OS ILIAQUE
1/os iliaque est un os plat, volumineux ; sa forme ii'régulière, assez difficile il définir, l'a fait comparer tantôt à un sablier (Henle), tantôt aux ailes d'un moulin à vent (Sappev) ; je le compare très volontiers à une hélice. L'os iliaque est en efiet formé de deux pièces osseuses triangulaires en éventail qui, réunies par leur sommet tronqué, sont orientées dans des plans réciproquement perpendiculaires : une torsion d'un quart de tour en sens inverse s'est produite au point de jonction des deux parties. De plus, comme dans les branches d'une hélice, chaque pièce triangulaire présente des courbures. La pièce supérieure est large et |)leine ; la [lièce inférieure d'étendue moindre est perforée à son centre d'un large trou ; au niveau de la jonction des deux pièces est une vaste cavité hémisphérique ; dans la comparaison que je crois juste, c'est par cette cavité que passerait l'arbre de couche actionnant ['hélice iliaque.
Placer en arrière le bord i[ui présente une grande échancrurp. en dehors la cavité hémisphérique, et tourner directement en bas la l'orte échancrure que présente le rebord de cotte cavité.
L'os ilia(jue est primitivement constitué par ti'ois pièces S(ju('lettiqu('s (jui
OSTÉOLOGIK
restent longtemps distinctes dans l'ébauche cartilagineuse de l'os, et qui finissent par se réunir au niveau de la cavité (cavité cotyloïde) dont est creusée la portion rétrécie ou isthme de l'os. La pièce supérieure, qui forme l'aile large et pleine de l'os est Ftiion ; l'aile inférieure, plus petite et perforée, est formée par l'union des deux autres pièces, \e pubis qui circonscrit la moitié antérieure du trou, Vischion qui circonscrit sa moitié postérieure.
b'ig. 170. — Os iliaque, l'ace cxleriie.
On pourrait, à la manière de certains analomisles, décrire à part les parties de l'os formées aux dépens des trois pièces ; il est préférable déconsidérer l'os entier, à l'état de complet développement.
Nous décrirons donc à l'os iliaque une face externe, une face interne, et quatre bords distingués en supérieur, inférieur, antérieur et postérieur.
BASSIN
Face externe. — Klle comprend trois parties très (litlérentes i)ar leur forme p{ leur orienlatioii. Ces |)arties, étagéos de haut eu bas, sont : l''la face externe (le Vilion, assez imprii|)reuient appelée fosse ilia/iite externe ; 2" la cavité cotijloide ; 3° \ii face externe de l'aile inférietire formée par la réunion du pubis et de l'ischion, cireonscrivant un large trou, le trou ischio-jmbieii .
La fosse iliaque externe, qui regarde en arriére et en dehors, est h iangu-
tiraiiij fi'SSicr
A/nl/eil ft'SSft:
l'flil fi'Hsii'y
'icnseiir du faaria latn
Fiii 177. — (Js ilia((UP, t'a.i'(:' exloriii-, insertions inuscnlaii'i
laire ; raihliMiiciil cxcavée dans son tiers uioven, elle devient ron\e.\e dans ses tiers anl('>ririir el posiérieur ; (die est parcoui'ue |)ar deux liiiiies (-(uii'bi's rugueuses superposées, \<'slignes doni-circidai )'cs . Ces de n x lignes seilélachent
OSTEOLOGIE
du boni supérieur de l'os : la preuiière, ligne deini-civcnlaire antérieure, se détachant de ce bord près de l'angle antéro-supérieur, le longe en suivant une direction légèrement ascendante, puis se recourbe et descend pour aller se terminer vers le milieu d'une grande échancrure qui creuse le bord postérieur de l'os. — L'autre, ligne demi-circulaire postérieure, se détache à l'union du quart postérieur avec les trois quarts antérieurs du bord supérieur de l'os, et descend presque verticalement, en décrivant une légère courbure à concavité antérieure, vers la partie supérieure de la grande échancrure sciatique ; elle limite, avec le bord supérieur de l'os, un triangle dont la partie la plus élevée seule donne insertion au grand fessier, la partie inférieure étant réservée à des insertions ligamenteuses (A).
La partie de la face externe, comprise entre les deux lignes courbes, en forme de faux à pointe antérieure, reçoit l'insertion du moyen fessier ; la partie située au-dessous reçoit l'insertion du petit fessier (B). Immédiatement au-dessus de la cavité cotyloïde, la face externe de l'ilion, convexe, rugueuse, criblée de gros trous vasculaires, montre wnegouttière, faiblementexcavée, qui contourne le bord ou sourcil cotyloïdien et aboutit à des rugosités sur lesquelles s'insère le tendon réfléchi du droit antérieur de la cuisse.
Le coyiduit nourricier principal de l'ilion est situé sur cette face, au niveau de la ligne courbe antérieure ; il se dirige en bas vers la cavité cotylo'ide.
La cavité cotyloïde. remarquable par sa grandeur, regarde en avant, en dehors et en bas ; son diamètre est d'environ six centimètres. Elle n'est pas tout à fait hémisphérique ; dans plus de la moitié des cas le diamètre vertical l'emporte de un ou deux millimètres sur le transversal (mensurations sur vingt os). Située sur l'isthme iliaque, la cavité cotyloïde se rapproche plus du bord antérieur de l'os, sur lequel elle empiète parfois, que du bord postérieur.
Son bord ou pourtour, saillant, presque tranchant, porte le nom de sourcil cotyloïdien. Le sourcil présente deux légères dépressions et une large échancrure, qui répondent aux lieux de soudure des pièces primitivement isolées de l'os : la dépression antérieure^, ilio- pubienne, répond au bord antérieur de l'os, soulevé par le point de soudure des deux os (éminence ilio-pubienne) ; — la dépression postérieure, ilio-ischiatique, moins prononcée, répond à la soudure de l'ilion et de l'ischion : la trace de cette soudure est souvent visible sous la forme d'unesaillie mousse, coupanttransversalementlapartiede l'isthme située en arrièrede la cavité cotvioïde :il serait juste de V appeler éminence ilio-ischiatique, comme nous appelons l'antérieure éminence ilio-])ubienne : j'ai vu assez souvent le tendon du pyramidal pelvien imprimer son passage sur ce point. — L'échancrure ischio-pubienne, placée immédiatement au-dessus du trou ischio-pubien, donne accès dans la partie centrale, profondément excavée, ou arrière-fond de la cavité cotylo'ide (C).
La cavité est occupée par une surface lisse, articulaire, en forme de croissant entourant l'arrière-fond, et dont les extrémités ou cornes forment les bords de l'échancrure ; la corne antérieure -se termine en pointe ; sous la corne postérieure, arrondie, on voit une gouttière qui répond à de grosses veines sortant de l'arrière-fond (D).
Laface externe de l'aile inférieure nous offre à étudier le pourtour osseux du trou ischio-pubien, et la configuration de ce trou (E). Dans son ensemble,
BASSIN
elle regarde en bas, en dehors et en avant, orientation bien différente de celles que lui donnent encore bon nombre de descriptions et de planches.
Le cadre ou châssis osseux qui circonscrit le trou ischio-p^ihien est formé en dedans et en avant par le pubis, en dehors et en arrière par l'ischion. Pubis et ischion forment donc deux demi-anneaux; ils comprennent un CO/73S ou partie principale, attenant à la cavité colyloïde et des branches.
La circonférence du Irouiscliio-puhien est formée par l'arête tranchante des os qui le circonscrivent. En haut, cette circonférence est rompue en deux branches qui s'écartent suivant un trajet parallèle, comme s'écartent les branches d'un anneau brisé pour recevoir une clef. De cet écartement résuite une gouttière osseuse, la gouttière sous-pubienne, limitée par deux lèvres, l'une antérieure ou cotyloïdienne, l'autre postérieure ou pelvienne. Vers la lèvre cotyloïdienne, la circonférence du trou ischio-pubien porte deux tubercules dont la saillie modifie le contour du trou, qui devient parfois rénifof me ; j'ai donné à ces tubercules qui mar(|uent l'insertion des faisceaux principaux des membranes obturatrices les noms de tubercules obturateurs interne et externe. Kn regard de ceux-ci, sur la partie diamétralement opposée du trou sousl)ulnen, on remarque parfois un tubercule qui fait saillie dans l'aire du trou ischio-pubien ; il indique l'insertion du faisceau principal du muscle obturateur interne (Poirier et Picqué, Revue de Chirurgie, 1891).
Le corps du pubis s'allonge en dedans en une liranche pres({ue horizontale (branche iiorizontale du pubis); bientôt, cette branche se coude à angle aigu pour se porter presque horizontalement en arrière et en dehors (branche descendante du pubis); au sommet de l'angle formé par ces deux portions, l'os s'élargit et forme une lame osseuse, quadrilatère, que l'on désigne à tort sous le nom de corps du ]uibis et que Ton peut ap|>eler sxirface angulaire.
Le corps du pubis est la portion de cet os qui forme le quart anléro-inférieur de la cavit(! cotyloïde, et non, comme il est classique de le dire, la surface élargie qui comble le sommet de l'angle pubien, et à laquelle je crois devoir donner le nom de .Ç!<r/'ace a/!p'!//«//r. (lîien que je n'aime point à changer les dénominations usuelles, il y a ici urgence à reetitier des dénominations inexactes, parce ([u'elles consacrent des notions erronées sur la signification et la direction des parties qu'elles désignent).
I)a même, il faut enlendre par corps de risc/u'ou celte partie de l'os qui conline à la cavité cotyloïde dont elle forme le segment postéro-inférieur. De ce corps descend très obliquement en dedans et en arrière une grosse colonne osseuse, prismatique, que l'on appelle la branche descendante de l'ischion. (Sur le bassin en position, celte branche, dite descendante, se rapproche beaucoup plus de l'horizontale que de la verticale). Bientôt la branche descendante se coude à angle aigu pour se porter horizontalement en dedans et en avant; cette dernière portion, désignée sous le nom assez impropre de branche ascendante, s'unit à la branche dite descendante du pubis et ferme ainsi le cadre osseux du trou sous-pubien; au sommet de l'angle formé par les deux branches de l'ischion, l'os se renlle en une grosse tubérosité, sur laquelle le tronc s'ap- ])uie dans la situation assise, la tubérosité de l'ischion.
Ceci spécifié sur les dénominations et la direction des ditlérentes parties du cercle osseux qui encadre le trou sous-pubien, revenons, au risque de répétitions ennuyeuses, mais utiles, à la description de ces parties.
Le corps du pubis forme cette partie de la cavité cotylo'ule qui répond à la
OSTÉOLOGIE
corne antérieure de la surface articulaire ; ce corps, prismatique et triangulaire, s'unit à l'ilion et la trace de cette soudure reste visible sur le bord antérieur de l'os iliaque, où nous la retrouverons sous le nom d'éminence ilio-pectinëe ou mieux ilio-pubienne .
La branche horizontale (à direction transversale) continue en dedans le corps du pubis; prismatique et triangulaire, elle est échancrée sur sa partie inférieure par une demi-gouttière à concavité inférieure, la gouttière souf^-pit-
Surf. art. -
Coi-pn lie l'inc/iioi)
Tub. ixc-
Br. dite asc. df l'ischion
Fis^. 178. — Os iliaque, aile inférieure, face externe.
bienne que la membrane obturatrice complétera et transformera en canal. Le bord supérieur de cette branche horizontale est line crête saillante, la crêtepectinéale ou pubienne; le bord inférieur mousse part de la corne cotyloïdienne antérieure, et se renfle vers l'angle du pubis en une éminence pyramidale, dont le sommet se dirige en avant; c'est Vépine pubienne, située à environ 2 cm. en dehors de la symphyse. Le bord postérieur, plus tranchant, répond au pourtour du trou ischio-pubieu : il est échancré par la gouttière sous-pubienne. La face antérieure est la surface pectinéale dont une partie est occupée par l'insertion du muscle pectine. La face externe de la surface angulaire et de la branche descendante du pubis regarde en bas et en dehors; elle présente des rugosités pour l'insertion des muscles l""" et 2'' adducteur el obturateur externe.
Le corps de l'ischion porte la corne inférieure et forme le segment posléro-
BASSIN
inférieur de la cavité cotyioïde. — La face externe de la branche dite descendante de l'ischion est séparée de la corne articulaire par une gouttière dans laquelle les auteurs s'accordent à faire passer le tendon de l'obturateur externe, bien que cette gouttière, dont le fond est criblé de trous, ne donne passage à aucun organe et résulte seulement des saillies formées par la corne et la tubérosité. — La branche dite ascendante de l'ischion est, je le répète, presque horizontale : aplatie de haut en bas elle présente une face externe (ou inférieure), rugueuse pour l'insei'tion de l'obturateur externe.
l-'iir. 17'J. — I >> iliaqiir, ailo inlVTir\u'i', fai-r cxlcriii.'. in?riiioii> inusciilairi's.
La brancdic dite dcscoidante du pubis, et la branche dile Kscciidaitli- de riscliion, priinitivenient sé|iarécs, sont soudées chez Tadulle et constituent la hraiiclic iscliio-puhicniw ; la trace de la soudure est souvent indiquée par une ligne rugueuse (F).
La Inhth'osité iscliiitlume présente une surface rugueuse, large de .'> cent , longue de ij, en forme de virgule on de triangle curviligne dont la base est tournée vers la cavité colvloïde, tandis i]\n- le sommet effilé se continue avec le bord inférieur de l'os. Dans la situation normale du bassin , la lubérosilé ischialique regarde en arriére et en dehors : sa large surface olTre les empreintes d'insertion des muscles demi-membraneux, biceps, denii-lcndlncux. grand adducteur et carré crural.
'190 . OSTÉOLOGIE
Le IroH ischio-piihien, ovalaire chez l'homme, triangulaireàangles ari'oiuJis chez la femme, est limité par le bord plus ou moius trauchant des brauches pubieuiies et ischiatiques. Sur l'os frais, ce trou est obturé par une membrane fibreuse, la membrane obturatrice, qui se dédouble dans sa moitié supérieure pour former le canal sous-pubien par lequel passent les vaisseaux et les nerfs obturateurs.
Face interne. — La face interne ou pelvienne de l'os coxal, concave dans son ensemble, est divisée en deux portions par une crête saillante qui la traverse
Bord super, on Crète
Fosse
Epine iliaque ante'ro-sup.'
Epine iliaque antéro-mf.'
Eminen. iliopnbienne '
Crète pectiii..
Angle piibien^^
Surface syni' phi/saiie
nnrd infèr
très obliquement de haut en bas et d'arrièi'e en avant : c'est la crèle iUo-puhienne ou ligne innominée. Cette crête, mousse dans sa partie postérieure (iliaque), devient tranchante dans sa partie antérieure (pubienne) où nous l'avons déjà étudiée comme bord supérieur de la branche horizontale du pubis.
BASSIN
La pui tioii de l'os, située au-dessus de cette crête, est constituée par une véritable fosse, la fosse iliaque interne, qui regarde en haut, en avant et en dedans, et appartient au bassin supérieur. La portion de l'os située au-dessous regarde en haut et en arrière et appartient au petit bassin.
La fosse iliaque interne est large, triangulaire, peu profonde ; lisse dans toute son étendue, elle est recouverte par le muscle iliaque qui s'insère dans sa partie supérieure; on y rencontre un conduit îîoi/r/'irier trèsgros et dirigé en bas.
Siici-n-lùmbairp
litineau infèr.
Obturateur interne
Corps Iscino- G. lig.
car. car. sacro-sciol.
Pig. 181. — (.)s iliaque, i'ace interne, insertions musculaires.
Kn arrière de la fosse iliaque existe une large surface triangulaire, inégale, qui comprend deux portions fort différentes : une partie antérieure, comparée an pavillon de l'oreille et dite pour cela facette auriculaire .-elle s'articule avec une facette semblable du sacrum; — et une partie postérieure, plusélendue, cnn-
OSTÉOLOGIE
vexe, hérissée de gros lubercules qui donnent inserfion aux puissants ligaments qui unissent en arrière le sacrum et l'os iliaque : c'est la tubérosité iliaque (G).
La portion de la face interne située au-dessousde la ligne ilio-pubienne montre : 1" une large surface quadrilatère, répondant;» la cavité cotyloïdeet donnant insertion dans sa partie supérieure à l'obturateur interne; 2°en arrière de celleci, une gouttière à concavité inférieure : cette gouttière pourrait être dite gouttière des vaisseaux fessiers, car elle loge l'artère fessière et les gros troncs veineux qui l'entourent; 3° ea avant de la surface quadrilatère, le cadre osseux circonscrivant le trou ischio-pubien ; ce cadre est échancré àsapartie supérieure par la gouttière sous-pubienne.
Bord supérieur ou crête iliaque. — Épais et contourné à la manière d'un &' italique très allongé, ce bord, convexe, rugueux, est légèrement déjeté en dehors. Son épaisseur n'est point uniforme : il s'épaissit en deux points, aux sommets
Fig. 182. - Os iliaque, bord V'g- - 0^ iliaque, boni
supérieur ou crête.' supérieur, insertions mus-
culaires.
des deux courbures de VS. 11 commence en avant au niveau de l'épine iliaque antérieure et supérieure, éminence dirigée en avant, rugueuse par des insertions musculaires etaponévrotiques (couturier, tenseur du fascia lata). 11 se termine en arrière par une tubéro.sité plus grosse, Vépinc iliaque -postérieure et supérieure, qui forme l'angle postéro-supérieur de l'os iliaque. De l'une à l'autre épine, le bord est sinueux, conformé endos d'âne, c'est-à-dire divisé en deux versants, que limitent une lèvre interne et une lèvre externe ; il donne
insertion à un ^raiid noiabic tle muscles, comme nous l'avons représenté dars la figure ci-contre.
La crête iliaque est très convexe; le sommet de la courbe qu'elle décrit se trouve à peu près à égale distance des deux épines iliaques.
Boi'd inférieur. — Le bord inférieur, moins long et moins convexe que le supérieur, commence en avant au sommet de l'angle pubien où il se rencontre avec le bord antérieur. De là il se dirige d'abord directement en arrière et en bas, dans le plan sagittal, s'élargissant en une surface large, plane, elliptique, la surface pabieiDie ou surfuce sumiilnisaire qui forme, par son articulation avec celle du côté opposé, la symphyse du pubis. F^a surface symphysaire, déforme ovalaire, mesure de 3.-) à 40"'" dans son grand axe et environ 13""" dans le petit.
.\u-delà de cette surface, le bord inférieur de l'os iliaque se déjette brusquement eu dehors, et devient une crête rugueuse, de plus en plus large, sur laquelle viennent prendre insertion le corps caverneux et ses muscles, le transverse du périnée, le droit interne, et le grand adducteur de la cuisse.
L'obliquité de ce bord en arrière et eu dehors est beaucoup jdus prononcée i bezia femme que chez l'homme. Il faut aussi remarfjuer ([ue chez l'homme le [)oint d'attache du corps caverneux est indiqué par un méplat qui déprime la lèvre interne du bord. Le bord inférieur se termine en arrière à la tubérosité ischiatique qui forme l'angle postéro-inférieur de l'os iliaque.
Bord antérieur. — Situé dans un plan frontal, il otfre, dans l'ensemble, une vaste écliaiicrure allant de l'épine iliaque antéro-supérieure à l'angle pubien. Il est oblique de haut en bas et de dehors en dedans dans sa moitié supérieure ou externe, àpeu près horizontal dans sa moitié inférieureou interne. Immédiatement au-dessous de l'épine iliaque antéro-supérieure, on trouve une échancrure, qui tourne en avant son croissant concave. Ouoi ([u'on en dise, cette écbancrure ne donne passage à aucun organe : elle est fermée par une cloison aponévrotique intermédiaiie au psoas et au tenseur du fascialata (11).
Ln bas, la crête qui forme le fond de l'échancrure s'élargit et conduit à une saillie mousse, allongée verticalement : c'est Vépine iliaque antéro-infc rieur r aplatie par l'insertion du tendon direct du muscle droit antérieur de la cuisse.
Au-dessous de l'épine, le bord est creusé d'unegoutlièi'e verticale, à concavité interne, par le passage du tendon du muscle psoas iliaque. A partir de ce point le bord se porte presque transversalement en dedans : il présente aussitôt une saillie étendue, mais peu proéminente, V éminencc ilio-pubienne. vestige de la soudure de l'ilion et du pubis, et non, comme on le dit, trace d'insertion du |!etit psoas et de l'arcade fémorale |irofonde.
Plus eu tledans, le bord antérieur e-;t formé par la face antérieure de la branche horizontale du pubis ; cette surface, parfois excavée ])ar l'insertion du muscle pectine (surface pectinéale), est limitée en arrière par la crête pectinéale ou pubienne (jue nous avons déjà étudiée sur la face intei'ne de l'os, en avant par le bord inférieur de la branche horizontale du pubis. A la rencontre des deux crêtes, on trouve l'épine pubienne, saillie pvramidale, dont le sommet donne attache à l'arcade crurale, et dont les faces sont recouvertes par l'insertion du jiecliné en haut, du moven adducteur eu bas; la face su |)éro-inlerne de l'épine
LS
OSTÉOLOGIE
est souvent exccivée en une gouttière répondant au passage du cordon spermalique (1). — Entre l'épine et l'angle du pubis, une surface rugueuse, quelquefois relevée en crête, reçoit l'insertion du grand droit de l'abdomen.
Bord postérieur. — Le bord postérieur est également concave; il est formé parl'ilion dans sa partie supérieure, par l'ischion dans sa partie inférieure. Il commence à l'angle postéro-supérieur, c'est-à-dire à Vépine iliaque postérosupérieure, et finit à la tubérositë ischiatique. Plus profondément excavé que le bordantérieur, sa concavité neregarde point en bas, comme on le dit toujours, mais en arrière, car ses deux extrémités sont presque sur une même ligne verticale.
Immédiatenienlau-dessous del'épine iliaque postéro-supérieure, le bord postérieur entre en contact avec les faces latérales du sacrum et s'avance sur cette face par une épine mince et tranchante, Vépine iliaque poste rienre et inférieure. Les deux épines iliaques postérieures sont séparées par une échancrure peu profonde.
Au-dessous, le bord postérieur présente une large et profonde échancrure, qui fait partie de la grande échancrure sacro-scialique. Cette échancrure est divisée en deux portions par une épine mince et tranchante, Vépine sciatique à laquelle s'attache le petit ligament sacro-sciatique. La portion de l'échancrure qui est au-dessus de l'épine sciatique porte le nom de grande échancrure sciatique : elle livre passage à de nombreux organes sortant du bassin ( vaisseaux et nerfs fessiers, ischiatiques, honteux internes, muscle pvramidal, grand et petit nerfs sciatiques) (.1). — L'échancrure située au-dessous de l'épine sciatique est plus petite : c'est Isipelite échancrure sciatique ; recouverte de fibro-cartilage à l'état frais, elle fait office de poulie de réflexion pour les tendons du muscle obturateur interne qui glissent dans trois ou quatre gouttières facilement visibles sur l'os frais.
Le boi'd postérieur se termineà la tubéi'osité de l'ischion : j'ai déjà signalé les insertions musculaires qui se font s.ur cette dernière : il faut y ajouter l'insertion du grand ligament sacro-sciatique (sacro-tuberosum de Henle, en français sacro-tubérosi(aire) .
Ossification. — L,'os iliaque pi-éseiito douze points d'ossification : trois primitifs et neuf complémentaires.
Des irais points primitifs, l'un forme l'ilion, point iliaque: — l'autre, l'ischion, point ischiatique ; — le troisième, le pubis, point pubien. — Ces trois points apparaissent durant la vie intra-utérine dans l'ordre suivant: l'iliaque (cinquantième à soixantième jour), l'ischiatique (quatrième mois), le pubien (milieu de la grossesse).
A la naissance, les trois os sont encore distincts : du fond fle la cavité cotyloide partent en rayonnant les trois bandes cartilagineuses qui les séparent. Ces bandes ou lignes ont la forme d'un Y (cartilage en Y) dont les branches se dirigent vers les dépressions du rebord cotyloïdien. La cavité cotyloïde est donc formée par les trois os : l'ilion en forme la partie supéro-externe ; le pubis, la partie supéro-interne (la plus petite) ; et l'ischion, la partie inféro -externe (la plus grande). l'our compléter et modeler la cavité articulaire, il existe trois points comjilèmentaires, qui apparaissent au niveau de son arrière-fond. L'un de ces points principal reste indépendant durant une période assez longue, d'où son nom de quatrième os co.ral ; il est situé entre l'ilion et le pubis, au niveau du bord antérieur de l'arrière-fond: aussi a-t-ilété appelé par Rambaud et Renault os cotyloïdien ou os aceta- Inilï. Bien développé chez les mammifères, l'os cotyloïdien apparaît vers l'âge de 12 ans sous l'orme d'un prisme allongé ; il se confond avec les os voisins vers l'âge de 18 ans. La persistance de l'os cotyloïdien a été observée chez l'adulte. — Les autres points cotyloïdiens complémentaires, simples lamelles qui modèlent la surface, apparaissent vers l'âge de
BASSIN
Os iicef. abiil .
treize à quinze ans ; ils se soudent aux points primitifs vers la i]uinzîèine ou laf seizième année, époque à laquelle l'os iliaque est complètement ossifié, k l'exception de quelques épiphyses qui ont des points complémentaires spéciaux.
tJes derniers sont au nombre de six : deux appartenant à l'ilion (crête et épine iliaque antéro-inférieure) apparaissent vers quinze à seize ans ; — deux autres, destinés au pubis (épine et angle), apparaissent de dix-huit à vingt ans ; — les deux derniers, destinés à l'ischion (épine sciatique et tubérosité ischiatique) apparaissent vers la quinzième ou la seizièuie année.
Ces six points complémentaires se soudent aux points primitifs dans l'ordre suivant : épine iliaque antéroinférieure (seize an?) ; épine pubienne (dix-huit ans) ; angle pubien (vingt-un ou vingt-deux ans) ; tubérosité ischiatique (dix-sept à vingtdeux ans chez la femme, vingt-un à vingt-quatre chez l'homme) ; celui de la crête iliaque est celui qui se soude le dernier (vingt-un à vingtiiuatre ans). Cette épiphyse marginale présente donc, au point de vue de son ossification, des caractères qui la rapprochent beaucoup de la même épiphyse de l'omoplate. Ce fait anatoniique a une grande importance pratique au point de vue du siège le plus fréquent des lésions juxta-épiphysairos chez les adolescents, hisions qui se localisent de préférence au niveau de l'épiphyse marginale, grâce à la persistance prolongée du cartilage de conjugaison unissant l'épiphyse à l'os.
Architecture. — L'os coxal est un os plat, formé par deux lames de tissu compact oufennant une couche de tissu spongieux L'épaisseur de la coque compacte est variable : elle atteint trois à quatre millimètres au niveau do la partie la plus convexe de la crête iliaque, dans la gouttière des vaisseaux fessiers, à la tubérosité ischiatique. L'épaisseur de la couche spongieuse est en rapport avec l'épaisseur même de l'os, en ses différents points. Dans la portion iliaque^ l'épaisseur de l'os diminue des bords vers le centre de la fosse iliaque ; en ce point l'os s'amincit, et devient la plupart du temps transparent. C'est par cette partie amincie que passent les fractures horizontales de l'aile iliaque que Duverney a étudiées; j'en ai donné six beaux cas à mon collègue Walther pour son récent travail sur les fractures du bassin [Traité de chirurgie. Duplay et Reclus, tome VI) ; je crois toutefois que le point d'application de la force a plus d'inqjortanec pour le siège de la fracture que la conformation de l'os. — Parfois, mais beaucoup plus rarement qu'on ne le dit, cet amincissement peut aller jusqu'à la perforation de l'os. Sur deux os iliaques de la collection que j'ai rassemblée à l'École pratique, la fosse iliaque, criblée à jour', est une véritable dentelle osseuse. Je n'observe la perforation ipie sur trois os. sur lesquels le processus de résorption paraît avoir activement sévi. Par le même processus, on peut observer la perforation du fond de la cavité cotyloïde, dont l'épaisseur est d'ailleurs très variable.
l''ig. 184. — Os iliatjue, ossification.
Connexions — .\riiculé si s'articnlr en liant et en arrion.
l'os iliaque
r la ligne médiane avec celui du coté opposé, avec le sacrum, en bas avec le fémur.
Insertions musculaires. —
Face interne | Iliaque; petit psoas : releveurde l'anus; obturateur interne.
Petit fessier; moyen fessier; grand fessier: tendon réfléchi du droit antérieur: moyen adducteur; obturateur externe. Grand oblique ; petit oblique : transverse de l'abdomen : ijrand dorsal: carré dos lombes : sacro-lombaire.
Fore externe
ISnrd supérieur
OSTÉOLOGIE
(Couturier; tenseur ilii fascialata: droil anUirieur (tendon I direct! ; pectine.
^ iJroit interne :. petit adducteur: graml adducteur : ischioî caverneux.
I Grand droit et pyraniiilal de 1 abdomen. ^ Carré crural; demi-tendineux ; deuii-menil)ranciix ; biceps: \ grand adducteur; jumeau inférieur.
I Jumeau supérieur; relevuur de l'anus.
Varia. — A. — Rien de plus faux que les descriptions et le^ figures qui montient le grand fessier s'insérant à toute cette surface ; une crèto limite le triangle d'insertion du grand fessier.
B. — Ces deux lignes sont encore appelées: l'antérieure, inférieure ou ligne du moyen fessier; la postérieure, svpéneareouligne du f/rand fessier. On préférera, comme moi, les qualificatifs antérieure et postérieure, si l'on prend la peine de regarder la situation réelle de ces lignes.
La ligne demi-circulaire antérieure est assez souvent dédoublée ; ses lèvres donnent insertion aux muscles sus et sous-jacents, moyen et petit fessiers : l'interstice, quelquefois excavé en gouttière, répond au passage d'une grosse branche de l'artère fessière (branche moyenne). Je ne sais si cette gouttière a été signalée : je la trouve cependant très nette et très large sur nombre d'os ; commençant dans la grande échancrure sciatique, elle se continue sur la face externe de l'ilion parallèlement à la ligne demi-circulaire antérieure.
C. — L'échancrure ischio-pubienne est parfois convertie en canal par un pont osseux : je connais deux cas de cette anomalie : l'un qui est signalé par Hyrii : l'autre qui m'a été montré par M. Nicolas, mon collègue de Nancy.
D. — Le croissant articulaire garde d'ordinaire la trace de sa formation par les trois points osseux de l'ilion, du pubis et de l'ischion, soit qu'il présente un étranglement aux deux points où s'est faite la soudure, soit que l'une des cornes, l'antérieure surtout, resie séparée du reste de la surface par un sillon plus ou moins accentué.
E. — Je ne puis consentir à conserver la dénomination impropre de trou obturateur : au moins faudrait-il dire obturé; ischio-pubien est mieux.
F. — On a parfois constaté l'ajjsence de réunion do la branche ascendante de l'ischion et de la branche descendante du pubis, qui restaient à distance (HyrtI).
G. — Sillon préauriculaire. — Immédiatement au-dessous du bord horizontal de la facette auriculaire, on trouve très souvent un sillon ou plutôt une gouttière peu profonde, large de deux à cinq millimètres, et qui court, paralèllement à ce bord vers l'épine iliaque postéro-inférieure. Zaaijer adonné à celte gouttière le nom de sillon préauriculaire : ii la considère comme servant à l'insertion du ligament sacro-iliaque antérieur — Verneau (le Bassin dans les deux sexes et dans les races, Paris, 1875) a rencontré le sillon préaul iculaire constamment et dans toutes les races ; pour lui, il correspond au trajet de l'artère hypogastrique et ne sert pas exclusivement à l'insertion du ligament. — Je viens d'étudier ce sillon sur cent os iliaques, et voici les résultats auxquels je suis arrivé : lo ce sillon est une gouttière; 2o cette gouttière est à peu près constante ; 3o elle est parallèle au bord inférieur de la facette auriculaire, et ne doit pas être dite pré-auriculaire, mais bien sousauriculaire; 4" souvent ce n'est qu'une demi-gouttière ; elle est alors complétée par le bord du sacrum ; oo les bords, lorsqu'ils sont nettement marqués, donnent insertion aux feuillets profonds du ligament sacro-iliaque inférieur ; Go la gouttière répond au passage d'une artériole et de grosse veines; l'artère hypogastrique est fort en avant; 7» sur des bassins qui portent des traces d'ossification des ligaments, on trouve (deux fois sur cent) la partie postérieure de la gouttière sous-auriculaire recouverte par une jetée osseuse allant de l'ilion au sacrum. Récemment Zaaijer dans un nouveau travail (.\rch. neerl., I. XXVIl) et Lœhr (.\nat. Anzeiger, Bd. IX, 1894) ont encore alïirmé que le sillon préauriculaire devait être regardé comme l'empreinte d'insertion du ligament sacio-iliaque antérieur. A mon avis, le ligament s'attache sur le bord du sillon dont le fond répond à des vaisseaux.
H. — A en croire l'unanimité de ceux qui écrivent sans faire le contrôle anatomique de leurs descriptions, cette échancrure donnerait passage au psoas-iliaque pour les uns, au nerf fémoro-cutané pour les autres. En réalité, elle ne livre passage à aucun organe ; à y regarder de près, elle est parcourue par une crête médiane séparant un versant interne, sur lequel s'insère le muscle iliaque, et un versant externe qui donne insertion au petit fessier; sur la crête prend insertion une forte lame aponévrolique, émanée des tendons du droit antérieur de la cuisse et du grand oblique de l'abdomen.
I. — Quelquefois l'épine du pubis est très développée : on l'a alors l'approchée des os
Bord antérieur .
Bord inférieur . Angle du pubis .
Ischion
Epine sciatique .
BASSIN
uiai'siipiaii 'î ili' cpi-ImIiis ,i ni jua ii \ noii-iihii-i'iilaircs ( 1 1 n m pli i\ , le S(iiitflclli' lunnaiii. p. 459).
J. — Parfois on rencontre sur le contour de la gramie échancruri' une rugosité ou épine (spina accessoria iscliii do Scliwegel), répondant à la soudure iiio-iscliiatique (Schwogel, Hyrtl).
iNoniLire d'auteurs ont signalé des déformations et des prolongements apophysain-s de l'os iliaque par l'ossification des ligamenis qui s'y attachent ; on les rencontre surtout aurlevantet au-dessus de la facette auriculaire (ossification des ligaments sacro-iliaques), à l'épine iliac|uc antérieure et supérieure (ossification de l'arcade crurale), à l'ischion et à la petite épine scialique [ossification des ligaments sacro-sciatiquos), et, en général, sur tous les points d'insertions musculaires et ligamenteuses. - J'ai déjà signalé la crête ou liilioi-cule que l'on trouve sur la ligne innominée au niveau de l'insertion du petit psoos.