HOMMES. FEMMES
Européens 80 79
Nègres d'Afrique 89 81
Néo-Calédoniens 91 89
De ce tableau découlent les deux formules suivantes : 1° le diamètre antéro-postérieur ou coccy-pubien est, relativement aux dimensions transversales du bassin, plus petit chez la femme que chez l'homme ; 2" il est, en outre, plus développé chez les races nègres que chez les Euro péens, toujours comparativement au diamètre Iransverse. Ces conclusions confirment pleinement celles du tableau précédent.
os DE LA CUISSE
A consulter au sujet du bassin : Balandix, Mensurations du bassin, Saiiit-Péteisbourg, 1883 ; — TuuQUET, Ap bassin infantile, considéré au point de vue de la forme du détroit supérieur, etc. Th. Paris, 1881 ; — Bonnaiue, Les bassins viciés, in Traité craccouchements de TAr.xii:ri et Rudin ; — ScHAUTA, Die Beckenanomalien, in Muller's Ilandbuch ; — Veit (J.), Die Enlsleliunq der Forin des Becltens, Zeitschr. f. Geb. u. Gyn., Bd. IX ; — Fehling, Die Forni des Deckens beim Fôtus u. Neuf/eborenen, ib. Bd. X ; — Chaiu-y, De la courbure lombaire et de l'inclinaison du bassin, in Etudes d'Anatomie appliquée, Paris, 1892 ; — Prochownick, Ueber Beckenneigunc), Arch. f. Gyniik., Bd. XIX; — Hennig, Das Idndliche Becken, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1880; — Lessiiaet, Die Architectur des Beckens, in Anatom. Ileften von Mehkei. und Bcnnet, 1893 ; — Demei.in, .-Infl/. obstétricale, 1892; — KoNUiOw, Zur Lettre von der Entwick. des Beckens a. seiner gescttlechtlichen Di/ferenzirunr/, Diss. Berlin, 1893; — Keiiiieu, Zur Pliijlogenie des Beckens, Heidelberg, 1895.
Os DE LA CUISSE OU FÉMUR
Le fémur (fig. 289, 290 et 291) est un os long, pair et non symétrique, constituant à lui seul le squelette du deuxième segment du membre pelvien. Il se comporte en cela comme l'humérus, dont il est l'homotype et avec lequel il présente, dans les détails comme dans l'ensemble, des analogies faciles à établir.
Considéré en place sur un squelette en position verticale, le fémur est oblique de haut en bas et de dehors en dedans, de telle sorte que les deux os, très voisins à leur extrémité inférieure, se trouvent séparés en haut par toute la distance qui sépare l'une de l'autre les deux cavités cotyloïdes. Si nous appelons axe anatomique du fémur la ligne droite qui s'étend du milieu de réchancrure intercondylienne au bord supérieur du grand trochanter, et axe mécanique la verticale passant par le centre de rotation de la tète fémorale, nous constatons que ces deux axes ne sont pas^'parallèles^ mais s'inclinent l'un vers l'autre sous un angle de 8 ou 9 degrés. L'obliquité du fémur est toujours plus accentuée chez la femme que chez l'homme, et c'est là une conséquence de la conformation de son bassin : nous avons vu, en effet, dans le paragraphe précédent, que les dimensions transversales du ])assin (et, par conséquent, l'écartement des deux cavités cotyloïdes) étaient plus considérables dans le sexe féminin. — D'autre part, le corps de l'os est rocourlK; sur lui-même, affectant ainsi la foi'me d'un arc dont la cavité serait tournée en arrière (fig. 291). — Le fémur présente, enttn, sur son axe vertical une légère torsion, qui fait que le plan transversal de son extrémité supérieui-e n'est pas entièrement parallèle au plan transversal de son extrémité inférieure, mais forme avec ce dernier un angle aigu ouvert en dedans.
Comme tous les os longs, le fémur nous offre à considérer un corp exti'émités, l'une supérieure, l'autre inférieure.
Fis.
Fémur, vue antérieure.
I, corps. — 2, tète. — 3, grand trocliantor. — 4, petit trochanter. — 5, col anatomique, avec 3', empreinte rugueuse situiée sur sa face antérieure. — I), col chirurgical. — 7, condyle interne. — 8, condyle externe. —9, poulie.— 10, creux, sus-trochléal.
(Pour les insertions musculaires, voir fig. 299, p. 323.)
et deux
OSTÉOLOGIE
1" Corps. — Le corps du fémur est prismatique triangulaire et nous présente,
en conséquence, trois faces et trois bords :
A. Faces. — Des trois faces, l'une est antérieure, les deux autres latérales :
a. Face anlérieitre. — La face antérieure, lisse et convexe plutôt que plane, est recouverte, dans ses trois quarts supérieurs, par le muscle crural ou portion profonde du quadriceps, auquel elle donne insertion. Au-dessous du crural cette face donne encore attache au muscle sous-crural ou tenseur de la synoviale du genou (fig. 299, il).
b. Face externe et face interne. — La face externe et la face interne sont l'une et l'autre convexes et lisses; assez larges dans leurs deux tiers supérieurs, elles s'eflilent et se terminent eu pointe à leur extrémité inférieure, par suite de la bifurcation du bord postérieur de l'os et de la formation du triangle poplité. Chacune des deux faces interne et externe répond à l'une des portions latérales du cpiadriceps, la face externe au vaste externe, la face interne au vaste interne; mais, à leur niveau, les fibres musculaires se bornent à recouvrir l'os sans prendre sur lui d'insertion. Le muscle crural, par contre, empiète légèrement sur les deux faces précitées et s'y attache, sur la face externe principalement (fig. 299,9'). On voit fréquemment sur le tiers moyen de cette face externe, au voisinage de la ligne âpre, une dépression longitudinale, peu profonde, mais assez étendue, qui correspond justement aux insertions que les faisceaux les plus externes du muscle prennent sur cette région du corps de l'os.
B. BoiiDS. — Les trois bords du fémur se distinguent en postérieur, interne et externe. — De ces trois bords, Vinterne et Vexterne sont à peine marc[ués : il en résulte cj[ue les trois faces, ci-dessus décrites, manquent, sur les côtés, délimites bien nettes. — Il u'en n'est pas de même en arrière où le bord postérieur, épais, saillant et rugueux, sépare nettement la face externe de la face interne. Ce bord porte le nom de ligne âpre du fémur. Sa lèvre externe donne attache au vaste externe ; sa lèvre interne donne insertion au vaste interne. Sur son interstice s'insèrent successivement, en allant de haut en bas, les trois muscles abducteurs de la cuisse et la courte portion du muscle biceps.
Simple à sa partie moyenne, la ligne âpre se divise à ses deux extrémités en branches multiples. — En bas, c'est une simple bifurcation. Les deux
J BLMlMlEr
Fig. 290.
Fémur, vue postérieure.
) , coi'ps. — 2, bord postérieur ou ligne â|)rc. — 3, 3'. ses brandies de bifurcation inférieures. — 4, sa branclie de trifurcation supérieure externe ou fessière. — 4', sa branche de trifurcation moyenne ou pcclinéale. — 4", sa brandie (le trifurcation interne ou crête du vaste interne. — 3. trou nourricier. — 6, tèle iJu fémur, avec 6', la fossette d'insertion du ligament rond. — 7, grand troclianler. — 8, petit trocliaiitcr. — 9, col anatomique. — iO, condyle interne. — 11, cond\le externe. — 12, échancrure intercondjlienne. — 13, espace poplité.
(Pour les insertions musculaires, voir fig. 300, p. 323.)
os DE LA CUISSE
branches qui on résultent, suivant un trajet fortement et l'autre aux deux saillies ou condyles de rextremité inférieure de l'os. Elles interceptent ainsi dans leur écartement une large surface triangulaire à l»ase inférieure, connue sous le nom d'espace poplilé (fig. 290/13). Des deux branches de bifurcation de la ligne âpre, l'externe est toujours plus marquée que l'interne ; cette dernière est gënéi-alement interrompue, à sa partie moyenne, par le passage de l'artère fémorale, devenant artère poplitée. ' — En haut, la ligne âpre se divise en trois branches (trifurcation) ('gaiement divergentes : la Ijranche externe, qui est toujours la plus marquée, se dirige en haut vers le grand troclianter et donne insertion au grand fessier {branche fessière ou créle du grand fessier, fig. 290, 4) ; la branche moyenne, située en dedans de la précédente, se dirige vers le petit trochanter et donne attache au muscle pectine (branche peciinéale ou c/'e7e du pecliné, fig. 290, 4'): la bi'anohe inleiMie, obli({uant plus en dedans encoi'e, vient aboutir à la partie antérieure et inférieure du co! ; sur elle vient s'insérer en partie le vaste interne du (juadriceps crural {créle du vaste interne, lig. 290,4").
C'est sur la ligne âpre et en un point voisin de sa division supérieure que l'on trouve le trou nourricier du fémur (lig. 290,5). Il se dirige obliquoment île bas en haut, vers l'extrémité supérieure de l'os par conséquent.
2° Extrémité supérieure. — Cette extrémité nous pi'ésente, comme l'extriMniU' similaire de l'Iuimérus : 1° une tête articulaire ; 2° un col anatomique ; 3° un col chirurgical ; 4" entre les doux cols, deux tubérosités volumineuses, que l'on désigné sous les noms de grand trochanter et de petit trochanter :
A. Tète. — La téte du fémur, régulièrem.'nt arrondie, représente environ les deux tiers d'une si^hère. Elle regarde en haut, en dedans et un psu en avant. Sa surface libre, encroûtée de cartilage articulaire, se trouve circonscrite en dehors par deux ou trois lignes courbes appartenant ù des circonférences différentes. Un peu au-dessous et en arrière de son centre, cette tète est creusée d'une dépression rugueuse : c'est lu fossette du ligament rond, destinée, comme son nom l'indique, à l'insertion du ligament rond de l'articulation coxo-fémorale. Dans cette fossette se voient ordinairement cinq ou six orifices vasculaires, toujours très variables par leur situation et par leurs dimensions.
divergent, aljoutissent riini' 2'
Fiff. 291.
Fémur, vu par sa face interne pour montrer sa courbure antero-postérieure.
I, corps. — 2, tèle, avec '2', f'osscllc il inserlion du ligament rond. — 3, grand troclianter. — 4, petit troclianter. — 5, col anatomique. — 6, condjlc externe. — 7, condyle interne, avec 8, tubercule du grand adducteur. — 9, creux sustroeliléal.
(Pour les insertions musculaires, voir tig. .iOl, p. :i2:i.)
OSïliOLOGIE
B. Col AxXAtomiqie. — Le col anatomique, un tuiit simplement le col du fémur, supporte la tète et la re'unit aux trochanters. Tandis que sur riiume'rus le col anatomique est fort peu développé et pour ainsi dire purement théorique, il présente sur le fémur un développement considérable. Envisagé au point de vue de sa configuration extérieure, il revêt la forme d'un cylindre fortement aplati d'avant en arrière. Son grand axe, représentant sa longueur, se dirige obliquement de haut en bas et de dedans en dehors : il mesure de 35 à 49 millimètres de longueur et fait avec l'axe du corps de l'os un angle de 130°. Son diamètre vertical, représentant sa hauteur, est légèrement oblique en bas et en arrière, d'où il résulte que la face antérieure du
d inscrlion de l'obturaleur inlerne. — 9, fossette d'insertion du pyramidal.
col regarde un peu en bas et sa face postérieure un peu en haut. On considère au col anatomique deux faces, deux bords et deux extrémités :
a. Faces. — - Des deux faces, l'une est antérieure, l'autre postérieure. — La face antérieure, à peu près plane, répond dans toute son étendue au ligament capsulaire de l'articulation de la hanche. Elle nous pi'ésente souvent, à sa partie supérieure et interne, en un point qui est toujours très voisin de la circonférence de la tête, une petite surface ovalaire, rugueuse, à contours assez mal délimités. Cette facette, sur laquelle Berteaux a attiré l'attention en 1891 dans sa thèse inaugurale, est revêtue, à l'état frais, d'une couche de cartilage. Ses rapports avec la tête fémorale sont variables : tantôt, elle en est séparée par une zone étroite, dépourvue de revêtement cartilagineux; tantôt, au contraire, elle se continue avec elle sans ligne de démarcation aucune. Quant à sa signification morphologique, elle ne me paraît pas encore nettement élucidée. — La face posléricure du col.
os DE LA CUISSE
n'est
convexe dans le sens vertical , concave au contraire dans le sens- transversa recouverte par la capsule articulaire que dans ses deux tiers internes.
b. Bords. — Des deux bords, l'un est supo'rieiir, l'autre inférieur. — Le bord supérieur, relativement très court, s'étend presque liorizontalenienl de la hHe au grand trochanter. — Le bord inférieur, beaucoup plus long, se dirige obliquement de haut en bas et de dedans en rlehors et se continue avec la diaphyse, qu'il aborde sous un angle fort variable. — L'un et l'autre sont fortement convexes d'avant en arrière, concaves au contraire dans le sens de leur direction.
c. Extrémités.
Les deux extrémités du col se distinguent en inlerne et
externe. — V extrémité interne s'élargit pour supporter la tète; son puiirloai' est criblé de gros orifices vasculaires, très nombreux surtout à la partie supérieure. — ^J" extrémité externe, beaucoup plus volumineuse, se confond en partie avec la masse des trochanters, en partie avec le corps de l'os. Son pourtour est limité : 1° en haut, par le bord supérieur du grand troclianter et par la face interne de cette saillie osseuse; t" en avant, par une ligne rugueuse, la ligne oblique du fémur [ligne intertrochantérienne antérieure de quelques a u te urs) , q ui , partant de l'angle supérieur et antérieur du grand trochanter, se porte obliquement en bas et en dedans vers le petit trochanter et vient se confondre, en avant et audessous de cette dernière saillie avec la branche interne de la ligne <'lpre; c'est sur cette ligne rugueuse que se flxe la partie antérieure de la capsule articulaire de la hanche (voy. Ahthkologie) ; 3" en arrière par une crête saillante, la crête intertrochanlérienne postérieure, qui, cumme son nom l'indique, réunit l'un à l'autre les deux trochanters et qui donne insertion par sa partie moyenne aux faisceaux les plus élevés du muscle carré crural. En bas, le col n'a que des limites flctives; il se confond, en effet, sans ligne de démarcation aucune, avec In face interne du corps de l'os.
C. Gr.vnd ïuocuAMEiî. — ]^e grand trochanter est une éminence quadrilatère située en dehors du col, dans la direction du corps de l'os. On lui considère deux faces et quatre bords :
h. Faces. — Des deux faces, l'une regarde en dehors, l'autre en dedans. — La face externe (flg. 293), convexe, est traversée en diagonale par une ligne rugueuse qui se dirige obliquement en bas et en avant; cette ligne donne insertion au moyen
Fig. 294.
Extrémité supérieure du fémur, Extrémité supérieure du fé-
vue postéro-interne, avec les mur, vue externe, avec les
insertions musculaires. insertions musculaires.
n, i, territoires de la face evlernc correspondant à des bourses séreuses et séparées par la crête d'insertion du moyen fessier.
(Pour la signification des cliifl'res, se reporter i la légende des figures liitO. 300 cl 301, ainsi qu'au tableau dos insertions musculaires, p. 308.)
OSTÉOLOGIE
fessier : nous l'appellerons, pour cette raison, créle du moyen fessier. Au-dessus d'elle, se trouve une petite surface plane, qu'occupe à l'état frais une bourse séreuse, destinée à favoriser le glissement du tendon du moyen fessier. Au-dessous d'elle, s'étale une autre surface, beaucoup plus grande, répondant à la bourse séreuse du grand fessier. — La face interne du grand trochanter (fig. 292) se confond presque en totalité avec l'extrémité externe du col. Elle s'en dégage, cependant, à sa partie postérieure et présente là une dépression profonde, connue sous le nom de cavité digitale du grand trochanter : dans cette cavité prennent insertion l'obturateur externe, l'obturateur interne et les deux jumeaux. Le premier de ces muscles s'insère dans le fond même de la cavité digitale, les trois autres, par un tendon commun, à la partie supérieure de cette cavité (tig. 294).
b. Bords. — Les quatre bords du grand trochanter se distinguent en supérieur, inf("rieur, antérieur et postérieur, — Le bord supérieur , presque horizontal, présente à sa partie moyenne xmc petite facette, arrondie ou ovalaire (fig. 293,8), pour l'insertion du pyramidal. — Le bord inférieur ?,ç continue avec le corps de l'os. Il est marqué extérieurement par ime crête rugueuse, à direction légèrement oblique, sur laquelle viennent se fixer quelques-uns des faisceaux du vaste externe {crête du vaste externe). — Le bord postérieur , nettement marqué en haut, oii il limite en arrière la cavité digitale, devient moins net à sa partie inférieure, où il donne attache aux faisceaux supérieurs du muscle carré crural. — Le bord antérieur, très épais, de foi'me rectangulaire, atteint presque les dimensions d'une véritable face : il est occupé par l'empreinte d'insertion du i3etit fessier, laquelle, par son extrémité supérieure, empiète au peu sur le bord supérieur.
D. Petit troch.\nter. — Le petit trochanter est un gros tubercule ou mamelon, silué à la partie postérieure et inférieure du col : il donne insertion au muscle psoas-iliaque. De la base du petit troclianter partent, en forme de rayons, trois lignes divergentes, déjà connues, que l'on peut considérer comme ses racines. Ce sont : en haut et en dedans, le bord inférieur du col; en haut et en arrière, la çyC'W inlertrochantérienne postérieure: en bas, la branche de division moyenne de la ligne âpre ou crête fémorale du pectiné. En avant, le petit trochanter est séparé de la ligne intertrochantérienne antérieure par une dépression peu profonde et i)lus ou moins rugueuse, où vient s'insérer le faisceau antérieur du ligament ilio-fémoral (voy. Akthrologie).
E. Col chirurgical. — On désigne, ici comme sur l'humérus, sous le nom de col chirurgical la portion du fémur qui unit le corjDs de l'os à son extrémité supérieure. Il est situé immédiatement au-dessous des trochanters.
3" Extrémité inférieure. — Le fémur, à son extrémité inférieure, se renfle à la fois dans le sens transversal et dans le sens antéro-postérieur : il forme ainsi uu massif volumineux, de forme irrégulièrement cubic|ue, qui mesure en moyenne 60 à 65 millimètres de largeur sur 50 à 55 millimètres d'épaisseur. De plus, il se recouii3e légèrement d'avant en arrière, d'une façon telle que l'axe longitudinal du corps de l'os, prolongé en bas, partage l'extrémité inférieure en deux portions fort inégales, la portion postérieure l'emportant toujours et de beaucoup sur la portion antérieure.
Vue en avant, l'extrémité inférieure du fémur nous présente tout d'abord une surface articulaire en forme de poulie, la trochlée fémorale : elle est formée, comme toutes les trochlées, par deux facettes latérales qui s'inclinent l'une vers
os DE LA CUISSE
l'autre et aboutissent à un sillon antéro-postéricur ou gorge de la Irocldée. De ces deux facettes, l'externe est beaucoup plus large que l'interne. A la partie infe'rieure de l'os, les deux facettes, jusque-là contiguës, se se'pai^ent l'une de l'autre et la gorge de la poulie, cessant alors d'exister, est remplace'e par une large échancrure (fig. 296,4). Cette échancrure, comme la gorge de la poulie à laquelle elle fait suite, divise l'extrémité inférieure du fémur en deux portions latérales appelées condyles ; elle porte elle-même, pour cette raison, le nom d'échancriire ou de fossette intercondylienne .
Les deux condyles se distinguent en interne et externe. Le condyle interne est moins épais que le condyle externe, mais il se déjette beaucoup plus en dedans que le condyle externe ne se déjette en dehors ; ce dernier s'écarte à peine, en effet, de la direction du corps de l'os ffig. 289). D'autre part, le condyle externe, considéré sur un fémur en position verticale, descend moins bas que l'interne : il en résulte que, si l'on fait reposer les deux condyles sur un même plan horizontal, le fémur j)rend de lui-même une direction oblique en haut et en dehors. (Test ce qui a lieu, du reste, sur le squelette monté, où les deux condyles reposent sur l'extrémité supérieure du tibia, laquelle présente une direction à à peu près horizontale.
On considère à chaque condyle six faces : 1" une face
Fis. !i9(J.
Condyles du féimir, vas par leur l'ace inférieure.
1. condjle interne. — 2, condjie exlcrne. — 3, gorge de la poulie fémorale. — 4. échancrure intercondvlienne.
supérieure, qui fait corps avec To
une face infé-
rieure, une face antérieure, une face postérieure, ces trois dernières articulaires et disposées en demi-cercle, pour rouler sur les plateaux du tibia: 3" une face médiane fpar rapporta l'axe du fémur;, qui fait partie de l'espace intercondylien et qui doime insertion aux ligaments croisés; ces deux ligaments déterminent des em- |)reintes, ordinairement très appréciables, que l'on voit, celle du ligament postérieur sur la partie antérieure de la face médiane du condyle interne, celle du ligament antérieur sur la partie ]')Ostéi-ieure de la face médiane du condj-le externe : 4° enfin, une face latérale ou cutanée, qui est relativement superficielle et que l'on sent très nettement au-dessous des téguments.
C,ette dernière face, la face latérale, est très dilterente suivant qu'on la considère sur le condyle interne ou sur le condyle externe. — Sur le condyle interne, nous constatons tout d'abord, à la partie moyenne de cette face latérale, une grosse saillie mal délimitée, la tubérosité interne, qui donne attache au ligament latéral interne de l'articulation du genou. Au-dessus et un peu en arrière de cette tubérosité, se dresse un tubercule de forme pyramidale, le tubercule du grand adducteur : il est situé (fig. 291,8) à la terminaison de la branche de bifurcation interne de la ligne âpre et donne insertion, comme son nom l'indique, au faisceau inférieur du muscle grand adducteur. En arrière et au-dessous du tubercule du grand
.ANATOMIE HUMAINE. — T. I. 4'' KIHT. 41
Fig. 297.
Condyle externe du fémur, vu en dehors.
), lubérosilé externe pour le ligament latéral externe. — 2, surface d'insertion du plantaire grêle. — 'i, fossette pour le jumeau externe.
— 4, fossette pour le poplité.
OSTÉOLOGIE
adducteur, se trouve une petite excavation pour l'insertion du muscle jumeau interne. — La face latérale du condyle externe nous présente, de même (flg. 297), en un point qui est plus rapproché de son exti^émité postérieure que de son extrémité antérieure, une forte saillie, la tubérosilé externe (1), pour l'insertion du ligament latéral externe de l'articulation du genou. Immédiatement en arrièr-e de cette tubérosité, sont creusées deux excavations bien distinctes et superposées : la supérieure (3) donne insertion au muscle jumeau externe; l'inférieure (4), beaucoup plus grande, revêt le plus souvent la forme d'une gouttière profonde, oblique en bas et en avant; elle donne attache au muscle poplité.
L'exti^émité inférieure du fémur nous offre encore à considérer les deux régions suivantes : 1° en avant, la trochlée est surmontée d'une surface légèrement excavée; c'est le creux sus-trochléaire (flg. 291,9), dans lequel vient se loger la i^otule, dans les mouvements d'extension de la jambe sur la cuisse; 2° en amnère, au-dessus de l'échancrure intercondylienne, s'étale la portion la jdIus large de l'espace po^ilité (flg. 290,13), lequel est formé, comme nous l'avons déjà dit plus haut, par l'écartement des deux branches de bifurcation de la ligne âpre. A la partie inféro-interne de ce triangle poplité, à 15 millimètres environ au-dessus du bord externe du condyle interne, se voit assez souvent, mais non toujours, une petite saillie rugueuse et allongée dans le sens vertical : c'est le tubercule sus-condylien interne de Gruber,
sur lequel viennent s'insérer les faisceaux moyens du muscle jumeau interne. En regard de celui-ci, un peu au-dessus du condyle externe, on rencontre parfois une saillie analogue, le tubercule sus-condylien externe, qui, comme le précédent, donne attache à quelques faisceaux du muscle jumeau externe. Mais ce tubercule externe est relativement beaucoup moins accusé et beaucoup plus rare que l'interne : je ne l'ai rencontré que 3 fois sur 60 fémurs que j'ai examinés à ce sujet. Le tubercule interne existait, à des degrés de développement divers, 4S fois, soit une proportion de 75 p. 100.
Le creux sus-trochléaire, la portion inférieure du triangle poplité, l'échancrure intercondylienne et les faces latérales des condyles sont criblés d'oriflces vasculaires, dont quelques-uns présentent des dimensions considérables.
Fig. 298.
Figure schématique montrant l'architecture de l'extrémité supérieure du fémur (d'après Meyer).
1, tète du fémur. — 2, col. — 3, grand troclianter. 4, diaphyse. — 5, caual médullaire.
canal médullaire, qui s'étend du quart extrémités ou épiphyses sont formées toure une coque plus ou moins épaisse
U° Conformation intérieure. — Le fémur présente la structure générale de tous les os longs : son corps ou diaphyse, exclusivement constitué par du tissu compacte, est creusé à sa partie centrale d'un inférieur de l'os au petit trochanter. Ses par des masses de tissu spongieux, qu'ende tissu compacte.
os DE LA CUISSE
Cette couche enveloppante de tissu compacte pre'sente, au niveau du bord infe'rieur du col, une épaisseur considérable, qui tranche nettement sur les faibles dimensions que possède cette couche dans les régions voisines. Il y a là une lame
Fig. 299. Fig. 300. Fig. 301.
Fémur, vue antérieure, avec Fémur, vue postérieure, avec Fémur, vue interne, avec les insertions musculaires. les insertions musculaires. les insertions musculaires.
1, moyen fessier. — i, petit fessier. — 3, pyramidal du bassin. — 4, .ï, 6, jumeau supérieur, obturateur interne et jumeau inférieur. — 7, obturateur externe. — 8, carré crural. — 9, vaste externe. — 9', crural. — 9", vaste interne. — 10, psoas-iliaque. — 11, tenseur de la synoviale du genou. — 12, grand fessier. — 13, grand adducteur ou troisième adducteur. — 14, deuxième adducteur. — 15, premier adducteur. — 16, pectiné. — 17, courte portion du biceps. — 18, demi-membraneux. — 19, jumeau interne. — 19', jumeau externe. — 20, plantaire grêle. — 21, poplité.
osseuse très i^ésistante, Véperon fémoral de Merckel, qui se continue avec le tissu compacte du corps de l'os et augmente considérablement la solidité de l'extrémité supérieure.
OSTEOl.OGIE
Du l'esto dans les épiphyses fémorales comme dans Lotîtes les autres épiphyses, la direction des travées osseuses n'est pas livrée au hasard, mais toujours admirablement réglée pour lutter contre les pressions ou les tractions extérieures. Cela ressort des travaux de Meyer {Die Architectur des spongiosn, Arch. f. .Vnatomie and Physiologie. 1867, p. 61S) et de .luuus Wolff { Ueber die inner. Architectur der Knochen. etc., ihid.. 1873. p. o89), auxquels nous renvoyons le lecteur pour de plus amples détails. Ces travaux allemands ne font d'ailleurs que confirmer les résultats obtenus et consignés par Rodet dans sa thèse inaugurale (Paris, 1844). Nous reproduisons plus haut (fig. 298). sous forme de schéma, la disposition que" présentent les travées osseuses dans Tépiphyse supérieui'e du fémur.
Le tissu spongieux des épiphyses fémorales devient, à partir de cinquante ans, le siège d'une résorption lente, mais toujours progressive, qui agrandit d'abord les cellules en amincissant et faisant disparaître leurs parois et aboutit finalement au creusement d'une cavité centrale qui se remplit de moelle osseuse. C'est surtout sur l'épiphyse supérieure qu'on peut suivre nettement cette disparition progressive du tissu spongieux, entrauiant comme conséquence l'agrandissement du canal médullaire. On a observé des fémurs de vieillards dont le col, entièrement envahi par le canal de l'épiphyse, n'était plus constitué que par un cylindi"e fort mince de tissu compacte, incapable de résister à un clioc tant soit peu violent ou même à une forte contraction musculaire. Cette raréfaction du tissu osseux dans la diaphyse supérieure nous explique nettement la fréquence relativement considérable des fractures du col chez les x ieillards.
Connexions. — Le fémur s'articule avec trois os : 1» eu haut, avec l'os coxal ; 1" en bas, avec le tibia ; 3° en bas et en avant, avec la rotule.
Insertions musculaires. — Vingt et un muscles s'insèrent sur le fémur. Nous résumons ces différentes insertions musculaires dans le tableau synoptique suivant. Le lecteur, pour la signification des chiffres placés à la droite de chaque muscle, voudra bien se reporter aux trois figures 299, 300 et 301 (p. 323). Il consultera aussi, pour les insertions qui se font sur l'extrémité supérieure de l'os, les deux figures 294 et 29.5 (p. 319).
I a. Face antérieure
( noviale du genou fil).
I Quadriceps (vaste interne) (9").
Vaste externe (9).
I Psoas-iliaque (10).
. Crural i9').
] Sous-crural ou tenseur de la sj'-