Les ganglions du bassin
6° Les ganglions lombo-aortiques ou ganglions abdominaux ;
7® Les ganglions du thorax ;
8" Les ganglions de la tête ;
9® Les ganglions du cou ;
10° Les ganglions sus-épitrochléens ;
11° Les ganglions axillaires.
Nous allons dans les pages qui suivent, étudier successivement ces différents groupes ganglionnaires. Après avoir indiqué succinctement leur situation, leurs rapports, le nombre de leurs ganglions constituants, nous décrirons, pour chacun d’eux, ses vaisseaux lymphatiques afferents et ses vaisseaux lymphatiques efférents. Nous prendrons ainsi les vaisseaux lymphatiques au sortir de leurs réseaux d’origine et nous les conduirons, de ganglions en ganglions, jusqu’aux grands canaux collecteurs décrits dans le chapitre précédent. Nous suivrons, on le voit, une méthode absolument semblable a celle que nous avons déjà adoptée pour la description des veines.
§ I. — Ganglion tibial antérieur
A) Groupe ganglionnaire. — On désigne sous ce nom de ganglion tibial antérieur un tout petit ganglion situé à la face antérieure de la jambe sur le trajet des vaisseaux tibiaux-antérieurs, au-devant de la partie supérieure du ligament interosseux. Ce ganglion, parfaitement représenté par Mascagni dans ses belles planches du système lymphatique, est quelquefois double (Meckel). Hewson l’a vu descendre, dans un cas, au-dessous de la portion moyenne de la jambe.
ANGEIOLOGIE
B) Lymphatiques afférents. — Au ganglion tibial antérieur aboutissent les vaisseaux lymphatiques pédieux et les vaisseaux lymphatiques tibiaux antérieurs.
Ces vaisseaux prennent naissance (Sappey) à la partie profonde de la plante du pied, par plusieurs rameaux et ramuscules, qui se réunissent ordinairement en un tronc commun. Ce tronc, satellite de l’arcade plantaire, remonte à la face dorsale du pied, en traversant le même anneau musculaire que l’artère pédieuse. Il longe ensuite l’artère en se dirigeant d’avant en arrière.
Au niveau du cou-de-pied, il est rejoint par un deuxième tronc, qui provient de
Fig. 311.
Lymphatiques superficiels du pied, vue latérale interne.
1, réseau lymphatique du talon. — 2, réseau du bord interne du pied. — 3, réseau du gros orteil. — 4, 4, lymphatiques de la face dorsale du pied. — 5, troncs qui accompagnent la veine saphène interne. — G, veine saphène interne.
la région plantaire interne et tous les deux remontent alors jusqu’au ganglion précité, en suivant exactement le trajet des vaisseaux tibiaux antérieurs.
C) Lymphatiques efférents. — Du ganglion tibial antérieur partent deux troncs lymphatiques. Ces deux troncs lymphatiques efférents, immédiatement après leur origine, traversent d’avant en arrière le ligament interosseux de la jambe par le même orifice qui livre passage à l’artère tibiale antérieure. Ils arrivent ainsi à la région postérieure de la jambe et remontent alors vers le creux poplité, où ils se terminent dans les ganglions de cette région.
§ II. — Ganglions poplités
A) Groupe ganglionnaire. — Les ganglions poplités (fig. 312), situés à la face postérieure du genou, comme l’indique suffisamment leur nom, sont peu nombreux. On en compte ordinairement de quatre à huit.
L’un deux, à peu près constant, quoique de petit volume, est placé immédiatement au-dessous de l’aponévrose, au point d’abouchement de la saphène externe dans la veine poplitée, c’est le ganglion saphène externe.
Les autres, plus volumineux et plus profondément situés, se disposent sur les
GANGLIONS INGUINAUX
cotés des vaisseaux poplités, les uns en dedans, les autres en dehors. Leaf, d’après leur situation, les divise en ganglions intercondy liens et ganglions supracondy liens, les premiers se développant à la hauteur des condyles, les seconds un peu au-dessus de ces saillies osseuses.
On rencontre encore, sur quelques sujets, un ganglion placé, non sur le côté, mais au-devant des vaisseaux poplités, directement 'appliqué contre le ligament postérieur de l’articulation du genou, c’est le ganglion rétro-articulaire .
B) Lymphatiques afférents. — Les
ganglions poplités reçoivent comme vaisseaux afférents ;
Les lymphatiques efférents du ganglion tibial antérieur, ci-dessus décrits ;
2° Les lymphatiques saphènes externes, qui tirent leur origine du bord externe du pied et de la face postérieure du talon; ces lymphatiques se réunissent ordinairement en deux ou trois troncs principaux, qui suivent exactement le même trajet que la veine saphène externe ;
3® Les lymphatiques tibiaux postérieurs, qui proviennent à la fois de la partie profonde de la plante du pied et de la partie profonde de la jambe et suivent le même trajet que l’artère tibiale postérieure ;
4° Les lymphatiques péroniers , au nombre de deux ou trois, qui accompagnent l’artère et les veines de même nom ;
5® Les lymphatiques articulaires, qui proviennent de l’articulation du genou et suivent le trajet des artères articulaires décrites plus haut (voy. Artères).
C) Lymphatiques efférents. — Des ganglions poplités partent trois ou quatre troncs, dits efférents. Ces troncs efférents, passent, avec l’artère et la veine poplitée, à travers l’anneau du troisième adducteur et, suivant à partir de ce point la gaine des vaisseaux fémoraux, aboutissent aux ganglions inguinaux profonds.
§ III. — Ganglions inguinaux
A) Groupes ganglionnaires. — Les ganglions inguinaux, qu’on appelle encore ganglions de Vaine, forment un groupe très important situé dans le triangle de Scarpa (t. PL p. 990). On les distingue, d’après leur situation, en ganglions superficiels et ganglions profonds :
a. Ganglions superficiels. — Les ganglions superficiels ou sous-cutanés sont
Fi^. 312.
Ganglions poplités {schématique) .
l, losange poplilé et ses muscles. — 2, artère poplitée. — 3, veine poplitée. — 4, 4’, nerfs sciatiques poplités interne et externe. — 5, veine saphène externe. — 6, ganglion saphène externe. — 7, ganglion supracondylien. — 8, 8', ganglions intercondyliens. — 9, tissu cellulaire sous-cutané.
ANGEIOLOGIE
situés entre la peau et l’aponévrose fémorale, laquelle porte à ce niveau le nom de fascia cribriformis. Ils sont au nombre de dix à quinze ; leur ensemble forme une nappe triangulaire, dont la base, dirigée en haut, répond au pli de l’aine et dont le sommet, dirigé en bas, est situé à 5 centimètres au-dessous.
Leur volume, très variable, oscille entre celui d’un pois et celui d’une petite amande : les ganglions supériem^s ont ordinairement la forme d’un ellipsoïde aplati
dont le grand axe est transversal, parallèle par conséquent à l’arcade fémorale ; les ganglions inférieurs sont également elliptiques, mais leur grand axe se dirige de haut en bas et non de dehors en dedans; \qs ganglions moyens, intermédiaires aux ganglions des deux groupes précédents, sont plutôt sphéroïdes qu’elliptiques.
Topographiquement, les ganglions superficiels de l’aine se divisent (Quénu), d’après leur situation par rapport à l’embouchure de la veine saphène interne, en quatre groupes, savoir : deuxgroupes supérieurs, que l’on distingue en externe ( groupe supéro-externe) et interne {groupe supéro-inlerne) ; deux groupes inférieurs que l’on distingue, de même, en externe {groupe inféro-externe) et interne {groupe inféro-inlerne).
Deux lignes droites, l’une verticale {xx) , l’autre horizontale (i/?/), s’entrecroisant au niveau de l’embouchure de la veine saphène interne, circonscrivent entre elles quatre angles droits, répondant chacun aux quatre groupes ganglionnaires sus-indiqués.
b. Ganglions profonds. — Les ganglions profonds ou sous-aponévrotiques, au nombre de deux ou trois seulement, occupent le tiers interne du canal crural, le côté interne de la veine par conséquent. L’un d’eux, connu sous le nom de ganglion de Cloquet, mérite une mention spéciale : il est appliqué (t. 1°% tig. 7o9, 9) contre le bord externe ou concave du ligament de Gimbernat ; il n’est séparé du péritoine que par le septum crural (t. I®*’, p. 865) et par le fascia propria (t. I®% p. 867) et son inflammation a pu, dans certains cas, déterminer des accidents qui rappelaient de tous points un étranglement herniaire. (Voy., pour plus de détails, les Traités d’anatomie topographique.)
B) Lymphatiques afférents. — Il convient d’étudier séparément les afférents des ganglions superficiels et les afférents des ganglions profonds :
Afférents des ganglions superficiels. — Aux ganglions inguinaux superficiels aboutissent les lymphatiques superficiels du membre inférieur, les lymphatiques
, Fig. 313.
Ganglions inguinaux superficiels [schématique).
XX, yy, deux lignes, l une verticale, l’autre transversale, s’entrecroisant à angle droit au niveau de l’embouchure de la saphène interne et divisant les ganglions inguinaux superficiels en i]uatre groupes :
1, groupe supèro-interne. — 2. groupe supéro-externe. — 3, gi'oupe intéro-interne. — 4 groupe inléro-externe. — 5, pli de l’aine. — G, triangle de Scar|>a, recouvert par son aponévrose. — 7, artère fémorale. — 8, veine fémorale. — 9, veine saphène interne. — 10, tissu cellulaire sous-cutané.
GANGLIONS INGUINAUX
superficiels de la fesse, les lymphatiques superficiels du périnée et de fan us, les lymphatiques superficiels de la moitié sous-ombilicale de l’abdomen.
a. Lymphatiques superficiels du membre inférieur. — Les lymphatiques superficiels du membre inférieur, abstraction faite des trois ou quatre troncs qui accompagnent la veine saphène externe et se rendent aux ganglions poplités, aboutissent tous aux ganglions inguinaux.
Ces lymphatiques superficiels prennent naissance, par un réseau à mailles très fines, sur tous les points des téguments du membre inférieur ; mais ces réseaux d’origine sont à la fois plus riches et plus faciles à mettre en évidence au niveau des orteils et de la plante du pied. — Sur les orteils eux-mêmes, les réseaux lymphatiques sont beaucoup plus riches à la face plantaire qu’à la face dorsale. Les radicules qui en partent convergent les unes vers le côté interne, les autres vers le côté externe de l’orteil correspondant, et forment quatre petits troncs collatéraux (deux de chaque côté), qui se dirigent d’avant en arrière vers la région dorsale du pied. Là, iis s’anastomosent entre eux et donnent ainsi naissance à un plexus, le plexus lymphatique dorsal, dont les mailles s’enchevêtrent avec celles du plexus veineux de même nom. — Le réseau lymphatique de la plante du pied rappelle par sa richesse et par son aspect celui de la face inférieure des orteils.
Du côté interne et du côté externe de ce réseau plantaire partent de nombreux ramuscules et rameaux, qui contournent le bord correspondant du pied, pour gagner la face dorsale et s’y anastomoser avec le plexus lymphatique précité.
Finalement, les lymphatiques superficiels du pied remontent le long de la face antéro-interne du membre, en suivant de préférence le trajet de la veine saphène interne. Ils viennent se terminer dans les ganglions inférieurs du pli de l’aine et, pour spécifier, dans les deux groupes inféroexterne et inféro-interne de la classification de Quenu.
b. Lymphatiques superficiels de la fesse. — Les lymphatiques superficiels de la fesse naissent des téguments de la région fessière. Us se divisent,
G-.Devv
THIEBA\HJ
Lymphatiques du membre inférieur, vue antérieure.
A, arcade veineuse dorsale du pied. — B, veine saphène interne. — G, veine fémorale. 1, réseau lymphatique du bord inlerne du pied. — lymphatiques superficiels de la lace dorsale du pied. — 3, lymphatiques superficielles de la lace amerieure de la jambe. — 4, 4, lym|)hatiques superficiels de la face antérieure de la cuisse. — 5, 5, troncs accompagnant la sapliène interne. — 6, Ivmpiiatiques du scrotum. — 7, lymphatiques des téguments de la verge.
8, lymi»iiati([ues du périnee. — 9, lymphatiques de la paroi abdominale. — 10, lymphatiques des lombes. 11, lymphatiques de la fesse. — 12, ganglions de l’aine.
ANGEIOLOGIE
au point de vue de leur trajet et de leur terminaison, en externes et internes : les premiers contournent d’arrière en avant le côté externe de la cuisse et se rendent aux ganglions du groupe supéro-externe du pli de l’aine ; les seconds se ‘mêlent aux lymphatiques superficiels du périnée et, contournant le côté interne de la cuisse, viennent se jeter dans les ganglions du groupe supéro-interne.
c. Lymphatiques superficiets du périnée et de Vanus. — Ils prennent naissance dans les téguments de la région périnéale, se dirigent obliquement en avant et en haut, contournent le bord interne de la cuisse et aboutissent aux ganglions du groupe supéro-interne du pli de l’aine.
d. Lymphatiques des organes génitaux externes. — Les lymphatiques des organes génitaux externes de l’homme et de la femme proviennent; 1° chez Vhomme, du scrotum, de la peau de la verge, du prépuce, de la muqueuse du gland et de la muqueuse uréthrale ; 2° chez la femme, des grandes et des petites lèvres, de la muqueuse qui revêt le vestibule et le clitoris, du canal de l’urèthre et du quart antérieur du vagin (voy., dans le tome IV, ces différents organes). Les lymphatiques des organes génitaux externes se rendent, comme les lymphatiques du périnée, aux ganglions supéro-internes du pli de Laine.
e. Lymphatiques superficiels de la moitié sous-ombilicale de V abdomen. — Ces vaisseaux lymphatiques naissent, comme l’indique suffisamment leur nom, des téguments de la région lombaire, de la région costo-iliaque et de la région sous-ombilicale. On peut les diviser en postérieurs, moyens et antérieurs : les postérieurs se dirigent obliquement en bas, en avant et en dedans, en croisant la crête iliaque ; les antérieurs ou internes, partant de la face antérieure du muscle grand droit, se dirigent obliquement en bas et en dehors ; les moyens suivent un trajet qui se rapproche plus ou moins de la verticale. Tous convergent vers la même région, la base du triangle de Scarpa, et viennent se terminer dans les ganglions supérieurs du pli de Laine : ceux qui naissent de la partie interne de la paroi abdominale, dans les ganglions du groupe supéro-interne; ceux qui proviennent de la partie externe, dans les ganglions du groupe supéro-externe.
2° Afférents des ganglions profonds. — Aux ganglions inguinaux profonds aboutissent deux ordres de vaisseaux lymphatiques, savoir :
a) Les lymphatiques efférents des ganglions poplités, qui ont déjà reçu euxmêmes les lymphatiques efférents du ganglion tibial antérieur ;
P) Tous les autres lymphatiques profonds du membre inférieur, à l’exception de ceux de la face postérieure de la cuisse, qui se rendent aux ganglions hypogastriques. Ces vaisseaux lymphatiques profonds, provenant des masses musculaires, des os et du périoste, suivent généralement le trajet des artères et des veines.
3° Ln certain nombre de vaisseaux lymphatiques efférents des ganglions inguinaux superficiels, qui traversent d’avant en arrière le fascia cribriformis.
C) Lymphatiques efférents. — Gomme pour les vaisseaux afférents, il convient d’examiner séparément, pour les lymphatiques efférents, ceux qui émanent des ganglions superficiels et ceux qui proviennent des ganglions profonds :
V Efférents des ganglions superficiels. — Les lymphatiques efférents des ganglions inguinaux superficiels traversent d’avant en arrière le fascia cribriformis et, arrivés sur les vaisseaux fémoraux, se partagent en trois groupes (Sappey) : 1° un groupe externe, comprenant deux ou trois troncs qui cheminent au-devant