II. RÉGION PLANTAIRE INTERNE
Cette l'égion correspond à l'éminence thénar de la main. Elle nous présente trois muscles seulement, l'opposant n'existant pas au pied. Ce sont : V addiicleur du gros orteil, le court fléchisseur du gros orteil, V abducteur du gros orteil. Ce dernier, vrai muscle biceps, est constitué par deux portions que la plupart des anatomistes décrivent comme des muscles distincts, V abducteur oblique et Vabducteur transverse, ce qui porterait à quatre le nombre des muscles de la région plantaire interne. Nous ne pouvons accepter une pareille division : l'abducteur oblique et l'abducteur transverse représentent, à eux deîxx, l'adducteur de la main ; ils ne sont que deux faisceaux d'origine d'un seul et même muscle et nous devons, sous peine de négliger les homologies les plus naturelles, les réunir dans une même description.
1" Adducteur du gros orteil
Le plus superficiel et aussi le plus long du groupe interne, l'adducteur du gros orteil (fig. 766, 4) s'étend du calcanéum à la première phalange du gros orteil.
1" Insertions. — Il prend naissance, en arrière : 1° sur la tubérosité postérieure et interne du calcanéum ; 2° sur la partie inférieure et antérieure du ligament annulaire interne du tarse ; 3° sur la face profonde de l'aijonévrose plantaire , 4" sur une cloison fibreuse qui le sépare, en dehors, du court fléchisseur commun des orteils.
De ces différentes surfaces d'origine, le muscle adducteur se porte directement en avant et se jette sur le pourtour d'un fort tendon, qui remonte très haut dans l'épaisseur du corps musculaire. Ce tendon terminal se dégage complètement des fibres charnues au niveau de la tête du premier métatarsien, entoure l'os sésamoïde interne et vient se fixer sur le côté interne de l'extrémité postérieure de la premièi-e phalange du gros orteil, en envoyant en haut et en avant une expansion pour le tendon extenseur de cet orteil.
RÉGION PLANTAIRE INTERNE
2° Rapports. — Sa face supeiTicielle répond à l'aponévrose et à la peau dans toute son étendue. — Sa face profonde recouvre, tout d'abord, les trois tendons, les vaisseaux et les nerfs qui débouchent de la gouttière calcanéenne interne. Plus en avant, il recouvre le court fléchisseur du gros orteil. — Son bord interne est en rapport, comme sa face superficielle, avec l'aponévrose et la peau. — Son bord externe répond à la fois au court lléchisseur des orteils et au tendon du long fléchisseur du gros orteil.
3° Innervation. — Il est innervé par un rameau issu du plantaire interne.
A° Action. — Ce muscle fléchit le gros orteil sur le métatarse, en le rapprochant légèrement de la ligne, médiane du corps (adduction) ou, ce qui revient au même, en l'écartant du deuxième orteil.
Variétés. — L'adducteur du gros orteil envoie quelquefois une expansion à la première phalange du deuxième orteil. — Son tendon terminal reçoit parfois (Lépin'e, Dict. ann. des progrès des Se. tnécL, iSG'i, p. 'i'6) un petit faisceau cutané détaché du bord interne du pied. — Sperino a l'cncontré, en 1894, un faisceau surnuméraire, long de 4 centimètres, large de 2, qui se détachait de l'aponévrose plantaire et du muscle adducteur, au voisinage de son insertion calcanéenne, et qui venait se perdre sur la peau qui recouvre le calcanéuni.
2° Court fléchisseur du gros orteil
Situé au-dessous du précédent mais plus court que lui, le court fléchisseur (fig. 766,5 et S') s'étend de la deuxième rangée du tarse au gros orteil.
Fig. 76G.
Muscles de la plante du pied, couciie superJicielle.
I, court Ifécliisseur iilaulaire, dont les quatre tendons sont soulevés par une sonde cannelée. — i', celui de CCS tendons qui se reud au petit orteil. — 1", aponévrose plantaire. — 2, tendon du long llécliisseur propre du gros orteil. — 3, 'i\ abducteur du petit orteil. - 4, 4', adducteur du gros orteil. — 3, 5', faisceau interne et l'aisceau externe du court (lécliisscur du gros orteil. — 6, premier lombrical. — 7, court flécliisseur du petit orteil. — 8, interosseux plantaire du dernier espace.
1° Insertions. — 11 prend naissance, en arrière, à l'aide de deux languettes tendineuses : 1" sur la face inférieure du cubo'ide et du troisième cunéiforme ; sur le tendon terminal du jambier postérieur, qui s'insère, comme on le sait, au tubercule du scaphoïde.
Le corps charnu, un peu aplati, qui fait suite à ces deux tendons d'origine, se porte en avant et se divise, à la partie moyenne du premier métatarsien, en deux faisceaux charnus, aboutissant chacun à un tendon terminal. — Le faisceau interne (5) se réunit au tendon du muscle précédent et partage ses insertions : il entoure le sésamoïde interne et se fixe au côté interne de la première phalange du gros orteil. — Le faisceau externe (5') se réunit, de même, au muscle abducteur : il se termine, comme lui, sur le sésamoïde externe et le côté externe de la pi^emière phalange du gros orteil.
MYOLOGIE
2' Rapports. — Sa face superficielle répond au muscle adducteur du gros orteil, qui la recouvre en partie, et au tendon du long fléchisseur du gros orteil, qui chemine entre ses deux portions comme dans une gouttière. — Sa face profonde recouvre le premier métatarsien et le tendon du long péronier latéral. — Son hord interne répond à l'adducteur; son bord externe, à la portion oblique de l'abducteur.
3' Innervation. — Le mode d'innervation du court fléchisseur du gros orteil rappelle exactement celui du court fléchisseur du pouce. Son faisceau interne est innervé par un rameau du nerf plantaire interne (homologue du médian à la main). Quant à son faisceau externe, il est innervé tantôt, comme le faisceau précédent, par un rameau du plantaii'e inteinie, tantôt, comme l'abducteur, 2>ar un rameau du plantaire externe (homologue du cubital à la main).
4" Action. — Inséré à la fois sur les deux côtés de la première phalange, le court fléchisseur flécliit directement le gros orteil sur le premier métatarsien.
Variétés. — Le court fléchisseur s"insèrc l'réqueniinent sur le calcanéum. — La languette d'origine cuboïdiennc peut faire défaut. — Son tendon externe peut envoyer une expansion à la première phalange du deuxième orteil. — On trouve quelquefois, au-dessous de lui, quelques libres profondes, insérées sur le métatarsien et constituant un véritable opposant du gros orteil, homologue de l'opposant du pouce ; mais ce muscle est rarement bien différencié.
3° Abducteur du gkos obteil
L'abducteur du gros orteil (fig. 768,4 et 5), situé en dehors du court fléchisseur, est directement appliqué sur la région interosseuse. Il est, comme nous l'avons dit plus haut, riromologue de l'adducteur du pouce. Mais, tandis qu'à la main ce dernier muscle forme une nappe généralement indivise, l'abducteur du gros orteil, par suite de la disparition de ses faisceaux moyens, se trouve constitué par deux faisceaux qui sont parfaitement distincts à leur originè. De ces deux faisceaux, l'un, le postérieur, suit un trajet oblique; l'autre, l'antérieur, affecte une direction nettement transversale.
1" Insertions. — Le faisceau oblique de l'abducteur du gros orteil [abducteur oblique de quelques auteurs) pi^end naissance, en arrière, sur la face inférieure du cuboïde, sur l'extrémité postérieure des troisième et quatrième métatarsiens, ainsi que sur la gaine flbreuse du long péronier latéral. Le faisceau transverse [abducteur transverse de c|uelques auteurs), situé à la joartie antérieure de la plante du pied, s'insère par trois ou quatre petites languettes, iDrimitivement distinctes, sur les parties fibreuses de l'articulation métatarso-phalangienne des trois ou quatre derniers orteils.
Ces deux faisceaux d'origine de l'abducteur du gros orteil se portent l'un et l'autre vers la base du gros orteil et s'y terminent isolément de la façon suivante. — Le faisceau oblique se jette sur le sésamo'i'de externe et, par son intermédiaire, se fixe au côté externe de la base de la première phalange. — Les fibres qui constituent le faisceau transverse, arrivées au gros orteil, se partagent en deux groupes : les unes passent sur le côté dorsal de l'articulation métatarso-phalangienne et, là, se fusionnent avec le tendon du long extenseur du gros orteil; les autres, restant sur le côté plantaire, passent au-dessous du tendon commun de l'abducteur oblique et du court fléchisseur et viennent se terminer (Leboucq) sur la gaine du long fléchisseur du gros orteil.
Les nmscles adducteur du pouce et abducteur du gros orteil sont, sans conteste, deux formations homologues. Toutefois, si le faisceau carpien de l'adducteur du pouce répond manifeste-
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ment au faisceau tarsien de l'abducteui" du gros orteil ou abducteur oblique, il n'est pas exact de dire c[ue le faisceau métacarpien du premier muscle répond à l'abducteur transverse du gros orteil. D'après Leboucq, auquel nous devons un intéressant mémoire sur cette cjuestion d'anatomie comparative (Bull, de l'Acad. de méd. de Belgique, 1893), l'abducteur transverse du pied répond, non pas au faisceau métacarpien de l'adducteur du pouce tout entier, mais seulement à la partie la plus inférieure de ce faisceau, je veux dire à ces libres qui prennent insertion sur des parties fibreuses et que nous avons décrites (p. 906) sous le nom de faisceau aponévrotique de l'adducteur du pouce. Quant aux fibres à insertion métacarpienne de ce dernier muscle, elles ont disparu au pied. Elles s'y développent parfois, cependant, mais à l'état anormal (3 fois sur 60 sujets, Leboucq), sous la forme d'un petit faisceau musculaire qui se rend de la partie antérieure du deuxième métatarsien au côté externe de l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil. Les homologies des deux formations musculaires peuvent donc être établies comme suit :