirale à la façon d' nnpas de vis. Hotte cousidératioii est li'rs inléressaiite pour l'étiule des mouvements de l'articulation du coude.
La I roclti(''e, ((Il i s"a rl icii le avec la grande cavitt» sigmoïde du ciihilus, est suriuontée on a\ ant par une cavit('>, cavité coroiioïdieniie , (jiii rei;oit le bec de l'apophyse coronoïde du cubitus dans les moiivemenls de flexion ; et en arrière par une cavilé beaucoup plus grande, la cavité oJécrànlennc, qui re(:'oil 1p Ij'm' de l'olécrâne dans les mouvements d'extension. La mince lamelle osseuse qui sépare ces deux cavités est parfois perforée (1 ).
l'ai dehors de la Irochlée on trouve une émiiieace arrondie, scuinenl de sphère a()lali, regardant directement en a\ ant, c'est le condijtr hunicrid qui s'articule dans les mouvements de flexion avec la cupule radiale. — lintre le condyleel la Irochlée se trouve une gonje ou sil1o)t vssciix, sûrt(> de plirri htcIiiH' (|iii eiiire en contact avec le poiirlour de la cujuile radiale. Le condyle est surmonté, sur la face antérieure de riiumérus, par une dépression siiperliciel le creusée par la cupule radiale dans les monvements de flexion.
y\u-dessus et en dehors du condyle, sur le prolongement du bord exlei ne de riiiiniénis, ou trouve la Ixibéroslté externe ou éj^icond i/le : ceUe tiibérosilé, petite, peu saillante, est martelée en faceltespar l'insertion de nombreux muscles de la région externe et de la région postérieure de Lavant-bras : ce sont le deuxième radial, rexiensiMir commun des doigts, l'exlenseur propre de l'auriculaire, le cubital postérieur, le court supiiiateur et l'anconé. L'épicondyle donne euQn attache par sa ])artie inférieure au ligament latéral externe de l'articulation '.I ).
\J cpltrochlée fait suite au bord interne de rhumériis. Portement déjeiée en dehors, aplatie d'avant en arrière, elle est beaucoup plus saillante ipie ré|)icoiuIy le ; son ndief est très facile à sentir à travers la peau. L'épitrochlée présente aussi les facettes d'insertion de nombreux uiiiscles appartenant à la région antérieure de l'avant-bras (rond pronateur, grand (>t petit palmaires. Iléehisseur commun superticiel, cubital antérieur), et la facette du ligament latéral interne de l'articulation du coude. Sa face postérieure, libre, est parfois i-reiisée d'une gouttière verticale, peu profonde, par le passage du nerfcubilal (K. )
Ossification. — L'huinénis se développe par Imil poini? (l'n>=-i(ifaliim : un priinil/f. iliapliysaire, (H sept complémenlnirus, (ipipliysairos.
Le point primitif apparaît an niveau de la partie moyenne de la diapliysi', s'i'tend iiro ifressivemenl vers les cxtréiiiil.i''s, et produit à lui seul les 7 '8 de l'os
Des sept pninlx complémentaires, trois répondent à l'épiphyse snpéi ioui'iî ou scapidain' (li'te. tubérosltés externe et inlcrno) : quatre ré'ponilont à l'épiphyse intérieure ou anti lira.cliiale (épicondyle, condyle, Ijonl externe delà trochlée, épilroelilée) .
I^e point primitif apparail du Irentiéuie au quarantième jour de la vie inira-utéi iue. Les points épiphysaires apparaissent tous après la naissance: les extrémités de l'Iuiniérus du nouveau-né sont donc entièrement cartilagineuses. — Les points supérieurs ou scapulair(!s apparaissent les premiers dans l'ordre suivant : le point d'ossilication de la téd? (point cephnlique) du troisième au quatrième mois ; — celui de la grosse tubérositi- (point Irocliilérien) de deux ans à deux ans et demi ; — celui de \a. petite tubèrosiié (point Irorliinien) de trois ans et demi à quatre ans. Vers fàge de cinq ans les deux points tub('rosilaircs se soudent par un point osseux qui correspond à la gouttière bicipitale, el s'unissent bientôt après au point céplialique. La pièce osseuse ainsi constituée forme um^ sorte de calotte osseuse dans laquelle la diaphyse s'enfonce profondément (G.): elle se soude a la diaphyse vers l'âge de vingt à vingt-deux ans ehez la femme, di^ •s ingt et un à \ ingteiiiq ans chez l'Iiomme.
OSTRUl.OGIF.
Les points épiphysaires inférieurs ou a«?/6/'(7t7(/aMX apparaissent clans l'ordre suivant : le point condylien apparaît le premier (fin de la deuxième année) ; il l'orme non seulement le condyle mais la moitié externe de la trochlée; le point épitrochléen se montre dans la quatrième ou la cinquième année: le point trochléen qui appaiait à treize ans afTecte comme Fa bien montré Mayet ;Bulletins de la société anatomique, avril mai ] 89o) la forme d'une véritable coque qui enveloppe la portion de la diaphyse qui prend part à la formation de la trochlée ; le point épicondylien se montre le dernier vers deux ans et quelques mois. Mayet a signalé à côté de ces points complémentaires constants l'existence de points accessoires inconstants : l'un, marginal, interne, est situé sur la face interne de la saillie trochléenne : les autres, au nombre de deux ou de trois, occupent le fond de la gorge trochléenne. Les quatre pièces osseuses ainsi formées se soudent ensemble vers l'âge de quinze à dix-sept ans ; l'épitrociiléen se soude le dernier. — La soudure de l'épiphyse inférieure à la diaphyse se fait vers l'âge de seize à dix-sepf ans.
Le mode de soudure des points épiphysaires inférieurs à la diaphyse présente quelques particularités connues depuis longtemps et d'un grand intérêt chirurgical. Les points condylien, épicondylien et trochléen se réunissent pour former un bloc osseux séparé de la diaphyse et du point épitrocliléen par un cartilage dirigé de haut en bas et de dehors en dedans : le point épitrochléen reste donc longtemps indépendant. La diaphysc pénètre entre le bloc des trois points externes et le point épitrochléen pour former la partie interne de la trochlée. Smith (18.50), Giraldès (1870), Farabeuf (1886) ont expliqué par cette disposition la rareté des décollements épiphysairesde l'extrémitéinférieure del'humérus, etont appelé l'attention sur ce détail de développement figuré dans l'atlas de Rambaud et de Renault et dans le traité de Sappey.
Architecture. — Les notions classiques sont véritablement très insuffisantes sur ce point. Lecorpsestun cylindre de tissu compact enfermantun canal médullaire ; les extrémités sont formées de tissu spongieux enfermé dans une mince coque osseuse. L'épaisseur du cylindre compact est très variable de 2 à 5'"'°,, toujours moiudi'o chez la femme. Dans la moitié supérieure du corps, l'épaisseur diminue progressivement; la couche compacte cesse d'être visible au niveau du col chirurgical où elle se continue avec la mince lamelle qui recouvre le tissu spongieux de l'extrémité supérieure ; l'expérience a démontré en effet qu'un coup sur le coude enfonce le cylindre compact dans le tissu spongieux de la tète. Dans la moitié inférieure l'épaisseur du cylindre est toujours plus grande que dans la moitié supérieure ; conclusion ; la moitié inférieure del'humérus est moins fragile.
Le canal médullaire occupe toute la longueur de la diaphyse ; il s'étend avec l'âge, et, chez les vieillards, il se prolonge jusque dans la grosse tubérosité de la tète humérale.
Les travées principales du tissu spongieux qui forme l'extrémité supérieure de l'os se détachent des parois et convergent vers l'axe du corps, du col et de la tète à la façon de voûtes superposées.
Cette disposition en arcades superposées est très manifeste sur la coupe que nous représentons ; elle s'arrête au niveau delaligne de souduredes épiphyscs, qui reste visible jusqu'à un âge très avancé. Le tissu spongieux des êpiphyses est à mailles très fines : dans la tête, ses travées principales convergent rers le centre de courbure ; dans la grosse tubérosité, elles sont dirigées verticalement. — J'appelle l'attention sur le fait suivant: le tissu spongieux de la grosse tubérosité est peu dense ; la plupart du temps, cette saillie est molle, dépressible sous le doigt; de très bonne heure (vers 35 à ■iO ans) le tissu spongieux se raréfie en son centre, où apparaît une cavité ou géode que remplit la moelle ; la géode est d'abord séparée du canal médullaire par la lamelle qui marque la soudure diaphysaire; h\qc les progrès de l'âge, cette lamelle elle-même disparait et le canal médullaire se prolonge jusque dans la grosse tubérosité. 11 me semble que ces particularités rie sti'ucture de l'extrémité supérieure et de la grosse tubérosité présentent un grand intérêt pour l'explication de la forme des fractures de l'extrémité supérieure; ils expliquent certains symplêmes qui peuvent accompagner une simple contusion de l'épaule, suffisante, à mon avis, pour déterminer l'écrasement de la grosse tubérosité et l'épanchement ?angnin si abondant d'ordinaire dflns ces lésions. Ayant réuni 12 humérus
Fig. 134. — Humérus, ossification.
os DU RUAS
Iractiiréis à Iriir exlit'iiiili' siipéi-icuie, rl ;i,yaiil, cr.'uilii' \niv\. Iiiil. des (■dupcs sur un fîi'àml nonihio (riuinuM-iis frais ot. secs, j'ai l'ait ressortir l'iiiiporlanee di' ces iliHaiis flans un Iravail ri'eeiil. l'ait en collaboration avec M. Mauclaire, jiroscftenr do notre Faculté.
L'extrémité int'é'rieurc est formée d'un tissu spongieux plus dense, enfermé dans une cou che compacte plus épaisse qu'à l'extrémité supérieure ; les lamelles du tissu spongieux sont fines; les principales alTectentune direction verticale au niveau du condyle : elles sont très légèrement irradiées au niveau de la trochlée sur la courbe de laquelle elles s'implantent normalement. Dans l'extrémité infi''ri('ure du corps liuméral, on oliservc une disposition analoffue à rdle de l'exl l'i'mi li'' snp('-riciir(' : iiiaislà,le> lamelles sont de vi'Titables I rn vi'-es
Fig. II!.'). — Humérus, aii-liiteci lire Fig. FKi. — llumé'rus. arcliiterl ii re de
de l'rv I ri''iiiilé' >ii|)i'ri.'Ui'e. l'ex I d'unité' intérieure.
(i^-cnses lai'ges, en liirine de V superpijsés et indH'iqui''S. si' dirigi'anl des faces evicrur rl interni' de l'os \ers la face postérieure.
Cette architecture des deux extréniité'S i"-t eu lapjiort a\'ec les jiressious qu'elles siqiporleut.
Connexions. — L'immérus s'ai licule par son ex I rémilc supéi-ieure avi'c l'omoplate et par son extn''Uiiir' iulérieure a\'ec li^ squelette de l'avaut -lira -. le culiiliis rn dedans, \c radius ■ ■n dehors.
Insertions musculaire3
Corps.
E.rli'émi lé siiprrieiiri'.
L'atrémi/i' inférieure.
Face e.rlerne. — Deltoïde; brachial autéi'icur. Fare interne. — (loraco-brachial ; brachial antéi ieui-. Face postérieure. — Vastes interne ot externe. Bord externe. — Fong supinateur: I'-''' radial externe. (ii'GXSc tubéroxilé. — Sus-i'pincux ; sous-épineux ; petit l'oud. Petite tubérosité. — Sous-scapulaire.
(Jon/isse bicipita/e — Grand pectoral ; grand dorsal cl grand l ond.
I Saio radial externe; extenseur commun des doigts; court supinateur; extenseur propre du petit doigt ; culiital postérieur ; anconé.
Rond pronateur; grand palmaire; petit palmaire ; cubital .■mli'rieu I' : lli'M fiisspur superfiriel di'S doigts.
Ej)ico>if/i//e.
Fpi/rnrliiée.
OSTÉÛLOGIK
Varia. — A. — L'empreinte deltoïdienne, dont quelquL-s aiialoinistes oui luit l'iiomuloguft du troisième trochanter des iDammifères, est en rapport avec le développement du muscle deltoïde; elle est très accusée chez certains animaux ; chez le cheval, le castor, elle devient une véritable apophyse.
B. — Pour bien voir la f/outlièredu nerf radial, il faut regarder l'os de bout en bout, de l'extrémité inférieure, vers la supérieure, en lui impriniantde légers inou\ emenls de rotation; on pourra voir alors la gouttière radiale, commençant sur la face postérieure et franchissant le bord externe qu'elle échancre. Onnotera que la gouttière railiale itilerrotnpi \e bord externe de l'humérus au niveau du point où elle le franchit ; il n'en est pas de même de \n. fausse gou/tié,e de torsion, mieux nommée dépression soiis-deltoïdienne, qui ne franchit point le bnnl externe de l'os. Celte absence de torsion au niveau des bords est un bon argument parmi ceux qui ont été donnés contre la théorie de la torsion humérale. (Voy. plus loin, au chapitre de l'homotypie îles membresi.
G. — Immédiatement au-dessous de Vempreinte du coraco-brachial, on voit parfois une gouttière osseuse, très peu profonde, qui descend surla face interne de l'humérus, et franchit le bord interne. Je ne crois pas que ce détail ait été étudié. Voici l'explication que j'en crois pouvoir proposer : lorsque l'insertion du coraco-brachial s'étend jusqu'à la face noslérieure de l'humérus, le tendon de* ce muscle s'engage sous une arcade rd)reuse du ^•aste interne, franchit le bord interne de l'os et y laisse son empreinte.
D. — Apophyse sus-épitrochléenne. — On donne ce nom à une saillie osseuse que l'on rencontre parfois sur la face interne de l'humérus à 4, 3 ou G centimètres au-dessous del'épitrochlée ; elle se présente sons des aspects divers, tanlùt simple empreinte, tantôt épine triangulaire, tantôt pyramide triangulaire, parfois recourbée en bas en forme de crochet: sa longueur varie de 1 mai. à2 centimètres. Du sommet de cette apophyse se détache, sur le sujet frais, une bandelette tibreuse qui va se terminer sur l'épitrochlée et l'aponévrose d'insertion du rond pronateur. Ainsi est créé un canal ostéo-libroux sous lequel passent le nerf médian et une artère, l'humérale ou la cubitale. L'apophyse sus-épitrochlécnne a été signalée par Tiedeman et bien étudiée par Otto. — Struthers et W. Gruber (18a9 ) l'ont décrite avec beaucoup de détails : le travail de Gruber est basé sur l'étude de 47 os ; Tiedeman a montré que cette anomalie était souvent associée à une division prématurée de l'artère humérale. De nombreux travaux ont été publiés depuis ; je citerai ceux de Quain, Knox, Barkow, Turner, Testut ; le dernier est de Nicolas, notre collègue de Nancy ( Revue biologique du Nord de la France, 1891).
La signification de cette apophyse a été établie par Otto : l'apophyse et le canal ostéo-fibreux sus-épitrochléens sont les homologues du canal supra-condylien que l'on rencontrenormaicmcnl chez un grand nombre de .mammifères (marsupiaux, édentés, rongeurs, etc. et quelques singes inférieurs); c'est une anomalie l'éversive, par atacisme. Cette anomalie est rare : Nicolas donne une proportion de 3, 1 pour 100 ; je trouve 3 fois l'apophyse sur 247 humérus ; c'est une proportion moins «élevée. Si l'on compte les cas où l'apophyse n'est représentée que par une empreinte ou une crête verticale, à peine saillante, difficile à
voir, la jiropurlifiu guère d'iiuuiérn ^ >in aisément une h même de l'apoph , -i'
Fi g. 137.
Apophyse sus-épitrochléonne.
5ur le how
lève beaucoup, car il n'est quels un œil exercé ne trouve ■l'e crête verticale, à la place li pu sentir l'apophyse sur le cadavre entier et j'ai vu, à Londres, dans le service de Lister, enlever une apophyse très développée qui faisait saillie sous la peau et gênait les mouvements du coude: il fallut détacher les faisceaux du rond pronateur qui s'inséraient sur le crochet osseux.
E. — Anormalement le conduit nourricier peut se rencontrer sur le bord inlerne et surla face postérieure. J'ai exauuné ces conduits sur 65 humérus : 41 présentaient le trou principal surle bord externe, 12 sur externe ; sur 20 de ccsjiumérus on trouvait deux trous
la face postérieure, 21 nourriciers.
F. — Il est intéressant de remarquer avec Sappey, Kraûse, Aeby. etc., que la sphéricité de la tète humérale n'est point parfaite : le rayon do courbure du grand axe Jrontali est un peu plus grand que le rayon de courbure de l'axe sagittal: en d'autres termes, la téte
os DU BHAS
liuuiùi'ale, un puii aplatie d'avant en arrit'i'o représente plutôt un segment d'ellipsoïdi' irrégulier qu'un .segment de sphéroïde. J'ai mesuré les a.ves sur 15 sujets: le grand nxi' est en moyenne de 62 '"«■, 2, le petit de SG""'", 3.
G. — Kraûse n'admet pas cette homologie; poui' lui, le véritable col est représenté par un prolongement du corps liunniral dans l'épaisseur île la téte qui le coiH'e et le masque. iV. développement).
tl. — ■ Sur l'humérus dont l'extrémité supérieure est dél'orméo par l'artlirite sérlie. il n'est pas très rare do voir la gouttière bicipitale comblée ou transformée on canal pardç> productions osseuses.
I. — A la place de la mince Uiandle ([ai sépare la cavité olécràaienne et la cavité corunoïdicnne, on trouve parfois un trou plus ou moins grand : en anthropologie, on appelle celte anomalie la pfrforalioii olùcrânieiiiie ; je l'observe 13 fois sur 249 humérus ; celte proportion de t à -"i 0/0 est aussi celle qu'ont fournie les recherches de Broca, Dataillard, Sauvages cl llamy, sur di's Parisiens du moyen âge. Ses dimensions varient de 2 uua. â 1 centimètre: elle est d'ordinaire ovalaire à grand diamètre transversal. D'après les recherches de Prunières, Broca, Dupont, etc., celte proportion s'élèverait à 10 0/0 sur les liumérus de l'époqiie m'olitldiiue. On la rencontre beaucoup plus fréquemment dans les races jaunes et dans (/elles qui eu ilérivent (Américains, Polynésiens), où la pi'oportion devient de 34 à 3(i 0/0. D'api'ès les recherches de Bertaux ;thèse, Lille, 1891), la proportion, s'élèverait à 33 0/0 sur les luunérus d'anthropoïdes.
Faut-il considérer la perforation olécrànienne connue un caractère ar('A«i'(/Me ? Etiloit-oii croire que 'ors((ne ce caractère apparaît anormalement chez l'honmie, il faille le considérer conmie une anomalie paratavisme ? A notre avis, les faits ne sont pas assez nombreu.x pour décider; il faut l'aii'i; intervenir d'autres éléjnents, tels que la profession, les habitudes, car la présence ilc la pei'l'oration nous parait en rapport avec l'étendue et la répétition des mouvements de Ilexion et d'e.xtension C'est ainsi que l'on rencontre parfois un ilot carlilagineux au centi'o do la fossette coronoïdienne.
.1. — Epiconiyle . — On peut schématiser ainsi les insertions musculaires île l'épicondyle. La face aii.li'i'iciiri' de cette saillie présente deu.x facettes situées sur un même plan antéroposléricur : la facelle anlériewe (lonne attache au tendon épais du tleuxième radial ; la facette postérieure regarde presque directement en dehors ; son rebord antérieur, souvent échancré, encadre la lacette du deuxième radial: elle donne insertion au tendon de l'extenseur commun des doigts. Au-dessous de ces deux facettes existe une dépression, sonv&nl très profonile, très fréquemment divisée en deux par une crête rugueuse ; le fond de celte ilépression est occupé par le ligament latéral externe du coude; la partie supérieure par quelques fibres du court supinaleur.
La face postérieure de l'épicondyle présente une facelte qui s'étend jusqu'au rebord articulaire de la trochlée, et qui est occupée parle tenrlon de l'anconé; de forme à peu près circulaire, cette facette a plus d'un centimètre de diamètre; elle est lindtée en avant par une crête mousse, verticalement dirigée de l'épicondyle ■^■ers le tiers postérieur du bord externe de la trochlée. Cette crête moftwe. intermédiaire aux faces antérieure et postérieure de l'épicondyle, présente doux facettes d'insertion, situées l'une au-dessus de l'autre, sur U' même plan vertical; la SMpé/'/(»M/'É; donne attaclie à l'extenseur propre du petit doigt; V iii fériewe, plus granile, est marquée par le tendon du cubital postérieur.
K. — Epitrochlée . — On peutconsidérer à l'épitrochléedeux faces, deux bords etunsommi'l. La. face «;i't'/'/t'i<re est subdivisée en doux versants par uno crête mousse transversale, souvent très marquée ; le versant supirieure^l occup i par des rugosités qui marquent l'inserlion du rond pronateur; le versant inférieur présente deux facetlesd'insorlion, lisses, plus nu moins distinctes ; l'une, en forme de croissant, voisine du sommet de l'épitrochlée, marqui' l'attache du grand p ilmaire ; l'autre, horizontale, épaisse de 3 à 1 mm., occupant toute la largeur de l épilrochlée, est l'empreinte du tendon de fléchisseur commun superticiel. La face po<<térie!ire est occupée par la gouttière du nerf cubital. Le bord supérieur continue il' bord Interne de l'humérus. Lo. (tord inférieur, épais, transversalement dirigé, présente inir facelli'. large de 1 mm 1/2 environ, parallèle à la surface d'insertion du Jléchisseur. qui dniini' attaclie an faisceau moyen du ligament latéral interne du coude. Le sommet df I V'pilriichléo, très saillant, présente deux facettes d'insertion : une, supérieure, occupée par II' pi'l itpaliiiaire; l'autre. inférieure, occupée parle faisceau épitrochléen ducubital antérieui'.