DE L’AORTE
La portion thoracique de l’aorte émet un grand nombre de branches, une trentaine environ, que nous distinguerons en quatre groupes, savoir : U artères bronchiques ; 2° artères œsophagiennes moyennes; 3® artères médiastines postérieures; 4® artères intercostales aortiques.
§ I. — Artères bronchiques
Nombre. — Les artères bronchiques, que l’on a appelées à juste titre les artères nourricières du poumon, sont tout aussi variables par leur origine que par leur nombre. Suivant Haller, dont la description repose sur l’examen de vingtcinq sujets, il existe d’ordinaire trois artères bronchiques, deux pour le côté gauche, une seulement pour le côté droit.
2° Origine. — Ces trois artères naissent le plus souvent de la portion la plus élevée de l’aorte thoracique, soit isolément, soit par des troncs communs. La bronchique droite provient fréquemment encore, soit de la crosse, soit de la première intercostale aortique. Dans un cas signalé par Haller, les artères bronchiques se détachaient par un tronc commun de la sous-clavière.
3'^ Distribution. — Quelle que soit leur origine, les artères bronchiques gagnent
ARTERES MÉDIASTINES POSTÉRIEURES 109
la face postérieure de la bronche correspondante et se dirigent, le long de cette
face, vers le hile du poumon, où nous les dernier organe (voy.
Poumons).
Avant de s’engager dans l’épaisseur du poumon^ les artères bronchiques abandonnent dans leur parcours plusieurs petits rameaux, destinés aux bronches , à l’œsophage, au péricarde et aux ganglions lymphatiques du voisinage.
reprendrons en faisant l’étude de ce
§ IL — Artères oesophagiennes MOYENNES
Au nombre de cinq ou sept, les artères œsophagiennes moyennes (fig.
177,11) se détachent successivement et à des hauteurs variables de la face antérieure de l’aorte thoracique. Puis, elles se portent sur l’œsophage et
se distribuent aux parois ^ .
, , Portion supérieure de raorte thoracique, avec ses branches.
de cet organe, en s anas-
. 1, 1, aorte, avec : 2, valvules sigmoïdes; 3, sinus de Valsalva ; 4, grand sinus
tOmOSant I 1® en haut, de raorte. — s, tronc brachio-céplialique. — 6, carotide primitive. — 7, sous- , 1 . clavière et ses branches. — 8, intercostale supérieure, naissant à la face pos-
aveC les œsopuagiennes térieure de la sous-clavière, par un tronc commun avec la cervicale profonde,
«mvdripnrpc RT»Qr»pRac — interscostales aortiques. — 10, rameaux bronchiques. — 11, artères
bupt:i ICUlCb , ni a 11 Cil es œsophagiennes moyennes. — 12, trachée. — 13, œsophage.
de la thyroïdienne inférieure ; 2"^ en bas, avec les œsophagiennes inférieures, branches de la diaphragmatique inférieure et de la coronaire stomachique.
§ III.— Artères médiastines postérieures
On désigne sous ce nom un groupe, numériquement fort variable, de petits rameaux qui naissent également sur la face antérieure de l’aorte descendante et se perdent dans le médiastin postérieur, sur les plèvres, sur le péricarde, sur les ganglions lymphatiques, voire même (artères diaphragmatiques postéro-supérieures) sur les piliers du diaphragme.
§ IV.^— Artères intercostales aortiques
l"" Nombre. — Les artères intercostales (fig. 177, 9), ainsi appelées parce qu’elles parcourent d’arrière en avant les espaces intercostaux, sont au nombre de douze
ANGÉIOLOGJE
de chaque côté (Soemmering, Weber), hd. première occupe le premier espace intercostal. La douzième chemine, avec le douzième nerf intercostal, au-dessous de la douzième côte.
2^ Mode d’origine. — De ces douze artères intercostales, les deux ou trois premières proviennent, comme nous l’avons déjà vu (p. 174), de l’intercostale supérieure, branche de la sous-clavière. L’aorte thoracique fournit toutes les autres, c’est-à-dire les dix ou neuf dernières, que l’on appelle pour cette raison intercostales aortiques.
Ces intercostales aortiques naissent régulièrement de la face postérieure de l’aorte, presque toujours isolément, quelquefois cependant par des troncs communs à deux artères voisines. A l’exception des deux premières, qui sont un peu obli-
Mode de distribution des artères intercostales (demi-schéinatique) .
(L’arLère est vue sur une coupe horizontale du thorax, passant par le bord inférieur d’une côte ; segment supérieur
de la coupe, vu par sa face inféi'ieure.)
1, vertèbre dorsale. — 2, côte, vue antéro-inférieure, -r 3, muscles spinaux, vus en raccourci sur une coupe horizontale. — 4, artère thoracique. — 5, artère intercostale. — 6, branche intercostale proprement dite. — 7, branche dorso-spinale, avec : 8, son rameau spinal s’engageant dans la voie de conjugaison ; 9, son rameau dorsal, se rendant aux muscles spinaux. — 10, collatérale postérieure (rameau perforant postô’ieur) de la branche intercostale.
ques en haut et en dehors, toutes les intercostales aortiques se portent horizontalement vers les espaces intercostaux, auxquels elles sont destinées, formant ainsi, avec le tronc artériel, dont elles émanent, un véritable angle droit.
Du reste, elles se logent profondément dans les gouttières transversales des corps vertébraux, en arrière du grand sympathique et de la plèvre.
3° Dimensions, rapports. — Le volume des intercostales est sensiblement égal à gauche et à droite. Les faits d’observation ne justifient nullement l’hypothèse admise encore par quelques anatomistes, que les intercostales droites l’emportent en volume sur leurs homologues du côté gauche.
Il n’en est pas de même au point de vue de leur longueur et de leurs rapports : l’aorte thoracique se trouvant située à gauche de la ligne médiane, les intercostales droites sont naturellement plus longues que les intercostales gauches.
En outre, les intercostales droites, obligées de traverser la ligne médiane pour gagner leur champ de distribution, croisent successivement dans leur parcours l’œsophage, le canal thoracique, la grande veine azygos et le cordon sympathique
ARTÈRES iNTERGOSTALES AORTIQUES
du côté droit. Les intercostales gauches se contentent de croiser le cordon sympathique correspondant et la petite azygos.
4° Distribution. — Le mode de distribution des branches intercostales est le même pour toutes ces artères. Dans leur trajet de Uaorte aux trous de conjugaison, elles abandonnent quelques fins rameaux, rameaux sans nom, aux corps vertébraux sur lesquels elles cheminent. Puis, arrivées au-devant des trous de conjugaison, elles se partagent chacune en deux branches, l’une antérieure, Wwïyq postérieure :
D Branche postérieure. — La branche postérieure, qu’on appelle communément branche dorso-spinale, se dirige en arrière et se divise presque aussitôt en deux rameaux ; un rameau spinal et un rameau dorsal.
a. Rameau spinal. — Le rameau spinal pénètre par le trou de conjugaison correspondant et arrive dans le canal rachidien, où il se termine, en partie sur les corps vertébraux, en partie sur la moelle épinière et ses enveloppes (voy. Moelle).
b. Rameau dorsal. — Le rameau dorsal, continuant le trajet de la branche dorsospinale, se porte vers l’espace intertransversaire correspondant et s’y divise ordinairement en deux rameaux : l’un interne, l’autre externe.
a) Le rameau externe, musculaire, passe en dehors (fig. 179) du ligament transversocostal supérieur et arrive ainsi dans la gouttière vertébrale. Il s’engage alors dans l’interstice qui sépare le long dorsal du sacrolombaire et s’épuise dans ces deux muscles.
P) Le rameau interne, musculo- cutané, débouche dans la gouttière vertébrale en passant en dedans du ligament transversocostal. Il est plus volumineux que le rameau interne ; il est aussi plus étendu. Après avoir fourni quelques fins rameaux aux lames vertébrales et aux ligaments jaunes qui les unissent, il s’engage entre le long dorsal et le transversaire épineux, abandonne de nombreux rameaux à ces deux muscles et arrive au sommet de l’apophyse épineuse. Là, il perfore le trapèze et arrive à la peau, où il se termine. Ces rameaux sous-cutanés, très nombreux mais très grêles, s’anastomosent d’une part, avec leurs similaires du côté opposé, d’autre part, avec les rameaux perforants latéraux des intercostales proprement dites.
2° Buanche antérieure. — • La branche antérieure ou artère intercostale proprement beaucoup plus volumineuse que la précédente, se porte en dehors vers l’espace intercostal correspondant, qu’elle parcourt dans la plus grande partie de son étendue.
Elle glisse, tout d’abord, entre la plèvre (qui la recouvre et la sépare du poumon) et le muscle intercostal externe (sur lequel elle repose et qui la sépare des muscles spinaux). Elle s’engage ensuite entre les deux muscles intercostal externe et intercostal interne, puis dans l’épaisseur de ce dernier (Souligoux, 1894).
Fig. 179.
Artères profondes du dos.
1, apophyses épineuses. — 2, muscle transversaire épineux. — 3, muscles surcoslaux. — 4, muscle sacro-lombaire, érigné en deliors. -- 5, ligament transverso -costal postérieur. — 6, ligament transverso-costal supérieur.
ANGEIOLOGIE
Dans la première partie de son trajet, l’artère intercostale se trouve située au milieu de l’espace intercostal. Peu après son entrée dans l’interstice qui sépare les deux muscles intercostaux, elle se porte obliquement en haut pour venir se loger dans la gouttière qui se trouve creusée sur le bord inférieur de la côte sus-jacente : elle conserve cette situation jusqu’au tiers antérieur de l’espace. Arrivée là, elle abandonne la gouttière costale pour venir se placer de nouveau à la partie moyenne de l’espace et se partage bientôt en deux rameaux, l’un supérieur, l’autre inférieur. Ces deux rameaux de terminaison de l’artère intercostale viennent ensuite s’anastomoser par inosculation avec les intercostales antérieures (p. 202} , branches de la mammaire interne.
Comme nous l’avons déjà vu en myologie, l’artère intercostale est accompagnée par la veine et le nerf de même nom : la veine intercostale est située au-dessus de l’artère; le nerf intercostal se trouve placé audessous.
Dans leur trajet demi-circulaire autour du thorax, les artères intercostales abandonnent de nombreux rameaux aux côtes, aux muscles intercostaux, à la plèvre, au tissu cellulaire sous-pleural.
On observe à peu près constamment un rameau long et grêle {artère supra-costale de certains auteurs) qui se détache de l’artère intercostale au moment de son passage au-dessous de l’intercostal interne, gagne le bord supérieur de la côte qui est au-dessous et se distribue, après un parcours variable, au périoste de cette côte et aux muscles qui s’y attachent. Ces rameaux supra-costaux, quand ils sont plus développés que d’habitude, s’étendent jusqu’à la partie antérieure de l’espace intercostal et, là, s’anastomosent, comme l’intercostale elle-même, avec les intercostales antérieures de la mammaire interne : on peut réellement dire, dans ce cas, que l’espace intercostal est parcouru par deux cercles artériels, l’un supérieur (représenté intercostale proprement dite), l’autre inférieur (représenté par Y artère supra-costale), qui, naissant tous les deux, en arrière, d’un même tronc, s’anastomosent tous les deux, en avant, avec les branches antérieures de la mammaire interne.
Outre les collatérales précitées, les artères intercostales donnent encore, en dehors, deux rameaux perforants, l’un postérieur, l’autre latéral. — Le rameau perforant postérieur (fig. 178, 10) se détache de l’intercostale proprement dite tout près de son origine, perfore l’intercostal externe un peu en dehors du sommet de l’apophyse transverse, traverse le sacro-lombaire ou bien croise son bord externe et arrive au tissu cellulaire sous-cutané, où il se ramifie. Ce rameau perforant