CONFORMATION EXTÉRIEURE DU CERVEAU
Le cerveau, avons-nous dit plus haut, a la forme d’un ovoïde à grand axe antéropostérieur et à grosse extrémité dirigée en arrière. Sa partie supérieure, en rapport avec la voûte du crâne, est partout fortement convexe, convexe dans le sens antéropostérieur, convexe dans le sens transversal : elle a reçu, de ce fait, le nom de convexité du cerveau. Sa partie inférieure, en rapport avec la base du crâne et la tente du cervelet, a reçu le nom de base : à peu près plane dans son quart antérieur, elle est, dans ses trois quarts postérieurs, fortement excavée dans le sens transversal (fig. 633).
Si nous examinons un cerveau par sa convexité (fig. 63:2), un détail nous frappe tout d’abord : c’est la présence, sur la ligne médiane, d’une scissure profonde, divisant le bloc cérébral en deux moitiés latérales et symétriques, que l’on désigne sous le nom &' hémisphères . De ce fait, la scissure en question est appelée scissure interhémisphérique ; elle est occupée, sur un cerveau non dépouillé de ses enveloppes, par un prolongement de la dure-mère crânienne, la faux du cerveau (fig. 634, 2), que nous étudierons plus tard (voy. Méninges) . Si nous écartons l’un de l’autre les deux hémisphères. pour juger de la profondeur de la scissure qui les sépare, nous constatons que cette scissure descend, à sa partie antérieure et à sa partie postérieure, jusqu’à la base du cerveau; dans sa partie moyenne, au contraire, elle est limitée par une lame horizontale de substance blanche qui va d’un hémisphère à l’autre et qui porte le nom de corps calleux.
Si maintenant nous retournons le cerveau pour examiner sa base (fig. 635), nous
CERVEAU
retrouvons encore nos deux hémisphères. Nettement séparés, en avant et en arrièrepar l’extrémité antérieure et l’extrémité postérieure de la grande scissure interhémisphérique, ils sont intime- ^
ment unis l’un à l’autre, à leur partie moyenne, par des formations, en partie blanches, en partie grises, que nous désignerons sous le nom collectif de parties commissurales de la base ou de commissure hémisphérique de la base. Du reste, la commissure de la base se confond, en avant, avec la partie antérieure du corps calleux. En arrière et sur les côtés , au contraire , elle en est séparée par une fente en forme de fer à cheval, que l’on désigne sous le nom de fente cérébrale de Bicliat.
Au total, nous pouvons considérer le cerveau comme constitué par deux formations latérales et symétriques, les hémisphères, qu’unit l’un à l’autre, à leur partie inférieure
et moyenne, une large commissure, la commissure inter héyyiisphérique. Nous étudierons successivement :
Fi^. 6^,3.
Le cerveau, vu sur une coupe frontale ; ses principales parties constituantes.
1, convexité. — '.2, base. — 3, scissure in terhémispbérique. — 4, corps calleux. — 5, 5’, les deux hémisphères droit et gauche. — 6, 6’, corn niissure interhémisphérique.
1° Les hémisphères ;
2° Les formations interhémisphériques ; S'’ La fente cérébrale de Bichat.
§ I. — Hémisphères
Au nombre de deux, les hémisphères cérébraux se distinguent en hémisphère droit et hémisphère gauche. On les désigne encore, principalement dans le langage clinique, sous le nom de hémi-cerceau gauche et de hémi-cerceau droit, ou bien, plus simplement, sous celui de cerceau gauche et de cerceau droit. Envisagés au point de vue de leur conformation extérieure, les deux hémisphères cérébraux peuvent être comparés à des prismes triangulaires, dont les axes seraient parallèles entre eux d’abord, puis parallèles à la ligne médiane. Chacun d’eux, par conséquent, nous présente deux extrémités, trois faces et trois bords :
1° Extrémités. — Les extrémités des hémisphères cérébraux, arrondies et mousses, se distinguent naturellement en antérieure et postérieure : V extrémité antérieure ou frontale répond à la fosse frontale de l’endocrâne ; Y extrémité postérieure ou occipitale vient se loger dans la fosse supérieure de l’occipital. On désigne assez souvent ces extrémités des hémisphères, en raison de leur forme
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plus ou moins pointue, sous les noms de corne frontale et de corne occipitale. Leur partie la plus saillante prend le nom de pôle : pôle frontal, pour la corne frontale; pôle occipital, pour la corne occipitale.
2° Faces. — Les trois faces des hémisphères se distinguent, d’après leur orientation, en interne, externe et inférieure :
A. Face interne. — La face interne, plane et verticale, limite de chaque côté la grande scissure interhémisphérique. Elle est séparée de la face interne de l’hémisphère opposé par la faux du cerveau (fig. 634, 2). Mais comme la faux du cerveau ne descend pas (à sa partie antérieure tout au moins) jusqu’aux corps calleux, il existe un espace, peu étendu du reste, où les deux hémisphères cérébraux entrent directement en contact et ne sont plus séparés l’un de l’autre que par des tractus conjonctifs et quelques vaisseaux (voy. Méninges).
B. Face externe. — La face externe, fortement convexe, tant dans le sens antéro-postérieur que dans le sens vertical, répond à la calotte crânienne, qui se moule exactement sur elle.
C. Face inférieure. — La face inférieure est beau-. coup plus irrégulière. Si nous la parcourons d’avant en arrière, nous rencontrons tout d’abord, à l’union de son quart antérieur avec ses trois quarts postérieurs, une scissure profonde : c’est la scissure de Sijlüius.
a. Scissure de Syloius. — Cette scissure prend naissance, en dedans, à l’angle externe d’une région quadrilatère que nous décrirons ultérieurement sous le nom d'espace perforé antérieur . De là, elle se porte d’abord en avant et en dehors; puis, s’infléchissant sur elle-même, elle se dirige obliquement en dehors et en arrière et remonte alors sur la surface externe de l’hémisphère, où nous la retrouverons plus tard (voy. Circonvolutions). La scissure de Sylvius décrit donc, dans son ensemble, à la face inférieure de l’hémisphère, une courbe très prononcée, à concavité dirigée en arrière. Elle répond, sur le squelette, au bord postérieur des petites ailes du sphénoïde et loge dans sa profondeur l’artère cérébrale moyenne et ses premières branches. La portion initiale de la scissure de Sylvius divise notre face inférieure de l’hémisphère en deux portions très inégales : l’une antérieure ou présylvienne, l’autre postérieure ou rétro-sylvienne.
b. Portion présylvienne, bandelette olfactive. — La portion présylvienne, de forme triangulaire, nous présente une surface légèrement excavée, qui repose sur la voûte orbitaire. Nous y voyons, à sa partie interne, une bandelette longitudinale, de coloration blanchâtre, longue de 30 à 3o millimètres : c’est la bandelette olfactive. Obliquement dirigée d’arrière en avant et un peu de dehors en dedans, cette bandelette (lig. 635, o) chemine à 8 ou 10 millimètres en dehors de la grande scissure inter-hémisphérique, entre les deux circonvolutions dites olfactives, a) En avant, la bandelette olfactive se termine par un petit renflement de forme
Fig. 634.
Coupe vertico-lransversale du cerveau, pour montrer les rapports de sa face interne avec la faux du cerveau.
1, corps calleux. — 2, scissure interhémispliéri([ae et faux du cerveau. — 2’ sinus longitudinal supérieur. — .3, circonvolution du corps calleux. — 4, sinus du corps calleux. — 5, tractus médians de Lancisi. — 3’ tractus latéraux {tæniæ tectæ). —6, limites latérales de la face supérieure du corps calleux. — G’ limites latérales de sa face inférieure. — 7, ventricules latéraux . — 8. septum lucidum et sa cavité centrale. — 'J, noyau caudé.
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olivaire et d’aspect gris rosé, le bulbe olfactif : il repose sur la lame criblée de l’ethmoïde et donne naissance, par sa face inférieure, aux nerfs olfactifs proprement dits.
P) En arrière, la bandelette olfactive se divise en deux faisceaux divergents, l’un externe, l’autre interne, qui constituent ce qu’on appelle ses racines blanches : le faisceau externe ou racine blanche externe se dirige obliquement en dehors et en arrière et disparaît dans le fond de la scissure de Syl vins; le faisceau interne o\xracine
Fig. 635.
Cerveau, vu par sa face inférieure ou base.
(Le cervelet et la protubérance ont été enlevés par une coupe portant sur la partie postérieure des pédoncules cérébraux.)
1, extrémité antérieure et 2, extrémité postérieure de la scissure interhémisphérique. — 3, scissure de Sylvius. — 4, genou du corps calleux. — 5, bandelette olfactive et ses deux racines blanches. - 6, chiasma des nerfs optiques. — 7, nerf optique. — 8. bandelette optique. — 9, espace perforé antérieur. — 10, tuber cinereum et tige pituitaire. — 11, tubercules mamillaires. — 12, espace perforé postérieur. — 13, coupe des pédoncules cérébraux et de l’aqueduc de Sylvius — 14, tubercules quadrijumeaux postérieurs. — 15, corps genouillés de la couche optique. — Ici, bourrelet du corps calleux, contourné par le fasciola cinerea. — 17, portion latérale et 18, portion moyenne de la fente cérébrale de Bichat. — 19, lobe orbitaire et ses circonvolutions. — 20, lobe temporo-occipital et ses circonvolutions.
blanche interne se porte obliquement en arrière et en dedans vers la ligne médiane. Lorsqu’on renverse en arrière la bandelette olfactive, on constate que sa base est reliée à la partie postérieure du sillon olfactif par une lamelle de substance grise, de foime triangulaire, que l’on désigne sous le nom de racine grise du nerf olfactif. On voit, en même temps, que la face supérieure de cette bandelette n’est pas plane comme la face inférieure, mais qu’elle se soulève, en son milieu, en une sorte d’arête longitudinale, et de ce fait, revêt dans son ensemble la forme anguleuse du sillon dans lequel elle se loge. Ce mode de configuration de la bande-
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lette olfactive est surtout très visible sur une coupe vertico transversale de la région (fig. 636/1 j.
Nous nous contenterons, pour Tinslant, de ces notions sommaires sur la bandelette
olfactive et ses dépendances. Nous y reviendrons plus tard à propos de la terminaison réelle du nerf olfactif et étudierons alors, avec tous les détails qu’elles comportent, sa structure et ses connexions.
c. Portion rétro-sylvienne. — La portion rétrosylvienne de la face inférieure de l’hémisphère ressemble assez bien à un rein, dont le hile serait tourné en dedans. Légèrement concave dans le sens antéro-postérieur, elle est, dans le sens transversal, obliquement dirigée de dedans en dehors et de haut en has (fig. 635). Sa partie postérieure repose sur la tente du cervelet : elle est assez régulièrement plane. Sa parlie antérieure forme une saillie volumineuse, qui descend dans l’étage moyen de la hase du crâne : on donne à l’extrémité antérieure de cette saillie le nom de corne sphénoïdale ou de corne temporale du cerveau. Sa partie la plus saillante est le pôle sphénoïdal ou pôle temporal de certains auteurs.
3° Bords. — Au nombre de trois, les bords de l’hémisphère cérébral portent le nom de supérieur, externe et interne :
A. Boud supÉiuEur,. — Le bord supérieur (fig. 632, 2), situé de chaque côté de la grande scissure interhémisphérique, sépare l’une de l’autre les deux faces externe et interne de l’hémisphère. Assez régulièrement courhe, à concavité dirigée en bas, il s'étend sans interruption delà corne frontale à la corne occipitale. Il répond,
dans toute son étendue, au bord convexe de la faux du cerveau et au sinus longitudinal supérieur qui occupe ce bord convexe de la faux.
H. Boku exteune. — I.e bord externe (Tig. 637) sépare la face externe de la face inférieure. Il s’étend, comme le précédent, d’une extrémité à l’autre de l’hémisphère, mais il est beaucoup plus irréo;ulier. Suivi d’avant en arrière, il est à peu près horizontal jusqu’à la scissure de Sylvius, qui l’interrompt. Au delà de la scissure sylvienne, il se porte obliquement en bas et en avant jusqu’à la pointe du lobe temporal ; il contourne cette pointe, puis se dirige obliquement en haut et en arrière jusqu’au bord supérieur du rocher, autrement dit jusqu’à l’abouchement du sinus pétreux supérieur
Fi^y. 637.
bord externe de l'hémisplière gauche, vu en place, api'cs résection de la paroi latérale du crâne.
A, étage antérieur de la base du crâne. — B, étage moi en. — C, étage poslérieur. — I, scissure de Sylvius - 2, lobe l'ronlal. — lobe temporal. — 4, lobe occipital. — 5, cavité orbitaiie. — 6, l'osse temporale. — 7, zygoma. — 8. conduit auditif externe. — 9, sinus latéral (portion horizontale).
Coupe transversale de la bandelette et des deux circonvolulions olfactives.
1, bandelette olfactive. — 2, 3, circonvolutionsolfactives interne et externe. — 4, pie-mère {en rouge). — 5, arachnoïde {en bleu). — ü, espaces sousarachnoïdiens [en rouge).
CERVEAU
dans le sinus latéral. Là, il s’infléchit de nouveau sur lui-même sous un angle ti ès obtus et devient légèrement descendant jusqu’à la corne occipitale. Le bord externe du cerveau peut donc être divisé en trois portions : i® une portion antérieure, horizontale, répondant au lobe frontal, c’est la portion frontale; une portion postérieure, descendante, répondant au lobe occipital, c’est la portion occipitale ; 3° une portion moyenne, comprise entre les deux autres et répondant au lobe temporal, c’est la portion temporale; fortement courbe à concavité dirigée en haut et en arrière, cette troisième portion ressemble assez bien à un jj, dont la branche postérieure serait à la fois plus longue et plus inclinée que l’antérieure. Ajoutons que la portion frontale, comme nous le montre nettement la figure 637, répond à l’étage antérieur de la base du crâne; la portion temporale, à l’étage moyen ; la portion occipitale, à l’étage supérieur ou, plus exactement, à la tente du cervelet qui s’étend au-dessus de cet étage.
C. Boud interne. — Le bord interne (fig. 635) limite, en dedans, la face inférieure de l’hémisphère. Il est interrompu, en regard de la scissure de Sylvius, par l’espace quadrilatère perforé antérieur.
Ce bord, à sa partie antérieure et à sa partie postérieure, là où existe la grande scissure interhémisphérique, est rectiligne et parallèle à la ligne médiane : il sépare, à ce niveau, la face inférieure de l’hémisphère de sa face interne.
A sa partie moyenne, il est obliquement dirigé d’avant en arrière et de dehors en dedans : assez éloigné de la ligne médiane au niveau de l’espace perforé antérieur, il s’en rapproche peu à peu et l’atteint au niveau de la scissure interhémisphérique. D’autre part, cette portion moyenne du bord interne n’est pas rectiligne, mais fortement courbe, embrassant dans sa concavité les parties commissurales de la base du cerveau, que nous allons maintenant décrire.
§ II. — Formations interhémisphériqees
Les deux hémisphères cérébraux, nettement séparés à leur partie supérieure, à leur partie antérieure et à leur partie postérieure, par la grande scissure interhémisphérique, sont reliés l’un à l’autre, à leur partie moyenne et inférieure, par des formations de valeur diverse, les unes blanches, les autres grises, que nous désignerons en bloc sous le nom de formations inter hémisphériques (fig.633, 6, 6’), Nous n’attacherons, du reste, à cette dénomination aucune signification autre que celle que renferme la dénomination elle-même : ce sont des formations qui sont situées entre les hémisphères et tes unissent Vun à l’autre.
Ces formations interhémisphériques sont fort nombreuses et nous commencerons par les énumérer :
a) En haut, du côté de la convexité, c’est ldi partie supérieure du corps calleux, que l’on aperçoit facilement, en écartant les deux hémisphères, dans le fond de la scissure interhémisphérique ;
1^) En bas, du côté de la base, nous rencontrons tout d’abord, en allant d’avant en arrière (voy. fig. 635), une lame blanche, à direction transversale, qui n’est autre que V extrémité antérieure du corps calleux : puis, une petite lame de substance blanche, de forme quadrilatère, c’est le chiasma des nerfs optiques, avec les bandelettes optic[ues qui en partent. En dehors du chiasma, se voit une surface quadrilatère, criblée de trous, c’est V espace perforé, antérieur. En arrière du chiasma,
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nous tombons sur une région de forme losangique que nous désignerons, en raison du mode de constitution de ses bords, sous le nom de losange opto-pédonculaire : il est formé, en effet, à sa partie antérieure (bords antéro-latéraux) par les deux bandelettes optiques et par le chiasma, à sa partie postérieure (bords postérolatéraux) par les deux pédoncules cérébraux. Ce losange renferme les formations suivantes : dans sa moitié antérieure, \q tuber cinereum, Xd^tige pituitaire, le corps pituitaire ; dans sa moitié postérieure, les tubercules mamillaires et Vespace perforé postérieur. Enfin, en arrière de notre losange opto-pédonculaire, l’œil rencontre successivement la coupe des pédoncules cérébraux et V extrémité postérieure du corps calleux, un delà de laquelle reparaît la scissure interhémisphérique.
Nous allons maintenant décrire chacun de ces éléments, dans l’ordre même où nous les avons rencontrés :
Partie supérieure du corps calleux. — C’est une lame de substance blanche, longue de 8 à 10 centimètres, que l’on aperçoit dans le fond de la grande scissure interhémisphérique et dont les fibres, à direction transversale, disparaissent, à droite et à gauche, dans la partie moyenne de l’hémisphère correspondant. Nous ne faisons que mentionner ici le corps calleux. Nous le retrouverons plus loin, à propos de la conformation intérieure du cerveau (voy. Corps calleux) et nous étudierons alors en détail sa disposition, sa forme et ses connexions.
2'^ Extrémité antérieure du corps calleux. — Cette portion de la grande commissure blanche interhémisphérique fait partie de la base du cerveau et elle est placée immédiatement en arrière de l’extrémité antérieure de la scissure inter-
Fig. 638.
Extrémité antérieure du corps calleux, nerf olfactif et nerf optique.
1, exlrémité antérieure de la scissure ir.lerhémisphérique. — 2, genou du corps calleux. — .3, bec du corps calleux. — 4, pédoncules du corps calleux. — 3, bulbe olfactif. — é, bandelette olfactive . — 7, racine blanche interne. — 8, racine blanche externe. — 9, noyau amvgdalien. — 10, chiasma des nerfs optiques. — 11, lame ou lamelle sus-optif|ue. — 12, nerf optique. — 13, bandelette optique. — 14, tuber cinereum et tige pilnitaire. — 15, pédoncules cérébraux. — 16, tubercules mamillaires. — 17, espace perforé antérieur. — 18, espace perforé postérieur.
hémisphérique. Elle n’est bien visible qu’à la condition d’écarter fortement l’un de l’autre les deux hémisphères cérébraux. On constate alors qu’elle revêt l’aspect d’une lame de substance blanche transversale, allant d’un hémisphère à l’autre, et on constate aussi qu’elle se fusionne, à sa partie antérieure, avec la partie moyenne du corps calleux ci-dessus décrite : elle n’est autre que la portion
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réfléchie de ce dernier organe. On la désigne sous le nom de genou du corps calleux et sa partie postérieure, partie étroite et mince, prend le nom de bec ou rostrum \yoy. Corps calleux).
Sur le genou du corps calleux se voient deux petits faisceaux de substance blanche, appelés pédoncules du corps calleux. Ces faisceaux, d’abord longitudinaux et adossés l’un à l’autre sur la ligne médiane, s’écartent ensuite sous un angle de 100 à 110 degrés, pour se porter obliquement en dehors et en arrière vers l’extrémité interne de la scissure de Sylvius, où ils disparaissent. Nous verrons plus tard (voy. Terminaisons réelles de l'olfactif) qu’ils se continuent avec les éléments constitutifs de la circonvolution de l’hippocampe.
Dans cette dernière portion de leur trajet, les pédoncules du corps calleux traversent à la manière d’une diagonale l’espace quadrilatère perforé, d’où le nom de bandelette diagonale que leur a donné Foville et que lui donnent encore aujourd’hui certains auteurs. Nous allons y revenir dans un instant.
3® Chiasma des nerfs optiques. — Le chiasma des nerfs optiques (üg. 635,6), qui vient immédiatement après le bec du corps calleux, se présente à nous sous l’aspect d’une petite lame de substance blanche, de forme quadrilatère, allongée dans le sens transversal. Sa largeur varie, chez l’homme, de 12 à 14 millimètres; son diamètre antéro-postérieur, de 5 à 6 millimètres.
De ses deux angles antérieurs partent en divergeant deux cordons arrondis, qui sont les nerfs optiques ; ses angles postérieurs donnent naissance à deux autres faisceaux de fibres blanches, également divergents, qui constituent les bandelettes optiques.
Nous les décrirons tout à l’heure.
Envisagée au point de vue de son orientation et de ses rapports, la lame de substance blanche qui constitue le chiasma n’est pas horizontale, mais inclinée de haut en bas et d’arrière en avant (fig. 638 bis). Sa face inférieure, ou mieux postéroinférieure, ne répond pas, comme on l’écrit généralement, à la gouttière optique : elle est placée en arrière de cette gouttière et repose, comme nous le montre nettement la figure 638 bis, sur la partie antérieure de la tente de l’hypophyse, immédiatement en avant de la tige pituitaire.
Si, maintenant, on renverse en arrière le chiasma optique (fig. 638), pour avoir sous les yeux sa face supérieure ou mieux antéro-supérieure, on constate que cette dernière est reliée a la base du cerveau par une lame de substance grise (fig, 638, 11), que l’on désigne sous le nom de lame sus-optique. C’est la racine grise des nerfs optiques des anciens auteurs, dénomination qui ne répond à rien et qui doit être abandonnée.
Fig. 638 bis.
Le chiasma optique, vu en place sur une coupe sagittale (sujet congelé, côté droit de la coupe).
1, 1’, lobe antérieur et lobe postérieur de I bypopbyse. — 2, lige pituitaire. — 3, chiasma optique. — 4, lamelle sus-optique. — 5, recessus opticus. — 6, commissure blanche antérieure. — 7, 7’, sinus coronaire. — 8, artère cérébrale antérieure. — 9, tronc basilaire. — iû, artère cérébrale postérieure. — il, tubercule mamillaire. — 12, pédoncule cérébral. — 13, protubérance.
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Cette lüQie, de forme triangulaire à base postérieure, est exactement comprise dans récartement des deux pédoncules du corps calleux. Elle se compose, en réalité, de deux lamelles latérales, séparées Tune de l’autre, sur la ligne médiane, par une portion plus mince et presque transparente, qui ferme à ce niveau le troisième ventricule. La lame grise sus-optique, disons-ie en passant, appartient embryologiquement au cerveau intermédiaire, dont il représente la partie la plus antérieure : c’est la lame terminale de l’embryologie.
4° Bandelettes optiques. — Les bandelettes optiques (fig. 641, 5) naissent, comme nous venons de le voir, de l’angle postérieur du chiasma. De là, elles se dirigent
obliquement en arrière et en dehors, croisent obliquement la face inférieure du pédoncule cérébral (fig. 669, 2) et, arrivées au bord externe de ce dernier, se bifurquent en deux branches : une branche externe, qui se rend au corps genonillé externe de la couche optique; une branche interne, qui se perd dans le corps genouillé interne. Aplaties de haut en bas, les bandelettes optiques sont d’abord libres à la face inférieure du cerveau, et elles forment alors le coté postéro-in terne de l’espace perforé antérieur. Puis, elles disparaissent dans la fente cérébrale de Bichat, entre le pédoncule cérébral qui est au-dessus et la circonvolution de l’hippocampe (avec le corps godronné et le corps bordant) qui est au-dessous.
1 5° Espace perforé antérieur. — On donne ce nom
quée par une flèche. — 7, ventricule ^
lalérai. — 8, èpendyme. uoe l'égion Criblée de trous (fig. 638, 17j, qui se
trouve située immédiatement en arrière de la bandelette olfactive, de chaque côté du chiasma optique. On l’appelle encore, en raison de sa forme, Vespace Cjuadrilatère perforé. Elle aifecte, en effet, une forme assez régulièrement losangique et, de ce fait, nous otfre à considérer : 1*^ quatre côtés; 2*^ c[uatre angles: 3° un contenu.
a. Côtés. — Des quatre cotés, deux sont antérieurs, deux postérieurs. — Le côté antéro-externe est formé par la racine blanche externe du nerf olfactif. — Le côté antéro-interne est représenté par la racine blanche interne du même nerf et, plus superficiellement, par le nerf optique. — Le côté postéro-interne est formé par la bandelette optique. — Le côté postéro-externe, enfin, est constitué par la pointe du lobe temporo-occipital de l’hémisphère (nous verrons plus tard que cette portion du lobe temporo-occipital n’est autre que la circonvolution de l’hippocampe), qui, à ce niveau, surplombe l’espace perforé et qu’il faut ou inciser ou récliner en arrière, si l’on veut voir cet espace dans toute son étendue.
b. Angles. — Les quatre angles de l’espace quadrilatère perforé se distinguent en antérieur, postérieur, interne et externe. — L’angle antérieur est formé par l'écartement réciproque des deux racines olfactives blanche interne et blanche externe. Il est occupé par une petite masse de substance grise plus ou moins saillante, qui fait partie du tubercule olfactif ow tuber olfactorium. Nous le retrouverons plus tard à propos des terminaisons réelles du nerf olfactif. — L’angle postérieur, très aigu, résulte de la rencontre de la bandelette optique avec le bord interne de l’hémisphère. — L’ angle externe, profondément placé dans la scissure de Sylvius, est formé, de même, par la rencontre de la racine blanche externe avec
La bandelette optique, vue sur une coupe IVontale passant par le pédoncule cérébral.
1, pédoncule cérébral. — 2, bandelette optique. — 3, circonvolution de l'hippocampe. — 4, corps godronné. — .a, corps
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■ le lobe temporo-occipital. — U angle interne au côté externe du chiasma
optique,
c. Contenu. — Dans l’angle interne de l’espace perforé antérieur apparaît un petit ruban de fibres blanches, qui se porte ensuite en dehors et un peu en arrière et traverse ainsi, comme une diagonale, tout l’espace perforé : c’est la bandelette diagonale. Cette bandelette, très marquée chez les animaux osmatiques, descend chez l’homme à des proportions relativement minuscules ; mais elle est constante et, quand on ne la voit pas après le simple enlèvement de la pie-mère, il suffit pour la mettre en évidence d’enlever délicatement, soit par le grattage, soit à l’aide d’un filet d’eau, la couche de substance grise qui la recouvre.
Suivie en dehors, la bandelette diagonale disparaît dans la corne sphénoïdale de l’hémisphère : plus explicitement, elle se termine (nous aurons l’occasion d’y revenir plus loin) dans la partie antérieure de la circonvolution de l’hippocampe. Suivie du côté opposé vers la ligne médiane, elle se porte vers le bec du corps calleux et, là, se divise en trois ordres de fibres : 1» des fi.bres internes, ascendantes qui pénètrent de bas en haut dans l’épaisseur de l’hémisphère ; nous verrons plus tard qu’elles s’accolent au pilier antérieur du trigone pour gagner avec lui, après un large détour, la corne d’Ammon du côté correspondant; 4° des fibres moyennes, qui se continuent avec le nerf de Lancisi (voy. Corps calleux)] 3° des fibres externes, qui se perdent dans une région toute spéciale de l’hémisphère, placée de chaque côté du hec du corps calleux, le carrefour olfactif de Broca.
La ^ bandelette diagonale, en traversant l’espace perforé, le divise en deux parties : une partie antérieure, de couleur grise, la substance grise de Sœmmering ; une partie postérieure, beaucoup plus pâle, la partie
innommée de l’espace perforé. Il convient d’ajouter cependant que, sur bien des sujets, la bandelette diagonale, au lieu de rester à l’état de faisceau compacte, s’étale en une sorte d’éventail, dont les fibres les plus postérieures vont jusqu’au contact de la bandelette optique, auquel cas la partie innominée de l’espace n’existe pas ou, ce qui revient au même, est occupée par les faisceaux postérieurs de la bandelette diagonale.
L’espace perforé antérieur est recouvert par une mince couche de substance grise, qui se rattache vraisemblablement à la fonction olfactive. 11 nous présente une multitude de trous, irrégulièrement disséminés à sa surface, à la fois plus grands et plus nombreux à la partie externe qu’à la partie interne. Ces trous, à la présence desquels l’espace en question doit son nom {espace perforé), livrent passage à des vaisseaux, des artères et des veines destinés aux noyaux opto-striés.
Fig. 640.
Espace perforé antérieur, bandelette diagonale.
1, chiasma optique, érigné eu arrière. — 2, nerf optique. — 3, bandelette optique. — 4, bandelette oifactive. — 5, racine blanche interne. — 6, racine blanche externe. — 7, tubercule olfactif, vu par sa ' face inféi’ieure (trigone olfactif). — 8, tractus de Lancisi. — 8’, pédoncule du corps calleux. — 8”, bandelette diagonale. — 9, espace perforé antérieur, avec : a, sa partie antérieure ou substance grise de Sœmmerbing ; ô, sa partie postérieure ou innominée.
— 10, circonvolution de Lhippocampe. — 11, circonvolution olfactive externe. — 12, circonvolution olfactive interne. — 13, scissure de Sylvius. — 14, repli falciforme. — 15, pédoncule cérébral.
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6° Tuber cinereum. — Letubercinereum ou corps cendré ffig. 644, 9) est une lame
de substance grise, qui occupe tout l’espace compris entre le chiasma, les bandelettes optiques et les tubercules mamillaires. Vue par sa face inférieure, cette lame est convexe :
elle se présente sous la forme d’une saillie mamelonnée ou conoïde, ce qui lui a valu son nom de tuber, mot latin qui signifie une saillie arrondie. Vue par sa face supérieure, au contraire, elle est concave et fait partie du ventricule moyen. Le tuber cinereum n’est pas une formation isolée : il se continue en avant, par-dessus le chiasma, d’une part avec la lame sus-optique, d’autre part avec la substance grise qui forme l’espace perforé antérieur; en arrière, il se continue de même, par-dessus les tubercules mamillaires, avec la substance grise de l’espace perforé postérieur. La partie la plus saillante du tuber cinereum donne attache à la tige du corps pituitaire.
Fig. fi41.
Face inférieure du cers'cau, région médiane.
(La circonvolution de l’hippocainpe a été écartée à gauclie et réséquée à droite pour laisser voir le mode de terminaison do la bandelette optique).
1, bandelette olfactive, avec : 1’, sa racine blanche externe. — 2, espace perforé antérieur. — 3, nerf opti(|ue. —4. chiasma. — .T. bandelette optique, avec 5’, sa racine externe; 5”, sa racine interne. — 6, corps genouillé externe. — 7, corps genouillé interne. — 8, bras antérieur des tubercules quadrijumeaux. — 9, tuber cinereum. — 10, tige du corps pituitaire. — 11, tubercules mamillaires. — 12, espace perfore postérieur. — 13, coupe du pédoncule cérébral. — 14, locus niger de Sœmmering. — 15, aqueduc de Svlvius. — 10, fente de Bichat. — 17, ventricule latéral. — 18, courbe optique. — 19, bourrelet du corps calleux.
20, fasciola cinerea. — 21, scissure interhémispherique
Le tulier cinereum renferme, outre ses éléments propres, deux faisceaux commissuraux, qui vont d’un hémisphère à l’autre : ce sont le faisceau de Meynert et le faisceau du tuber cinereum.
a. Faisceau de Meynert. — Le faisceau de Meynert (lig. 641 bis, 10) est situé audessus du chiasma et de la handelette optique. 11 revêt, dans son ensemble, la forme d’un arc à concavité dirigée en arrière. Ses libres, après entrecroisement sur la ligne médiane, se portent obliquement en dehors et en arrière, en suivant exactement le même trajet que la bandelette optique. Arrivées à la face inférieure du pédoncule cérébral, elles se redressent en haut, traversent le pied du ])édoncule et disparaissent dans la région de la calotte Ces libres sont de deux ordres : les unes vont du corps de Luys d’un côté au noyau lenticulaire du côté opposé ; les autres font suite à la partie médiane du ruban de Heil et, de là, se rendent au corps de Luys et au noyau lenticulaire du côté opposé. Chez certains animaux, notamment chez le lapin (Gl’dde.n), la commissure de Meynert apparaît nettement à la face inférieure du cerveau, au-dessus et un peu en arrière de la bandelette optique. Chez rhomme, elle est tout entière plongée dans l’épaisseur de la substance grise qui constitue le tuber cinereum. Sa signification fonctionnelle est encore Fig. 641 bis. inconnue et nous ne pouvons, pour l’instant, émettre à ce
Figure schématique représentant la com- sujet aucune hypoüjèse accejjtable. missure de Meynert
1. coupe du pédoncule. — 2, aqueduc de Sylvius. — 3, locus niger. — 4, tubercules mamillaires. — 5, tuber cinereum. — 6, nerf optique. — 7. cliiasma, réséqué dans sa moitié gauche. — 8, bandelette optique, avec 8 ’ la commissure de Gudden. — 9, ganglion optique basal. — 10, commissure de Meynert (en rouge). — il, faisceau de libres allant du ganglion optique basal au nerf optique correspondant.
CERVEAU
b. Faisceau du tuber cinereum. — Gudden a donné ce nom à un petit faisceau rubané qui s’étend transversalement d’un côté à l’autre du luber cinereum, immédiatement au-dessous du troisième ventricule. Latéralement, il se divise en deux faisceaux secondaires, l’un interne, l’autre externe : l’interne se porte en haut vers le pilier antérieur du trigone ; l’externe gagne la partie inférieure de la capsule interne et, de là, la face inférieure du noyau lenticulaire. Sa signification fonctionnelle nous est tout aussi inconnue que celle de la commissure de Meynert.
7° Tige pituitaire. — La tige du corps pituitaire ou, plus sirnplemeat la tige pituitaire (fig. 641, 10 et 642, 5) est une petite colonne de substance grise, longue de 4 à 6 millimètres, qui prolonge en bas et en avant le partie la plus saillante du tuber cinereum .
Elle a la forme d’un cylindre ou plutôt d’un cône très allongé, se dirigeant très obliquement, comme nous le montre nettement la figure 642, de haut en bas et d’arrière en avant. Large à son extrémité supérieure ou hase, elle se rétrécit graduellement au fur et à mesure qu’elle descend et vient s’implanter, par son extrémité inférieure ou sommet, sur la face supérieure du corps pituitaire, avec lequel elle se continue. Sa face postérieure ou mieux postéro-inférieure repose sur le diaphragme de l’hypophyse et sur la branche postérieure du sinus coronaire; sa face antérieure ou mieux antéro-supérieure répond au chiasma optique-
La partie inférieure de la tige pituitaire est pleine ; sa partie supérieure est creusée à son centre d’une petite cavité en forme d’entonnoir, qui prolonge la cavité du troisième ventricule et en constitue la partie la plus déclive. Morphologiquement, la tige pituitaire appartient, comme le tuber cinereum, à la substance grise qui ferme le troisième ventricule à sa partie inférieure.
8° Corps pituitaire ou hypophyse. — Le corps pituitaire ou hypophyse (de utco, sous, et cpuw, pousser, excroissance inférieure , par opposition à l’épiphyse ou excroissance supérieure, qui n’est autre que la glande pinéale) revêt la forme d’une masse ellipsoïde à grand axe transversal, appendue à l’extrémite inférieure de la tige pituitaire, dont il paraît être, au premier abord, un simple renflement (fig. 642, 6j. Contrairement à cette opinion, les anatomistes modernes, en se basant à la fois sur l’embryologie, sur l’histologie et sur la pathologie, font du corps pituitaire une glande à sécrétion interne.
Nous nous contenterons donc de le signaler ici, renvoyant à notre tome IV son étude descriptive et structurale (voy. livre XI, Glandes a sécrétions internes).
9° Tubercules mamillaires. — Les
tubercules mamillaires [corpora candicantia, Markhügelchen des anatomistes allemands), au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche, se trouvent situés immédiatement en arrière du tuber cinereum, entre celui-ci et l’espace perforé postérieur.
a. Configuration extérieure. — Ils se présentent à l’œil sous la forme de deux
Fig. 642.
Le corps pituitaire, vu en place sur la face inférieure du cerveau.
1, pédoncule cérébrale. — 2, circonvolution de l’iiippocampe, avec 2’. son crochet. — 3. tubercules mamillaires. — 4, tuber cinereum. — 5, tige pituitaire. — 6, corps pituitaire ou hypophyse, érigné en avant. — 7, bandelette optique. — 8, nerf optique. — 9, tronc basilaTe. — 10,'carotide interne. — 11, espace perforé antérieur. — 12,3 nerf moteur oculaire commun.
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
saillies blanches, assez régulièrement hémisphériques, placées sur le côté interne des pédoncules cérébraux, en arrière du tuber cinereum et en avant de l’espace perforé postérieur (üg. 641, 11) : ils mesurent de 4 à 6 millimètres de diamètre. Un sillon, tantôt profond, tantôt peu accusé, les sépare l’im de l’autre sur la ligne médiane.
b. Constitution anatomique . — Si nous sectionnons les tubercules mamillaires, nous voyons, à la simple inspection de la surface de coupe, qu’ils sont constitués à leur centre par de la substance grise et à leur périphérie par de la substance blanche.
a) La substance grise centrale qm constitue le ganglion mamülaire, se continue en haut avec celle qui forme le fond du ventricule moyen et paraît en être une simple dépendance. D’après Güdden, elle se compose de deux ordres de cellules se groupant en deux noyaux plus ou moins distincts, l’un interne renfermant des cellules de petites dimensions, l’autre externe formé par des cellules plus volumineuses.
La substance blanche périphérique provient en grande partie, sinon en totalité, des piliers antérieurs du trigone, qui, comme nous le verrons plus tard, enveloppent la masse grise centrale en décrivant une anse et remontent de Là, avec ou sans interruption, dans le tubercule mamillaire, vers la partie antérieure de la couche optique, en constituant le faisceau de Vicq-d' Azyr (Voy. Trigone cérébral).
c. Connexions. — Chaque tubercule mamillaire est en connexion : 1° avec le trigone cérébral du même côté (voy. Trigone), par le pilier antérieur correspondant de ce dernier organe ; avec la couche optique du même côté, par le faisceau de Vicq-d’Azyr; 3° avec le pédoncule cérébral, par un petit faisceau descendant qui passe dans la région de la calotte : c’est le pédoncule du tubercule mamillaire {faisceau de la calotte du tubercule mamillaire de GuüOENj. Ce faisceau longe d’avant en arrière le bord interne du pédoncule cérébral, croise à angle droit les faisceaux radiculaires de l’oculo-moteur commun et, finalement, disparaît au-dessous des tubercules quadrijumeaux.
Sr.\URENGHi (189:5) a signalé l'e.vistence, clicz l’homme, do petits tubercules surnuméraires, quÔl désigne sous le nom de tubercules mamillaires latéraux. Comme rindi({ue leur nom, ces tubercules
latéraux sont jdacés (lig. 643, 4) sur le côté externe des tubercules mamillaires classicfues, entre ces derniers et le pédoncule cérébral., Ils sont constitués bislologi(|uement par une capsule de libres nerveuses, renfermant à son centre un ganglion {ganglion mamillaire latéral) et un grand nombre de libres nerveuses. Les tubercules mamillaires latéraux sont à l’état constant dans plusieurs espèces animales, notamment chez le chien, le chat et le lapin. Chez rbomme, 6t.\urenghi l’a rencontré avec une proportion de lU p. lOÛ ; sa présence constitue donc une anomalie, appaiienant à la classe des anomalies dites réversives.
Voyez, au sujet des tubercules mamillaires : Guddex, Beitrzur Kennlniss des Corpus mamillare and der sogen. Schenkel des Fornix, Arcli. f. Psych., Bd. XI ; — Staurenghi, Corpi mamillari laterali nel cervello umano, Atti dell. Assoc. med. Lombarda, 1893 ; — L)e Sangtis, Conlr. à l'étude du corps mamillaire de l' homme, Gongr. intern. de méd.. Home, 1894 ; — ZcMMo, Contrih. allô studio del corpo mamillare dell'uomo, etc., Arch. di Ottalm., 1893.
1G° Espace perforé postérieur. — L’espace perforé postérieur, encore appelé espace inlerpédonculaire (fig. 641, i^2), a la forme d’un petit triangle isocèle, dont la base, dirigée en avant, est adossée aux tubercules mamillaires et dont le sommet
Tubercule mamillaire latéral (Staurenghi).
1. pédoncule cérébral. — 2. espace interpédonoulaire. — 3, tubercule mamillaire interne. — V, tubercule mamillaire latéral.
CERVEAU
répond à l’angle de séparation des deux pédoncules cérébraux. Latéralement, cet espace est limité par le bord interne des pédoncules cérébraux, d’où l’on voit émerger les faisceaux radiculaires du nerf moteur oculaire commun. Un sillon médian, continuation de celui qui sépare l’un de l’autre les deux tubercules rnamillaires, divise l’espace perforé postérieur en deux moitiés symétriques.
L’espace interpédonculaire est constitué par une lame de substance grise (lame grise interpédonculaire), qui se continue, en avant, avec le tuber cinereum et qui, comme cette dernière formation, est une dépendance de la substance grise du troisième ventricule. Il est criblé de petits orifices, auxquels il doit son nom et à travers lesquels passent de nombreux vaisseaux, destinés pour la plupart aux couches optiques.
Au sommet de l’espace perforé postérieur, un peu en avant de la protubérance, Güdden et Forel ont décrit un petit amas de cellules nerveuses, formant un ganglion impair et médian : ce ganglion, rudimentaire chez l’homme, mais bien développé chez certains animaux, notamment chez les rongeurs, a reçu le nom de ganglion interpédonculaire . Disons ici en passant, nous y reviendrons plus tard, qu’il est l’aboutissant du faisceau rétro-réflexe de Meynert.
La lame interpédonculaire renferme clans son épaisseur, au voisinage des tubercules mamillaires, de nombreuses libres à direction transversale, c{ui s'entrecroisent sur la ligne médiane avec des fibres homologues venues du côté opposé ; leur ensemble constitue ce c{u'on appelle V entrecroisement de Forel. Le trajet de ces fibres n'est pas encore nettement élucidé. On tend aujourd'hui, après les recherches de Darkschewitsch et Pribyikow, à les considérer comme réunissant la partie antérieure de la couche optic{ue d’un côté au noyau lenticulaire du côté opposé.
lU Coupe des pédoncules cérébraux. — La coupe des pédoncules cérébraux (fig. 641,13) répond au plan de séparation du cerveau et de l’isthme de l’encéphale. Nous avons déjà, dans le chapitre précédent, étudié cette coupe et les différents éléments qu’elle présente. Nous ne saurions y revenir ici sans tomber dans des redites.
12° Extrémité postérieure du corps calleux. — Immédiatement en arrière de la coupe des pédoncules cérébraux, nous retrouvons le corps calleux, nous présentant maintenant son extrémité postérieure : cette extrémité postérieure porte le nom de bourrelet du corps calleux ou splénium. On la voit (fig. 641, 19), sous la forme d’un cordon blanchâtre, très épais et régulièrement arrondi, se porter transversalement d’un hémisphère à l’autre. Le bourrelet du corps calleux nous ramène à la partie moyenne de cet organe, notre point de départ, et nous avons ainsi examiné sur tout son pourtour ce complexus anatomique que nous avons, au début de ce paragraphe (p. 737), désigné sous le nom de commissure interhémisphérique. 11 nous reste maintenant, pour en finir avec la conformation extérieure du cerveau et avant de passer à l’étude de ses circonvolutions, à décrire la grande fente cérébrale de Bichat.
§ III. — Fente cérébrale de Bichat
On désigne, depuis Bichat, sous le nom de grande fente cérébrale, un sillon profond, impair et symétrique, qui est situé à la base du cerveau (fig. 644,3 et 6') et le long duquel la pie-mère s’insinue dans l’épaisseur de la masse hémisphérique, pour y devenir ce que certains auteurs appellent encore la pie-nière interne, je veux dire la toile choroïdienne et les plexus choroïdes.
SYSÏEMIC NERVEUX CENTRAL
1° Situation et forme. — Envisagé dans son ensemble, ce sillon a la forme d’une longue courbe ou, si l’on veut, d’un fer à cbeval dont la concavité serait dirigée en
avant. Sa partie moyenne se trouve située au-dessous du bourrelet du corps calleux. Ses deux extrémités répondent, de chaque côté, à l’espace perforé antérieur et, là, semblent faire suite à la scissure de Sylvius.
2° Mode de constitution. — Bien que la fente de Bichat soit partout continue, on lui distingue d’ordinaire, pour en faciliter la description, une portion moyenne et deux portions latérales.
Chacune de ces trois portions nous présente naturellement, comme toute fente, deux bords ou lèvres.
a. Portion moyenne. — La portion moyenne (lig. 644, b) , située sur la ligne médiane, affecte une direction transversale. Elle est très visible quand, le cerveau reposant sur sa face convexe, on soulève le cervelet pour l’écarter des hémisphères cérébraux.
Elle est très visible également sur une coupe sagittale du cerveau (fig. 646,6). La fente de Bichat a ici pour lèvre supérieure le bourrelet du corps calleux, pour lèvre inférieure les tubercules quadrijumeaux, la glande pinéale et la face supérieure des couches optiques. Elle est occupée par la toile cboroVdienne du ventricule moyen.
Fig. G44.
La fente cérébrale de Bichat, vue sur la base du cerveau.
1, pédoncules céréln’au\. — 2. circom olul ion de l'Iiippocainpe, avec 2 son crocliel. — 3, bourrelol du corps callcuv. 4, tubercules quadrijumeaux. — 5, partie ino}enne et G, 6’ parties latérales droite et gaucbe de la fente céiébrale de Bichat. — 7, chiasma opti(|ue. — 8, tuhor ciuereiim
XX, yy. axes suivant lesquels sont laites les deux coupes représentées dans les figures G43 et G4G.
La fente de Bichat, vue en coupe frontale (suivant Taxe x\x de la ligure précédente).
1, pédoncule cérébral. — 2, bandelette optique. — 3, circonvolution de l'iiippocampe. — 4, corps
godronné. — 5, corps bordant. — G, fente de Bichat, indiquée par une flèche. — 7, ventricule latéral. — 8, épendynie.
(On voit que la fente cérébrale est séparée de la cavité ventriculaire par l’épendyme.)
Fig. 646.
La fente de Bichat. vueen coupc sagittale (suivant l'axe yy de la figure précédente).
1. bourrelet du corps calleux. — 2, glande pinéale. — 3. tubercules quadrijumeaux supérieurs. — 4, tubercules quadrijumeaux inférieurs. — 5, aqueduc de S\lvius. — G, fente de Bichat, indiquée |)ar une flèche. — 7, ventricule moyen. — 8, épendyme.
(On voit que la fente cérébrale est séparée de la cavité ventriculaire par l'épendyme.)
b. Portions latérales. — Les portions latérales de la fente cérébrale de Bichat
CERVEAU
(fig. 644,6,6'), faisant suite (à droite et à gauche) à la portion moyenne, se dirigent d’arrière en avant, en décrivant une courbe à concavité interne.
La lèvre supérieure y est constituée successivement (fig. 645) : 1“ en avant, par le pédoncule cérébral, doublé de la bandelette optique ; en arrière et en dehors du pédoncule, par les corps genouillés interne et externe.
La lèvre inférieure, à son tour, est formée par le bord interne de l’hémisphère cérébral, ou plus exactement par la circonvolution qui forme ce bord interne et qui porte le nom de circowoolution de V hippocampe . Sur la face supérieure de cette circonvolution se trouvent encore, comme prenant part à la constitution de la lèvre inférieure, deux formations (fig. 645) que nous étudierons plus tard à propos du ventricule latéral, le corps godronné (4) et le corps bordant (oj.
C’est le long des parties latérales de la fente cérébrale de Bichat que se pelotonne la pie-mère pour donner naissance à deux cordons cellulo-vasculaires, plexus choroïdes, qui pénètrent dans les ventricules latéraux.
3° Rapports avec les cavités ventriculaires. — On a enseigné pendant longtemps que la fente cérébrale de Bichat conduisait dans les cavités ventriculaires du cerveau : la partie moyenne, dans le ventricule moyen ; les parties latérales, dans les ventricules latéraux. Une telle formule, prise à la lettre, est complètement inexacte. Le ventricule moyen est fermé, au niveau de sa base, par une mince membrane épithéliale qui dépend de l’épendyme, et nous trouvons de même, dans le fond de la partie latérale de la fente cérébrale, une membrane analogue qui, en descendant du toit du ventricule sur son plancher, ferme la cavité sur ce point. Il n’existe donc aucune communication, au niveau delà fente cérébrale de Bichat, entre les cavités ventriculaires et les espaces sous-arachnoïdiens et, de ce fait, il n’est pas exact de dire que la pie-mère, en devenant toile choroïdienne du troisième ventricule et plexus choroïdes des ventricules latéraux, pénètre réellement dans ces cavités : en réalité, la toile choroïdienne s’étale au-dessus de la lame épendymaire qui forme le toit du troisième ventricule ; quant aux plexus choroïdes des ventricules latéraux, ils soulèvent l’épendyme (au lieu de le perforer), glissent entre lui et la substance cérébrale, mais restent constamment en dehors de la cavité ventriculaire.
ARTICLE III
MODE DE SEGMENTATION PÉRIPHÉRIQUE SCISSURES ET CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES
L’écorce cérébrale {cortex), que l’on désigne encore sous le nom pittoresque de pallium ou manteau des hémisphères, est entièrement lisse chez un grand nombre d’animaux inférieurs, d’où le nom de lissencéphales qui a été donné à ces derniers par Richard Owen. Chez les animaux supérieurs ou gyr encéphale s, au contraire, elle présente de nombreuses saillies, que circonscrivent des dépressions plus ou moins profondes et plus ou moins anfractueuses. Ces saillies portent le nom de circonvolutions ou plis, et on appelle scissures ou sillons les anfractuosités qui les séparent et les limitent.
1"* Valeur anatom'que des circonvolutions. — L’apparition de plis sur le bloc
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
cérébral, primitivement lisse et uni, témoigne d’un développement considérable de la substance grise qui constitue l’écorce et résulte de l’inégalité numérique qui existe entre la surface de cette écorce et la surface de la paroi osseuse contre laquelle elle doit s’appliquer.
La comparaison suivante fera comprendre toute ma pensée : si, sur une surface fixe, une planchette, par exemple, mesurant oO centimètres carrés, nous cherchons à étaler une lame d’étoffe de même configuration et mesurant également 50 centimètres carrés, les deux surfaces s’appliqueront exactement Tune contre l’autre sans former le moindre pli.
Mais si, au lieu de prendre une lame d’étoffe de 50 centimètres carrés, nous en prenons une de 100 centimètres carrés, celle-ci, ayant a s’étaler sur un plan d’une surface moitié moindre sans en dépasser les limites, devra nécessairement se plisser et se contourner sur elle-même.
Or, c’est exactement ce qui se passe pour le cerveau des gyrencéphales, dont la superficie est beaucoup plus grande que la boîte osseuse qui le contient. L’harmonie entre les deux surfaces ne peut se rétablir qu’a la condition que l’une d’elles, celle qui est la plus étendue, la surface cérébrale par conséquent, se plisse et se contourne comme le faisait tout à l’heure notre lame d’étoffe.
On a comparé bien souvent l’ensemble des circonvolutions cérébrales à la figure que l’on obtiendrait en introduisant dans le crâne, par le trou occipital, une vessie à parois très épaisses et dont la capacité serait beaucoup plus grande que celle de la cavité crânienne. La comparaison est peut-être un peu grossière, mais elle donne une idée suffisamment exacte de la signification morphologique des plis cérébraux chez les vertébrés supérieurs.
2° Historique. — L’homme est de tous les mammifères gyrencéphales celui qui présente les plis cérébraux à un plus haut degré de développement. Leur découverte, aussi vieille que l'observation elle-même, date certainement du jour où, pour la première fois, un anatomiste, à l’aide d’une scie ou d’un simple marteau, fit sauter une calotte crânienne et mit à nu l’encéphale. Mais jusqu’à ces dernières années, on se contentait de les mentionner, toute tentative pour les classer et les décrire venant échouer devant leur disposition, considérée alors comme essentiellement complexe et irrégulière.
A Gratiolet revient incontestablement l’honneur d’avoir débrouillé ce chaos apparent des plis cérébraux et démontré que ces plis, loin d’être irréguliers, se développent, au contraire, suivant un type à la fois simple et constant. Sans doute, le mode de segmentation périphérique de l’écorce cérébrale présente, suivant les individus et peut-être aussi suivant les races, des différences notables. Mais ces différences, quelque profondes qu’elles soient, n’arrivent jamais à détruire le plan fondamental qui préside à cette segmentation : on peut les comparer, comme le dit fort justement Pozzi, à de simples variations sur un thème identique, à de simples oscillations autour d’une position d’équilibre qui reste, en définitive, toujours la même dans l’espèce.
C’est en étudiant comparativement le cerveau des animaux inférieurs et notamment le cerveau des primates, que Gratiolet est arrivé à dégager le type fondamental des circonvolutions de l’homme. Le cerveau des singes, en effet, tout en présentant dans ses traits essentiels le même mode de segmentation que le cerveau humain, est beaucoup moins incisé, beaucoup moins riche en détails que ce dernier : il en est l’expression plus simple et pour ainsi dire schématique.
Los recherches de Gratiolet ont été complétées après lui par Broca, Bischoff, Ecker, Pansh, Turner, Giacomini, etc. ; et nous possédons aujourd’hui, relativement aux circonvolutions cérébrales, une nomenclature à la fois très nette et très complète. Elle est adoptée, du reste, dans son ensemble et dans le plus grand nombre de ses détails, par la plupart des anatomistes.
3° Définitions. — Avant d’exposer cette nomenclature des plis cérébraux, il est indispensable de bien se fixer sur la valeur de certains termes et, par conséquent, de donner quelques définitions :
Nous désignerons, sous le nom de lobes, les divisions primaires des hémisphères cérébraux et appellerons circonvolutions les saillies plus ou moins flexueuses qui entrent dans la constitution des lobes. Parmi ces différentes circonvolutions, les unes sont constantes et à peu près fixes. A côté d’elles, nous rencontrerons des plis essentiellement mobiles et par cela même moins importants : nous les appellerons plis de complication, quand ils viendront grossir, dans une région donnée, le nombre des circonvolutions ordinaires ou fondamentales ; plis de passage ou plis anastomotiques, quand ils relieront l’un à l’aptre deux plis normaux ou même deux lobes.,
En ce qui concerne les anfractuosités, elles sont de deux ordres : les unes séparent les lobes ; les autres, dans un lobe donné, séparent les unes des autres les circonvolutions qui constituent ce lobe. Nous donnerons aux premières le nom de scissures interlobaires ou, tout simplement, de scissures. Nous appellerons les secondes scissures intergyraires (de gyrus, circonvolution) ou, plus simplement, sillons. Il est, enfin, des circonvolutions présentant à leur .surface des sillons plus ou moins étendus et plus ou moins profonds, qui les divisent en plis secondaires : ce sont les sillons intragyraires ou incisures.
4"^ Nomenclature des circonvolutions. — Ces définitions étant bien comprises, nous pouvons aborder l’étude des circonvolutions et des anfractuosités cérébrales. Nous rappellerons tout d’abord que les deux hémisphères, étant constitués sur un même type, possèdent l’un et l’autre les mêmes éléments anatomiques, c’esUà-dire que les anfractuosités et les circonvolutions sont, des deux côtés, égales en nombre et semblablement disposées. Cette symétrie, toutefois, n’existe que dans les grandes lignes. Lorsqu’on descend aux détails, aux sillons et aux plis de second ordre, on voit la disposition anatomique différer sensiblemement à droite et à gauche, et il s’en faut de beaucoup que le calque des circonvolutions pris sur l’un des hémisphères s’applique exactement sur celui du côté opposé. Cette asymétrie morphologique des deux moitiés du cerveau est généralement considérée, en anthropologie, comme un caractère de supériorité : elle paraît, en effet, s’exagérer chez les intellectuels ; elle s’atténue, au contraire, chez les faibles d’esprit et chez les idiots, dont les hémisphères sont moins richement incisés et, par cela même, plus semblables, plus symétriques.
Chaque hémisphère pouvant être considéré comme un prisme triangulaire avec trois faces interne, externe et inférieure, nous décrirons successivement ses circonvolutions et ses anfractuosités :
1° Sur la face externe ;
2° Sur la face interne ;
3° Sur la face inférieure .
' Nous terminerons cette description des circonvolutions cérébrales par l’étude
750 SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
de leur structure, de leurs localisations fonctionnelles et de leur développement.
§ I. — Circonvolutions de la face externe
La face externe du cerveau (fig. 651 et 652), fortement convexe, est limitée, en haut par le bord supérieur de l’hémisphère, en bas par son bord inférieur. Des trois faces de l’hémisphère cérébral, celle-ci, au point de vue spécial qui nous occupe, est de beaucoup la plus importante : c’est sur cette face, en effet, que se trouvent la plus grande partie des centres corticaux moteurs ou sensitifs. Nous étudierons tout d’abord les scissures interlobaires, puis les différents lobes que délimitent ces scissures.
A. — Scissures interlobaires
La face externe de l’hémisphère cérébral nous présente trois scissures de premier ordre, savoir : la scissure de Sylvius, la scissure de Rolando, la scissure perpendiculaire externe.
Scissure de Sylvius. — La scissure dejSyl vins, à la fois lapins grande et la plus complexe des anfractuosités cérébrales, a été décrite pour la première fois par François DE Le Boë (modification de du Bois) qui écrivait sous le nom latin de Sylvius. Elle prend naissance, comme nous l’avons déjà vu (p. 734), sur la face inférieure du cerveau, à la partie externe de l’espace quadrilatère perforé. Plus exactement, elle commence à l’angle externe de cet espace perforé.
De là, la scissure de Sylvius se dirige en dehors, en décrivant une courbe à concavité postérieure et arrive bientôt au bord externe de l’hémisphère : elle le contourne et passe sur sa face externe. Changeant alors de direction, elle se porte en arrière et un peu en haut et se termine, soit en pointe, soit par une petite bifurcation, après avoir effectué sur la face externe de l’hémisphère cérébral un parcours de 8 ou 9 centimètres.
La scissure de Sylvius se compose donc de deux portions : une portion initiale oninférieure et une portion terminale ou externe. — La portion inférieure est, tout entière, située à la base du cerveau : c’est à elle que Broca, dans sa description du cerveau schématique, a donné le nom de vallée de Sylvius on vallée sylvienne. Elle mesure de 30 à 35 millimètres de longueur. Née de la partie externe de l’espace quadrilatère perforé, la vallée sylvienne se termine, en dehors, au niveau d’une saillie antéro-postérieure (fig. 647, Ij qui unit la pointe du lobe temporal à la partie
Fig. 647.
La portion .initiale de la scissure de Syh ius ou vallée Sylvienne, vue après résection de la pointe du lobe teniporo-occipital.
1, 1, scissure de Sylvius. — 2, repli l'alciforme. — 3. grand sillon de l'insula. — 4, pôle de l'insula. — 5, lobule anb^rieur et 5’, lobule postérieur de 1 insula- — 0. lobe lemporo-occipital sectionné et crigné. — 7, bandelette olfactive, avec : 7’, sa racine blanche externe ; 7” sa racine blanche interne. — 8, espace perforé antérieur. — 9, bandelette diagonale. — 10, chiasma
optique, érigiié en arrière.
CERVEAU
externe du lobe orbitaire et que Broga a désigné sous le nom de pli falciforme. Rappelons en passant que le pli falciforme, rudimentaire chez l’homme, mais très volumineux chez les animaux à odorat très développé {animaux osmatiques), répond à la racine externe du nerf olfactif. Chez les animaux osmatiques, la vallée sylvienne est peu marquée, toute superficielle, représentée par une simple dépression large mais peu profonde. Chez les anosmatiques au contraire, animaux qui ont l’odorat peu développé ou nul (cétacés, carnassiers, amphibies, primates), eWe est, dans toute son étendue, profondément excavée, présentant alors tous les caractères d’une scissure et, d’autre part, se continuant manifestement avec la portion externe de la scissure sylvienne. — La portion externe commence au niveau du pli falciforme, qui devient ainsi la ligne de démarcation entre les deux portions. Elle s’étend ensuite sur la face externe de l’hémisphère jusqu’à l’union de son tiers postérieur avec son tiers moyen. Sa longueur est de 80 h 85 millimètres. Elle est, à la fois, à peu près rectiligne et horizontale : elle remonte un peu, cependant, faisant avec le plan horizontal un angle de 10 à 12 'degrés. La portion externe de la scissure de Sylvius est, en apparence, toute superficielle. Mais si on écarte l’une de l’autre ses deux lèvres, on constate qu’elle descend très bas dans l’hémisphère cérébral, formant, dans sa profondeur , une large excavation , que l’on désigne quelquefois sous le nom de fosse sylvienne : cette fosse sylvienne, particulièrement développée à la partie antérieure de la scissure, est comblée par un certain nombre de circonvolutions, dont l’ensemble constitue le lobe de Vinsula (voy. plus loin).
En arrivant sur la face externe de l’hémisphère, la scissure de Sylvius envoie en haut et en avant, dans le lobe frontal, deux prolongements, l’un et l’autre très courts. On les distingue, d’après leur situation, en antérieur et postérieur (fig. 648) : \q prolongement antérieur ou horizontal (!’) se porte directement en avant dans l’épaisseur de la troisième circonvolution frontale ; il mesure 2 ou 3 centimètres de longueur; \q prolongement postérieur ou ascendant (1”), situé en arrière du précédent, se dirige en haut et un peu en avant; il présente, lui aussi, une longueur de 2 ou 3 centimètres. Ces deux prolongements, étant divergents l’un par rapport à l’autre, interceptent entre eux un espace angulaire à sommet inférieur, que vient combler une portion de la troisième tirconvolution frontale appelée cap : nous y reviendrons plus loin. Ils présentent du reste, suivant les sujets, quelques variations qu’il est important de noter : tantôt ils s’implantent l’un et l’autre sur un pied commun à la manière des deux branches d’un Y ; tantôt ils partent isolément de la scissure de Sylvius, affectant alors, soit la forme d’un V (quand le sommet est aigu), soit la forme d’un U (quand le sommet est arrondi).
2° Scissure de Rolande. — La scissure de Rolando commence dans l’angle que forment la scissure précédente et son prolongement ascendant. De là, elle se dirige
Fig. 648.
La scissure de Sylvius et ses deux prolongements.
1, 1, scissure de Sylvius. — 1’, son prolongement antérieur ou horizontal. — l”,son prolongement postérieur ou ascendant. — 2, scissure de Rolando. — 3, lobe temporal. — 4, troisième frontale, avec 4’, le cap.
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
obliquement en haut et en arrière vers la grande scissure interhémisphérique. Sur quelques sujets, elle s’arrête à quelques millimètres au-dessous du bord supérieur de l’hémisphère ; mais, le plus souvent, elle atteint ce bord et s’y termine en formant une encoche plus ou moins profonde, qui empiète légèrement sur la face interne de l’hémisphère. La situation et le degré d’obliquité de la scissure de Rolando nous sont' indiqués par les chiffres suivants que j’emprunte à Ch. Féré :
1® Distance de son extrémité ( a) l’extrémité antérieure de l'hémisphère 111 mil).
supérieure à (b) l’extrémité postérieure de l’hémisphère 49 ^ —
2® Distance de son extrémité i a) l’extrémité antérieure de l'hémisplière 71 —
inférieure à {b) l’extrémité postérieure de l’hémisphère 89 —
3® Distance en projection horizontale parcourue par la scissure 40 —
Les mensurations de Passet (188ii) et de Giacomini (1884) ont conduit leurs auteurs à des résultats qui concordent parfaitement avec les données précédentes : d’après Passet, la scissure de Rolando est séparée de l’extrémité antérieure du lobe frontal par une distance de 115 millimètres pour son extrémité supérieure, de 87 millimètres seulement pour son extrémité inférieure. Giacomini, à son tour, est ^ arrivé, pour ces mêmes distances, aux chiffres de ili millimètres et de 71 millij mètres.
^ scissure de Rolando est quelquefois
' rectiligne ; cette disposition est rare. Le
plus souvent, elle décrit des flexuosités moins accusées suivant S' les sujets, mais qui sont assez constantes
ô par leur nombre et par leur direction. Si
nous suivons la scissure de son extrémité supérieure à son extrémité inférieure, nous la voyons tout d’abord se porter en Fii>-. 649. Pas et en avant, puis en bas et en arrière.
Direcüon de la scissure .le Rolando. Elle atteint ainsi la partie moyenne de
1, scissure de Rolando, avec : a, son "onon antérieur ; 1 lieinispllère. (changeant alorS de direC**
/>. son genou moyen ; c, son ^euou inférieur. —2, scis- .• pllp co ri irio-p ,lp nmiVPan PU hac;pl
sure de Sylvius. — 3, frontale ascendante. — 4, parié- tlOn, elle Se Qlllj^e Ue nOUVCaU Cil DdS CL
~ passage fronto-pariétai avaiit, puis verticalement en bas. Au
total, la scissure de Rolando s’infléchit trois fois sur elle-même en formant à chacun de ces changements de direction une saillie, que Broga a désignée sous le nom de genou. On peut distinguer trois genoux : un genou supérieur, uu genou moyen et un genou inférieur, le supérieur et l’inférieur regardant en avant, le moyen regardant en arrière. Autrement dit, la scissure de Rolando est concave en arrière à sa partie supérieure (fig. 649;, concave en avant à sa partie moyenne et, de nouveau, concave en arrière à sa partie inférieure.
La longueur de la scissure de Rolando, mesurée en ligne droite de l’une de ses extrémités à l’autre, est de 9 centimètres en moyenne. Prise à l’aide d’un fil, en suivant soigneusement toutes les flexuosités de la scissure, cette longueur est naturellement plus élevée : elle mesure, en moyenne, 118 millimètres chez l’homme, 113 millimètres chez la femme. La profondeur de la scissure varie, suivant les points où on l’examine, de 10 à :20 millimètres.
Scissure perpendiculaire externe. — La scissure perpendiculaire externe ou
CERVEAU
occipito-pariétale est située à la partie postérieure du cerveau. Elle se détache du bord supérieur de l’hémisphère, sur lequel elle tombe perpendiculairement, du moins chez les singes (d’où le nom qui lui a été donné). De là, elle se dirige obliquement en bas et en avant et se termine, par une extrémité libre, un peu audessus du bord externe de l’hémisphère.
Cette scissure, très visible chez les singes (fig. 650, pe) et appelée pour cette
raison fente simienne, est masquée chez l’homme par des plis de passage, les plis de passage de Gratiolet, qui se portent transversalement du lobe occipital externe aux lobes temporal et pariétal. La scissure perpendiculaire externe se trouve ainsi réduite , dans la plupart des cas, à une simple encoche située sur le bord supérieur de l’hémisphère (fig.
651, 3 et 652, pe).
Pour la retracer à nouveau sur notre face externe (tracé qu’il est absolument indispensable de faire pour la délimitation des lobes), il suffira de prolonger en bas et en avant l’encoche en question, en suivant, sur les plis de passage précités, un trajet exactement parallèle à la scissure perpendiculaire interne, scissure que nous étudierons plus tard (p. 771) sur la face interne de l’hémisphère et qui est remarquable, celle-là, par sa constance et sa netteté. C’est ce qui a été fait sur notre figure 652.
Fig. 650.
Cerveau d’un cynocéphale, vu par sa face latérale gauche.
S, scissure de Sylvius. — r, scissure de Rolande. — pe, scissure perpendiculaire externe. — ip, sillon interpariétal. — h, sillon de I hippocampe. — 1, lobe frontal. — 2, lobe pariétal. — 3, lobe temporal. — 4, lobe occipital. — 5, frontale ascendante. — 6, pariétale ascendante. — 7, pli courbe. — 8, première temporale. — 9, deuxième temporale. — 11, cervelet. — 11, protubérance. — 12, bulbe rachidien.
B. — Lobes et circonvolutions
Les trois scissures que nous venons de décrire, scissure de Sylvius, scissure de Rolando et scissure perpendiculaire externe, nous permettent de diviser la face externe de l’hémisphère en quatre grandes régions ou lobes, savoir : en avant, le lobe frontal ; en arrière, le lobe occipital; en bas, le lobe temporal; en haut, le lobe pariétal. A ces quatre lobes, qui sont toujours très visibles sans préparation aucune, nous en ajouterons un cinquième, le lobe de Vinsula, qui, lui, se trouve profondément situé dans la scissure de Sylvius et que l’on ne peut apercevoir qu’en écartant préalablement les deux lèvres de cette scissure.
1° — Lobe frontal.
Le lobe frontal (fig. 651 et 652j occupe la partie antérieure de l’hémisphère et comprend toute la portion de la face externe qui se trouve située en avant de la scissure de Rolando. Ses limites sont très précises, ce sont ; en arrière, la scissure de Rolando ; en haut, le bord supérieur de l’hémisphère, fortement courbe ; en
754 SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
avant, Eextrémité antérieure du cerveau ; en bas, le bord externe de l’hémisphère, a peu près horizontal.
1° Sillons. — Si nous jetons les yeux sur le lobe frontal, nous constatons tout d’abord la présence, à sa surface, de deux sillons antéro-postérieurs ou longitudinaux, parallèles l’un et l’autre au bord supérieur de l’hémisphère ; on les désigne sous les noms de sillon frontal supérieur et sillon frontal inférieur.
Ces deux sillons, comme nous le montre la figure 651, prennent naissance un peu en avant de la scissure de Rolando et, de là, se dirigent d’arrière en avant vers l’extrémité antérieure de l’hémisphère.
Au niveau de leur extrémité postérieure, chacun des deux sillons longitudinaux
Fig. 651.
Faco externe de l'iiéjnisphère gauche.
], scissure de Sylvius, avec : 1’ sa liranclic ascendante et 1” sa brandie liorizontale. — 2, scissure de Rolando. — .1, scissure perpendiculaire externe. — 4, première circonvolution frontale. — 5, deuxième circonvolution frontale. — 0, troisième circonvolution frontale, avec : Ü’ son pied ; 6”, le cap. — 7, circonvolution frontale ascendante. — 8, circonvolution pariétale ascendante. — 9, circonvolutioa pariétale supérieure. — 10, circonvolution pariétale inférieure ou lobule du pli courbe. — 11, pli courbe. — 12, première temporale. — 13. deuxième temporale. — 14, troisième temporale. — 15, première circonvolution occipitale. — 16, deuxième circonvolution occipitale. — 17, troisième circonvolution occipitale. — 18, lobe orbitaire, vu de profil,
se bifurque en une branche ascendante et une branche descendante. Si nous réunissons ensemble ces différentes branches ascendantes et descendantes, nous arrivons à constituer un troisième sillon frontal, celui-là transversal et parallèlement dirigé à la scissure de Rolando : c’est le sillon prérolandique. Constatons tout de suite que ce sillon prérolandique est constitué par deux portions, l’une supérieure, l'autre inférieure, séparées l’une de l’autre par un pli de passage, qui, comme nous le verrons tout à l’heure, est une dépendance de la deuxième circonvolution frontale. Sur certains sujets, ce pli de passage disparaît et, dans ce cas, le sillon prérolandique est complet, je veux dire ininterrompu : moins long que la scissure de Rolando, il n’atteint pas, en haut, le bord supérieur de l’hémisphère et s’arrête, en bas, un peu au-dessus de la scissure de Sylvius.
2^^ Circonvolutions. — Les trois sillons que nous présente le lobe frontal décomposent ce lobe en quatre circonvolutions, savoir : une circonvolution à direction
CERVEAU
transversale, qui occupe la partie postérieure du lobe, c’est la frontale ascendante ou quatrième frontale ; 2° trois circonvolutions à direction antéro-postérieure, qui sont placées en avant de la précédente et que l’on désigne sous les noms de première, deuxième et troisième frontales en allant de haut en bas.
A. Circonvolution frontale ascendante. — La circonvolution frontale ascendante (fig. 652, F^), encore appelée quelquefois circonvolution frontale ou
circonvolution poxrolandique , borde en avant la scissure de Rolando et, par conséquent, présente la même inclinaison, la même longueur et les mêmes flexuosités que cette scissure.
Nettement délimitée en arrière par la scissure de Rolando, la frontale ascendante
Fig. 652.
La même, avec ses différentes divisions [schéma).
(Le lobe frontal est en bleu ; le loba pariétal est en vert ; le lobe occipital, en jaune ; le lobe temporal en rouge.)
s, scissure de Sylvius, avec : a, sa branche ascendante; 6, sa branche horizontale. — r’, scissure de Rolando. — pe, scissure perpendiculaire externe. — p, sillon frontal supérieur. — sillon frontal inférieur. — ip, sillon interpariétal. — O, sillon temporal supérieur. — t-, sillon temporal inférieur. — o‘, sillon occipital supérieur. — o-, sillon occipital inférieur. — F‘, première frontale. — deuxième frontale. — F^, troisième frontale. — Fa, frontale ascendante. — Pa, pariétale ascendante. — P*, pariétale supérieure. — P^, pariétale inférieure. — OL première occipitale. — 0-, deuxième occipitale. — 0^, troisième occipitale. ■ - T‘, première temporale. — T^, deuxième temporale. — T^, troisième temporale.
se trouve moins bien délimitée en avant par le sillon prérolandique, lequel, comme nous l’avons vu tout à l’heure, est moins long que la scissure de Rolando et, d’autre part, est généralement interrompu sur un ou plusieurs points : grâce à ces interruptions, notre frontale ascendante entre en relation avec la partie postérieure ou pied des trois autres circonvolutions frontales, qui s’implantent sur elle.
La circonvolution prérolandique occupe toute la hauteur du lobe frontal. — Son extrémité inférieure ou pied répond à la lèvre supérieure de la scissure de Sylvius : elle s’unit, à ce niveau, à l’extrémité inférieure de la pariétale ascendante à l’aide d’un pli de passage à direction transversale, que l’on désigne sous le nom àQ pli de passaqe fronto-pariétal inférieur; on l’appelle encore, en raison de ses rapports avec la scissure de Rolando, qu’elle ferme en bas, Y opercule rolandique. — Son extrémité supérieure ou tête atteint le bord supérieur de l’hémisphère et, le dépassant, elle se continue, sur la face interne de ce même hémi-
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sphère, avec le lobule paracentrah que nous décrirons plus loin et qu’elle contribue à former : elle s’unit, a ce niveau, avec l’extrémité supérieure de la pariétale ascendante à l’aide d’un deuxième pli de passage, le pli de passage fronto-pariéial supérieur. Nous y reviendrons plus loin à propos de la pariétale ascendante (voy. Lobe pariétal).
B. Première circonvolution frontale. — La première circonvolution frontale (fig. 652, située au-dessus du premier sillon frontal, répond au bord supérieur de l’hémisphère, qu’elle longe dans toute son étendue.
En arrière, elle se détache de l’extrémité supérieure de la frontale ascendante, généralement par deux racines. Tune supérieure, l’autre inférieure. De ces deux racines, la supérieure, de beaucoup la plus importante, contribue à former le bord supérieur de l’hémisphère ; elle est constante et presque toujours superficielle. Jja racine inférieure (racine externe de quelques auteurs), plus petite et pour ainsi dire accessoire, est située au-dessous de la précédente ; elle n’est pas constante et, quand elle existe, elle est presque toujours profonde.
En avant, la première circonvolution frontale contourne l’extrémité antérieure du cerveau et se continue, au-dessous de cette extrémité, avec les circonvolutions du lobe orbitaire.
C. Deuxième circonvolution frontale. — La deuxième circonvolution frontale (fig. 652, E-), située au-dessous de la précédente, est délimitée, en haut, par le sillon frontal supérieur, en bas par le sillon frontal inférieur.
En arrière, elle prend naissance par deux racines : une racine supérieure,
constante, volumineuse, obliquement dirigée en bas et en arrière, qui s’implante sur la partie moyenne de la frontale ascendante ; 2" une racine inférieure, beaucoup plus petite, dirigée verticalement, le plus souvent profonde, qui provient, dans la grande majorité des cas, du pied de la troisième frontale.
En avant, la deuxième circonvolution frontale se comporte comme la première : elle contourne l’extrémité antérieure de l’hémisphère et se continue avec les circonvolutions du lobe orbitaire.
Comparée à la première, la deuxième circonvolution frontale en diffère par son volume, qui est toujours plus considérable. Des sillons accessoires, les uns longitudinaux, les autres transversaux, la décomposent toujours en un certain nombre de plis secondaires. On rencontre même assez fréquemment, à sa partie moyenne, un sillon longitudinal (le sillon frontal moyen), qui occupe sa mortié antérieure ou ses deux tiers antérieurs et qui la divise en deux étages superposés.
En 1879, le professeur Be.nedikt (de Vienne) concluait, de l’examen de 12 cerveaux de criminels, (jue les lobes frontaux olfrent le plus souvent chez eux quatre circonvolutions longitudinales, par suite du dédoublement de la première frontale. Quelque temps après, Hanot (Gaz. méd., 1880, J). 47) constatait, lui aussi, sur un certain nombre de récidivistes, décédés à l’infirmerie centrale des prisons de la Seine, la présence de quatre circonvolutions frontales. Mais, contrairement à Benedikt, il considérait ce type quaternaire comme résultant d’un dédoublement, non pas de la première frontale, mais bien de la seconde.
Dans un nouveau mémoire, publié en 1880 (Med. Centralblatt, p. 849). Benedikt nous fait connaître les résultats de ses recherches sur 87 hémisphères de criminels. Ces résultats sont les suivants : 42 fois, il rencontre le type classique à trois circonvolutions ; 40 fois, il constate le type quaternaire, complet sur 27 hémisphères, incomplet sur les 13 autres ; enfin, sur h hémisphères, il compte cinq circonvolutions. Il constate aussi, comme l’avait fait Hanot, que le type quaternaire est créé le plus souvent (2 fois sur 3) par le dédoublement de la deuxième circonvolution frontale. Cherchant alors à interpréter l’anomalie par lui décrite, le savant professeur de Vienne n’hésite pas à considérer les quatre circonvolutions frontales du criminel comme les homologues (les quatre circonvolutions qui caractérisent le cerveau des grands carnassiers ; et, dès lors, l’anomalie en question prend place naturellement parmi les anomalies dites réversives.
CERVEAU
Dans une communication faite à la Société d’ Anthropologie de Bordeaux, en 1886, Bouchard, après avoir constaté le type quaternaire sur trois cerveaux d’assassins, se range à l’opinion de Benedikt, et il conclut avec une grande netteté d’expression que « dans un grand nombre de cas, les criminels ne sont assassins qu’en raison de la forme et de la disposition de leurs circonvolutions frontales ».
La question, comme on le voit, est fort grave : elle ne tendrait à rien moins qu’à faire considérer les criminels qui possèdent une quatrième circonvolution frontale comme fatalement voués au crinie par une disposition anatomique qu’ils apporteraient en naissant et, conséquemment, comme irresponsables.
Les études comparatives portant d’une part sur les cerveaux de criminels, d’autre part sur les cerveaux des sujets qui meurent dans les hôpitaux et viennent échouer dans nos salles de dissection, ne sont nullement favorables à cette théorie d’une perversité originelle et à peu près irrémédiable. Contrairement à Bouchard, qui n’aurait rencontré qu’une seule fois le type quaternaire dans ses salles de dissection. Ch. Feré, Corre, Falot nous déclarent que cette disposition est loin d’être rare. Je crois devoir ajouter, après examen de plusieurs centaines d’hémisphères, qu’elle est même très fréquente, et je suis heureux de pouvoir rapporter ici, en faveur de cette opinion, les statistiques d’un anatomiste dont on ne saurait contester la compétence en matière de circonvolutions cérébrales, le professeur Giacomini ; sur 164 individus normaux, il a constaté le type quaternaire 24 fois, soit 14 p. 100 ; d’autre part, sur 56 criminels, il ne l’a rencontré que 5 fois, soit 8 p. 100.
La conclusion s’impose ; le dédoublement de l’une des deux premières circonvolutions frontales, créant chez l’homme le type quaternaire, paraît être tout aussi fréquent chez les individus normaux que chez les criminels. Dès lors, la valeur que lui attribue Benedikt en anthropologie criminelle est purement hypothétique. Le caractère anatomique du criminel existe peut-être ; mais, à mon avis, son existence est encore à démontrer.
D. Troisième circonvolution frontale ou circonvolution de Broca. — La troisième circonvolution frontale (fig. 652, F^) occupe la partie inférieure et externe du lobe frontal. Elle est nettement délimitée : 1® en haut, par le deuxième sillon frontal, qui la sépare de la deuxième circonvolution frontale : 2° en arrière, par le sillon prérolandique, qui la sépare de la frontale ascendante ; 3° en bas, par le bord externe de l’hémisphère d’abord, puis par la scissure de Sylvius, dont elle forme la lèvre supérieure. Sa longueur est de 4 ou 5 centimètres ; sa hauteur, de 2 centimètres à 2 centimètres et demi. Elle est richement incisée, remarquablement flexueuse et, au premier abord, fort irrégulière.
Si nous la suivons d’arrière en avant pour prendre une notion exacte de son mode de constitution et de son trajet, nous voyons (fig. 653) qu’elle prend naissance, par un pli de passage relativement étroit, sur le pied de la frontale ascendante. De là, elle se porte en haut et en avant, contourne l’extrémité inférieure du sillon prérolandique et remonte ensuite, par un trajet vertical, jusqu’au deuxième sillon frontal. Se dirigeant alors d’arrière en avant, elle contourne successivement les deux prolongements postérieur et antérieur de la scissure de Sylvius '(p. 750) et vient se terminer sur le bord externe
Troisième circonvolution frontale ou circonvolution de Broca (hémisphère gauche).
(La circonvolution de Broca est teintée en rose).
Fa, frontale ascendante. — F-, deuxième frontale. — T‘, première temporale. — Fa, pariétale ascendante. — P^, lobule pariétal inférieur. — S, scissure de Sylvius. — r, scissure de Rolande. — ip, sillon interpariétal. — 1, branche ascendante de la scissure de Sylvius. — ±, branche horizontale de la scissure de Sylvius. — 3, cap. — 4, pied de la troisième frontale (en rose plus foncé que sur le reste de la circonvolution). — 5, sa fusion avec le pied de la frontale ascendante. — 6^ pli de passage fronto-pariétal interne.
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de l’hémisplière aa niveau de l’extrémité antérieure de la deuxieme circonvolution frontale. On peut distinguer à la troisième frontale trois parties : une partie antérieure ^ une partie moyenne et une partie postérieure.
a. Partie antérieure ou tête. — La partie antérieure ou tête comprend toute la portion de la troisième frontale qui se trouve située en avant du prolongement antérieur de la scissure de Sylvius. Elle est ordinairement représentée par une masse triangulaire ou ovalaire, qu’une incisure oblique en bas et en arrière, émanation du deuxième sillon frontal, divise en deux plis secondaires. Elle est peu importante.
b. Partie moyenne ou cap. — La partie moyenne, comprise entre le prolongement ascendant et le prolongement antérieur ou horizontal de la scissure de Sylvius, porte le nom, nous verrons pourquoi tout à l’heure', de cap de la troisième frontale. Le cap affecte naturellement, comme l’espace angulaire qui le renferme, la forme d’un coin dont le sommet se dirige obliquement en bas et un peu en arrière. Ce sommet, tantôt pointu, tantôt arrondi et mousse, s’avance dans la scissure de Sylvius, comme s’avancent en pleine mer ces langues de terre appelées caps, d’où le nom de cap donné à la portion moyenne de la troisième frontale. Quant à la base, elle répond au deuxième sillon frontal : ce sillon envoie ordinairement dans le cap une branche descendante, Vincisure du cap (fig. 653), qui divise celui-ci en deux parties. Tune antérieure, l’autre postérieure. Deux plis de passage, généralement peu développés et presque toujours profonds, relient chacune des parties du cap à la deuxième cirvonvolution frontale.
c. Partie postérieure ou pied. — La portion de la troisième frontale, située en
A li G
Fig. 654.
Variétés du pied de la troisième frontale chez riiomme ; A, troisième frontale chez un Esquimau ; B, chez un nègre d’Egypte ; C, sur l’iiémisphère gauche de Gambetta (d’ajjrès Hervé).
arrière du cap, constitue le pied de cette circonvolution. De forme quadrilatère, plus haut que large, le pied est en rapport ; 1° en arrière, avec la frontale ascendante, dont il est séparé, dans la plus grande partie de son étendue, par le sillon prérolandique, à laquelle il est uni, à sa partie tout inférieure, par un pli de passage (fig. 653, 5) déjà signalé plus haut; 2° en avant, avec le cap, dont il est séparé, dans ses deux tiers inférieurs, par le prolongement ascendant de la scissure de Sylvius ; 3"" en bas, avec la scissure de Sylvius, dont il forme la lèvre supérieure ; 4° en haut, avec le deuxième sillon frontal, qui le sépare de la deuxième circonvolution frontale.
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Ainsi entendu, le pied de la troisième frontale présente, dans son développement, de grandes variations individuelles et il suffit, pour s’en convaincre, de jeter les yeux sur la figure 654, où se trouvent représentés trois cerveaux, d’un type ethnique bien différent : le cerveau d’un Esquimau, le cerveau d’un nègre d’Égypte et celui de Gambetta.
Quand le pied de la troisième frontale est bien développé, on voit ordinairement à sa surface (fig. 654, G) un sillon plus ou moins long et plus ou moins profond, qui le parcourt de bas en haut et d’avant en arrière : c’est le sillon diagonal d’EBERSTALLER. Ce sülon, quand il existe, divise le pied en deux moitiés, l’une et l’autre triangulaires, mais orientées en sens inverse : la moitié postérieure, celle qui avoisine la frontale ascendante, a sa base en bas, son sommet en haut; c’est le contraire pour la moitié antérieure.
C’est dans la troisième circonvolution frontale et plus spécialement dans son extrémité postérieure ou pied, que Broga a localisé depuis déjà longtemps l’importante fonction du langage articulé : aussi, dans le langage physiologique ou clinique, donne-t-on souvent à cette circonvolution, et cela à juste titre, le nom de circonvolution de Broca.
La circonvolution de Broca, comme les deux premières circonvolutions frontales, se prolonge sur le lobe orbitaire. La partie externe de ce lobe lui appartient manifestement. D’après Hekvé [Th. de Paris, 1888), il faudrait lui rattacher encore toute la portion du lobe orbitaire qui se trouve comprise entre le sillon cruciforme et la scissure de Sylvius. La portion orbitaire de la troisième frontale se composerait donc (fig. 655) de deux portions, l’une externe à direction antéro-postérieure, l’autre postérieure à direction transversale. Cette dernière portion s’étendrait, en dedans, jusqu’à l’extrémité postérieure du sillon olfactif ; et, comme à ce même point aboutissent encore la première et la deuxiemè circonvolutions frontales, l’extrémité postérieure du sillon olfactif deviendrait ainsi, pour Hervé, le véritable pôle frontal.
D’autre part, contrairement à l’opinion classique et d’accord en cela avec les conclusions de Meynert et de Rüdtnger, le même anatomiste admet qu’il n'existe, ni chez les cébiens, nichez les pithéciens, de. formation comparable à la circonvolution de Broca. Cette circonvolution fait sa première apparition chez les anthropoïdes ; encore y existe-t-elle à l’état rudimentaire. Ce n’est que chez l’homme qu’elle acquiert brusquement le développement considérable qui la caractérise. En ce qui concerne son développement chez le fœtus humain, la circonvolution de Broca fait complètement défaut jusqu’au cinquième mois. Elle se développe ensuite lentement, graduellement ; sur ce point, comme sur tant d’autres, le développement individuel reproduit exactement les phases successives du développement dans la série. Le lecteur trouvera, en outre, dans le mémoire d’HERvÉ, de nombreuses et remarquables observations sur les variations
morphologiques que présente le centre du langage articulé chez les inférieurs (idiots, microcéphales, sourds-muets, races sauvages) et chez les intellectuels : plus ou moins rudimentaire chez les premiers, ce centre présente chez les seconds une complexité qui est, d’une façon générale, corrélative à la puissance de la fonction.
Voyez, au sujet de la circonvolution de Broca, Giacomini, Guida allô studio délia circonvol. cerebrali, 2® édit., Turin, 1884 ; Rüdinger, Ein Beitrag z. Anatomie des Sprachcentrums, Stuttgart, 1882 ; M. Du VAL, L’aphasie depuis Broca, Paris, 1887 ; Hervé, La circonvolution de Broca, Th. Paris, 1888.
Fig. 6do.
Schéma représentant, d’après Hervé, le mode de terminaison des trois circonvolutions frontales sur le lobe orbitaire.
1. circonvolution olfactive interne, continuant la première frontale. — a, partie antérieure du lobe orbitaire, continuant la deuxième fiontale. — 8. troisième circonvolution frontale (teintée en rouge), contournant l'extrémité postérieure du sillon orbitaire externe, se plaçant ensuite dans l’écartement des deux branches postérieures du sillon cruciforme et s’étendant Jusqu'à l’exUémité postérieure du sillon olfactif. — P, point de convergence des trois circonvolutions frontales [pôle frontal d’HERVÉï.
. — Lobe occipital.
Le lôbe occipital (fig. 651 et 652) est situé à la partie la plus reculée de l’hémisphère. Chez les singes (fig. 650), ce lobe est nettement délimité en avant par la
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
scissure perpendiculaire externe ou fente simienne et coiffe le lobe pariétal à la manière d’une calotte. Mais il n’en est pas de même chez l’homme, où la scissure perpendiculaire externe est constamment masquée par des plis de passage longitudinaux, souvent très complexes. La limite antérieure du lobe occipital, toute conventionnelle, est donc représentée chez lui par une ligne fictive, qui suit le trajet de la scissure disparue. Cette ligne devant être parallèle à la scissure perpendiculaire interne, il sera toujours facile de la tracer : car cette dernière scissure est, chez tous les sujets, très nettement marquée sur la face interne de l’hémisphère. Sur tout le reste de son pourtour, le lobe occipital est circonscrit par le bord même de l’hémisphère cérébral.
1° Sillons. — Envisagé au point de vue de son mode de segmentation, le lobe occipital nous présente deux sillons, l’un supérieur, l’autre inférieur.
a) Le sillon occipital supérieur (fig. 652, o‘) continue, dans la plupart des cas, un sillon longitudinal que nous étudierons tout à l’heure dans le lobe pariétal sous le nom de sillon interpariétal , Il se dirige obliquement en bas et en arrière vers le pôle occipital de l’hémisphère et se termine un peu avant de l’atteindre.
. p) Le sillon occipital inférieur (fig. 652, o^), situé au-dessous du supérieur, suit une direction antéro-postérieure. Il se termine, comme le précédent, un peu en avant du pôle occipital.
2° Circonvolutions. — Les deux sillons précités délimitent, dans le lobe occipital, trois circonvolutions longitudinales superposées. On les désigne sous les noms de première, deuxième et troisième circo7ivolutions occipitales, en allant de haut en bas :
A. Première circonvolution occipitale. — La première circonvolution occipitale (fig. 652, Oh comprend toute la portion de notre lobe occipital qui se trouve située au-dessus du sillon occipital supérieur. Elle s’étend, parallèlement au bord supérieur de l’hémisphère, depuis la scissure perpendiculaire externe, où elle s’unit à la circonvolution pariétale supérieure, jusqu’à l’extrémité postérieure de l’hémisphère.
B. Deuxième circonvolution occipitale. — La deuxième circonvolution occipitale (fig. 652, 0-), est comprise entre les deux sillons occipitaux. Elle fait suite eh avant (la scissure perpendiculaire externe n’étant pas visible) à la circonvolution pariétale inférieure. De là, elle se porte obliquement en arrière et en bas pour se terminer au pôle occipital.
C. Troisième circonvolution occipitale. — La troisième circonvolution occipitale (fig. 652, Oh située au-dessous du sillon occipital inférieur, longe le bord externe de l’hémisphère.
Son extrémité postérieure se confond, comme pour les deux premières occipitales, avec le pôle occipital de l’hémisphère.
Son extrémité antérieure, ordinairement mal limitée, est indiquée, sur certains sujets, par une encoche plus ou moins marquée, qui entaille le bord externe de l’hémisphère et à laquelle on donne le nom, très significatif du reste, ééincisure préoccipitale .
Nous devons ajouter, en ce qui concerne le mode de segmentation du lobe occipital, que les deux sillons occipitaux sont à la fois incomplets, peu profonds et plus ou moins ramifiés. Il .en résulte que les circonvolutions occipitales se trouvent
CEUVEAÜ
toujours reliées entre elles par un certain nombre de plis anastomotiques et sont par cela même peu distinctes.
3° — Lobe temporal.
Le lobe temporal (fig. 651 et 652) occupe la partie inférieure de l’hémisphère. Il est limité : en arrière, du côté du lobe occipital, par la ligne fictive qui représente la scissure perpendiculaire externe, disparue chez l’homme ; en avant, par le pôle temporal de l’hémisphère (p. 733) ; en bas, par le bord externe de l’hémisphère ; en haut, par la scissure de Sylvius, qui le sépare nettement du lobe pariétal.
1° Sillons. — Le lobe temporal nous présente deux sillons, que l’on désigne sous les noms de sillon temporal supérieur et sillon temporal inférieur :
a) Le sillon temporal supérieur (fig. 652, t), encore appelé sillon parallèle parce qu’il suit un trajet parallèle à la scissure de Sylvius, prend naissance, en avant, à 8 ou 10 millimètres du lobe temporal. De là, il se dirige obliquement en arrière et en haut et vient se terminer à la limite du lobe pariétal, en arrière et un peu au-dessus de l’extrémité postérieure de la scissure de Sylvius. Le sillon temporal supérieur est constant, très profond, rarement interrompu par des plis anastomotiques, facilement reconnaissable par conséquent.
' P) Le sillon temporal inférieur (fig. 652, 1-) suit la même direction que le sillon précédent, au-dessous duquel il est situé. Il est peu profond et interrompu, sur les points les plus divers, par des plis anastomotiques, verticaux et plus ou moins obliques.
2® Circonvolutions. — Les deux sillons temporaux que nous venons de décrire circonscrivent dans le lobe temporal trois circonvolutions, comme eux longitudinales, que l’on distingue en première, deuxième et troisième, en allant de haut en bas :
A. Première circonvolution temporale. — La première circonvolution temporale (fig. 652, T^) longe la scissure de Sylvius, dont elle constitue la lèvre inférieure. Nettement délimitée en haut par cette dernière scissure, elle est non moins nettement délimitée, en bas, par le sillon parallèle, qui la sépare de la deuxième temporale. La première temporale, simple, peu flexueuse, presque rectiligne, s’étend sans interruption du pôle temporal à l’extrémité postérieure de la scissure de Sylvius. Là, elle s’infléchit en haut et, contournant cette dernière scissure, elle se continue avec le lobe pariétal.
B. Deuxième circonvolution temporale. — La deuxième circonvolution temporale (fig. 652, T^) se trouve comprise entre les deux sillons temporaux. Située immédiatement au-dessous de la précédente, elle suit la même direction et présente à peu de chose près la même longueur. Elle s’unit, en arrière, avec une circonvolution importante du lobe pariétal que nous décrirons tout à l’heure, le pli courbe.
C. Troisième circonvolution temporale. — La troisième circonvolution temporale (fig. 652, T^) est située au-dessous de la deuxième, dont elle est séparée par le sillon temporal inférieur. Elle répond au bord externe de l’hémisphère et empiète même en grande partie sur sa face inférieure. En arrière, elle est délimitée par
ANATOMIE HUMAINE. — T. Il, 6® ÉDIT.
Vincisure préoccipitale (p. 760), quand cette incisure existe. Elle se continue, audessus de l’incisure, avec la troisième occipitale.
4° — Lobe 'pariétal .
Compris entre les trois lobes précédents, le lobe pariétal (fig. 651 et 652) occupe la région moyenne et supérieure de Tbémispbère. Il est circonscrit : en haut, par le bord supérieur de l’hémisphère ; en bas, par la scissure de Sylvius, qui le sépare du lobe temporal ; en avant, par la scissure de Rolando, qui le sépare du lobe frontal ; en arrière, par la scissure perpendiculaire externe, au delà de laquelle se trouve le lobe occipital.
1° Sillons. — Le lobe pariétal est parcouru dans toute son étendue par un sillon profond, le sillon interpar létal.
Ce sillon (fig. 652, ip) commence dans l’angle que forment, en s’écartant l’une de l’autre, la scissure de Rolando et la scissure de Sylvius. De là, il se dirige d’abord en haut et en arrière, parallèlement à la scissure de Rolando ; puis, s’infléchissant sur lui-même, il se porte directement en arrière, jusqu’à la scissure perpendiculaire externe ou même jusque dans le lobe occipital. Il décrit ainsi, en plein lobe pariétal, une longue courbe dont la concavité regarde en arrière et en bas.
Au moment où il change de direction, le sillon interpariétal abandonne un prolongement ascendant, qui se porte vers le bord supérieur de l’hémisphère et s’en rapproche plus ou moins, sans toutefois l’atteindre. ÇxQ prolongement ascendant du sillon interpariétal est à peu près constant, mais il est très souvent interrompu, à son origine, par un pli de passage transversal.
2° Circonvolutions. — Le sillon interpariétal et son prolongement ascendant décomposent le lobe pariétal en trois circonvolutions, savoir : la pariétale ascendante, \di pariétale supérieure et pariétale inférieure .
A. Circonvolution pariétale ascendante. — La circonvolution pariétale ascendante ou circonvolution post-rolandique (fig. 652, borde, en arrière, la scissure de Rolando, qui lui forme une ligne de démarcation très nette. Elle est limitée, d’autre part, à sa partie postérieure, par la portion initiale du sillon interpariétal et par le prolongement ascendant qu’émet ce dernier sillon au moment où il change de direction pour devenir horizontal. Gomme à la frontale ascendante, avec laquelle elle présente la plus grande analogie, on distingue à la pariétale ascendante : 1° une partie inférieure ou pied ; 2° une partie moyenne ou corps ; 3° une partie supérieure ou tête.
A l’extrémité supérieure de la scissure de Rolando, la pariétale ascendante s’infléchit en avant et se continue, sans ligne de démarcation aucune, avec l’extrémité supérieure de la frontale ascendante, déjà décrite ; le pli de passage qui unit ainsi les deux circonvolutions ascendantes et qui est placé le plus souvent sur la face interne de l’hémisphère (nous le retrouverons donc plus loin), a reçu le nom de pli de passage fronto-pariétal supérieur.
Il en est absolument de même à l’extrémité inférieure de la scissure rolandique : les deux circonvolutions précitées s’unissent ensemble, au-dessous de la scissure, à l’aide d’un pli de passage transversal, le pli de passage fronto-pariétal inférieur ou opercule rolandique.
11 résulte d’une pareille disposition que la circonvolution frontale ascendante ou
CERVEAU
prérolandique et la circonvolution pariétale ascendante ou postrolandique, réciproquement fusionnées au niveau de leur tête et au niveau de leur pied, décrivent dans leur ensemble un immense ovale, dont la partie centrale, excavée en forme de sillon linéaire, n’est autre chose que la scissure de Ilolando.
B. Circonvolution pariétale supérieure. — La circonvolution pariétale supérieure, encore appelée lobule pariétal supérieur (dg. 652, P‘), se trouve comprise entre le bord supérieur de l’hémisphère et le sillon interpariétal, dont elle constitue la lèvre supérieure.
En avant, elle répond à la pariétale ascendante, sur laquelle elle s’implante par une ou deux racines. Dans l’intervalle de ces racines, elle est séparée de la pariétale ascendante par le prolongement ascendant du sillon interpariétal.
En arrière, la circonvolution pariétale supérieure s’arrête naturellement à l’encoche qui représente, chez l’homme, le vestige de la scissure perpendiculaire externe ou fente simienne. Au-dessous de cette encoche, elle se relie au lobe occipital par un pli de passage \q pli de passage pariéto-occipital supérieur, que nous étudierons plus loin.
Envisagée au point de vue de sa configuration extérieure, la circonvolution pariétale supérieure nous présente constamment plusieurs sillons superficiels, les uns longitudinaux, les autres transversaux, qui la divisent en un certain nombre de plis secondaires plus ou moins hexueux.
C. Circonvolution pariétale inférieure, pli courbe. — La circonvolution pariétale inférieure (fig. 652, P^), encore appelée lobule pariétal inférieur ou lobule du pli courbe (nous verrons tout à l’heure pourquoi), comprend toute la portion du lobe pariétal, qui est située au-dessous du sillon interpariétal. Elle prend naissance en avant, par une racine plus ou moins développée, mais à peu près constante, sur le pied de la frontale ascendante. De là, elle se porte en arrière, longe dans toute son étendue la scissure de Sylvius et se continue, à l’extrémité postérieure de cette scissure, avec la première circonvolution temporale.
Du point où se fait cette union de la pariétale inférieure et de la première temporale, s’échappe un pli fort important qui, en raison de sa direction, a reçu de Gratiolet le nom de pli courbe. Ce pli courbe (fig. 656, 7) se dirige d’abord en arrière et en haut ; puis, il s’infléchit en has et en avant, en contournant l’extrémité postérieure du sillon parallèle, et finalement se continue avec la deuxième circonvolution temporale. Dans son ensemble, le pli courbe affecte donc la forme d’un U couché (d ), dont la concavité, dirigée en avant et en bas, coifferait l’extrémité postérieure du sillon parallèle. Un moyen pratique de reconnaître toujours le pli courbe consiste à introduire l’index dans le sillon paral-
Fig. 656.
Le pli courbe.
1, scissure de Sylvius. — 2. sillon parallèle. — 3. sillon interpariétal. — 4, première temporale. — 5, deuxième temporale. — 6, troisième temporale, avec 6’. son anastomose avec la deuxième occipitale. — 7, pli courbe, teinté en bleu, avec : 7’ sa branche supérieure ; 7”, sa branche inférieure. — 8, son prolongement pour la deuxième occipitale 9. — 10, première occipitale. — 11, troisième occipitale. — 12, scissure perpendiculaire externe. — 13, incisure préoccipitale.
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lèle et à suivre ce sillon en allant d’avant en arrière : la première circonvolution qui arrête le doigt, au voisinage de l’extrémité postérieure de la scissure de Sylvius, n’est autre que le pli en question.
Ainsi entendu, le pli courbe nous présente, comme EU majuscule couché, auquel nous l’avons comparé tout à l’heure, une branche supérieure , une branche inférieure et wwQ partie moyenne : sa branche supérieure, nous l’avons dit, prend naissance au point de jonction des deux circonvolutions marginales de la scissure sylvienne ; sa branche inférieure se fusionne, en arrière du sillon parallèle, avec la deuxième temporale ; quanta sa partie moyenne, elle laisse échapper en arrière et en bas un prolongement plus ou moins flexueux, qui vient se perdre dans le lobe occipital : c’est \^pli de passage pariéto- occipital inférieur, sur lequel nous reviendrons dans un instant.
Comme on le voit, le pli courbe est un trait d’union entre les trois circonvolutions pariétale inférieure, deuxième temporale et deuxième occipitale ; et, comme ce pli courbe appartient réellement, par son origine, à la pariétale inférieure, certains auteurs donnent à cette dernière circonvolution le nom de lobule du pli courbe. On ne confondra pas lobule du pli courbe Qi pli courbe : le pli courbe est un pli de passage, unissant entre eux trois lobes voisins ; le lobule du pli courbe n’est autre que la circonvolution pariétale inférieure, la circonvolution où le pli courbe prend son origine.
Plis de passage de Gratiolet. — Maintenant que les trois lobes postérieurs du cerveau nous sont connus, nous pouvons aborder la description des ])lis de passage (iiii mettent le lobe occipital en continuité avec les deux autres. Ces plis de passage, bien décrits par Ghatiolet , sont au nombre de ([uatre (fig. 657) : les deux premiers, en allant de haut en bas, unissent le lobe pariétal au lobe occipital, ce sont les ]üis 'pariélo-occipitaux les deux autres s’étendent du lobe teni])oral au lobe occipital, ce sont les rlis iemporooccipilaux.
Les deux i)lis de passage tcmporo-occipitaux existent chez tous les ju'imates. assez minces chez les singes inférieurs, plus dévelo})pés chez les antbroi)Oïdcs, plus déve- !op])és encore et beaucoup plus flexueux chez riiommc. Ils n'ont, au j)oint de vue morpbologi({ue, qu'une valeur secondaire.
Les plis pariéto-occi])ilaux ont plus d’importance : le premier répond au bord supérieur de l’hémisplière et réunit la pariétale supérieure à la première occipitale. Le second s’étend du pli courbe à la deuxième occipitale. Sur le cerveau humain, ces deux plis sont l'un et l’autre très développés et superficiels ;ils masquent presque entièrement la scissure perpendiculaire externe qui, de ce fait, se trouve réduite le plus souvent à une simple encoche creusée sur le bord supérieur de l’hémisphère. On les retrouAm encore sur un grand nombre d’antbi-opoïdes : mais l'un d’eux seulement est superficiel ; l'autre est profondément situé dans la scissure perpendiculaire externe, qui devient ainsi plus apparente jmree qu’elle est i)lus étendue.
LYxistence de deux plis de passage superficiels entre le lobe occipital et le lobe pariétal est donc une disposition morphologique spéciale à l'homme. C’est là, il faut bien le reconnaître, un caractère distinctif entre le cerveau de l'homme et celui des singes. Mais il ne faudrait pourtant pas en exagérer la valeur ; car, comme le dit fort judicieusement Broca, si « la présence ou l’absence d’un pli est un fait digne d’attention, la position plus ou moins superficielle de ce pli n’est qu’un fait secondaire, si ses connexions et sa structure restent les mêmes ». Du reste, il est un groupe de singes, les atèles, chez lesquels nous rencontrons, comme chez l’iiomme, deux plis pariéto-occipitaux, l'un et l'autre superficiels. D'autre part, il n'est pas extrêmement rare, chez l'homme.
G, Drvv
Fig. 657.
Plis de passage de Gratiolet.
e., scissure perpendiculaire externe. — scissure interpariétale. — S, scissure île Sylvius. — U, scissure parallèle. — Tg preinière temporale. — T'^, deuxième temporale. — T3, troisième temporale. — P*, pariétale supérieure. — P-, pariétale inférieure. — OC première occipitale. — 0=^. deuxième occipitale. — Q3, troisième occipitale.
ILa ligne pointillée indique le trajet de la scissure perpendiculaire externe, interrompue par : 1 et 2, pemier et deuxième plis de passage pariéto occipitaux : 3 et 4, premier et deuxième plis de passage temporo-occipitaux).
CERVEAU
de voir l’un de ces plis ou même tous les deux s'amincir, abandonner la région superficielle et se dissimuler alors dans le fond d'une scissure perpendiculaire externe considérablement agrandie. Ici encore la distance qui existe entre les singes et l’homme est minime et ne saurait porter atteinte à la nomenclature, aujourd’hui classique, qui réunit hommes et singes dans un même groupe zoologique, l’ordre des primates.
5° — Lobe de Tinsula,
Lorsqu’on écarte l’une de l’autre les deux lèvres de la scissure deSylvius (fig. 660), on voit sortir du fond de cette scissure un nouveau groupe de circonvolutions, dont l’ensemble, complètement isolé à la manière d’une île, est désigné, depuis Reil, sous le nom à.Hnsula.
L’insula de Reil est encore appelé lobe ou lobule de Vinsula, lobule central, lobule du corps strié.
Le lobe de l’insula n’occupe pas toute l’étendue de la scissure de Sylvius. Audessous de lui se trouve la portion initiale de cette scissure ou région préinsulaire . De même, au delà des dernières circonvolutions de l’insula s’étend la portion postérieure de la scissure ou région rétroinsulaire . Nous procéderons par ordre et décrirons successivement :
1° La région préinsulaire ;
Le lobe de Vinsula proprement dit ;
3° La région rétroinsulaire.
1° Région préinsulaire. — Si, sur un cerveau reposant sur sa face convexe, nous soulevons l’extrémité antérieure du lobe temporal (fig. 658) pour avoir sous les
yeux le fond de la scissure de Sylvius, nous constatons, au niveau du point où cette scissure passe de la face inférieure de l’hémisphère sur la face externe, nous constatons, dis-je, la présence d’un pli à la fois très court et très profond, qui unit l’extrémité antéro-externe de la circonvolution de l’hippocampe (p. 780) à la partie externe du lobe orbitaire. C’est \e pli falciforme de Broga, rudimentaire chez l’homme, très volumineux au contraire chez les animaux qui ont l’odorat développé (animaux osmatiques). Sur lui chemine la racine externe du nerf olfactif.
Ce pli doublement incliné à la manière d’un toit (Eberstaller), nous présente en conséquence deux versants : un versant interne, qui se dirige en dedans et se confond graduellement avec l’origine de la scissure sylvienne ; un versant externe qui regarde la face externe de l’hémisph' aux circonvolutions de l’insula.
Fig. 658.
Portion préinsulaire de la scissure de Sylvius. vue sur la face inférieure du cerveau, après résection de la pointe du lobe temporal.
1, 1, scissure de Sylvius. — 2, repli falciforme. — 3, grand sillon de l’insula. — 4, pôle de l'insula. —
5, iobule antérieur et 5’ lobule postérieur de l’insula. —
6, lobe temporo occipital sectionné et érigné. — 7, bandelette olfactive, avec : 7’, sa racine blanche externe ; 7”, sa racine blanche interne. — 8, espace perforé antérieur. — 9, bandelette diagonale. — lo, cbiasma optique, érigné en arrière.
re et qui sert pour ainsi dire de base
Notre région préinsulaire est encore appelée le limen ou seuil de Vinsula, dénomination aussi exacte que significative.
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2^ Lobe de l’insula proprement dit. — Examiné sur une coupe vertico-transversale de l’hémisphère cérébral, le lobe de Tinsula proprement dit (fig. 659) revêt
l’aspect d’une saillie conoïde, dont la large base fait corps avec l’hémisphère et dont le sommet se dirige en dehors vers l’ouverture extérieure de la scissure de Sylvius, mais sans toutefois atteindre cette ouverture : elle en est séparée, chez riiomme, par un intervalle de 20 à 25 millimètres. Les deux lèvres de la scissure (fig. 659) s’étalent, comme on le voit, sur la formation insulaire pour la recouvrir entièrement, jouant ainsi, par rapport à elle, le rôle de véritables opercules. On distingue naturellement deux opercules, l’un supérieur, l’autre inférieur : V opercule supérieur est formé par le bord inférieur des deux lobes frontal et pariétal ; V opercule inférieur est constitué tout entier par la preniière circonvolution temporale. Si nous considérons maintenant le lobe de Tinsula par sa face externe, après l’avoir
lobe se présente à nous sous la forme d’une saillie triangulaire dont la base , située en haut, répond aux deux lobes frontal et pariétal et dont le sommet, dirigé en bas et en avant, surplombe le pli falciforme de la région préinsulaire.
A. Rigoles périixsülaiues. — Le lobe de Tinsula est assez nettement délimité, sur son pourtour, par des sillons ou rigoles qui sont au nombre de trois et que Ton distingue, d’après leur situation, en antérieure, postérieure et postéroinférieure (fig. 660) :
a) La rigole antérieure (6), toujours très profonde, sépare le bord antérieur de Tinsula de la troisième circonvolulion frontale. Elle a une direction verticale ou légèrement oblique en bas et en arrière.
La rigole supérieiore (7) sépare la base de Tinsula de Topercule supérieur. Elle répond successivement, en allant d’avant en arrière : au cap de la troisième frontale, au pied de cette meme circonvolution, au pied de la frontale ascendante, et, enfin, à la boucle qui ferme en bas la scissure de Rolando {opercule rolandique) et qui résulte de l’union, à ce niveau, des deux circonvolutions frontale ascendante et pariétale ascendante.
y) La rigole postéro-inférieure (8), fortement oblique en bas et en avant, sépare le lobe de Tinsula de la portion antérieure de la région rétro-insulaire d’abord, et puis de la première circonvolution temporale.
B. Plis de passage fuoxto- et ïempuuo-ixsulaiue. — Les trois rigoles périinsulaires que nous venons de décrire n’entourent pourtant pas, sur tout son pourtour, le lobe de Tinsula. Au voisinage du pli falciforme, on voit assez constamment ffig. 660, 12 et 12’) deux plis de passage unir le sommet de Tinsula, d’une part à la troisième frontale (c’est le pli de passage fronlo-insulaire), d’autre part h la première temporale (c’est le pli de passage temp or o -insulaire) et empêcher ainsi la
dégagé de ses deux opercules (fig. 660), ce
Coupe vertico-transvei'salo du cerveau, passant par le lobe de Tiiisula.
I Hémisphère gauclie, segment antérieur de la coupe).
1, substance grise des circonvolutions insulaires. — 2, scissure de Sylvius. — 3, rigole supérieure. — 4, rigolo postéro-inférieure. — .5, opercule supérieur — G, opercule inférieur. — 7, avant-mur. - 8, capsule externe. — 9, noyau lenticulaire. — iO, pie-mère (en roii/je':. — 11, espace sous-arachnoïdien (en roiuje). — 12, les deux feuillets de l’arachnoïde (en bleu).
CERVEAU
rigole postéro-inférieure de se continuer avec la rigole antérieure. Il en résulte que notre lobe del’insula n’est pas en réalité une île, mais une presqu'île ou péninsule, reliée par son sommet aux circonvolutions superficielles de l’hémisphère.
C. Circonvolutions del’insula. — En ce qui concerne sa constitution anatomique, le lobe de l’insulaest formé par un ensemble de circonvolutions qui sont disposées en rayon ou en éventail et s’étendent du sommet à la base. Mais ces circonvolutions présentent des variations individuelles fort étendues et il est bien difficile d’en dégager un type fondamental répondant à tous les cas. Voici, après examen d’un grand nombre de cerveaux, la disposition qui me paraît être la plus fréquente. Ce qui frappe tout d’abord, quand on regarde l’insula par sa face externe, c’est la
Fig. 660.
Le lobe de l’insula et la région rétroinsulaire (hémisphère gauche).
(L’opercule orbitaire a été fortement érigné en bas ; la plus grande partie de l’opercule supérieur a été réséquée et le cap
de la troisième frontale érigxié en avant).
J , lobe orbitaire. — 2, cap de la troisième frontale. — 3, première temporale. — 4, scissure deSylvius.— 5, pli falciforme. — 6, rigole antéi'ieure. — 7, rigole supérieure. — 8, rigole postéro-inférieure. — 9, grand sillon de l’insula, — 10, pôle de l’insula. — AL Ar, A®, première, deuxième et troisième circonvolutions du lobule antérieur de Tinsula. — BL B’L les deux circonvolutions du lobule postérieur. — 11, pli de passage temporo-pariétal. — 12, 12’, points où les rigoles sont interrompues et où les circonvolutions insulaires se confondent (plis de passage fronto- et temporo-insulaires) avec celles des opercules.
présence d’un sillon, beaucoup plus long que tous les autres, qui part de la rigole supérieure et qui, suivant à partir de ce point un trajet fortement oblique en bas et en avant, descend jusqu’au pli falciforme. Ce sillon (9), qu’il sera toujours facile de reconnaître parce qu’aucun autre ne descend ordinairement aussi bas que lui, a été parfaitement décrit par Heftleb, et, après lui, par Gudlberg et par Eberstaller : nous l’appellerons le grand sillon de Vinsula. Il divise notre lobe insulaire en deux parties nettement distinctes (fig. 661), ayant chacune la signification d’un lobule : l’une antérieure (5) ou lobule antérieur de V insala postérieure (6)
ou lobule postérieur de Vinsula.
a. Lobule antérieur. — Le lobule antérieur de l’insula revêt, comme le lobe insulaire lui-même, la forme d’un triangle a base supérieure. Il se compose de trois
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circonvolutions qui naissent en bas sur un point commun, espèce de mamelon irrégalièrement arrondi, appelé pôle de Vinsula (10). On les distingue, d’après leur situation, en antérieure, moyenne et postérieure (fig. 660) :
a) La circonvolulion anlérieiire (A^) borde en arrière la rigole de même nom. Oblique en haut et en avant, elle se dirige du pôle vers la troisième circonvolution frontale. 11 n’est pas rare de la voir bifurquée à son extrémité supérieure.
P) La circonDolulion moyenne (A’), la plus petite des trois, suit un trajet g presque vertical. Comme la précédente, dont
elle est séparée par un sillon habituellement peu profond, elle s’échappe du pôle par son extrémité inférieure et répond, par son autre extrémité, au pied de la troisième frontale.
y) La circonvolution postérieure (A^), naît, elle aussi, sur le pôle insulaire par une extrémité en forme de pointe. De là, elle se porte obliquement en haut et en arrière, en longeant le grand sillon de l’insula et en formant la lèvre antérieure de ce sillon. Elle aboutit en haut, par une extrémité généralement bifurquée ou même trifurquée, au pied de la circonvolution frontale ascendante.
Indépendamment de ces trois circonvolutions, circonvolutions principales du lobule antérieur, nous rencontrons le plus souvent, au-devant du pôle et de la circonvolution antérieure, un ou deux plis accessoires, généralement profonds et très courts (ils sont très visibles dans la figure 660), qui unissent le lobule en question à la partie antérieure de la troisième circonvolution frontale.
b. Lobule postérieur. — Le lobule postérieur de l’insula est nettement délimité, en avant, par le grand sillon de l’insula, en arrière par la rigole postéro-inférieure. Il comprend deux circonvolutions fortement obliques (fig. 660j : l’une antérieure (BM, en rapport avec le grand sillon ; l’autre postérieure (B-), confinant à la région rétro-insulaire. Ces deux circonvolutions, parfois peu distinctes l’une de l’autre, naissent, en bas, par une pointe commune qui se continue avec la première circonvolution temporale; en haut, elles se bifurquent et forment constamment trois ou quatre plis secondaires, qui se réunissent à l’opercule supérieur au niveau du pied de la circonvolution pariétale ascendante.
Fig. 661.
Schéma indiquant le mode do constitution du lobe de l'insula.
1, rigole antérieure. — 2, rigole supérieure. — 3, rigole postéro-inférieure. — 4, grand sillon de l’insula. — 5, lobule antérieur, avec : «, a, ses deux sillons ; A‘, A-, A^, ses trois circonvolutions.— 6, lobule postérieur, avec : 6, son sillon unique ; Bb B-, ses deux circonvolutions. — 7, point où l’insula antérieur se confond avec la troisième frontale F^. — 8, point oii le lobe postérieur se continue avec lapremière tenipuralcTb — 9, pôle de l’insula.
D. Avant-mür. — Aux circonvolutions insulaires se rattache l’avant-mur. On donne ce nom d’avant-mur ( Vormauer, claustrum des auteurs allemands) à une mince lame de substance grise, épaisse de I à 2 millimètres, qui est placée de champ contre la face profonde de l’insula de Reil, entre les circonvolutions insulaires et le noyau lenticulaire du corps strié. On la voit très nettement sur toutes les coupes, soit vertico-transversales (fig. 659, 7), soit horizontales (fig. 662,6), passant par l’insula. Sa face interne, légèrement concave, est séparée du noyau lenticulaire par une couche de substance blanche, qui constitue la capsule externe. Sa face externe, légèrement convexe, est séparée de même des circonvolutions de l’insula par une deuxième couche de substance blanche, que l’on désigne sous le
CERVEAU
nom de capsule extrême {capsula extrema). De cette dernière face l’on voit se détacher, sur les coupes horizontales de l’hémisphère, de petits prolongements coniques qui, sous forme d’épine, se dirigent vers l’écorce de l’insula.
Meynert considère l’avant-mur, et cela avec raison, comme une dépendance, non pas des noyaux centraux, mais de la substance grise corticale. Si l’on examine, en effet, cette formation sur des coupes horizontales sériées, on la voit, à ses deux extrémités antérieure et postérieure, se recourber en dehors en forme de crochet et se fusionner peu à peu avec l’écorce des circonvolutions qui avoisinent la scissure de Sylvius. Si on l’étudie, d’autre part, sur des coupes verticotransversales, on constate que son extrémité inférieure s’élargit considérablement {base de V avant-mur) et se confond à la fois avec le noyau lenticulaire et avec la substance grise de l’espace perforé antérieur.
Au point de vue histologique, l’avant-mur se distingue avant tout par la grande abondance des cellules fusiformes qu’il contient. Ces cellules se disposent parallèlement à la surface de l’hémisphère et sont en tout semblables à celles qu’on rencontre dans la couche profonde de l’écorce. L’avantmur n’est très probablement que cette partie profonde de la couche des cellules fusiformes de l’écorce cérébrale, qui a été ici, on ne sait trop pourquoi, isolée des parties
plus superficielles par un large paquet de fibres blanches (la capsule extrême) appartenant au système d’association.
Fig. 662.
Coupe horizontale de l’hémisphère cérébral passant par le lobe de l’insula.
(Hémisphère gauche, segment inférieur de la coupe).
scissure de Sylvius. — 2, lobe de l’insula. — 3, première circonvolution temporale. — 4.4’, partie inférieure de l’opercule supérieur, intéressé par la coupe. — 5, noyau lenticulaire. — 6, avant-mur ou claustrum. — 7, capsule externe. — 8, capsule extrême. — 9, lobe frontal. — 10, centre ovale.
3° Région rétro -insulaire. — On désigne sous ce nom toute la portion de la scissure de Sylvius qui se trouve placée en arrière de l’insula ou, plus exactement, en arrière de la rigole postéro-inférieure. C’est une anfractuosité profonde où cheminent les dernières branches de l’artère cérébrale moyenne.
On y rencontre, à sa partie antérieure et immédiatement en arrière du lobule de i’insula proprement dit, une circonvolution de passage, souvent très développée, quelquefois même plus ou moins superficielle, qui se dirige obliquement de bas en haut et d’avant en arrière (fig. 660, il) ; c’est la circonvolution temporale transverse de Heschl, le pli de passage temporo-pariétal de Broca. La circonvo-
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
liition en question n’est, en effet, qu’une forte anastomose jetée entre la première temporale et la circonvolution pariétale inférieure. Elle est généralement simple à son origine ; mais elle se divise presque toujours, dans son trajet, en deux ou trois plis secondaires, qui viennent s’engrener, en haut, avec des prolongements similaires issus du lobe pariétal et se dirigeant en sens contraire.
Qu’il soit simple ou complexe, le pli de passage temporo-pariétal ne fait pas partie de l’insula ; il est nettement séparé de cette saillie par la rigole postéroinférieure. Nous ajouterons un dernier détail: c’est qu’une coupe transversale passant par ce sillon laisse en avant d’elle tout le noyau lenticulaire du corps strié. En conséquence, ce noyau répond exclusivement à l’insula et n’a aucun rapport avec la région rétro-insulaire.
Voyez, au sujet de Tinsula, Heftler, Die Windungen des Gehinis beim Mensclien u. ihre Beziehungen zur Hirnschale, Milit. Journal, 1873 ; — Ch. Féré, Note sur la région sylvienne. Bull. Soc. anat., 1884, p. 279: — Gudlberg, Zur Morphologie der Insula Reilii, Anatom. Anzeiger, 1887, p. 659: — Eberst\lleh, Zur Anatomie und Morphologie der Insula Reilii, Ibid., 1887, p. 739 et 1888, p. 382 : — Cunningham, The development of the gyri and sulci on the surface of the island of Reil of the human Drain, Journ. of Anat. and Physiol., vol. XXV, p. 338: — Du même, The sylvian fissure and the island of Heil in the primate brain, ibid., vol. XXV, p. 286.
§ 11. — Circonvolutions de la face interne
La face interne de Thémisphère cérébral est assez régulièrement plane, orientée en sens sagittal. Pour en prendre une notion exacte, il convient de l’isoler et, pour cela, de pratiquer sur le cerveau une section verticale et antéro-postérieure, passant par la grande scissure interhémisphérique. Cette section une fois faite, si nous examinons l’hémisphère par sa face interne (fig. G63 et 664), nous voyons tout d’abord le bord interne de l’hémisphère, séparant nettement la face interne, qui est au-dessus, de la face inférieure, qui est au-dessous. Nous voyons ensuite, immédiatement au-dessus de ce bord, les diverses formations interhémisphériques, intéressées par la section, qui pénètrent dans l’hémisphère au niveau de ce qu’on pourrait appeler le hile; en haut, le corps calleux, libre à sa partie postérieure où il prend le nom de s’incurvant à sa partie antérieure
pour former le genou et le bec ; en bas, la protubérance annulaire et, en avant d’elle, une lame nerveuse, relativement mince, qui se prolonge sans interruption jusqu’au bec du corps calleux. La face interne proprement dite de notre hémisphère s’étale autour du corps calleux à la manière d’un large éventail et, si nous examinons la ligne de contact de cette face avec le corps calleux, nous constatons qu’elle est marquée par un sillon, peu profond, mais toujours très accusé, qui sépare les deux formations et qu’on désigne sous le nom de sinus du corps calleux.
La face interne de l’hémisphère cérébral nous présente trois scissures de premier ordre, savoir : \di scissure calloso-marginale, \di scissure calcarine, la scissure perpendiculaire interne.
l"" Scissure calloso-marginale. — La scissure calloso-marginale (fig. 664, cm) commence par une extrémité effilée au-dessous du genou du corps calleux et contourne ensuite successivement le genou et la face supérieure de cet organe.
CERVEAU
Un peu avant d’atteindre le bourrelet, elle s’infléchit brusquement en haut et vient se terminer sur le bord supérieur de l’hémisphère en y formant une encoche, généralement très visible sur la face externe. Cette encoche est située un peu en arrière de l’encoche terminale de la scissure de Rolando, en plein lobe pariétal par conséquent.
Ainsi comprise, la scissure calloso-marginale, deux fois contournée sur ellemême, a exactement la forme d’un S couché (co ). Elle est fortement sinueuse, surtout à sa partie antérieure, où on la voit décrire une série nombreuse de lestons qui lui ont fait donner par Pozzi le nom de scissure festonnée.
Tout à fait en arrière, au niveau du point où elle s’infléchit pour gagner le bord supérieur de l’hémisphère, la scissure calloso-marginale abandonne nn prolongement postérieur qui continue sa direction primitive, mais qui est ordinairement interrompu par un ou deux plis de passage verticaux.
2° Scissure calcarine. — La scissure calcarine, située h la partie la plus reculée de la face interne (fig. 664, c), se porte horizontalement de l’extrémité postérieure de l’hémisphère vers le bourrelet du corps calleux. Elle est ainsi appelée du mot latin calcar, qui signifie ergot, parce que c’est elle qui détermine dans la portion occipitale du ventricule latéral cette saillie connue sous le nom à' ergot de Morand. On la désigne encore quelquefois, depuis Gratiolet, sous le nom de scissure des hippocampes.
Envisagée au point de vue de sa direction, la scissure calcarine n’est ni exactement horizontale, ni exactement rectiligne. Si nous la suivons d’arrière en avant, nous la voyons tout d’abord se porter un peu obliquement en haut jusqu’au niveau de la scissure perpendiculaire interne. Là elle s’infléchit légèrement en bas {coude de la calcarinej pour descendre vers la fente cérébrale de Bighat. La scissure calcarine se compose donc de deux portions de direction et de longueur inégales : une portion postérieure, de beaucoup la plus longue, allant de son origine à la scissure perpendiculaire interne, elle est légèrement ascendante ; une portion antérieure, plus courte (2 centimètres seulement^, allant de la scissure perpendiculaire interne au bourrelet du corps calleux, elle est légèrement descendante .
Au premier abord, et sur un cerveau encore recouvert de ses membranes, la scissure calcarine paraît se prolonger jusqu’à la fente cérébrale de Bichat. Mais c’est là une simple apparence. Elle est constamment séparée de la fente cérébrale par un pli de passage vertical ((pli temporo-limhique de Broca (fig. 664, 18’j, qui unit la circonvolution située au-dessus {circonvolution du corps calleux) à la circonvolution située au-dessous {eirconvolution de V hippocampe). Nous y reviendrons plus loin (p. 780j quand ces deux circonvolutions nous seront connues.
3° Scissure perpendiculaire interne. — La scissure perpendiculaire interne (fig. 664, pi) est exactement parallèle à la scissure perpendiculaire externe, que nous avons déjà étudiée (p. 752) et dont elle n’est, du reste, que la continuation sur la face interne de l’hémisphère.
S’échappant du bord supérieur de l’hémisphère sous un angle qui se rapproche beaucoup de l’angle droit (d’où son nom), elle se dirige obliquement en bas et en avant et vient se terminer un peu au-dessous du bourrelet du corps calleux, en se jetant dans la scissure calcarine. Et si nous voulons bien nous rappeler que cette dernière scissure, d’abord obliquement ascendante, se coude ensuite pour s’infléchir en bas, nous constatons que, suivant la remarque de Broca, la scissure calcarine et la scissure perpendiculaire interne dessinent dans leur ensemble une
figure que Ton peut comparer à un Y couché (>-) : la branche supérieure de l’Y répond à la scissure perpendiculaire interne ; sa queue et sa branche inférieure représentent les deux portions de la scissure calcarine.
La scissure perpendiculaire interne, bien différente en cela de la scissure perpendiculaire externe, est constante. Bien plus, elle est remarquable à la fois par sa direction rectiligne, sa netteté et sa profondeur.
B. — Lobes et circonvolutions
Les trois scissures que nous venons de décrire décomposent notre face interne de l’hémisphère en deux circonvolutions et deux lobules, savoir : la circonvolution frontale interne, la circonvolution du corps calleux, le coin, le lobe quadrilatère .
1° Circonvolution frontale interne, lobule paracentral. — La circonvolution frontale interne (fig. 664, Fi) n’est autre que la partie interne de la première circon-
Fig. 663.
Face interne de l’hémisphère gauche.
1, corps calleux, avec : 1’ son bourrelet ; 1”. son genou : 1”’, son bec. — 2, coupe du trigone. — 3, septum lucidum. — 4, couche optique. — 5, coupe de la commissure grise. — 6, plexus choroïdes des ventricules latéraux. — ^7, glande pinéale et ses pédoncules. — 8, commissure blanclie postérieui-e. — 9, aqueduc de Sylvius. — 10, coupe de la protubérance. — 11, tubercule mamillaire. — 12, tuber cinereum. — 13, corps pituitaire. — 14, tige pituitaire. — 15, nerf optique. — 16, coupe de la commissure blanche antérieure. — 17, trou de Monro. — 18, circonvolution du corps calleux. — 18’, pli temporo-limbique, établissant la continuité de cette dernière circonvolution avec la circonvolution de riiippocampe. — 19, sinus du corps calleux. — 20, circonvolution frontale interne. — 20’ lobule paracentral. — 21, terminaison en encoche de la scissure de Rolando. — 22, lobule quadrilatère ou avant-coin. — 23, coin. — 24, lobe temporo-occipital.
volution frontale, que nous avons déjà étudiée sur la face externe de l’hémisphère. Elle est, cependant, beaucoup plus longue que cette dernière : en arrière, en effet, elle dépasse toujours de plusieurs millimètres l’extrémité supérieure de la scissure de Rolando; d’autre part, en avant, au lieu de s’arrêter au pôle frontal, qui, comme on le sait, est la limite antérieure de la première circonvolution frontale, elle se recourbe en bas et en arrière et se prolonge, en s’amincissant en pointe, jusqu’au bec du corps calleux.
La circonvolution frontale interne est exactement comprise entre le bord supé-
CERVEAU
rieur de l’hémisphère et la scissure calloso-marginale : le bord de l’hémisphère la sépare du lohe pariétal, du lohe frontal et du lobe orbitaire; la scissure callosomarginale la sépare de la circonvolution du corps calleux. Elle est très flexueuse et présente constamment à sa surface quelques incisures, plus ou moins étendues et plus ou moins profondes, qui la décomposent en un certain nombre de plis secondaires. De ces incisures, il en est une qui, par sa longueur et par sa constance, acquiert une importance toute particulière : c’est Xineimre sus-orbitaire de Broca, \6 sillon rosirai d’EBERsiALLER (fig. 66d, 11’). Elle commence au voisinage de la pointe de la frontale interne : de là, elle se porte obliquement en avant et en haut, parallèlement à la scissure calloso-marginale, et vient se terminer près du bord de l’hémisphère ou même sur ce bord, en regard du genou du corps calleux. Cette incisure sus-orbitaire divise la portion initiale de la circonvolution frontale interne en deux étages : un étage inférieur, qui se continue en dehors avec le lobe
Fig. 664.
La même, avec ses différentes divisions [schéma).
(La première circonvolution frontale est colorée en hleu ; le lobule quadrilatère, en vert ; la circonvolution du corps calleux, en violet; le coin, en jaune ; le lobe temporo-occipital, en jaune orange).
S, scissure de Sylvius. — cm, scissure calloso-marginale. — pi, scissure perpendiculaire interne. — c, scissure calcarine. — r, terminaison de la scissure de Rolande. — to^, sillon temporo-occipital interne. — sillon temporo-occipital externe. — FL circonvolution frontale interne. — L. Pc, lobule paracentral. — L. Q., lobule quadrilatère. — C, coin. — C, G’, circonvolution du corps calleux. — T0‘, première circonvolution temporo-occipitale. — TO-, deuxième circonvolution temporo-occipitale.
orbitaire ; un étage supérieur, ordinairement plus développé que le précédent (lobule métopique de Broca), qui confine à la scissure calloso-marginale.
La partie toute postérieure de la circonvolution frontale interne est séparée du reste de la circonvolution par un petit sillon, vertical ou oblique, qui descend du bord supérieur de l’hémisphère vers la scissure calloso-marginale. La partie de la circonvolution frontale interne, ainsi isolée, constitue le lobule paracentral ('fig. 664, L.Pc) et le sillon précité, qui limite le lobule en avant, a reçu le nom de sillon paracentral. Gomme nous le montre la figure 664, l’encoche terminale de la scissure de Rolande (?") se trouve située à la partie supérieure et postérieure du
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lobule paracentral. C’est donc en plein lobule paracentral et immédiatement audessous de cette encoche que s’effectue, par le pli de passage fronto-pariétal supérieur, la fusion réciproque des deux circonvolutions prérolandique et postrolandique, autrement dit des deux circonvolutions frontale ascendante et pariétale ascendante.
2^ Circonvolution du corps calleux. — La circonvolution du corps calleux (fig. 664, CC) est ainsi appelée parce qu'elle surmonte le corps calleux et en suit
exactement le contour : c’est le lobe du corps calleux de BaocA,
Elle prend naissance au niveau du bec du corps calleux et forme là, en s’unissant à l’extrémité antérieure de la circonvolution précédente, un petit lobule allongé dans le sens vertical (fig. 665, 4), que l’on désigne, en raison de ses relations avec l’appareil de l’olfaction, sous le nom de carrefour olfactif (voy. chap. vi, Terminaisons réelles du nerf olfactif). Du bec du corps calleux, la circonvolution qui nous occupe se dirige d’abord d’arrière en avant. Puis, elle contourne de bas en haut le genou du corps calleux et.
s’infléchissant en arrière pour devenir horizontale, elle se prolonge jusqu’au bourrelet. Là, elle se continue avec la circonvolution de Thippocampe, que nous décrirons plus loin à propos de la face inférieure de riiémisphère. La continuité, en arrière du bourrelet, de la circonvolution du corps calleux avec la circonvolution de l’hippocampe est établie par une portion relativement étroite, en forme d’isthme (fig. 663, 18’) : Broca, qui l’a considérée comme un simple pli de passage entre le lobe temporal (dont fait partie la circonvolution de V hippocampe., p. 780) et la circonvolution du corps calleux (qui est une partie de la grande circonvolution limbique, voy. plus loin, p. 782), lui a donné le nom de temporo-limbique .
La circonvolution du corps calleux est plus ou moins flexueuse suivant les sujets. Elle présente sur son bord supérieur une série de découpures, résultant des sinuosités ou festons, déjà signalés, de la scissure calloso-marginale. En raison de sa disposition demi-annulaire, en raison aussi de ses découpures festonnées qui caractérisent son bord convexe, Rolando l’avait comparée à la crête d’un coq, d’où le nom de circonvolution crêtée, que lui donnent encore certains anatomistes.
La circonvolution du corps calleux est nettement délimitée, le long de son bord concave, par le sinus du corps calleux. Elle est nettement délimitée encore, le long de son bord convexe, par la scissure calloso-marginale, qui la sépare de la circonvolution frontale interne. Toutefois, cette scissure séparative de deux circonvolutions voisines peut être interrompue par des plis de passage, qui vont d’une circon-
Portion initiale de la circonvolution du corj)S calleux et de la circonvolution frontale interne.
1, coi'|)s calleux. — 2, trigone cérébral. — 3. septum luciduiu. — 4, carrefour olfactif. — .o, bulbe olfactif. — G, bandelette olfactive. — 7, bandelette optique. — lû, circonvolulion frontale, avec H', sillon sus-orbitaire. — 12, pli fronto-limbique antérieur.
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volution à l’autre et qui, de ce fait, prennent le nom de plis fronto-limbiques. Ces plis fronto-limbiques sont très variables et par leur nombre et par leur situation. Il en est un, cependant, qui est à peu près constant et qui se trouve placé en regard du genou du corps calleux : c’est le fronto-limhique antérieur 660, '12;.
A sa partie toute postérieure, quand la scissure calloso-marginale s’est infléchie vers le bord supérieur de l’hémisphère, la circonvolution du corps calleux se trouve délimitée au niveau de son bord convexe par le prolongement postérieur (fîg. 663) de cette même scissure calloso-marginale, qui la sépare ainsi du lobe quadrilatère. Mais, ici encore, on voit un ou deux plis de passage, à trajet vertical, interrompre le sillon séparatif en reliant le lobe quadrilatère à la circonvolution du corps calleux : ce sont les plis de passage pariéto-limbiques. Nous les retrouverons tout à l’heure à propos du lobe quadrilatère.
3° Coin. — On désigne sous le nom de coin ou cunéus (fig. 664, G) le petit lobe qui occupe la partie la plus reculée de la face interne de l’hémisphère. De forme triangulaire, il s’avance, à la manière d’un coin (d’où son nom), dans l’angle dièdre que forment en s’écartant l’une de l’autre la scissure perpendiculaire interne et la scissure calcarine. Il correspond assez exactement au lobe occipital de la face externe de l’hémisphère. Sa surface est habituellement segmentée par un petit nombre de sillons à direction irrégulière et toujours très superficiels.
On considère au cunéus, en raison de sa forme : deux bords, une base et un sommet. — Son bord antérieur, oblique en bas et en avant, répond au lobe quadrilatère, dont il est séparé par la scissure perpendiculaire interne. — Son bord postérieur ou inférieur répond, de même, à la scissure calcarine, qui le sépare de la deuxième circonvolution temporo-occipitale. — Sa base, dirigée en arrière, se confond avec le bord supérieur de l’hémisphère. — Son sommet, enfin, répond au point d’union des deux scissures perpendiculaire interne et calcarine.
Nous avons dit plus haut que la scissure perpendiculaire interne venait se jeter dans la scissure calcarine. Cette continuité des deux scissures existe, en effet ; mais elle est simplement superficielle. Lorsqu’on entre-bâille les deux scissures au point où elles semblent se réunir, on voit se détacher du sommet du cunéus un pli de passage profond (fig. 666,8), qui se dirige d’arrière en avant et vient se confondre avec la partie postérieure de la circonvolution du corps calleux : c’est le pli de passage cunéo-limbique de Broga. Il sert comme de pédicule au cunéus et, en formant à ce niveau la lèvre supérieure de la scissure calcarine, il devient une sorte de barrière entre cette dernière scissure et la scissure perpendiculaire interne, qui est située au-dessus.
Quoique très marqué, le pli de passage cunéo-limbique est toujours profond chez l’homme. Seul, parmi les primates, le gibbon nous présente une disposition ana-
Fig. 6G6.
Région du cunéus, pour montrer les deux plis de passage cunéo-limbique et temporo-limbique.
1 , bourrelet du corps calleux. — 2, 2’ scissure calcarine. — 3, scisssure perpendiculaire interne. — 4, circonvolution du corps calleux. — o, circonvolution de riiippocampe. — 6, pli de passage temporo-limbique. — 7, cunéus. — 8, pli de passage cunéo-limbique. — 9, lobule quadrilatère.
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logue. Chez tous les autres primates, ainsi que chez les lémuriens, le pli cunéolimbique est superficiel et la scissure perpendiculaire interne est, dans ce cas, tout à fait indépendante de la scissure calcarine (Broca).
4° Lobe quadrilatère. — Le lobe quadrilatère, dont le nom indique suffisamment la forme, est situé entre le lobule parencentral, qui est en avant, et le cunéus, qui est en arrière. On le désigne encore, en raison de sa situation, sous le, nom de précunéus ou d'avant-coin. 11 répond à la circonvolution pariétale supérieure de la face externe de l’hémisphère.
Limité en arrière par la scissure perpendiculaire interne, en avant par la scissure calloso-marginale, en haut par le bord supérieur de l’hémisphère, le lobule quadrilatère est limité, en bas, par le prolongement postérieur de la scissure calloso-marginale, qui le sépare de la circonvolution du corps calleux. Il est à remarquer, cependant, que ce sillon est presque toujours interrompu par deux plis de passage verticaux, l’un antérieur, l’autre postérieur. Ces deux plis de passage, que nous avons déjà signalés plus haut, sont les plis paiàéto-linibiques : ils interrompent, à ses deux extrémités, le sillon en question et, de ce fait, unissent notre lobule quadrilatère à la circonvolution sous-jacente.
§ 1 î I . — Circonvolutions de la eace inférieure
La face inférieure de riiémisphère, fort irrégulière comme la base du crâne sur laquelle elle repose, est limitée en dedans par le bord internede l’hémisphère cérébral, en dehors par le bord externe. Des trois faces de l’hémisphère, elle est morphologiquement la plus simple : c’est aussi la moins connue au point de vue fonctionnel et, partant, la moins importante au point de vue pathologique.
A . — Scissure interlobaire
La face inférieure de l’hémisphère ne nous présente qu’une seule scissure : c’est la scissure de Sylvius.. ou tout au moins sa portion initiale. La scissure de Sylvius nous est déjà connue (p. 750). Nous savons qu’elle prend naissance au niveau de l’angle externe de l’espace quadrilatère perforé ; puis, qu’elle se porte horizontalement en dehors, en décrivant une courbe à concavité postérieure, et finalement disparaît sur la face externe de l’hémisphère.
J3 . — Lobes et c i r g o n v o l u r i o n s
Cette portion initiale de la scissure de Sylvius partage notre face inférieure du cerveau en deux parties bien distinctes : une partie située en avant delà scissure, c’est le lobe orbitaire ; une partie située en arrière, c’est le lobe temporo-occipital ou occipito-temporal.
L — Lobe orhitaire.
Le lobe orbitaire se présente à nous sous la forme d’une région triangulaire à base postérieure. Il repose sur la bosse orbitaire et se trouve, par conséquent, légèrement excavé à son centre.
1° Sillons. — Si nous le parcourons de dedans en dehors, nous rencontrons
successivement trois sillons : le sillon orbitaire interne, le sillon en H et le sillon orbitaire externe.
a) Le sillon orbitaire interne, plus connu sous le nom de sillon olfactif (Jig. 668, o/“), est situé un peu en dedans de la scissure interhémisphérique. Parti de l’angle antérieur de l’espace quadrilatère perforé, il se dirige d’arrière en avant et un peu de dehors en dedans et vient se terminer, par une extrémité libre, à 10 ou 15 mil-
Fig. 667.
Face inférieure du cerveau.
1, extrémité antérieure et 2, extrémité postérieure de la scissure interhémisphérique. — 3, scissure de Sylvius. -• 4, genou du cor(>s calleux. — 5, bandelette olfactive, avec ses deux racines blanches. — 6, chiasma des nerfs optiques. — 7, nerfs optiques. — 8, bandelette optique. — 9, espace perforé antérieur. — 10, tuber cinereum et tige pituitaire. — 11, tubercules mamillaires. — 12, espace perforé antérieur — 13, coupe des pédoncules cérébraux et de l'aqueduc de Sylvius. — 14. tubercules quadrijumeaux postérieurs. — 15, corps genouillés de la couche optique. — 16, bourrelet du corps calleux, contourné par la fasciola cinerea. — 17, portion latérale et 18, portion moyenne de la fente cérébrale de Bichat. — 19, lobe orbitaire et ses circonvolutions. — 20, lobe temporo-occipital et ses circonvolutions.
limètres en arrière du pôle frontal. 11 répond, à son origine, au tuber olfactorium et aux racines olfactives qui en partent. Dans le sillon orbitaire interne se logent la bandelette olfactive et le bulbe olfactif.
P) Le sillon orbitaire externe (fig. 668) occupe la partie externe du lobe orbitaire. 11 se dirige d’arrière en avant, comme le précédent ; mais il en diffère en ce qu’il est moins long, moins profond, moins nettement différencié. Il fait défaut chez les singes et souvent aussi chez l’homme.
y) Le sillon en H ou sillon cruciforme (fig. 668, cr) est situé à la partie moyenne du lobe orbitaire, entre les deux sillons orbitaire interne et orbitaire externe. Il se compose ordinairement, comme la lettre H, de deux branches longitudinales,
Face inférieure du cerveau, avec scs divisions {schéma).
(Le lobe orbitaire est coloré en bleu : le lobe temporo-occipital en jaune-oraruje.)
S, scissure de Sylvius. — os, sillon olfactif. — cr, sillon cruciforme, to* sillon temporo-occipital externe. — io'^, sillon temporo-occipital interne. — c, scissure calcarine. — pi, scissure perpendiculaire interne. — 0/'*, circonvolution olfactive interne. — 0/-, circonvolution olfactive externe. — Ob, circonvolutions orbitaires. — TO*, première circonv'olution temporo-occipitale. — TO^, deuxième circonvolution temporo-occipitale. — T^, troisième temporale rose). — 0, coin ou cunéus ( en jaune).
circonoolution olfactive interne, la circonvolution olfactive externe, les circonvolutions orbitaires moyennes et la circonvolution orbitaire externe.
A. Circonvolution olfactive interne. — La circonvolution olfactive interne ou première circonvolution olfactive (fig. 668, OL) occupe la partie la plus interne du lobe orbitaire. Elle est limitée, en dedans par la scissure interhémisphérique, en dehors par le sillon olfactif. Simple et remarquablement rectiligne, elle a reçu.
778 SYSTEME NERVEUX CENTRAL
l’une interne, l’autre externe, unies Tune à l’autre, à leur partie moyenne, par une troisième branche à direction transversale. Mais ce mode de configuration du sillon orbitaire moyen, s'il est le plus commun, est bien loin d’être constant. Dans certains cas, il est représenté par une simple fossette, d’où s’échappent en divergeant trois ou quatre incisures fort irrégulières. Dans d’autres cas, ces incisures, au lieu de se disposer en H, se groupent de façon à former un X ou un K.
2° Circonvolutions. — Les sillons précités délimitent, dans le lobe orbitaire, la
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pour cette raison, le nom de gyrus reclus. Le gyrus rectus diminue de largeur en allant d'arrière en avant : cette largeur, qui mesure 1 centimètre en moyenne à l’extrémité postérieure de la circonvolution, n’est plus, à son extrémité antérieure, que de 5 ou 6 millimètres, quelquefois moins.
B. Circonvolution olfactive externe. — La circonvolution olfactive externe ou deuxième circonvolution olfactive (fig. 668, Of-), située en dehors de la précédente, suit comme elle une direction longitudinale. Son extrémité postérieure répond à la racine externe du nerf olfactif ; son extrémité antérieure, au pôle frontal. Cette circonvolution est nettement délimitée, sur son côté interne, par le sillon olfactif. Sur son côté externe, au contraire, elle se confond plus ou moins avec les autres circonvolutions du lobe orbitaire.
C. Circonvolution orbuwire externe. — La circonvolution orbitaire externe (fig. 669) comprend toute la portion du lobe orbitaire qui se trouve située en dehors du sillon orbitaire externe. Elle n’est autre que la face inférieure ou orbitaire de la troisième circonvolution frontale, que nous avons déjà étudiée sur la face externe de l’hémisphère.
D. Circonvolutions orbitaires moyennes. — Nous désignons sous ce nom tous les plis qui sont situés entre la circonvolution orbitaire externe et la deuxième circonvolution olfactive. Ces circonvolutions, qui se développent autour des différentes branches du sillon en H, sont fort irrégulières et varient pour ainsi dire pour chaque sujet. Elles n’ont pas reçu de dénominations spéciales. Rappelons, en passant, que la portion du lobe orbitaire qui est placée en arrière de la branche transversale du sillon en H, portion qui est assez généralement lisse ou non incisée, répond, chez l’homme, à la région que Broca, chez le dauphin (où l’appareil de l’olfaction est entièrement anéanti), a désignée sous le nom de désert olfactif. Nous y reviendrons plus loin à propos des origines et terminaisons réelles du nerf olfactif.
Le lobe orbitaire n’est, en réalité, que la partie inférieure du lobe frontal, que nous avons décrit sur la face externe de l’hémisphère, et l’on voit nettement les trois premières circonvolutions frontales venir successivement se confondre avec la partie antéro-externe de ce lobe orbitaire. Sans vouloir poser à cet égard des règles absolues, on peut dire : 1° que la première circonvolution frontale se continue, à l’extrémité antérieure du cerveau, avec le gyrus rectus ; 2° que la deuxième frontale se bifurque et vient se souder à la fois avec la circonvolution olfactive externe et avec les circonvolutions innominées qui s’étalent en avant du sillon cruciforme ; 3° que la troisième frontale se fusionne, à son tour, avec la partie la plus externe du lobe orbitaire et qu’elle empiète même sur sa partie postérieure, en se prolongeant, comme nous l’avons déjà vu en étudiant cette circonvolution (p. 759), jusqu’à l’extrémité supérieure du sillon olfactif.
La figure ci-dessus (fig. 669), que j’emprunte à Hervé, nous montre nettement quels sont les divers territoires qu^occupe, sur le lobe orbitaire, chacune des trois circonvolutions frontales.
2° — Lobe temporo-occipital .
Le lobe temporo-occipital (fig. 668) s’étend delà scissure de Sylvius à l’extrémité postérieure de l’hémisphère cérébral, plus simplement du pôle temporal au pôle
Fig. 669.
Schéma représentant d’après Hervé, le mode de terminaison des trois circonvolutions frontales sur le lobe orbitaire-
1, circonvolution olfactive interne, continuant la. première frontale. — 2. partie antérieure du lobe orbitaire, continuant la deuxième frontale. — troisième circonvolution frontale (teintée en rouge), contournant l’extrémité postérieure du sillon orbitaire externe, se plaçant ensuite dans l’écartement des deux branches postérieures du sillon cruciforme et s’étendant jusqu’à l’extrémité postérieure du sillon olfatif. — P, point de convergence des trois circonvolutions frontales [pôle frontal d’HERvÉ).
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
occipital. 11 répond à la fois au lobe temporal et au lobe occipital de là face externe de l’hémisphère.
1° Sillons. — En examinant la base d’un cerveau qui repose sur un plan horizontal par sa face convexe, on aperçoit sur la partie la plus externe du lobe temporo" occipital une portion de la troisième circonvolution temporale déjà décrite à propos du lobe temporal (p. 761). En dedans de cette circonvolution se trouvent deux sillons longitudinaux, qui s’étendent d’une extrémité à l’autre du lobe temporo-occipital. Ces deux sillons/ que l’on désigne, comme le lobe lui-même, sous les noms de sillons temporo-occipilaux, se distinguent en externe et interne (fig. 668, to\ to-).
2° Circonvolutions. — Les deux sillons temporo-occipitaux découpent dans notre lobe temporo-occipital deux circonvolutions à direction antéro-postérieure : ce sont les circonvolutions temporo- occipitales. On les distingue en première et deuxième, en allant de dehors en dedans.
A. Première circonvolution temporo-occipiïale. — La première circonvolution temporo-occipitale (fig. 668, TOM est limitée, en dehors par le sillon temporooccipital externe, qui la sépare de la troisième circonvolution temporale, en dedans par le sillon temporo-occipital interne, qui la sépare de la deuxième circonvolution temporo-occipitale : c’est la quatrième circonvolution temporale de certains auteurs. Plus large à sa partie moyenne qu’à ses deux extrémités, elle a été comparée à un fuseau, d’où le nom de lobule fusiforme {spindelformiges Lappchen), qui lui a été donné parlluscHKE. La première circonvolution temporooccipitale est fortement flexueuse et se trouve toujours décomposée, par des sillons irréguliers et peu profonds, en un certain nombre de plis secondaires. En outre, elle s’unit aux deux circonvolutions voisines à l’aide de plis anastomotiques qui interrompent naturellement dans leur continuité les deux sillons temporooccipitaux.
B. Deuxième circonvolution temporo-occipit.^le. — La deuxième circonvolution temporo-occipitale (fig. 668, TO’) est située en dedans de la précédente. Elle longe le bord interne du lobe temporo-occipital et constitue par conséquent, dans sa partie antérieure tout au moins, la limite interne de l’hémisphère. Cette circonvolution se divise en deux portions, l’une postérieure, l’autre antérieure. A la portion antérieure nous rattacherons le noyau aynygdalien, qui est une dépendance de l’écorce.
a. Portion postérieure ou lobule lingual. — La portion postérieure a reçu de Huschke le nom de lobule lingual. Limité en dehors par le sillon temporo-occipital interne, le lobule lingual est limité en dedans par la scissure calcarine, qui le sépare du cunéus : il empiète donc légèrement sur la face interne de l’hémisphère. Dans le sens antéro-postérieur, il commence au pôle occipital et s’étend de là jusqu’audessous du bourrelet du corps calleux, où il se continue, par une partie relativement étroite, avec la portion antérieure de la deuxième circonvolution temporooccipitale. Le lobule lingual est plus large à sa partie postérieure qu’à sa partie antérieure. Un sillon longitudinal, plus ou moins développé, mais assez constant, le divise en deux étages, l’un supérieur qui confine au cunéus, l’autre inférieur qui répond au lobule fusiforme.
b. Portion antérieure ou circonvolution de V hippocampe , circonvolution limbique. — La portion antérieure de la deuxième circonvolution temporo-occipitale, celle qui se trouve placée en avant d’une verticale passant parle bourrelet du corps
calleux, constitue la circonvolution de V hippocampe (fig. 670, 4). Certains auteurs la rattachent au lobe temporal, sous le nom de cinquième temporale.
La circonvolution de l’hippocampe est limitée, en dehors, par le sillon temporooccipital interne, qui la sépare du lobule fusiforme. — En dedans, elle répond h la fente cérébrale de Bichat, dont elle forme la lèvre inférieure (voy. Fente cérébrale de Bichat). — En avant, elle se recourbe en haut et en arrière, en formant une sorte de crochet toujours très accusé : c’est le crochet ou uncus de V hippocampe (fig. 670, 4% Il a la forme d’un cône, dont le sommet, tronqué et arrondi, regarde en arrière et un peu en dedans. Un sillon antéro-postérieur, le sillon de r uncus, sépare nettement la face inférieure de l’uncus de la circonvolution
Fig. 670.
La grande circonvolution limbique chez l’homme, vue par son côté interne.
1, corps calleux, avec 1’, son bourrelet; 1”, son genou. — 2, couche optique. — 3, circonvolution du corps calleux, — 4, circonvolution de l’hippocampe, avec : 4’ son crochet. — 5, pli de passage teniporo-limbique. — 6, pli de passage cunéo-limbique. — 7, pli de passage fronto-limbique antérieur. — 8, 8’, plis de passage partéto-limbiques. — 9, espace perforé antérieur. — 10, racine olfactive interne. — 11, racine olfactive externe. — 12, bandelette olfactive. — 13, bulbe olfactif. — 14, lobule quadrilatère. — 15, cunéus. — 16. lobule lingual ou partie postérieure de la deuxième circonvolution temporo-occipitale. — 17, circonvolution frontale interne. — 18, corps godronné.
sur laquelle il repose. — En arrière, au niveau du bourrelet du corps calleux, la circonvolution de Thippocampe, se fusionne tout d’abord, comme nous l’avons dit plus haut, avec le lobule lingual. D’autre part, elle se continue à l’aide d’un pli de passage plus ou moins développé, mais généralement très mince, avec l’extrémité postérieure de la circonvolution du corps calleux. Ce pli de passage (fig. 666, 6), obliquement dirigé en haut et en arrière, embrasse par sa concavité le bourrelet du corps calleux. Il a reçu de Broca, nous verrons tout à l’heure pourquoi, le nom &Q pli de passage temporo-limbique .
Il résulte de cette union réciproque de la circonvolution du corps calleux et de la circonvolution de l’hippocampe que l’importante région par laquelle l’hémisphère cérébral entre en relation, d’une part avec l’hémisphère du côté opposé, d’autre part avec le pédoncule cérébral, et que l’on peut appeler le hile de Vhémisphère, que cette importante région, dis -je, se trouve circonscrite par une circonvolution semi-annulaire qui en suit exactement tout le pourtour, excepté en avant où elle est interrompue parla scissure de Sylvius. C’est à cette circonvolution semi-
SYSTÈME NERVEUX CENTRAL
annulaire, qui forme comme le limbe du hile de l’hémisphère, que Broca adonné le nom de grand lobe limbique, dénomination qui est parfaitement justifiée chez les animaux osmatiques, mais qui doit être remplacée, chez l’homme, par celle, un peu plus modeste, de grande circonvolution limbique . Cette circonvolution se compose, comme on le voit, des trois parties suivantes : 1® en haut {portion sus-calleuse) M circonvolution du corps calleux ; en bas {portion sous-calleuse), la circonvolution de l’hippocampe; 3° en arrière [portio7i rétro-calleuse) , le pli de passage temporo-limbique, unissant 1 une a l’autre ces deux circonvolutions.
Le grand lobe limbique, rudimentaire chez l’iiomme, acquiert une importance morphologique exceptionnelle chez les animaux qui ont le sens de l’odorat très développé [animaux osmatiques
de Broga) . Il occupe chez eux, comme on peut le voir sur la figure ci-contre (lîg. 671), qui représente le cerveau de la loutre, la plus grande partie de la face interne des hémisphères.
Il se compose essentiellement de deux arcs : fun supérieur (C), surmontant le corps calleux ; l'autre inférieur (H), passant au-dessous du pédoncule.
Ces deux arcs, qui sont bien évidemment les bomologues de nos deux circonvolutions ci-dessus indiquées, la circonvolution du corps calleux et la circonvolution de l'hippocampe, se réunissent et se confondent à leur partie postérieure (G"), en formant une courbe dont la concavité embrasse le bourrelet du corps calleux.
A leur extrémité antérieure, ils se rejoignent de nouveau, et émettent chacun un prolongement : o pour l’arc supérieur, o’ pour l’arc inférieur . Ces deux prolongements, homologues de nos deux racines olfactives interne et externe, convergeant fun vers l’autre, arrivent au contact et se fusionnent en un prolongement unique (O’), faisceau volumineux, ijui n’est autre que le pédoncule olfactif. Le pédoncule olfactif se porte obliquement en avant et en haut et se termine, à sa partie antérieure, par un renflement ovoïde qui n’est autre que le lobe olfactif.
Tout cet ensemble, comme le fait remarquer Broga, ressemble assez bien à une raquette, dont le limbe entoure le hile de l’hémisphère et dont le manche, dirigé en avant, est constitué par la racine même du nerf olfactif (O’), auquel fait suite le lobe olfactif. Il est à peine besoin de faire remarquer que le pédoncule olfactif et le lobe olfactif ont pour homologues, chez l’homme, la bandelette olfactive et le bulbe olfactif.
Voyez, pour plus de détails, Broga, Le grand lobe limbique et la scissta'e limbique dans la série des mammifères, Revue d’ Anthropologie, 1878, p. 385.
c. Noyau amydalien. — Le noyau amygdalien i Mandelhern , nucléus amygdalæ des anatomistes allemands), que nous rattachons à la circonvolution de l’hippocampe, est un amas de substance grise ou plutôt gris rougeâtre, de la forme et de la grosseur d’une petite amande (de 10 â 12 millimètres de diamètre en moyenne), situé à la partie antérieure de la circonvolution précitée : il occupe à la fois l’extrémité antérieure de cette circonvolution et la partie initiale de son crochet (fig. 721, a). Nous le verrons plus tard refouler l’épendyme dans la corne sphénoïdale du ventricule latéral et y faire une forte saillie au-devant et au-dessus de la tête de la corne d’Ammon. En dehors, en dedans et en bas, le noyau amygdalien est régulièrement entouré par la substance blanche du centre ovale ; il est
Fig. 671.
Schéma représenlanl la face inféro-iiilenie de l’iiémisphère gauche de la loutre (il après Buoca).
1, bec du corps calleu.x. — 2, son genou. — 3. son bourrelet. — 4, pilier postérieur du trigone. — 5, face interne de la courbe optique. — G, coupe du pédoncule cérébral, séparé du grand lobe limbique par la grande fente de Bicliat. — 7, 8, bandelette optique.
O, lobe olfactif. — O’ son pédoncule, avec o. fo’ ses racines interne et externe. — C, C”, C’”, lobe du corpscalleux. — H. H’, lobe de riiippocampe. — F, lobe frontal. — P, P, lobe pariétal. — f, sillon sous-frontal. — p, sillon sous-pariétal. — a, a' arc inférieur de la scissure. — b, pli de passage rétro-limbique. — s, scissure de Sylvius.
CERVEAU
par conséquent, nettement délimité sur ces points. A sa partie antérieure et à sa partie supérieure, au contraire, il prend contact avec la substance grise qui revêt la pointe du lobe temporo-occipital et se confond avec elle. Le noyau amygdalien n’est donc, comme l’avant-mur, qu’une dépendance de l’écorce et c’est à ce titre que nous le décrivons ici. Sa signification morphologique est encore fort obscure. Nous le retrouverons naturellement plus loin en étudiant la structure du cerveau.
Synonymie des circonvolutions cérébrales. — 11 n’est certainement pas de région dans l’organisme où l’on trouve autant de dénominations pour désigner une même formation anatomique. Il y a des circonvolutions qui ont jusqu’à huit et dix noms. Un tel luxe de synonymes n’a malheureusement d’autre résultat que de jeter la confusion dans les descriptions les plus simples et de rendre ainsi d’une lecture difficile les mémoires, d’ordre anatomique, physiologique ou pathologique, qui se rapportent aux scissures et aux circonvolutions cérébrales. Nous croyons être utile au lecteur en plaçant ici, sous forme de tableau synoptique, à côté des dénominations que nous avons cru devoir adopter, celles qui ont été employées par d’autres anatomistes.
1° — Fac]
EXTERNE DES HEMISPHERES
1° Scissure de Sylvius
2“ Scissiu^e de Rolande . . . .
Scissure perpendiculaire externe
4° Sillon frontal supérieur. . . 5«* Sillon frontal inférieur . . .
6» Sillon prérolandique ...
7® Sillon irderpariélal . . . .
8® Sillon parallèle
9“ Sillon temporal inférieur
A. — Scissures et sillons.
Grande scissure interlobaire (Ghaussier), fissura lateralis (Henle), fissura sive fossa Sylvii (Ecker).
Sulcus centralis (Ecker), fissura transversa anterior (Pancsh), postéro-parietal sulcus (Huxley).
Sillon occipital transverse (Broca), occipilo pariétal fissure (Huxley), parie to-occipital fissure (Turner), pars superior sive lateralis fissuræ parieto-occipitalis (Ecker).
Scissure frontale supérieure (Pozzi), premier sillon frontal (Broca), supero-frontal sulcus (Huxley).
Scissure frontale inférieure ou sourcilière (Pozzi), deuxième sillon frontal (Broca), sillon inféro-fronlal (Huxley), sillon frontal primaire (Pansch).
Scissure parallèle frontale (Pozzi), sillon antéro-pariétal (Huxley), sulcus præ-centralis (Ecker), rameau descendant du sillon frontal moyen (Pansch).
Sillon pariétal (Broca, Pansch), intraparielal fissure (Turner), sulcus occipito-parietalis (Schwalbe) ; son rameau vertical est désigné par Ecker sous le nom de sulcus postcentralis, par Pansch sous le nom deramus ascendens.
Premier sillon temporal, sillon temporal supérieur (Ecker), sulcus temporalis (Pansch), antero-temporalis sulcus (Huxley).
Deuxième sillon temporal, sulcus temporalis médius (Ecker), postero-temporalis sulcus (Huxley).
B. — Circonvolutions.
i° Première circonvolution fron- ^ laie ^
2“ Deuxième circonvolution fron- ^ taie j
Gyrus frontalis superior (Ecker), gyrus supero-frontal (Huxley), étage frontal moyen (Gratiolet), première frontale externe, troisième frontale (Meynert).
Gyrus frontalis médius (Ecker), me dio- frontalis gyrus (Huxley), étage frontal moyen (Gratiolet), deuxième frontale externe.
[ Pli sourcilier (Gratiolet), étage frontal inférieur (Gratiolet), Troisième circonvolution fron- \ infero-frontal gyrus (Huxley), inferior frontal gyrus
taie j (Turner), première frontale (Meynert), circonvolution de
V Broca.
Quatrième frontale, premier pli ascendant (Gratiolet), anteroparielal gyrus (Huxley), gyrus centralis anterior (Ecker, Henle), gyrus antecentralis ou anterocenlralis ou præcentralis, circonvolution prérolandique (Broca), gyrus rolandicus anterior (Pansch), circonvolution verticale antérieuie.
40 Circonvolution frontale ascendante
SYSTEME NERVEUX CENTRAL
'5° Circonvolution pariétale ascendante
6“ Circonvolulion pariétale supérieure
7° Circonvolution pariétale inférieure
8® Première circonvolution occipitale
9® Deuxième circonvolution occipitale
10® Troisième circonvolution occipitale
Tl® Première circonvolution temporale
12° Deuxième circonvolulion temporale
13° Troisième circonvolution temporale
1® Scissure calloso-maryinale .
2® Scissure perpendiculaire interne
3® Scissure calcarine
1® Circonvolution frontale interne • . . .
2® Lobule paracentral
3® Circonvolution du corps calleux
4® Lobule quadrilatère
/ Première pariétale, deuxième pli ascendant (Gratioleï), posl tero-parietal gyrus[YV\]x\ ey) gyrus centralis posterior ,
■ gyrus postcentralis ou postero-centralis ou retro-centratis, I gyrus rolandicus posterior (Pansch), circonvolution postéro-
\ landique (Bhoca).
( Première circonvolution pariétale (Broca), lobule pariétal ’ supérieur (Ccker), lobule du deuxième pli ascendant (Graf TiohKY), postera- pariétal lobule (Huxley, Turner).
/ Lobule pariétal inférieur (Ecker), lobule du pli courbe (Gro- [ mier), lobus tuberis (Huschke, Henle) , troisième pariétale,
] deuxième pariétale, première pariétale. Sa partie anté-
i rieure, en rapport avec la scissure de Sylvius, est encore
f appelée lobulus supra-marginalis ; sa partie postérieure ou V pli courbe, gyrus angularis.
Gyrus pavieto-occipitalis médius (Ecker), circonvolution occi- \ pitale supérieure (Wagner), pli de passage supérieur externe ( (Gratiolet), premier pli de passage (Gromier).
^ Gyrus. parie to-occipitalis laleralis (Ecker), deuxième pli de pas- , sage externe (Gromier, circonvolution occipitale moyenne [ (Wagner), deuxième pli de passage externe (Gratiolet).
(( Gyrus temporo-occipitalis (Ecker), gyrus occipilalis inferior t (Wagner), pli de passage externe (Gratioi.ët).
/ Temporale supérieure (Ecker), pli marginal postérieur et in- S férieur (Gratiolet), gyrus infra-marginalis (Huschke), an- I tero-temporal gyrus (Huxley), superior temporo-sphénoïdal ( convoluiion (Turner), pli marginal inférieur (Gromier).
/ Temporale moyenne (Ecker). pli temporal moyen ou partie ^ descendante du pli courbe (Gratiolet), medio-lemporal 'j gyrus (Huxley), pli ternporo-spbénoïdal moyen (Gromier) middle temporo-sphendidal convoluiion (Turner).
( Temporale inférieure (Ecker), pli temporal inférieur (Gratio- ' LET), inferior temporo-sphendidal convoluiion (Turner), pli ^ temporo-spbénoïdal inférieur (Gromier).
Face interne des h é .m i s p h è r e s
A. — Scissures.
Scissure festonnée (Pozzi). grand sillon du lobe fronto-pariétal ' (Gratiolet), sillon du corps calleux (Gromier), scissure sous- ^ frontale (Broca).
'' Occipito-parie tal fissure (Huxley), pars medialis sive verlicalis ) fissuræ occipitalis perpendicularis (Ecker), scissure occipitale j (Broca), fissura occipilalis (Pansch), fissura posterior (Bür- \ dach), fissura occipilalis perpendicularis interna (Bischoff).
, Scissure des hippocampes (Gromier), partie postérieure de la
scissure des hippocampes (Gratiolet), occipitalis lio-
rizontalis fissura posterior (Huschke).
B. — Circonvolutions.
! Gyrus marginalis (Henle), gyrus medialis fronto-parietalis ) (Pansch), marginal convoluiion (Turner), second pli ou pli de i la zone externe du lobe fronto-pariétal (Gratiolet). pre- ^ mière circonvolution frontale interne (Pozzp.
\ Lobule ovalaire (Pozzi, Broca) lobule pararolandique (Gia-
t COMINl).
(Pli du corps calleux (Gromier), lobe du coips calleux (Broca), pli de la zone interne (Gratiolet), deuxième circonvolution frontale interne (Pozzi). cingula ou gyrus cinguli (Burdach, I Bischoff, Pansch), gyrus fornicatus (Ecker), fornix perif phericus (Arnold), circonvolution de l’ourlet (Foville), circonvolution crêtée (Rolando), callosal gyrus (Huxley).
1 Lobule pariétal interne, partie interne du lobe pariétal (Gia- . coMiNi), (Ecker), avant-coin, lobule pariétal in- ( terne (Pozzi).
CERVEAU
' Cuneics (Ecker) lobule triangulaire (Broca), partie interne du ) lobe occipital (Giacomini), lobule occipital interne (Gratio- I LET, occipital lobule (Turner), gyrus medialis occipitalis I (Pansch), lobulus interparielalis superior (IIuscke).
30 — Face inférieure des hémisphères
A. — Sillons.
Sulcus olfactorius (Ecker), scissure oH'active (Giacomini), sillon droit ou premier sillon orbitaire (Broca).
Sulcus orbitalis (Ecker), scissure orbitaire (Giacomini), deuxième sillon orbitaire (Broca), triradialis sulcus (Turner) ; les deux branches antéro-postérieures sont appelées par Weis- BACH, l’interne sulcus longüudinalis médius, l'externe sulcus longitudinalis externus. La branche transversale est désignée par le môme auteur sous le nom de sulcus transver sus.
Premier sillon temporo-occipital, sulcus temporo-occipitalis (Ecker).
Deuxième sillon temporo-occipital, sulcus longitudinalis inferior (Huschke), sulcus occipiio-temporalis (Pansch), fissura collateralis (Huxley), fissura collateralis sive temporalis inferior (Bischoff), sulcus occipito-temporalis inferior (Ecker), sillon collatéral.
B. — Circonvolutions.
Première circonvolution olfactive, gyrus reclus, première circonvolution orbitaire (Broca), internai gyrus du lobule orbitaire (Turner).
Deuxième circonvolution olfactive, deuxième circonvolution orbitaire (Broca).
Troisième circônvolution orbitaire (Broca), gyrus orbitalis lateralis (Pansch).
Gyrus occipito-temporalis lateralis (Pansch), circonvolution occipito-temporale externe (Giacomini), quatrième circonvolution temporale (Broca), middle internai temporal gyrus (Huxley), lobule fusiforme (Huschke).
Gyrus occipito-lemporalis medialis (Pansch), circonvolution occipito-temporale interne (Giacomini), cinquième circonvolution temporale (Broca), inferior internai temporal gyrus (Huxley), lobule lingual (Huschke) ; la partie antérieure de cette circonvolution, en rapport avec la fente cérébrale de Bichat, est désignée sous les noms de : circonvolution de Thippocampe, gyrus hippocampi (Ecker), gyrus uncinalus, uncinate gyrus (Huxley), pli temporal moyen interne (Gratiolet).
Étendue de Técorce des circonvolutions. — L’étendue de la substance grise qui constitue Técorce des circonvolutions doit être examinée ; R en surface ; 2° en profondeur.
a. Étendue en surface. — L’évaluation, en millimètres carrés, de la surface des hémisphères cérébraux présente des difficultés à peu près insurmontables, en raison même des irrégularités de cette surface, si profondément tourmentée par le creusement des scissures et le soulèvement des circonvolutions. Quelque complexe que soit le problème, de nombreux observateurs, notamment Wagner, Baillarger, G. Vogt, Jensen, Calori, ont essayé de le résoudre, en employant divers procédés qu’il serait trop long de décrire ici. Tous ces procédés, pour être fort ingénieux, n’en sont pas moins passibles d’objections sérieuses et, alors même qu’ils sont mis au service d’une patience à toute épreuve, ils ne peuvent nous fournir que des résultats approximatifs.
Voici quels sont, à ce sujet, les résultats obtenus par Calori pour les cerveaux de brachycéphales et de dolichocéphales :
Cerveaux de bracJnjcéphales | pemmes^
Cerveaux de dolichocéphales | pemmcs
anatomie humaine. — T. II, 6® ÉDIT. Ü'J