C. — Face antérieure du sacrum
I, II, III, IV, points primitifs du corps des cinq pièces sacrées. — Zi, Z2, Z^, Zs, points latéraux des cinq segments du sacrum. — cl, c2, c*, c-i, ci>, points des pièces costales des cinq segments du sacrum. — a\ épiphyse de l’auricule. — a-, épiphyse du bord droit. — d*, cZ',... ds, cZ*, plaques épiphysaires supérieures et inférieures des corps des vertèbres sacrées.
Ces pièces, que nous appellerons pièces marginales, occupent la région des facettes auriculaires et complètent latéralement le sacrum (fig. 83, G., a* et c. Résumé. — Au total, le sacrum se développe par 40 points d’ossification, que nous résumerons daiîs le tableau suivant ;
Re vertèbre sacrée
Plus, pour les côtés du sacrum Total
Points
Points
Total
primitifs.
complémentaires.
~ir
Insertions musculaires. — (Voy. plus loin. Coccyx, p. 89.)
Variétés. — Il n’est pas très rare de rencontrer des sacrums constitués par six vertèbres et présentant, par conséquent, cinq trous sacrés antérieurs et cinq trous sacrés postérieurs. Cette anomalie provient le plus souvent de ce que la cinquième vertèbre lombaire s’est soudée complètement ou incomplètement avec la première vertèbre sacrée ; le promontoire, dans ce cas, se trouve reporté jusqu’à l’union de la quatrième et de la cinquième vertèbre lombaire. D’autres fois, malgré l’adjonction d’une sixième pièce au sacrum, la colonne lombaire n’en possède pas moins cinq vertèbres.
Dans un ordre de faits tout à fait inverse, le sacrum peut perdre une de ses pièces, et, dans ce cas, il ne présente naturellement que trois paires de trous antérieurs et trois paires de trous postérieurs. Avec cotte anomalie, la colonne lombaire peut avoir six vertèbres ou bien conserver sa constitution normale.
Outré les faits précités, relevant d’une augmentation ou d’une réduction numérique de ses pièces constituantes, le sacrum ne présente que peu de variétés. Je signalerai seulement ; 1° l’ab-
OSTEOLOGIE
sence plus ou moins étendue des lames, déterminant une ouverture plus ou moins considérable du canal sacré ; 2» les dimensions fort variables des trous sacrés, soit antérieurs, soit postérieurs ; 3“ l’aspect tout particulier de la première pièce du sacrum, qui se comporte, d'un côté comme une vertèbre sacrée, de Vautre côté comme une vertèbre lombaire. (Au sujet des variations sexuelles et ethniques du sacrum, voyez Bacxrisse. Thèse de Paris. 1873 ; voy. aussi Cunningham, On the sacral index. Brit. Assoc. Advanc, Sc., 1900.
A consulter au sujet du sacrum, Bacarisse, Du sacrum suivant les sexes et les races, Th. Paris, 1873: Paterson, The human sacrum, Transact. of the roy. Dublin Society, 1893.
§ II. — Coccyx
Le coccyx, rudiment chez l’homme de la queue des mammifères, est situé immédiatement au-dessous du sacrum, dont il continue la direction. Otiatre ou cinq vertèbres, considérablement atrophiées et le plus souvent soudées entre elles (fig. 91 et constituent ce dernier segment de la colonne vertébrale. Gomme tous les éléments vertébraux, le coccyx est un os impair, médian et symétrique. Fortement aplati d’avant en arrière, beaucoup plus large en haut qu’en bas, il revêt dans son ensemble la forme d’un triangle et nous présente, par conséquent : i° une base ; 2® un sommet ; 3° deux faces ; 4® deux bords.
1° Faces. — Elles se distinguent, comme pour le sacrum, en antérieure postérieure. La face antérieure (fig. 91) est concave; la face postérieure (fig. 92) est convexe. L’une et l’autre nous présentent des lignes transversales, vestiges de la soudure réciproque des vertèbres coccygiennes primitives.
2" Base. — La base, située en haut comme pour le sacrum, nous présente tout d’abord, sur la ligne médiane , une petite facette elliptique à grand diamètre
transversal, destinée à s’articuler avec une face t te sim i lai re que nous avons déjà décrite sur le sommet du sacrum.
En arrière de cette facette, à droite et à gauche de la ligne médiane, se dressent deux colonnettes à direction verticale : ce sont les cornes du coccyx, répondant, dans l’articulation sacro-coccygienne, aux cornes du sacrum.
Enfin, de chaque côté des cornes du coccyx, la base de l’os s’étale en dehors, de façon à former deux prolongements transversaux, que nous désignerons sous le nom ééangles latéraux du coccyx. Le sommet de cet angle établit la limite respective entre la base de l’os et ses bords latéraux. Son bord supérieur, concave, forme avec la partie tout inférieure du bord correspondant du sacrum une large échancrure qui, à l'état frais, est convertie en trou par un ligament : ce trou, situé sur la même ligne que les trous
Fig. 91.
Coccyx, face anlèrieui-c.
1, 2, 3, 4 et 5, première, deuxième, coccyx (vertèbres coccygiennes). — G, pour le sacrum. — 7, 7, cornes du clatéraux.
Fig. 92.
Coccyx, face postécieuie.
troisième, quatrième et cinquième pièces di base du coccyx, avec sa facette articulain •ccyx. — 8, sommet du coccyx. — 9, angle:
COLONNE VERTEBRALE
sacrés antérieurs, acquiert la même signification que ces derniers. Il livre passage au cinquième nerf sacré.
3° Sommet. — Il est formé par un petit tubercule osseux (fig. 91, 8), qui tantôt, se trouve sur la ligne médiane, tantôt se dévie latéralement, soit à droite, soit à gauche.
4'^ Bords. — Les bords du coccyx commencent à l’angle latéral et s’étendent de là jusqu’au sommet de Los. Obliques en bas et en dedans, plus ou moins sinueux, ils donnent insertion au grand ligament sacro-sciatique et à la plupart des faisceaux d’origine du muscle ischio-coccygien.
5® Signification morphologique. — Gomme le sacrum, le coccyx n’est que le produit de la soudure de plusieurs vertèbres, dites coccygiennes ; mais ces vertèbres sont profondément modifiées et, de fait, presque méconnaissables. Le sacrum nous a offert encore tous les éléments osseux d’une vertèbre-type ; ici, la vertèbre est pour ainsi dire réduite à son corps. Seule, la première vertèbre coccygienne nous présente deux autres éléments : les apophyses transverses, qui sont représentées par les angles latéraux, et les apophyses articulaires supérieures, lesquelles ont perdu leur nom dans la terminologie classique, pour prendre celui de cornes du coccyx.
Connexions. — Le coccyx, portion terminale de la colonne vertébrale, ne s’articule qu’avec un seul os, le sacrum. Il est, en outre, uni à l’os coxal par des ligaments.
Insertions musculaires sur le sacrum et le coccyx. — Le sacrum donne insertion à huit muscles ; un sur sa base, un sur sa face antérieure ; un sur son sommet , les cinq autres sur sa
lace postérieure. Le coccyx, de son côté, donne attache à quatre muscles. Nous résumons ce diverses insertions dans les deu.x figures 93 et 94 et dans le tableau synoptique suivant. Dans ce tableau, les chiffres placés en regard de chaque muscle se rapportent aux deux figures précitées :
ir
Fig. 93.
Sacro-coccyx, A^ue antérieure, avec insertions musculaires.
Fig. 94.
Sacro-coccyx, vue postérieure, avec insertions musculaires.
(Pour la signification des cliiffres se reporter au tableau ci-après.)
a) Base
b) Face antérieure '. . .
c) Tubercules latéraux et sommet. . .
1, Iliaque.
2, Pyramidal.
3, Ischio-coccygien.
4, Grand dorsal.
.0, Long dorsal.
0, Sacro-lombaire.
7, Transversaire épineux.
8, Grand fessier.
A. Sacrum . . .
^d) Face postérieure
OSÏEOLOGIE
/' a) Face postérieure
B. Coccyx ... ? b) Bords (lèvre antérieure)
\ c) Sommet
1, Grand fessier.
\ II, Releveuf anal.
{ III, Ischio-coccygien.
iv% Sphincter anal.
Développement. — Chaque pièce coccygienne, représentant le corps d’une vertèbre, se développe comme le corps d’une vertèbre ordinaire, par un point d’ossification primitif, auquel viennent se
joindre plus tard deux points complémentaires (voy. p. 71). Au total, le coccyx possède quinze points d’ossification, cinq primitifs et dix complémentaires, plus deux points pour les cornes.
Les points primitifs des dillérentes pièces coccygiennes apparaissent de quatre à cinq ans pour la première, de six à neuf ans pour les deuxième, troisième et quatrième, de neuf à dix ans pour la cinquième
La soudure des cinq pièces coccygiennes entre elles s'effectue de bas en haut, comme pour le sacrum, mais elle commence plus tôt. La cinquième est déjà soudée à la quatrième, à l’age de douze à quatorze ans. Les deux premières se soudent en dernier lieu et conservent parfois leur indépendance jusqu’à vingt ou vingt-cinq ans. Enfin, il n’est pas rare de voir, chez le vieillard. le coccyx se réunir au sacrum pour constituer, avec ce dernier, une pièce unique, le sacro-coccyx.
Variétés. — Le coccyx se compose habituellement de 4 ou O vertèbres rudimentaires ; mais ce chitfre 5 peut être dépassé dans certains cas. — Nous savons, en effet, depuis les intéressantes recherches de Rosenberg {Morpli. Jahrb., 1876) que, neuf fois sur douze, dans les trois quarts des cas par conséquent, le coccyx comprend pi-imitivement six vertèbres et, tout récemment, Fol (C. b. Acad, des Sc., 1885) et Phisalix (ibid., 1887) ont comiité sur des jeunes embryons humains quatre ou cinq vertèbres éphémères, soit un total de trente-huit vertèbres. — La persistance de ces dispositions embryonnaires crée, chez l’enfant et chez l’adulte, un coccyx plus long qu’il ne l’est d’ordinaire, un véritable appendice caudal, dont nous possédons aujourd’hui de nombreux exemples. Si nous devons, avec la plupart des anthropologistes. reléguer dans le domaine de la légende les récits merveilleux des voyageurs qui nous parlent de races à queue, nous devons aussi accepter avec la plus grande confiance les observations autrement précises de Monod, de Virchow, de Gerlach, de Braun, de Corre, de Zaborowski, etc., qui nous décrivent en termes précis des hommes à queue, après les avoir vus et soigneusement étudiés par eux-mêmes. On trouvera l’analyse de ces différentes observations dans un intéressant mémoire de Blanchard, l'Atavisme chez l'homme, publié dans la Revue d' Anthropologie de 1885.
Voyez, au sujet du coccyx chez I homme : Steinbach, Die Zahl der Caudalwirbel beim Menschen. Th. Berlin, 1889; — Schaffer. Beitrug zur Aetiologie der Schwanzbildungen beim Menschen, Arch. f. Anthropologie, 1891 ; — Bianchi, SuW interpréta zione 'morfologica délia prima vertebra coccigea nell' uomo, Atti délia R. Acad. d. fisiocritici, in Siena, 1895.
ec
Fig. 0.3.
Ossilication du coccyx.
I, 11, lli, IV', V, points primitifs du corps des cin<i -vertèbres coccygiennes.
<z, point secondaire pour les cornes du coccyx. — d*. d>, plaques épiplivsaires supérieure et inférieure de ïa première vertèbre coccygienne. — d-d-, d3,d^, plaques épiphysaires
des quatre tlernières vertèbres coccygiennes.
ARTICLE lll