pièce de Spix
sance (vers le deuxième ou le troisième mois) ; puis vient le développement des tubercules géni de chaque côté de la symphyse.
Voyez, au sujet du développement du maxillaire inférieur, Wolff, Ueber dus Wachslum des Unter/defers, Arch. f. path. Anat. u. PhysioL, 1888.
Variétés. — On observe parfois à l'angle du maxillaire inférieur une apophyse plus ou moins saillante en bas et en dehors : c'est ïapop/njse de l'angle du maxillaire de Sandifoht ou apophyse lémurienne d'Ai.BRECHT, laquelle existe normalement chez les lémuriens, chez les carnassiers, chez les marsupiaux. — Le trou mentonnier peut être double ; j'ai observé plusieurs fois cette disposition. Le trou surnuméraire est situé à côté du Irou normal ou sur un point plus ou moins rapproché de la symphyse. — Bertei.li, dans un cas, a vu le trou mentonnier triple. — Situé le plus souvent sous la deuxième molaire, il peut s'ouvrir également sous la première (10 p. 100) ou même sous la troisième (3 p. 100) (W. Gruber, Arch. f. Anatomieund l'hysiolor/ie, 1872, p. 738). — J'ai vu plusieurs fois la gouttière mylo-hyoïdienne transformée en un canal osseux ; dans un cas, je l'ai vue naître, non pas de l'orilice supérieur du canal dentaire, mais du canal dentaire lui-même, à 18 millimètres au-dessous de cet orifice. — Cette gouttière peut être double à son origine (0,2 p. 100 d'après Krause, loc. cit.). — Chassaignac {Bull. Soc. anat., 1833, p. 218, et 1835, p. 97) a observé sur deux sujets des osselets surnuméraires, déve-
DE LA FACE EN GÉNÉRAL
loppés de chaque côté de la portion inférieure de la symphyse et les a considérés à tort comme les homologues des os intermaxillaires de la mâchoire supérieure. Ces petits os symphysiens ou os meiitonniers, qui avaient été signalés bien longtemps avant Chassaignac par Meckel (Anatomie, trad. Jourdan, 18io, t. Il, p. 663), ne me paraissent être que de simples os wormiens, développés dans la suture médio-maxillaire. — Le véritable os incisif ou iiitermajcillaire de la mâchoire inférieure aurait pourtant été observé par Eysso.n [De ossibus infantum, p. 49), au dire de Meckel {loc. cit., p. 663) — Boui.ard (Bull. Soc. anat., 1849. p. 282) a signalé, sur un sujet, l'absence de l'un des condyles, en dehors de toute influence pathologique.
Au sujet des variétés du maxillaire inférieur, voyez : Renard, Les variations ethniques du maxillaire inférieur. Thèse de Paris, 1880 ; — Biondi, Forma e dirnensioni délia apophyse coronoide nella mandihola umana, Arch. per l'Antropologia, 1890; — Bertelli, Forami mentonieri neU'uomo ed in allri maminiferi, Monit. zool. ital., 1892; — Mies, Ueber die Knôclielchen in der Symphyse des Unterkiefers vom neuyeborenen Mensciti'n, Anat. Anzeiger, 1893 ; — Mariani, Sul forame sottoorbitario. etc., Accad. med.-chir. di Perugia, 1893.
Cartilage de Meckel. — Signalé pour la première fois par Meckel en 1821, le cartilage qui porte son nom se développe, à la fin du premier mois de la vie intra-utérine, dans la branche maxillaire de l'arc facial. Il se présente alors sous la forme d'une bandelette qui, partant de la région auriculaire, se dirige vers la ligne médiane et se réunit avec celle du côté opposé, formant ainsi , dans la région qu'occupera plus tard le maxillaire inférieur, une espèce de fer à cheval dont les deux extrémités correspondent aux régions auriculaires.
La figure 203 représente le cartilage de Meckel sur un embryon humain au cinquième mois. Il est facile de prendre une connaissance exacte de sa situation et de ses rapports : on le voit prendre naissance en haut dans la partie la plus élevée de la cavité tympanif|ue (fente hyomandibulaire), sortir de cette cavité en passant derrière l'extrémité dilatée de la branche antérieure du cercle tympanal, s'engager dans l'angle dièdre que forme le maxillaire avec le muscle niylo-hyoïdien, et finalement atteindre la symphyse mentonnière. Dans ce trajet, le cartilage de Meckel passe en dedans de la parotide et de la carotide externe, en dehors du muscle ptérygoïdien interne. (Voyez une excellente tlescription du cartilage de Meckel par Robin et MACrror, in Comptes rendus de la Société de Bioloyie, 1862, p. I, et Ann. des Se. nal., 1862, p. 213.)
La destinée du cartilage de Meckel nous parait aujourd'hui bien établie par le travail déjà ancien de Reichert (Ueber den Visceralboyen der Wirbelthiere, Miiller's Arch., 1837, p. 178) et par les recherches récentes de Masquelin {Recherches sur le développement du ma.villaire inférieur de l'homme, Bull. Acad. roy. de Belgique, 1878), de Kôlliker et de son élève BAtMULLCR (Zeitschr. f. wiss. Zoologie, t. XXXII, p. 466). L'extrémité externe ou tympanique de ce cartilage forme le marteau et l'enclume. Son extrémité interne s'ossifie et se confond avec la portion symphysienne du maxillaire inférieur. Quant à sa portion moyenne, elle se résorbe peu à peu et finit par disparaître complètement.