FÉMUR
I^e fémur est un os long, constituaiil à lui seul le squelette de la cuisse, deuxième segment du membre abdominal; c'est l'homologue do l'humérus qui forme le squelette du bras au membre thoracique. Il s'étend de l'os eo.xal, dans la cavité cotylo'i'de duquel il est reçu ])ar son extrémité supérieure, au tii)ia sur lequel il repose par son extrémité inférieure.
On considère au fémur un corps et deux extrémités.
Le fémur est obliquement dirigé de haut en bas et de dehors en dedans: en d'autres termes, l'extrémité inférieure du fémur est plus rapprochée du plan médian du corps que l'extrémité supérieure: dans la station verticale, les talons joints, les fémurs se touchent par leur extrémité inférieure, tandis que leurs extrémités supérieures sont séparées par
OSTÉOL(>GIE
face in t. \ v A -Facee-tl.
toute la largeur de la ceinture pelvienne. Celte obliquité est d'ailleurs très variable suivant le sexe et les individus : elle est plus prononcée chez la femme dont le bassin est plus large. Si l'on met en contact avec un plan horizontal les deux tubérosités (condyles) de l'extrémité inférieure du fémur, le
corps de l'os s'incline fortement en Face ant.
haut et en dehors, prenant ainsi, à " !
peu de chose près, sa direction naturelle.
De plus, le corps du fémur présente une légère courbure à concavité postérieure; il est arqué en avant (A). Indépendamment de son inclinaison et de sa cambrure, le corps du fémur parait avoir subi une sorte de torsion très légère (B).
Placer en arrière le bord tranchant du corps de l'os, en haut l'extrémité coudée et en dedans la Boni poster.
surface articulaire sphériquede cette
extrémité; donner à l'os la direc- pig. 192. - Fémur, coupe horizontale et transt.on mdiquee plus haut. ^^^3^,^ ^^^p^ ^i^.^^^, ^^^^ ^.^^^
CORPS. — Le corps se rapproche beaucoup de la forme cylindrique : on peut toutefois, pour la facilité de la description, lui assigner la forme d'un [)risme triangulaire dont le bord postérieur est très saillant, tandis que les deux autres sont peu marqués. Ainsi nous décrirons une face antérieure, une faee externe, une face interne et trois bords, deux latéraux peu accentués, un postérieur très saillant.
Faces. — La face antérieure, lisse, convexe sagittalement et transversalement, s'élargit de haut en bas : elle donne insertion au muscle crural, portion du quadriceps fémoral.
La face externe, plane à ses extrémités, excavée par une gouttière longitudinale peu profonde dans sa partie mo3'enne, donne également insertion au muscle crural.
La face interne, assez large en haut, se rétrécit en bas et se termine eu pointe vers l'extrémité inférieure de l'os. Elle tend dans sa partie inférieure à dévier en arrière, comme l'artère fémorale qui la suit. Elle est libre de toute insertion musculaire, ainsi que je l'ai établi dans un travail sur le quadriceps fémoral [Progrès médical, quadriceps crural, 1888). Le fait a été depuis répété par d'auties qui avaient d'abord écrit le contraire; Rellini a prétendu que la face externe était aussi dépourvue de toute insertion musculaire.
Bords. — Le bord interne el lebord externe, arrondis, se distinguent difficilement des faces qu'ils séparent. Cependant le bord interne est toujours assez nettement indiqué dans sa moitié supérieure, où il prend quelquefois l'aspect d'une crête mousse.
Le bord postérieur est, au contraire, large, rugueux, très saillant : il a reçu le nom de Ligne âpre du fémur. Il forme une véritable bande osseuse, large de 6 à 8 mm., haute quelquefois de 4 à 5 mm. et formant alors un véritable pilastre annexé à l'os, ce qui a fait donner à ces fémurs le nom de fémurs à pilastre. La ligne âpre présente deux lèvres et un interstice : le vaste externe du quadriceps s'insère sur la lèvre externe; le vaste interne du même muscle sur la lèvre interne : les muscles adducteurs et biceps prennent attache sur Fin-
os DE LA CUISSli 207 terstiee. A sa partie inférieure la ligne âpre se bil'ur(|ue; elle se Irifurque à sa
Grand Empr. Petit Vaste
troch. iliaque fessier oxt.
partie supérieure : je déci'irai le (rajet de ces branches ijuaiul lesextréniiles de l'os nous seront connues.
OSri£OL(J(^.ll'
Le conduit nourricier de l'os se rencontre d'ordinaire sur la ligne âpre, on, à son voisinage, sur lii face interne de l'os. Il est dirigé de bas en haut, vers la hanche.
Fig. 195. — I''éiiiur, i'acc inlcTne. b'ig. — Fémur, l'ace interne,
insertions musculaires et ligamenteuses.
EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE. — L'extrémité supérieure du fémur, coudéeàangle obtus sur le cor'ps de l'ds, présente a étudier : une tèle articulaire portée loin
os DE LA CUISSE
de la diaphyse de l'os par une portion rétrécie ou col anutomique ; au sommet de l'angle l'ornié par la diaphyse et le col, une grosse tiibérosité, le grcoid
Fig. 197. — Frniur, hovA posLérieui'. 198. — Fémur, bord postérieur.
(ligne àprc). insertions musculaires et ligamen-
teuses.
trOi-]i(()}ter ; dans l'angle rentrant formé par le corps de l'os et le col, une tuiténisilé plus |)elile, le pcHl. Iroi.'Jutnler.'l'oMiPs ces parties sont en conti-
OSTÉOLOGIR
nuité avec la diaphyse par une portion du corps de l'os, qui porte le nom de col chirurgical.
Tête. — Assez régulièrement arrondie, elle représente à peu près les 2/3 d'une sphère ; sa surface articulaire, lisse, encroûtée de cartilage à l'état frais, est limitée par une ligne sinueuse formée par la rencontre de deux lignes courbes (Sappey), l'une supérieure, l'autre inférieure, toutes deux à concavité externe; en avant et en arrière, ces deux lignes se rencontrent suivant un angle nettement formé (G).
Au-dessous et en arrière de sa partie la plus saillante, la tète est creusée d une fossette ovalaire, la fossette du ligament rond : la moitié antéro-supérieure de cette fossette présente les rugosités d'insertion du ligament qui glisse sur sa moitié inférieure lisse : dans le fond de cette fossette, on rencontre souvent de gros trous vasculaires.
La tête regarde en haut, en dedans et en avant, et non en arrière, comme je le lis dans nombre d'auteurs.
Col fémoral. — Obliquement dirigé de la tête vers les trochanters, il offre une forme cylindro-conique : comme il est aplati d'avant en arrière, on peut lui considérer deux faces, deux extrémités et un axe.
h<i face antérieure, large, plane ou légèrement concave dans le sens transversal, regarde un peu en bas; elle présentequelqùes stries osseuses et de rares orifices vasculaires; en basset en dehors, elle est limitée par une ligne rugueuse dite interlrochantérienne-antérieure.f qui descend du grand trochanter vers le petit, sans toutefois atteindre ce dernier ; cette ligne donne attache à la partie antérieure de la capsule fibreuse coxo-fémorale, de telle sorte que toute la face antérieure du col est iiitra-capsulaire. En haut et en dedans, vers la tête, la face antérieure du col offre une surface rugueuse à laquelle j'ai donné le nom d'empreinte iliaque (Voiv note G).
hsL facepostérieure àu «ol, concave transversalement, convexe de haut en bas, legarde en arrière et légèrement en haut; elle est limitée en dehors par une saillie mousse, très forte, allant obliquement du grand au petit trochanter et formant la ligyie intertrochantérienne postérieure, suv laquelle ne s'insère pas le carré crural (D).
La partie du grand trochanter, qui déhorde en arrière et en haut leplan de là face postérieure du col, est excavée d'une fossette, dite fossette digitale, au fond de laquelle une empreinte circulaire, nettement frappée, marque le lieu d'insertion du muscle obturateur externe (E).
Le bord supérieur du col, concave dans le sens transversal, est large et épais; il s'étend presque horizontalement de la tête à la partie antéro-supérieure du grand trochanter. — Le bord inférieur, concave, moins épais, plus long, descend très obliquement de la tête au petit trochanter.
Les extrémités du col sont plus volumineuses que la partie moyenne : la supérieure se renfle circulairement pour se souder à la base de la tête : son pourtour est criblé de gros orifices vasculaires, surtout à la partie supérieure ; Vinférieure ou base s'allonge et s'aplatit pour se continuer avec le corps de l'os et les deux trochanters.
L'axe du col fait avec l'axe de la diaphyse un angle de LSO" (Rodet) ( F).
O'S Dli LA CUISSK
Grandtrochanter. — H^minence quadrilatère, réponclanUiu sorDmet de l'angle noral, le j^raiid I rochaiiter prolonge en liant le corps de l'os. Sa face externe li continue en haut la face externe du fémur, est séparée de celle-ci par une ..;ête saillante, presque horizontale, trace de l'insertion du vaste externe de l'ex- . -nseur crural ; elle est traversée obliquement de haut en bas et d'arrière en avant par une empreinte eu l'orme de virgule à base supérieure, c'est l'empreinte du muscle moyen fessier. — Su face interne, confondue avec la base du col, n'est
fliird llo-tl l'.iiiiir. Moyen
pnst. ■<«/'■ ilicK/iii' fessier Pyramidcil Capsii/r
Fig. d99. — Fémur, uxtréiiiilV' Fig. 200. — Fémur, extrémité
.supérieure, face externe. supi'rieure, face externe, in-
.sertions musculaires et ligamenteuses.
libre qu'en arrière et en haut où elle est excavée par la fossette digitale ; audessus et en avant de la fossette, tout près du bord supérieur du grand trochanter, on trouve l'empreinte d'insertion de l'obturateur interne uni aux deux muscles jumeaux. — Le bord antérieur du grand trochanter, très épais, rectangulaire, véritable face, montre l'empreinte d'insertion du Yietit fessier. — Le bordpostêrieur, épais et arrondi, commence la crête interl rochanlérienne postérieure. — Le bord supérieur, horizontal, présente vers sa partie moyenne l'empreinte ovalaire du muscle pyramidal. — Le bord inférieur est cette crête que j'ai décrite sur la face externe du grand trochanter comme formée par l'insertion du vaste externe.
Petit trochanter. — C'est une éminence mamelonnée située à laparlie postérieure du col et dont le sommet est aplati par la large empreinte d'insertion du puisscint muscle psoas-iliitque. En avant, lo petit trochanler est séparé de la ligne^
osrEOLOGii<:
dite interti'ochaiitérienne antérieure par une dépression, \afosseLtc prétvocitanlinienne.
Trifurcation de la ligne âpre. — A sa partie supérieure, la ligne âpre se
Foss. ilti Gout. Caoite Oht. Olit. Cane
lig. r. obtur. digitale Lig.rond iiit.jum. ejct. crural
divise en trois branches divergentes: a) une branche externe^ large, très rugueuse, se dirige en haut vers le bord inférieur du grand trochanter : c'est la branche fessière ou crête du grand fessier, qui donne insertion au muscle de ce nom (G) ; — b) une branche moyemie, plus courte, moins marquée se détache de la branche fessière, et se dirige vers le petit trochanter; c'est labranche pectinéale qui reçoit l'insertion du muscle pectiné; — c) une branche interne se dirige en dedans ; elle contourne par un trajetoblique la face interne du corps, paissant à un travers de doigt au-dessous du petit trochanter, et gagne la face antéi'ieure de l'os, où elle se continue avec la ligne dite intertrochantérienne antérieure ; c'est la ligne spirale ou crête du vaste interne.
EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE. — Vers le tiers inférieur de la diaphyse,le corpsdu fémur augmente progressivement de volume et s'aplatit d'avant en arrière. Cet aplatissement résulte surtout de ce fait que la ligne âpre se bifurque laissant entre l'écartement de ses branches une surface triangulaire plane, la surface poplitëe (II). Tout à fait à l'extrémité inférieure, le fémur prend ainsi la forme d'une pyramide à quatre faces dont le sommet tronqué se continue avec la dia- ^|)hyse, et dont la base, lisse, cartilagineuse à l'élat frais, va reposer sur les ca-
vités glénoïdps ilu tibia soiis-jaceiil.. Avfccpl aplalissoniPiil I ransveisal, l'exlrrmité inrérieiire présenio encore une sorlo f|p hirnrcalinn, visible sui toul en ar-
S'irf. p(i/>/i/
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l'iih, siis-cond.^-.