LIVRE
MYOLOr.IE
AXATOM IE (i ÉNKIi ALK
La myologie (de muscle et A'j-.'o:. (l/scours) a ixmr olijpt réliidc des muscles et de leurs annexes.
Les muscles sont des organes (jui jouissent de la propriété de se conti'acter. c'est-H-dire de diminuer de longueur sous l'influence d'un stimulus. On les divise, depuis BicHAT, en deux grands groupes : les muscles de la vie animale et les muscles de la vie organic{ue. — Les inmcles de la oie animale, encore appelés musclea volontaires, se contractent sous l'influence de la volonté, ils se groupent autour des différentes jiièces squelettiques Ciu'ils sont destinés à muuvoir et constituent ainsi les organes actifs de la locomotion. — Les muscles de la vie organique ou végétative, encore désignés sous le nom de )nuscles viscéraux, échappent entièrement à l'influence volontaire. Tandis que les premiers se cai^actérisent par une contraction brusque et pour ainsi dire instantanée, ceux-ci ne se contractent que lentement, graduellement, et ne reviennent que lentement aussi à leurs dimensions primitives. On les rencontre, sous la forme de membranes plus ou moins continues, sur les ai)pareils delà digestion, de la res|iiratiûn. de l;i circulalion et de la génération.
Les muscles de la vie animale et les muscles di.' la vie organi(iue possèdent les uns et les autres une structure propre, de telle sorte (]ue la division précédente, toute physiologique, peut être maintenue en anatomie. En effet, les muscles volontaires se composent d'éléments cylindroïdes, les fibres musculaires, sur lesquels on distingue des stries transversales : on les désigne pour cette raison, sous le nom de muscles à fibres striées ou tout simplement de m use les, striés. Les muscles de la vie végétative, sauf le cœur, qui forme ici une exception renuirqualjle, sont constitués par des cellules fusiformes et nullement striées, d'où le nom de muscles ù fibres lisses ou de muscles lisses, sous lequel un les désigne le plus souvenl.
Nous ne nous occuperons ici, bien entendu, (pie des muscles de la vie animale. Nous retrouverons les muscles de la vie végétative à propos des vaisseaux et. des organes splanchni(|ues.
♦ § I. Clo X s 1 DÉl! A T Ml .\S G É li A LE S
1" Situation. — Envisagés au point de vue de leur situation, les muscles forment deux grandes classes : les muscles superficiels ou peauciers et les muscles profonds ou sous-a])onévrotiques.
AN.AÏOMIE IIUM.MNF. — T. I, i" KIHT. f^O
MYOLOGIE
a. Muscles superficiels ou peaiiciers. — Les muscles peaiiciers sont placés immédiatement au-dessous de la peau et s'attachent, par une de leurs deux extrémités tout au moins, quelquefois par toutes les deux, à la face profonde du derme. Ces muscles, très développés chez certains animaux, sont très réduits chez l'homme. On les trouve «à la face, à la tète, au cou et à la paume de la main.
h. Muscles profonds ou sous-aponévroliques. — Les muscles sous-aponévrotiques sont situés, ainsi que leur nom l'indique, au-dessous de l'aponévrose superficielle. Le plus grand nomhrc d'entre eux s'attachent par leurs deux extrémités sur des pièces osseuses et, de ce fait, sont dits muscles du squelette. Vn tout petit nomhre est annexé aux organes des sens : tels sont les muscles moteurs de l'œil, les muscles moteurs des osselets de l'ouïe, etc. Quelques-uns, enfin, présentent des relations intimes avec les appareils de la digestion, de la respiration et de la génération, et deviennent, par suite, des annexes de ces appareils : tels sont les muscles de la langue, les muscles du pharynx et du larynx, le releveur de l'anus, le crémaster. etc.
2" Nombre. — Le nomhre des muscles ne saurait être déterminé d'une façon précise, en raison des difficultés qu'on éprouve à chaque instant à décider si un corps musculaire doit être compté comme un muscle à part ou être considéré comme un simple faisceau d'un muscle voisin, auquel il est plus ou moins uni. Ces difficultés, résolues tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, nous expliquent en grande partie les divergences des anatomistes sur ce jDoint. Ch.xi'ssieu avait porté le chiffre total des muscles à 368; Theile l'a réduit à 846; Sappey estime que ces chiffres sont trop faillies et il compte 501 muscles striés, répartis de la manière suivante :
Tronc. . . . , . 190
Tête 63
.Membres supérieurs 98
Memlires inférieurs lOi
Appareils de la vie nutrilive 46
Total . 501
3" Poids. — [-a masse des muscles sti'iés, sur un sujet de taille et de force moyennes, pèse de 2o à 35 kilogrammes, soit, en moyenne. 30 kilogrammes. Si l'on suppose que le sujet en question pèse 70 kilogrammes, on voit que le poids des muscles représente environ les trois septièmes, un peu moins de la moitié du poids total du corps. Dans le chiffre de 33 kilogrammes, représentant le poids de tout le système musculaire du corps, les muscles des memhres figurent pour 20 à 21 kilogrammes, dont 7 à 7,5 pour les miunbres supérieurs et 20 à 20,5 pour les memhres inférieurs, il y a, à cet égard, une dyssymétrie constante, mais plus ou moins prononcée entre les memhres d'un côté et ceux du côté opposé : pour les memhres supérieurs, c'est presque toujours le droit qui l'emporte sur le gauche ; pour les memhres inféi'ieurs. c'est tantôt le gauche, tantôt le droit.
4" Direction. — La plupart des muscles sont rectilignes et, dans ce cas, ils sont parallèles à l'axe, soit du corps, soit des memhres, ou bien s'inclinent sur cet axe d'une quantité plus ou moins considérable, constituant alors des muscles obliques ou même transverses. Comme exemple, nous citerons, parmi les muscles du membre supérieur : i" le muscle biceps, la longue portion du triceps, les fléchis-
A.XATOMII' (iÉXÉ MA LE
sears des doigls, iiui sunt parallèles à Taxi' du iinMiibre ; i" le muscle rond pronateur, qui est oblique de haut en bas et de dedans en dehors ; 3' le muscle carré pronateur, (jui présente nne direction nettement transversale.
.Mais tous les muscles, pour se rendre de l'un à l'autre de leurs deux points d'attache, ne suivent pas la ligne droite. (Juehjues-uns. après avoir parcouru un certain trajet, chaniïent brusquemeui de direclion : ils se composent ainsi de deux portions ayant chacune une direction dilTérentc et se réunissant l'une à l'autre sous un an»-le ])lus ou moins ouvert, (les muscles portent le nom de muscles réfléchis : l'un des meilleurs exemples nous est oiîert par l'obturateur interne, qui se dirii;e d'abord d'avant en arrière vers la petite échancrure sciatique et qui se réfle'chit ensuite sur ci>lte ('chancrure, p)our se porter transversalement de dedans en dehors vers le grand trochanter. Parmi les muscles réflécliis, nous citerons encore les muscles fléchisseurs des orteils, l'omo-hyoïdien et surtout le grand oblique de l'ieil qui se réfléchit dans la poulie qui porte son nom (poulie du grand oblique), formant avec sa direction initiale un angle aigu de 45 à oO^ Il est à peine besoin d'indiquer que tout muscle réfléchi agit sur son point d'attache mobile de la même façon que s'il s'insérait dans la région ofi il se réfléchit.
§ U. ( ; Il X Cil I! M .\ T I O .\ KXT i: I! I K r li K i: T 11 .\ r l' I) u T s
1" Forme. ■ — Les muscles présentent, dans leur forme, une foule de variétés. Envisagés d'après le rapport respectif de leurs trois dimensions, ils se divisent, comme les os, en trois classes ; les muscles longs, les muscles larges et les muscles courts.
a. Muscles longs. — Les muscles longs se rencontrent aux membres, oîi ils forment généralement plusieurs couches. — Les muscles superficiels sont toujours les plus longs et passent d'ordinaire au-devant de plusieurs articulations : tels sont le biceps au bras, le demi-teiuliiieux l\ la cuisse, qui s'insèrent, d'une part, sur la ceinture et vont s'attachei'. d'auti'e part, sur l'avant-bras et sur la jambe. — Les muscles profonds, plus courts que les précédents, s'insèrent par leurs deux extrémités sur les deux segments squelettiques voisins et passent, par conséquent, au-devant d'une seule articulation : tels sont le brachial antérieur qui va de l'humérus au culjitus, le poplité qui s'é'tend du fémur au tibia, etc., etc.
b. Muscles larges. — Les muscles larges sont ceux dans les({uels prédojuinent deux diamèti'cs : la longueur et la largeur. Ils sont ordinairement aplatis et fort minces. — Les muscles larges occupent, pour la plupart, les ]:iarois des grandes cavités thoracique, abdominale et pelvienne, qu'ils contribuent à former. Ces muscles sont, du reste, très variables dans leur configuration extérieure : les uns sont triangulaires (grand pectoral, petit pectoral); les autres sont quadrilatères, rubanés comme le grand droit de l'abdomen, losangiques comme le rhomboïde, etc. Ceux-ci sont plans comme le trapèze et le grand pectoral ; ceux-là s'incurvent de façon à être concaves d'un côté, convexes de l'autre et à former ainsi des segments de cylindres creux : les muscles larges de l'abdomen (grand oblique, petit oblique et transverse) appartiennent à ce dernier groupe. Quant à leurs bords, ils sont rectilignes, courbes ou dentelés ; il est même un groupe de muscles qui tirent leur nom de ce dernier caractère, les grands et les petits dentelés, ainsi appelés parce qu'ils s'insèrent sur les côtés par une série de digitations, dont l'ensemble forme des dentelures régulières. — Un trouve encore des muscles
MYOLOGIE
larges à la tète (frontal et occipital), au cou (peaucier), autour du tulie digestif (bucciuateur, constricteurs du pharynx). Nous citerons enfin, parmi les muscles larges, le diaphragme, vaste cloison rausculeuse jetée entre le thorax et l'abdomen.
c. Muscles courts. — Les muscles courts se rencontrent autour des articulations, autour du rachis et en particulier dans les gouttières vertébrales, partout en un mot oii les mouvements ont peu d'étendue et exigent beaucoup de force. Quant à leur forme, ils sont tout aussi variables que les muscles larges : ici triangulaires (surcostaux), là quadrilatères (carré crural), plus loin rubanés (intertransversaires), etc., etc. \n groiq^e des muscles courts, il convient de rattacher les muscles dits denii-orbiculaires. (les muscles dcmi-orbiculaires se disposent sur le pourtour d'un orifice, l'orilice luiccal ou l'orifice anal par exemple, sous la forme d'un demi-cercle ou d'un demi-anneau. Chaque demi-orbiculaire n'occupe, on le conçoit, qu'une moitié de l'orifice en question. Mais, en se réunissant à ses deux extrémités avec le demi-orbiculaire du côté opposé, il forme un anneau complet, dont la roui faction a pour effet de fermer l'orifice, d'où le nom de sphincter (du grec acpîyvsiv, serrer) qui a été donné, en anatomie comme en physiologie, à ces muscles annulaires ou orbiculaires (orbiculaire des paupières, orbiculaire des lèvres).
Los limites C|ui sépareiil les unes des auti'cs les tj'ois classes pi'écitées ne sont pas toujours bien précises el uuus devuns reconnaître qu'il existe des muscles qui présentent des caractères mixtes et, par suite, sont très difficiles à classer. Tels sont les muscles sous-hyoïdiens qui sont à la fois longs et larges; les muscles moteurs de l'd'il, qui. à la fois, sont courts et pourtant allongés : le grand droit et le pyi'ainidal de raixluiiieii. ijui sont en même temps lai'ges et longs, etc.
2' Insertion des muscles. — Liltres à leur partie muyeum.', les muscles se fixent par leurs extrémilvs sur des surfaces qui sont appelées leurs points d'attache, leurs points d'insertion.
a. Varia/jilité des surfaces d'insertion des muscles. — Les surfaces d'insertion sont extrêmement vai'iables. Il est des ]nuscles qui s'attachent à la face profonde de la peau, ce sont les muscles peauciers. D'autres, comme les muscles de la langue, comme les muscles des lèvres, se fixent à la face profonde des muqueuses. Un certain nombre, insérés irune partsui' des surfaces osseuses, s'insèrent d'autre IDart sur un urgane qu'ils suiit destinés à niuuvuir : tels sont les muscles de l'œil, qui se portent du foiul de forbite sur le globe oculaire. (Juelques muscles se terminent encore, soit sur des aponévroses, soit sur des synoviales, et sont appelés muscles tenseurs de ces aponévroses et de ces synoviales. De ce nombre sont : le tenseur du fascia la la et le ienseur de la synoviale du genou, qui occupent, l'un la face externe, l'autre la tare antérieure de la cuisse.
b. Point fixe et point mobile. — Mais la plupart des muscles de la Ade de relation s'insèrent par leurs deux extrémités sur deux pièces du squelette, qu'ils rapprochent l'une de l'autre quand ils entrent en contraction. (Iliaque muscle possède au moins deux points d'insertion : de ces deux points, l'un est appelé point mobile,. V-du\y(! point fixe. Os deux expressions se comprennent d'elles-mêmes : lorsque le muscle se raccourcit par la contraction, le point mobile se met en mouvement et se l'approche du point fixe, lequel ne bouge pas. .\insi, dans la fiexion de ravant-I)ras sur le bras, le biceps qui détermine ce niouvenient a pour point lixe ri,inio|il;i le et poui- p(iiiil mobile la tut)érosité bici[)ilale du l'adius. Il
AN A TO MIE GÉNÉRALE
n'est pas inutile de faire remarquer que, pour un même muscle, chacun de ses deux points d'insertion peut, suivant les cas, jouer le rùle de point fixe : le géniohyoïdien, par exemple, qui s'étend de l'os hj-oïde aux apophyses géni du maxillaire inférieur, abaissera le maxillaire si l'us hyoïde est préalablement fixé par les muscles sous-hyoïdiens, ou bien il élèvera Fos hyoïde, si le maxillaire est préalablement immobilisé par la contraction de ses muscles élévateurs. D'autre part, il est des muscles qui s'atlachent par leurs deux extrémités sur deux points mobiles, lesquels marchent à la rencontre l'un de l'autre, toutes les fois que le muscle qui les unit entre en contr^iction : comme exemple de ce dernier mode d'insertion, je rappellerai les libres latérales du diaphragme, qui s'attachent par un'e de leurs extrémités au centre phréniqiie (point mobile) et par l'autre extrémité sur les côtes (point également mobile).
c. Modes d'insertion du muscle, tendons. — L'insertion du muscle se fait suivant deux modalités différentes: directement ou par l'intermédiaire d'un tendon. — Dans le premier cas, la fibre musculaire se continue jusqu'à sa surface d'insertion et s'y termine en s'y fixant. — Dans le second cas, les libres charnues du corps musculaire se jettent sur un tendon, lequel prolonge le muscle jusqu'à son point d'attache. Les tendons deviennent ainsi une partie importante, sinon essentielle, du muscle de la vie de relation. Leur forme est fort variable : les uns sont cylindriques, les autres sont aplatis; (|uel(jues-uns , comme le tendon du plantaire grêle, sont remarquables par leur longueur ; d'autres sont, au contraire, très courts. 11 en est, enfin, qui s'étalent sous la forme de larges membranes et que l'on a appelés improprement des aponévroses, aponévroses d' insertion : tels sont les larges tendons qui prolongent jusqu'à la ligne blanche les deux muscles obliques et le muscle iransverse de l'abdomen. Mais, quelle que soit la forme des tendons, leur nature est toujours la même : ce sont des organes libreux, de coloration blanchâtre, très re'sistanls et à peu près inextensibles, ce qui fait que le muscle, en se contractanl. agit sans l'etard et sans déperdition de force sur le levier qu'il est destiné à mettn' en mouvement.
d. Insertion d'origine et insertiori, terminale. — ■ Un distingue queb^uefois les deux insertions du muscle en insertion d'origine (Ursprung des anatomistes allemands) et insertion terminale (Ansatz des anatomistes allemands). Ainsi le brachial antérieur a son insertion d'origine sur l'humérus et son insertion terminale sur le cubitus. — Le muscle naît parfois par deux ou plusieurs corps musculaires ayant chacun son tendon propre. Il est appelé biceps, triceps ou quadriceps, selon qu'il a deux, trois ou quatre chefs d'origine : tels sont le biceps et le triceps brachial, le quadriceps crural. — I^'insertion terminale peut se faire de même par deux, trois ou nu'me un plus grand nombre de tendons {muscle bicaudé ou tricaudé de W. (jul-uku ) ; les fléchisseurs communs des doigts, par exemple, se terminent par quatre tendons, destinés aux (juatre derniers doigts.
Le mode de continuité du tendon avec le corps musculaire, ainsi (jue son mode d'attache à l'os, seront indi(jués ult(!rieurement (voy. p. 670).
3° Relations macroscopiques des muscles avec leurs tendons. — Envisagés dans leurs rapports réciproques ou, si l'on veut, dans leur mode d'agencement, les faisceaux musculaires et les tendons présentent une foule de variétés, que l'oji peut ramener à deux types principaux : ou bien les faisceaux musculaires et leur tendon se continuent bout à bout, présentant exactement la même direc-
MYOLOGIE
tion {inse7'tt.o)i bout à bout) ; ou bien les premiers s'implantent latéralement sur le second, en formant avec lui un angle plus ou moins ouvert (insertion latérale).
a. Insertion bout à bout. L'insertion bout à bout (fig. 537, A) du faisceau musculaire sur le faisceau tendineux est relativement rare. Elle ne s'observe d'ordinaire que pour les muscles larges, dont les insertions sont linéaires et se font sur une grande étendue : comme exemples, nous citerons les muscles larges de l'abdomen, les intercostaux, le thyro-hyoïdien, le faisceau claviculaire du sternocléido-mastoïdien, etc.
b. Insertion latérale. — Dans l'insertion latérale, les faisceaux musculaires s'implantent obliquement sur leur tendon comme les barbes d'une plume sur leur
Divers uiudos irayunce iiu'iiL itcs libres musculaires sur leurs tendons : k, muscle large (les faisceaux tendineux ont la même direction que les libres musculaires) ; B, muscle pennil'orme (les faisceaux musculaires tombent obliquement sur les deux côtés du tendon) ; G, muscle penniformc en liaut, se terminant en bas sur un tendon conliguro en cornet : I) el E, muscles seniipenniformes.
1, corps musculaire. — 2, iuserlioii supéi'ieure ou proximale. — 3, insertion infi'ricurc ou dislalo. — 4, Icndon
d orifrinc. — 5, tendon terminal.
tige commune. Le muscle est d'il ijenniforme (en forme de plume), quand les faisceaux musculaires s'insèrent sur les deux côtés du tendon (fig. 537, B) ; il est dit semi-penni forme, quand les faisceaux musculaires s'implantent sur un côté seulement, l'autre côté restant libre (fig. 537, D et Ej. Comme variété de muscle semi-penniforme, je signalerai ces muscles dont les faisceaux viennent se terminer sur un tendon aplati et plus ou moins enroulé en forme de cornet ou de demicornet (fig. 537,Cj.
Comme chaque muscle a deux extrémités et presque toujoui^s aussi deux tendons, l'un tendon d'origine, l'autre tendon terminal; comme, d'autre part, chacun de ces deux tendons peut avoir, par rapport aux faisceaux musculaires une disposition jîarticulière, on voit immédiatement les innombrables variétés que présentent dans leur constitution tes muscles striés : tel muscle qui, à son extrémité initiale, se continue bout à bout avec son tendon d'origine, se termine à son extrémité opposée par une insertion latérale ; tel autre, dont les faisceaux s'insèrent en haut sur le pourtour d'un tendon central (fig. 537, Oj, se termine en
AN ATOMTE GÉNÉR A T.E
bas à rintérieur d'iiii tendon cnnligurp en cornet, etc., etc. Tne disposition très fréquente, c"est la disposition seini-pennifornie à l'une et à l'autre extrémité du muscle. Dans ce cas, les deux tendons sont en général larges et aplatis et, d'autre part, ils sont orientés en sens inverse, je veux dire que si l'un d'eux, le tendon d'origine par exemple, est situé h la face superficielle du corps musculaire, l'autre, le tendon terminal, s'étale sur sa face profonde. Les faisceaux charnus se rendent obliquement de l'un à l'auti'e et il est à remarquer que ces faisceaux charnus, pour deux corps musculaires d'égale longueur, sont d'autant plus courts et d'autant plus nombreux (voy. comparativement, les deux muscles I) et E de la ligure 537) que leurs lames tendineuses sont plus étendues.
Fne pareille disposition a une influence énorme sur l'actinn mécanique des muscles. La physiologie, on le sait, nous enseigne, d'une part, que le degré de raccourcissement d'un muscle, au moment de la contraction, dépend de la longueur de ses fibres, et. d'autre part, que son énergie est en rapport avec le nombre des fibres ipii l(> constituent. Ceci posé, jetons les yeux sur les deux muscles I) et E (iig. 537). Ces deux muscles ont exactement la même longueur, la même largeur, la même épaisseur, le même volume par conséquent. Mais, dans le muscle 1). les fibres sont trois fois plus longues et trois fois moins nombreuses que dans le muscle E. De ce fait, sous l'influence de la contraction, le second se raccourcira trois fois moins que le premier, mais il développera une énergie trois fois supérieure, c'est-à-dire soulèvera un poids triple. Woh l'on peut conclure que, dans l'appréciation de l'action mécanique d'un muscle donné, il fau(?ra tenir compte, non pas seulement de son volume, mais aussi des rapports de ses fibres avec leurs tendons.
c. Tendons intermédiaires. — Outre leur tendon d'origine et leur tendon terminal, cpielques muscles présentent .à leur partie moyenne un troisième tendon, dit tendon intermédiaire. C" tendon intermédiaire divise naturellement le corps musculaire en doux portions ou ventre et, de ce fait, le muscle ainsi conliguré prend le nom de muscle digaslrique (de oî;, deux et ■{x;-.■f^rJ, ventre). Comme exemple de muscle digastrifjue, nous citerons le digastriqin> du cou et l'omohyoïdien. La signilication du tendon intermédiaii'c dans les muscles digastriques n'est pas toujours facile à dégagei'. Poui' certains d'entre eux tout an moins, notamment pour l'omo-byoïdien, ce tendon intermédiaire doit être considéré comme représentant, au même titre que les intersections ap(Miévi'otiques du grand droit de l'abdomen, des vestiges de la métamérisation.
4" Rapports des muscles. — Les muscles présentent les rapports les plus divers. Ces rapports varient, du rest(\. pour chacun d'eux et, de ce fait, se prêtent difficilement à des considérations générales. .Xous nous contenterons d'indi(iuer ici que les muscles sont en rapport plus ou moins intime :
a. Avec les os, sur lesquels ils s'insèrent et qu'ils enveloppent plus ou moins en les séparant du tégument externe:
b. Avec les articulations, (pi'ils recouvrent, qu'ils croisent, qu'ils contournent ou même dans les(juelles ils • pénètrent (tendon de la longue portion du biceps pénétrant dans l'articulation de l'épaule) ;
c. Avec les aponévroses, qui les enveloppent dans toute leur élendue ou sur une partie seulement de leur sui'face :
d. Avec les vaisseaux, qui s'accolent à eux o[ parfois mi'me les traversent : toi est le grand adducteur de la cuisse pei-foré par les vaisseaux fémoraux. Les
M Y (H.UCIE
ai'tères un peu voluinincusi's S(int toujours on l'apport avec plusieurs muscles ; mais, parmi ces muscles, il en est un, généralement, qui suit plus exactement que tous les autres le trajet du vaisseau : on lui donne, en anatomie et plus particulièrement en médecine opératoire, le nom de muscle satellite de l'artère. C'est ainsi que le biceps brachial est le muscle satellite de l'artère humérale, que le couturier est le muscle satellite de l'artère fémorale, le sterno-cléido-mastoïdien le muscle satellite de la carotide primitive, etc.
e. Avec lesnerfs, qui, comme les vaisseaux, s'accolent intimement à eux et parfois même les traversent : tel est le, sterno-cléido-mastoïdien, que perfore le nerf spinal; tel est encore le coraco-bj'achial, qui est traversé de part en part par le nerf musculo-cutané du plexus brachial. (Iliaque muscle reçoit un ou plusieurs nerfs, qui lui apportent les incitations motrices volontaires ou réflexes. La présence de nerfs multiples pour un seul muscle s'explique, selon les cas, par l'un ou l'autre de ces deux faits : ou bien le muscle en question dérive de plusieurs métamères, comme c'est le cas pour le grand droit de l'abdomen, que des intersections aponévrotiques divisent en plusieurs seguuMits. chacun de ces segments ayant son innervation propre ; ou bien, c'est an muscle complexe résultant de la fusion, au cours du développement pbjiogénique, de deux ou trois muscles primitivement distincts. Comine exemjde de ce dernier processus, je rappellerai notre jambier antérieur qui, malgré son unité apparente, représente en réalité deux muscles parfaitement distincts chez les singes inférieurs, le jambier antérieur proprement dit et le long abducteur du gros orteil : ce muscle, comme indice de sa duplicité primitive, nous présente encore une innervation multiple et une double insertion de son tendon inférieur.
f. Avec les muscles, enfin, je-veux dire les muscles du voisinage, qui s'appliquent contre leurs faces ou contre leurs bords. Entre deux muscles contigus s'étale une aponévrose ou tout au moins une nappe celluleuse, qui les isole l'un de l'autre et assure leur indéi^endance réciproque tant au point de vue anatomique qu'au point de vue physiologique.
5" Anomalies musculaires. — Tous les anatomistes qui se sont occupés des variations anatomiques du système musculaire chez riiomme, Woo», Macalis- TER, TuBNEii, Grubeh, Humphry, ctc, s'accordeut à dire que ces variations sont très fréquentes. Je considère, pour ma part, les muscles de rhomme comme tout aussi variables que ses vaisseaux, bien plus variables que ses os et ses nerfs. Il suffit, pour s'en convaincre, de connaître ces variations et de les chercher.
a. Classification. — Les anomalies musculaires me paraissent devoir être divisées, au point de vue purement morphologique, en deux grands groupes : les muscles surnaméraircs ; 2" les modifications apportées par l'anomalie aux muscles qui existent noiTiialejnent dans la constitution du corps humain.
Les muscles surnuméraires sont des formations entièrement nouvelles, qui apparaissent dans une région quelconque et à un état de développement plus ou moins avancé. Tels sont le cléido-trachélien à la région du cou, le radio-carpien au poignet, le coccy-fémoral à la région fessière, etc.
Les modificatioois apportées par l'anomalie aux muscles ordinaires se rattaclient à leur forme, à leur constitution, à leurs insertions, à leurs rapports avec les muscles voisins. Dè là une division de ces anomalies en quatre groupes : 1° anomalies de forme : 2" anomalies de constitution ; 3" anomalies d'inseilidii ;
ANAÏOMIE GÉNÉRALE 641
4° anomalies de rapports. Chacun de ces groupes pre'senle, à son tour, un certain nombre de variétés que je résume dans le tableau suivant :
TABLEAU
INDIQUANT LES ANOMALIES DU SYSTÈME MUSCULAIRE DE I. ' Il 0 M M E
Exemples :
I. Muscles surnuméraires <'tri(h-trachflicii, (■pi/ruc/iiro-cu/ii/di .
Pi'lil jmimairf fiisifonne.
( fi I rnio-ch'ido-masloïdien, divisé ni deux I fiiisceanx distincts.
( Jamliier antérieur, envoyant un faisceau I distinct au premier métatarsien .
Sleriio-i-léiilri.iiiaslindien à. faisceau unique- ( Les liru.v [inrtiniis du Ijiceps réunies plus I tiiiut i/ue d'Iuiliilude.
' Trnisii'iiw clirf ilii Iiiceps.
I Biceps réduit à sa jtorfion cora.cndieune.
I Prronirr antérieur l l'ansforufé en tendon.
.1 tjsence du petit /lalniaire.
Sur le sterno-ctéido-niastoïdien .
j Disparitinn ilu tendon intermédiaire du { dif/'istr/ijue , l'i'lit /inlniaire renversé.
Le faisceau interne du pédieux.
Les deux radiaux externes.
Mêmes ntvscles.
( Flécliisseurs su/ierficiels et /lécitisseui- j)ro- ( fond lies doiijts.
^ Faisceau sterno-maxillaire du muscle f sterno-cléido-mastoïdien .
Dif/astrique inséré à l'angle du mu.rillaire. Scaléne postérieur à la V côte seulemeut. /'élit pectoral partant de l nu '6 entes. Muscle se perdant dans le tissu cellulaire.
h. Signification morphologique. — Les anomalies du système musculaire, longtemps négligées, ont pris aujourdMuii en anatomie luiuiaiin' la place qui leur convient. Plusieurs anatomistcs étrangers, notamment IIunlh et (Juain, ont fait une large part, dans leurs traités d'anatomie, aux an(jmalies des muscles. Je suivrai leur exemple et, dans les différents cbapitirs de ce livi-e, j'ajouterai toujours, à la suite de la description classique d'un muscli', une note en petit texte indiquant ses principales variations. Je m'efforcerai toujours de rendre cette note aussi succincte que possible, mais elle me parait indisiiensable. Les anomalies musculaires, en effet, ne sont pas de simples produits du hasard, des jeux de la nature, comme on l'a cru pendant longtemps ; elles reproduisent accidentellement chez rhomme des dispositions anatomiques qui sont constantes et typiques dans la se'rie animale et elles acquièrent ainsi, en anatomie anthropologique, une importance considérable (voy. à ce sujet, Tkstuï, Les anomalies musculaires citez rhomme expliquées par Vanalomie comparée, leur importance en anthropologie, un vol. in-8", l'a ris. 1884).
S III — Stiuctiue des muscles
IjCS muscles striés, comme nous l'avons vu pri'cédeminent, se composent chacun de deux parties bien distinctes : i° une partie rouge, molle, contractile, constituant le muscle proprement dit; 2" une partie Idancli.Ure, ternie et non contractile,
/ A) DaKS LIitîR l-ORME