VERTÈBRES CERVICALES, DORSALES ET LOMBAIRES
(vraies vertèbres de quelques auteurs)
Conformées sur le même type, les vertèbres, quelle que soit la région à laquelle elles appartiennent, présentent des caractères généraux qui permettent toujours de les reconnaître entre les différentes pièces du squelette. En outre, dans chacune des trois régions cervicale, dorsale et lombaire, les vertèbres possèdent des caractères particuliers, qui permettent de les distinguer des vertèbres des régions voisines. Enfin, dans chaque région, il est quelques vertèbres qui, quoique réductibles
OSÏEOLOGIE
au type commun, revêtent des caractères spéciaux, que l’on peut appeler caractères individuels.
§ I. — Caractères communs a toutes les vertèrres
Toute vertèbre présente essentiellement : i® une masse compacte, formant sa partie antérieure et appelée corps vertébral; 2® un trou ou plutôt un canal, placé immédiatement en arrière du corps, le trou ou canal vertébral; 3° un prolongement médian, V apophyse épineuse, placé en arrière du trou; ¥ deux prolongements latéraux à direction transversale, les apophyses transverses ; 5® quatre autres prolongements, deux de chaque côté, à direction plus ou moins verticale, les apophyses articulaires ; b"" deux portions élargies ou lames, étendues des apophyses épineuses aux apophyses articulaires ; 7° enfin, deux portions amincies ou pédicules, réunissant le corps vertébral à tout ou partie de la masse apophysaire.
1° Corps de la vertèbre. — Le corps est la partie la plus volumineuse de la vertèbre, celle qui concourt à donnera la colonne vertébrale sa solidité et sa résistance.
Il affecte la forme d’un cylindre et, par
Fig. 50.
Vertèbre dorsale, vue supérieure.
1, corps. — 2, trou. — .3, apopliyse épineuse. — 4, 4’, apophyses transverses, avec leur facette articulaire pour la tubérosité de la côte correspondante. — .5, apophyses articulaires supérieures. — 6, lame. — — 7, pédicule. — 8, demi-facette articulaire supérieure pour la tête des côtes. — 9, saillie latérale, déterminée par la demi-facette articulaire inferieure.
conséquent, nous offre à considérer deux bases ou faces et une circonférence :
a) Les deux faces, plus ou moins horizontales, se distinguent en face supérieure et en face inférieure. L’une et l’autre pré-
Fig. 51.
Vertèbre dorsale, vue latérale gauche.
1, corps. — 2, 2, demi-facettes articulaii'es supérieure et inférieure, pour la tête des côtes. — 3, apophyse transverse. — 4, facette articulaire pour la tubérosité des côtes.’ — 5, apophyse épineuse. — 6, apophyse articulaire supérieure. — 7, apophyse ai ticulaire inférieure. — 8, pédicule, avec 8’, son échancrure supérieure et 8”, son échancrure inférieure.
sentent à leur centre une surface criblée de petits trous, que circonscrit une zone annulaire légèrement en saillie et formée de tissu compacte.
La circonférence fait tout le tour du corps, mais elle varie d’aspect suivant les points que Ton considère. — En avant et sur les côtés, elle est excavée dans le sens vertical : elle présente ainsi une gouttière horizontale, dirigée d’un côté à l’autre. — En arrière, elle est plane ou même excavée dans le sens transversal, pour constituer la paroi antérieure du trou vertébral. On y remarque à sa partie moyenne une série d’orifices, très variables en nombre et en dimensions : ils sont destinés à livrer passage aux canaux veineux qui amènent dans les veines longitudinales du rachis le sang veineux du corps de la vertèbre.
COLONNE VERTÉBRALE
2^ Trou vertébral. — Compris entre la face postérieure du corps vertébral et l’apophyse épineuse, le trou vertébral affecte la configuration d’un triangle, que ses angles plus ou moins arrondis tendent à ramener à la forme circulaire. Les trous vertébraux, en se superposant, constituent dans leur ensemble un long canal, qui occupe toute la hauteur de la colonne vertébrale : c’est le canal rachidien, dans lequel se logent la moelle épinière et ses annexes.
3° Apophyse épineuse. — Placée sur la ligne médiane comme le corps, l’apophyse épineuse se dirige directement en arrière sous la forme d’une longue épine, d’où le nom qui lui a été donné. On lui distingue : une base, qui la rattache
à la vertèbre; 2° un sommet, parfois légèrement dévié de la ligne médiane, qui vient se mettre en rapport avec la peau ; S*" deux faces latérales, l’une droite, l’autre gauche, en rapport avec les muscles spinaux; 4° un bord supérieur, plus ou moins tranchant ; 5° un bord inférieur, généralement plus épais que le précédent et aussi beaucoup plus court.
4° Apophyses trans verses. — Au nombre de deux, l’une gauche et l’autre droite, les apophyses transverses se dirigent transversalement en dehors comme leur nom l’indique. Gomme les apophyses épineuses, chaque apophyse transverse possède : l°une base, qui la soude à la vertèbre; 2° un sommet, qui est libre; 3® deux faces, l’une antérieure et l’autre postérieure ; 4° deux bords, l’un supérieur, l’autre inférieur.
5° Apophyses articulaires . — Les apophyses articulaires, ainsi appelées parce qu’elles servent à l’articulation des vertèbres entre elles, sont au nombre de quatre : deux supérieures ou ascendantes et deux inférieures ou descendantes. Placées symétriquement de chaque côté du trou vertébral, les unes et les autres débordent, soit en haut, soit en bas, le niveau de l’arc osseux qui limite cet orifice. Les apophyses articulaires supérieures s’articulent avec les apophyses articulaires inférieures de la vertèbre qui est au-dessus ; vice versa, les apophyses articulaires inférieures s’articulent avec les apophyses articulaires supérieures de , la vertèbre qui est placée immédiatement au-dessous.
6° Lames vertébrales. — Les lames vertébrales sont au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche. Aplaties et quadrilatères, elles constituent la plus grande partie de la paroi postéro-latérale du trou rachidien.
En raison de sa configuration, on distingue à chaque lame : 1® une face anté~ rieure, qui regarde la moelle ; 2° une face postérieure, que recouvrent les muscles spinaux; 3'’ deux bords, l’un supérieur, l’autre inférieur; 4° une extrémité interne, qui se confond avec la base de l’apophyse épineuse; 5° une extrémité externe, enfin, qui se soude, soit avec l’apophyse transverse, soit avec les apophyses articulaires.
Au point de vue de leur direction, 1ns lames vertébrales ne sont pas verticales, mais légèrement obliques en bas et en arrière. Il résulte, on le conçoit, d’une pareille disposition : 1° que, pour chaque trou rachidien, la circonférence inférieure est plus grande que la circonférence supérieure; 2® que, sur le squelette monté,
Vertèbre dorsale, vue postérieure.
1, corps. — 2, trou. — 3, apophyse épineuse. — 4, apophyse trans verse. — 5, apophyse articulaire supérieure. — 6, lame.
OSTÉOLOGIE
chaque lame vertébrale déborde en arrière, par son bord inférieur, la lame vertébrale qui est immédiatement au-dessous et qui appartient à la vertèbre suivante.
7*^ Pédicules. — On désigne, sous ce nom, les deux portions osseuses minces et étroites qui, de chaque côté, réunissent la base de l’apophyse transverse et les deux
apophyses articulaires correspondantes à la partie postérieure et latérale du corps vertébral. Les pédicules limitent ainsi, sur les côtés, le trou de la vertèbre.
Il est à remarquer que leurs deux bords ne sont pas rectilignes, mais décrivent deux courbes qni se regardent par leur convexité : relativement large à ses deux extiémités, chaque pédicule présente donc son minimum de hauteur à sa partie moyenne et possède ainsi deux sortes (ï échancrures , l’une supérieure, l’autre inférieure.
Ces échancrures correspondent exactement aux échancrures similaires des vertèbres voisines. Elles circonscrivent ainsi (tîg. 53), sur les côtés de la colonne vertébrale, une série régulière d'orifices, qui donnent entrée dans le canal rachidien et portent pour cette raison le nom de trous de conjugaison.
Les trous de conjugaison sont au nombre de deux (l’un droit, l’autre gauche) pour chaque espace intervertébral, et l’on peut définir chacun d’eux : l’orifice corniiris entre l’échancrure supérieure d’une vertèbre quelconque et l’échancrure inférieure de la vertèbre qui se trouve immédiatement au-dessus.
§ II. — Caractères propres aux vertèbres de chaque région
Une vertèbre cervicale présente des caractères propres qui la séparent très nettement d’une vertèbre dorsale; une vertèbre lombaire diffère, de même, de l’une et de l’autre. Or, ce n’est pas seulement dans l’aspect général de la vertèbre qu’existent ces caractères différentiels. Nous les trouvons aussi dans chacune de ses parties constituantes, de telle façon qu’il est toujours possible, une de ces parties étant donnée, de reconnaître la région de la colonne vertébrale à laquelle elle a{)pai tient. La solution d’un pareil problème est le plus souvent facile ; la description suivante nous en fournit les éléments :
1° Vertèbres cervicales (fig. 54 et 55;. — a. Corps vertébral. — Le corps vertébral, dans la vertèbre cervicale, est allongé dans le sens transversal : son diamètre frontal est presque double de son diamètre antéro-postérieur ou sagittal. La gouttière horizontale, que nous avons décrite plus haut sur la circonférence, est effacée et remplacée même en avant, sur la ligne médiane, par une saillie verticale souvent très prononcée. Ce qui caractérise tout particulièrement le corps d’une vertèbre cervicale, c’est: i° la présence, sur les deux extrémités latérales de sa face supérieure, de deux petites saillies à direction cervicale, que l’on désigne sous le
Fig. 53.
Un trou de conjugaison, vu par son côte externe.
1, 1’, deux vertèbres lombaires superposées.
— 2, intervalle comblé, à l’etat frais, par un fibro-cartilage. — 3, corps vertébral. — 4, 4’ apophyses articulaires supérieures et inférieures.
— 5, pédicule. — 0, écliancrure supérieure. — 7, échancrure intérieure. — 8, trou de conjugaison. — ü, apophyses transverses. — 10, apopluscs épineuses.
COLONNE VERTÉBRALE
nom de crochets ou à' apophyses semi-lunaires ; 2° la présence, sur les deux extrémités latérales de la face inférieure, de deux échancrures, symétriquement placées, qui répondent, sur le squelette monté, aux apophyses semi-lunaires de la vertèbre située au-dessous. Nous reviendrons, en arthrologie, sur le mode d’union tout particulier de ces deux éléments osseux.
b. Trou vertébral. — Le trou vertébral est considérable et affecte une forme triangulaire. La base du triangle, correspondant au corps de la vertèbre, est
Fig. 54.
Vertèbre cervicale, vue d’en haut.
1, corps (face supérieure), avec 1’ apophyses semiluiuiires. — 2, trou vertébral. — 3, apophyse épineuse. — 4, apophyses Iransvorses, avec : 4’, leur tubercule antérieur : 4", leur tubercule postérieur . — 5, trou transversaire, situé à la base de ces apophyses. — ô, apophyses articulaires supérieures. — 7, apophyses articulaires inférieures. — 8, lame. — 9, pédicule.
beaucoup plus étendue que sa hauteur, laquelle est naturellement représentée par une ligne horizontale menée de
Fig. 55.
Vertèbre cervicale, vue latérale.
1 , corps. — 2, crochet de la face supérieure. — 3, échancrui'e latérale de la face inférieure. — 4, trou vertébral. — 5, apophyse épineuse. — 6, apophyse transverse et sa gouttièi’e, avec : 6’, tubercule antérieur ; G”, tubercule postérieur. — 7, trou transversaire. — 8, apophyse articulaire supérieure, ~ 9, apophyse articulaire inférieure. — 10, lame. — 11, échancrure inférieure.
l’apophyse épineuse sur le milieu de la base du corps vertébral. Cette hauteur varie, du reste, selon que l’on regarde le trou par sa face supérieure ou par sa face inférieure : elle est plus considérable dans ce dernier cas.
c. Apophyse épineuse. — L’apophyse épineuse est courte et peu inclinée. Son bord inférieur se creuse en une gouttière profonde et son sommet se bifurque de manière à former deux tubercules, l’un droit, l’autre gauche : ce sont des apophyses hituberculeuses.
d. Apophyses transverses . — Les apophyses transverses s’implantent sur les côtés du corps vertébral. — Leur base est percée d’un trou, le trou transversaire, destiné à livrer passage à l’artère vertébrale. — Leur sommet se termine par deux saillies ou tubercules, généralement très distincts, que Ton désigne, d’après leur situation, sous les noms de tubercule antérieur et de tubercule postérieur . — Leur face supérieure, enfin, présente une gouttière transversale, la gouttière transversaire^ où se loge le nerf rachidien à sa sortie du trou de conjugaison.
e. Apophyses articulaires. — Des quatre apophyses articulaires, les deux supérieures ont une facette qui regarde en arrière et en haut ; les facettes des apophyses inférieures, au contraire, regardent en avant et en bas. Du reste, de chaque côté, les deux apophyses articulaires sont exactement placées l’une au-dessus de l’autre, constituant pour ainsi dire, en arrière des apophyses transverses, une espèce de colonnette osseuse, aux deux extrémités de laquelle s’étalent les surfaces articulaires.
f. Lames. — Les lames sont régulièrement quadrilatères; mais leur largeur l’emporte de beaucoup sur leur hauteur. Elles se dirigent obliquement en bas et en arrière et, sur le squelette monté, s’imbriquent les unes les autres comme les tuiles d’un toit.
OSÏÉOLOGIE
g. Pédicules. — Les pédicules, situés en arrière des apophyses transverses, s’implantent sur le corps vertébral, en un point qui est un peu moins distant de sa face supérieure que de sa face inférieure. En conséquence, les deux échancrures ne sont pas exactement égales : l’inférieure est un peu plus profonde que la supérieure.
2° Vertèbres dorsales (lig. 56 et 57). — a. Corps vertébral, — Le corps vertébral, dans les vertèbres dorsales, présente un diamètre transverse et un diamètre antéropostérieur, qui sont sensiblement égaux ; la gouttière horizontale de la circonférence est très développée ; la face postérieure, en rapport avec le trou rachidien, est fortement excavée. Mais un caractère différentiel de premier ordre nous est fourni
Fig. 56.
Vertèbre dorsale, vue d’en haut.
par la présence, sur les cotés du corps et dans le voisinage de l’extrémité antérieure du pédicule, de deux demi- facettes
Vertèbre dorsale, vue latéralement.
1, corps. — 2, trou. — 3, apophyse épineuse. — 4, 4’, apophyses transverses, avec leur facette articulaire pour la tubérosité de la côte correspondante. — 0, apophyses articulaires supérieures. — G, lame. — ”, pédicule. — 8, demi-facette articulaire supérieure pour la tète des côtes. — 0, saillie latérale, déterminée par la demidacette articulaire inférieure.
1, corps. — 2, 2, demi-facettes articulaires supérieure et inférieure pour la tête des côtes. — 3, apophyse transveise. — 4, facetle articulaire pour la tubérosité des côtes. — p, apophyse épineuse. — 6, ajiophyse articulaire supérieure. — 7, apophyse articulaire inférieure. — 8, pédicule, avec 8’, son échancrure supérieure et 8”, son échancrure inférieure.
articulaires, l’une supérieure, l’autre inférieure (fig. 57,2 et 2), destinées à recevoir la tête des côtes. Ces deux demi-facettes, dispns-le en passant, se rapprochent d’autant plus du pédicule qu’elles appartiennent à des vertèbres plus éloignées de la région cervicale.
b. Trou rachidien- — Le trou rachidien est relativement petit et affecte une disposition irrégulièremeut circulaire.
c. Apophyse épineuse. — L’apophyse épineuse s’incline fortement en arrière, comme pour se rapprocher de la verticale. Elle est très longue, prismatique triangulaire et, de plus, elle n’est pas bifurquée à son sommet, comme l’apophyse épineuse de la vertèbre cervicale.
d. Apophyses transverses. — Les apophyses transverses se détachent de la vertèbre un peu en arrière du pédicule : de là, elles se portent obliquement en dehors et en arrière. Elles présentent un sommet plus ou moins arrondi et, sur la face antérieure de ce sommet, une petite facette articulaire (fig. 56, 4), destinée à s’articuler avec la tubérosité de la cavité correspondante.
e. Apophyses articulaires. — Les apophyses articulaires supérieures se dressent verticalement au-dessus de la base des apophyses transverses ; leurs facettes regardent en arrière et un peu en dehors ; entre les deux existe une forte échancrure.
COLONNE VERTEBRALE
de forme triangulaire, dont le sommet plus ou moins arrondi correspond à l’origine de l’apophyse épineuse. Quant aux apophyses articulaires inférieures, elles n’existent pour ainsi dire pas, réduites qu’elles sont à de simples facettes articulaires, situées sur la face antérieure des lames ; ces dernières facettes , à peine saillantes, regardent en avant et un peu en dedans.
f. Lames. — Les lames sont quadrilatères. Leur diamètre transverse (largeur) et leur diamètre vertical (hauteur) sont à peu près égaux.
g. Pédicules. — Les pédicules réunissent ici le corps vertébral à la masse osseuse d’où s’échappent en divergeant les apophyses transverses et les apophyses articulaires. Ils sont échancrés sur leurs deux bords, mais V échancrure inférieure est de beaucoup plus profonde que V échancrure supérieure , laquelle est à peine marquée sur les dernières vertèbres de la région. Les trous de conjugaison de la colonne dorsale se trouvent ainsi formés dans la plus grande partie de leur étendue, aux dépens du pédicule de la vertèbre qui est au-dessus. Nous ajouterons que les facettes articulaires costales, que nous avons signalées plus haut sur le corps vertébral, se prolongent, en arrière, jusqu’à la face externe du pédicule.
3° Vertèbres lombaires (fig. 58 et 59). — a. Co7ys vertébral. — Le corps des vertèbres lombaires est très volumineux. Son diamètre transverse l’emporte ici, comme à la région cervicale, sur le diamètre antéro - postérieur ; mais les crochets latéraux, caractéristiques, de la vertèbre cervicale, font ici totalement défaut. La gouttière horizontale, très marquée sur les côtés du corps , se trouve le plus souvent effacée sur sa face antérieure.
b. Trou rachidien. — Le trou rachidien revêt la forme d’un triangle. Il en est de même à la région cervicale, comme nous l’avons déjà vu ; mais, tandis qu’à la région cervicale le côté antérieur ou base du triangle l’emporte de beaucoup sur les côtés latéraux, le triangle, à la région lombaire, se rapproche beaucoup du triangle équilatéral.
c. Apophyse épineuse. — L’apophyse épineuse se relève et devient horizontale. Elle est relativement très développée. Affectant la forme d’un quadrilatère, elle présente deux faces latérales très larges et un bord postérieur beaucoup plus large en bas qu’en haut.
d. Apophyses transverses. — Les apophyses transverses, qu’il serait plus rationnel d’appeler appendices costiformes (ces éléments osseux étant à la région lombaire les homologues des côtes thoraciques) se trouvent, au contraire, considérablement atrophiées. Ces apophyses se détachent de la partie moyenne du pédicule. Elles sont minces et plutôt effilées que renflées à leur sommet.
e. Apophyses articulaires. — Les apophyses articulaires, placées en arrière des
Fig. 58.
Vertèbre lombaire, vue d’en haut.
1, corps. — 2, trou. — 3, apophyse épineuse. — 4, apophyse transverse ou cosliforme. — 5, apophyse articulaire supérieure, avec : 5’, tubercule mamillaire ; 5”, tubercule accessoire. — 6, apophyse articulaire inlerieure. — 7, lame. — 8, pédicule.
OSTEOLOGIE
apophyses transverses, affectent une direction verticale. Les deux supérieures se trouvent séparées Eune de l’autre par un espace plus considérable que celui qui existe entre les deux inférieures .
Quant aux facetles articulaires elles-mêmes, elles affectent : 1° sur les apophyses supérieures, la forme de gouUières verticales regardant en arrière et en dedans ; 2° sur les apophyses inférieures^ la forme de saillies verticales, représentant des portions d’an corps cylindroïde et regardant en avant et en dehors.
Notons enfin, sur la partie postéroexterne des apophyses articulaires supérieures, l’existence d’un tubercule, souvent très développé : c’est le tubercule mamilhure. Sa signification morphologique ne me parait pas encore nettement élucidée.
Sous le nom de tubercule accessoire, OEGENBÂURa décrit une autre saillie, située à la partie postérieure de la racine des appendices costiformes , en dehors par conséquent des apophyses articulaires supérieures. Ce tubercule accessoire, qui est homologue à l’apophyse transverse des vertèbres dorsales (Gegenbaur), n’est pas constant et, quand il existe, il diminue d’importance au fur et à mesure qu’on se rapproche du sacrum : sur les cinquième et quatrième vertèbres lombaires, il n’est bien souvent représenté que par de simples rugosités.
f. Lames. — Les lames sont quadrilatères, comme pour les vertèbres dorsales. Mais ici le diamètre vertical est de beaucoup plus étendu que le diamètre transverse : en d’autres termes, elles sont plus hautes que larges. Elles sont nettement limitées en dehors par une crête verticale et mousse qui réunit, de chaque côté, l’apophyse articulaire supérieure à l’apophyse articulaire inférieure.
g. Pédicule. — Le pédicule, remarquable par son épaisseur, présente une direction antéro-postérieure. Les échancrures sont encore ici, comme sur les vertèbres dorsales, fort inégales en profondeur : les supérieures sont à peine marquées ; les inférieures trois ou quatre fois plus considérables que les supérieures.
4° Résumé. — On le voit maintenant, chacune des parties constituantes de la vertèbre porte en elle des caractères propres ou différentiels, qui permettront toujours à l’anatomiste tant soit peu exercé de résoudre le problème suivant : une seule des parties constituantes d'une vertèbre étant donnée, déterminer la région Cl laquelle celte vertèbre appartient. Ces caractères différentiels se trouvent résumés dans le tableau synoptique suivant ;
Fig, 59.
Vertèbre lombaire, vue latérale.
1, corps. — 2, trou. — 3, apopliyse épineuse. — 4, apophyse trans verse. — 5, apophyse arlicuhiire supérieure. — 5’ tubercule mamillaire. — o’‘ tubercule accessoire. — G, apo])hyse articulaire inférieure. — 7, lame. — 8, pédicule.
1° Corps vertébral .
Facettes articulaires pour les côtes
„ IP,, t Crochets latéraux sur la face supérieure. Pas de facettes. i i i
! Pas de crochets latéraux