‹ Traité d'anatomie humaine (volume 3)Chapitre 4 sur 176 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

ANATOMIE GÉNÉRALE

OSTEOLOGIE

le cas de rappeler ici que c’est à l’aide de simples ossements fossiles que Cuvier et les continuateurs de son œuvre ont fait revivre des faunes nombreuses, qui sont aujourd’hui éteintes et dont nous ne possédons parfois que de simples débris?

§ 1. — Idée générale du squelette

On distingue deux espèces de squelettes : le squelette naturel et le squelette artificiel. Le squelette naturel est celui dont les diftérentes pièces restent unies par leurs ligaments. On appelle squelette artificiel celui où ces mêmes pièces sont maintenues en présence par des liens étrangers à l’organisme, des fils métalliques le plus souvent. Ce dernier est assurément le plus commode pour l’étude analytique des os, en ce qu’il permet de voir les surfaces articulaires. C’est celui que devra utiliser l’élève, sans préjudice d’un deuxième squelette, dit désarticulé, c’est-à-dire d’un squelette dont toutes les pièces constitutives sont entièrement isolées les unes des autres.

Constitution du squelette. — Le squelette humain se compose essentiellement d’une longue colonne, la colonne vertébrale, placée verticalement sur la ligne médiane et constituée par une série d’éléments superposés et similaires, les vertèbres. Cette colonne se renfle à son extrémité supérieure pour former le crâne-, son extrémité inférieure, au contraire, s’atténue et s’effile pour former le sacrum et le coccyx, rudiment de la queue des animaux.

A la partie antérieure et inférieure du crâne s’applique un massif osseux fort complexe, la face, auquel on peut rattacher l’os hyoïde, à titre d’annexe.

De la partie moyenne de la colonne précitée se détachent latéralement une série régulière d’arcs osseux, les cd^es. Ces arcs, au nombre de vingt-quatre, douze de chaque côté, se dirigent en avant pour venir, sur la ligne médiane, s’articuler avec une nouvelle colonne, la colonne sternébrale ou slermim. Les côtes, de concert avec les deux colonnes vertébrale et sternébrale, circonscrivent une vaste enceinte découpée à jour, le thorax.

La partie supérieure du thorax est entourée, à droite et à gauche, par deux os, la clavicule et le scapulum : ils forment à eux deux ce qu’on est convenu d’appeler la ceinture thoracique. A cette ceinture se trouvent appendus latéralement une série de leviers qui s’articulent les uns avec les autres et dont l’ensemble constitue le membre supérieur ou thoracique.

De même, de la partie inférieure de la colonne vertébrale nous voyons s’échapper, sous forme de larges ailes, deux pièces osseuses, remarquables à la fois par leur solidité et leurs dimensions, les os coxaux. Articulés l’un avec l’autre sur la ligne médiane antérieure, les deux os coxaux s’unissent en arrière avec le sacrum et le coccyx et circonscrivent ainsi, avec ces deux derniers os, une nouvelle enceinte, le bassin. L’ensemble des os coxaux constitue la ceinture pelvienne, sur les côtés de laquelle s’implantent les membres inférieurs ou pelviens.

On considère avec raison les ceintures thoracique et pelvienne comme n’étant que les premiers segments des membres. D’autre part, l’anatomie philosophique a démontré depuis longtemps que les côtes et le sternum ne sont que de simples éléments vertébraux, et pendant longtemps encore les anatomistes, après Goethe et Oken, ont rattaché aussi au type de la vertèbre les différentes pièces osseuses qui entrent dans la constitution du crâne et de la face. Si cette dernière assertion pou-

ANATOMIE GÉNÉRALE

vait être maintenue dans toute sa rigueur (nous verrons malheureusement qa’il n’en est pas ainsi !), nous arriverions à cette définition, bien simple, du squelette humain : le squelette n'est autre chose qu'une série de vertèbres sioperposées, portant latéralement deux paires d'appendices ou membres.

2" Nombre des os. — Le squelette d’un sujet adulte, âgé de trente à trente-cinq ans par exemple, nous présente 208 os, savoir :

Côté gauche

Ligne médiane

Côté droit

Total.

Colonne vertébrale.

Sacrum

Coccyx

Crâne

Face

Os hyoïde

Osselets de l’ouïe .

Côtes

Sternum

Membre supérieur .

Membre inférieur. .

Total. . . .

Dans ce nombre ne sont pas compris les os surnuméraires du crâne ou os wormiens (voy. chap, iii, p. 171), ni les petits os sésamoïdes du pied et de la main (voy. chap. iv, p. 391), dont le nombre est extrêmement variable.

Le nombre des pièces du squelette, qui est de 208 chez l’adulte, peut diminuer et diminue même chez le veillard, par suite de la soudure de deux os voisins. Par contre, ce nombre est plus considérable dans le jeune âge que dans l’âge adulte, parce qu’un certain nombre d’os sont primitivement constitués par plusieurs pièces distinctes : tel est le frontal, qui se compose primitivement de deux moitiés symétriques, un frontal gauche et un frontal droit; tel est encore l’os coxal, qui comprend primitivement trois os distincts, l’ilion, le pubis et l’ischion, etc.

3® Longueur proportionnelle des différentes pièces du squelette entre elles, reconstitution de la taille. — Il est démontré par l’observation que, lorsqu’un sujet grandit, chacun de ses os grandit aussi dans certaines proportions. De là l’existence de rapports naturels entre la longueur de chacune des pièces du squelette et ce que l’on pourrait appeler la longueur totale du corps ou taille. L’état de ces rapports permet d’établir avec le plus de précision possible les proportions du corps. Elle permet aussi, à l’aide d’une opération arithmétique des plus simples, de résoudre le problème suivant, que l’on rencontre à chaque pas, soit en anthropologie, soit en médecine légale : étant donné quelques os ou même un seul os des membres, l'humérus par exemple., d'un sujet inconnic, déterminer la taille de ce dernier.

A cet effet, on a dressé des tableaux où se trouvent indiquées comparativement à la taille, la longueur des différentes parties du squelette et celle des os les plus importants des membres supérieurs et inférieurs, tableaux qui, on le çonçoit, permettent de réconstituer rapidement la taille d’après la longueur des os. On s’est servi successivement en France des tableaux d’OaFiLA, de Topinard, de Rollet {Thèse de 1888). Dans un récent mémoire, Manouvrier (A/émozr es la

détermination de la taille d'après les grands os des membres. Mém. de la Soc. d’Anthropologie, Paris, 1892) a repris l’étude des mensurations effectuées à Lyon par Rollet, comme étant celles qui offraient les meilleures garanties d’exactitude

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et il a dressé le tableau suivant, après avoir éliminé les causes d’erreur qui rendent incorrects les tableaux antérieurs :

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