C. — Limaçon osseux
Le limaçon, encore appelé cochlée ( cochléa , xo yl6ç, limaçon), forme la partie antérieure du labyrinthe osseux (fig. 620, 5). Il doit son nom à la ressemblance, singulièrement frappante, qui existe entre son enveloppe extérieure et la coquille du limaçon vulgaire ou escargot. Comme ce dernier, il a l’aspect d’une masse conoïde et il présente chez l’homme l’orientation suivante : son grand axe est à peu près perpendiculaire à l’axe du rocher; autrement dit, il est obliquement dirigé d’arrière en avant et de dedans en dehors. Sa base (fig. 620, 13), tournée en avant, répond à la partie antérieure de la caisse du tympan.
Au point de vue de ses rapports, le limaçon est situé, comme les deux autres portions du labyrinthe, dans l’épaisseur du rocher. Il répond successivement : en arrière, au vestibule et au conduit auditif interne ; en avant et en haut, à cette portion de la face antéro-supérieure du rocher qui est placée en dedans de l’hiatus de Fallope ; en dehors, à la paroi interne delà caisse tympanique et tout particulièrement au promontoire; en bas et en dedans, au canal carotidien et à la carotide interne, qui le traverse.
Envisagé maintenant au point de vue de sa constitution anatomique, le limaçon se compose essentiellement de trois parties : le noyau, la lame des contours et la lame spirale. — Le noyau (fig. 630, A), encore appelé, columelle , occupe, comme son nom l’indique, la partie centrale du limaçon, il a la forme d’un cône plein et présente la même orientation que le limaçon lui-même : sa base répond au conduit auditif interne et son sommet regarde en avant et en dehors. — La lame des contours (fig. 630, B) est un tube cylindrique qui s’enroule autour du noyau, en allant de la base au sommet, et qui décrit ainsi trois tours de spire seulement. Ce tube est, comme on le voit, très court. De ces deux extrémités, l’une celle qui répond au sommet du noyau, est entièrement fermée ; l’autre, celle qui
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répond à la base, reste largement ouverte. — La lame spirale (frg. 630, G), enfin, est une lamelle osseuse en forme de ruban, qui s’engage dans le tube précédent et s’étend depuis son extrémité ouverte jusqu’à son extrémité fermée. Gomme ce dernier, elle décrit autour du noyau un trajet spiral et se dispose toujours d’une façon telle que l’un de ses bords répond à la paroi interne ou axiale de la lame des contours, tandis que l’autre regarde la paroi opposée. Grâce à cette cloison osseuse, le long couloir cylindrique, que formait tout à l’heure la lame des contours, se trouve divisé maintenant en deux moitiés distinctes qui ont chacune la forme d’un demi-cylindre : elles ont reçu le nom de rampes du limaçon. Les rampes, suivant naturellement la même direction que la lame des contours, s’étendent, comme elle, de la base au sommet du limaçon et sont constamment
Fig. 630.
Los trois parties constituantes du limaçon osseux ( schématique ).
A, noyau ou columelle isolé {en jaune). — B, lame des contours isolée {en bleu). — C, lame spirale isolée [en rouge). D, le noyau, la lame des contours et la lame spirale dans leurs connexions réciproques.
séparées Tune de l’autre par la lame spirale. De ces deux rampes, celle qui est placée en arrière de la lame spirale répond en bas à la fenêtre ronde et par conséquent à la caisse du tympan : on l’appelle, pour cette raison, la rampe tympanique. L’autre, celle qui est placée en avant de cette même lame spirale, s’ouvre dans le vestibule et, de ce fait, a reçu le nom de rampe vestibulaire.
Les figures 630, A, B et G, nous montrent les trois parties constitutives du limaçon à l’état d’isolement, chacune avec une couleur particulière. La figure 630, D nous les représente en place et dans leurs connexions réciproques. Pour bien nous fixer sur ces connexions, il importe de pratiquer sur cette dernière figure (630, D) une coupe verticale allant du sommet à la base et la partageant en deux moitiés. L’une de ces moitiés nous est représentée dans la figure 631, qui a été dessinée à une échelle plus grande, mais dans laquelle les trois parties constituantes du limaçon, pour rendre la figure plus démonstrative, ont conservé leur couleur conventionnelle. Nous y reconnaissons tout de suite :1° au centre de la figure, le noyau du limaçon, revêtant naturellement sur la coupe la forme d’un triangle ; 2° tout autour de lui, le tube cylindrique, que forme la lame des contours, décrivant ses trois tours de spire ; 3° dans ce dernier, enfin, la lame spirale , formant cloison et divisant la cavité tubuleuse delà lame des contours en deux couloirs ou rampes lAtirampe veslibulaire, qui est placée en avant etla rampe tympanique qui estplacée en arrière.
Ce coup d’œil rapide jeté sur le limaçon nous a nettement fixé, je l’espère, sur sa constitution anatomique générale, ainsi que sur les rapports réciproques de ses trois parties constituantes. Mais la description qui précède n’est qu’une description sommaire, une description toute schématique et nous devons la compléter. Pour cela, nous allons reprendre une à une les différentes parties du limaçon et donner, à propos de chacune d’elles, tous les détails complémentaires qu’elle comporte et
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que nous sommes maintenant bien à même de comprendre. Commençons parle noyau :
1° Noyau ou columelle. — Le noyau ou axe du limaçon ( modiolus de Valsalva, columelle de Breschet) revêt la forme d’un cône plein, occupant, comme nous l’avons dit plus haut, la partie centrale du limaçon. Sa largeur est de 3 millimètres à la base ; elle diminue rapidement en se rapprochant du sommet et n’est plus que de 1 millimètre au niveau du second tour. Quant à sa hauteur, elle est également de 3 millimètres. La figure 631 nous montre, à ce sujet, que le noyau du limaçon ne dépasse pas le second tour et qu’il est, par conséquent, un peu moins
Fig. 631.
Coupe transversale du limaçon osseux : l’un des segments, vu par sa surface de coupe
(i demi-schématique ) .
1, coupe de la columelle ( en jaune). — 2, 2, 2, lame des contours [en bleu). — 3, lame spirale osseuse, avec 3’, son crochet terminal (en rouge). — 4, crible spiroïde de la base du limaçon. — 5, eanal de Rosenthal, avec : 6, 6, ses canaux afférents ; 7, 7, ses canaux efférenls, dans l’épaisseur de la lame spirale. — 8, rampe tympanique. — 9, rampe vestibulaire. — 10, coupole de limaçon.
haut que le limaçon lui-même : il existe un intervalle de 1 millimètre environ entre le sommet du limaçon et le sommet de son noyau. Envisagée à un point de vue purement descriptif, la. columelle nous offre à considérer : 1° une base ; 2° un sommet ; 3° une surface extérieure.
A. Base. — La base delà columelle répond exactement à la fossette antéroinférieure du conduit auditif interne. Elle nous présente une multitude de petits orifices, à travers lesquels se tamisent les divisions du nerf cochléen. Ces orifices se disposent suivant une double ligne spirale, qui s’enroule dans le même sens que la lame des contours et qui décrit ainsi deux tours complets : nous la désignerons sous le nom de crible spiroïde de la base du limaçon ( tractus spiralis foraminulentus de certains anatomistes). Le long de ce crible (fig. 640, 5), les orifices en question ne sont pas irrégulièrement disséminés, mais répartis systématiquement en une double rangée, de fossettes quadrilatères, que séparent des crêtes plus ou moins accusées. Chacune de ces fossettes renferme 4 à 6 trous. Le crible spiroïde, après avoir effectué son deuxième tour, se termine par un orifice (5) beaucoup plus considérable que tous les autres, qui répond exactement au centre de la base du limaçon.
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Chacun des orifices que nous présente le crible spiroïde, y compris l’orifice central, est l’origine d’un petit canal qui se dirige d’abord parallèlement à l’axe du limaçon et qui, après un certain trajet, variable pour chacun d’eux, s’infléchit en dehors pour gagner le bord adhérent de la lame spirale. Ces canaux sont très visibles sur les coupes verticales du limaçon (fig. 631,6).
La figure 631 nous montre en même temps que chacun de ces canaux, au moment d’atteindre la lame spirale, semble s’agrandir et présenter à ce niveau une dilatation nettement délimitée et de forme sphérique. En réalité, le petit cercle qui représente ce renflement (5) n’est autre que la coupe transversale d’un canal continu et régulièrement cylindrique, qui contourne en spirale la partie corticale de la columelle, en suivant exactement la ligne de soudure de cette partie corticale avec la lame spirale : c’est le canal spiral de Rosenthal.
Le canal de Rosenthal, disons-le par anticipation, est rempli par des cellules
Fig. 632.
Le canal de Rosenthal avec ses canaux afférents et ses canaux efférents, vus sur une coupe [schématique).
1, rampe tvmpanique du limaçon. — 2, rampe vestibulaire. — 3, 3, lame spirale, avec ses deux lamelles. — 4, lame des contours. — 5. columelle. — 6, canal de Rosenthal. vu en coupe. — 7, canal allèrent — 8, canal efférent, compris entre les deux lnmelles delà lame spirale, avec 8’, sa terminaison dans le canal cochléaire.
Fig. 633.
Les mêmes, vus de profil après ablation de la paroi interne du canal de Rosenthal et de ses canaux afférents [schématique) .
1, canal de Rosenthal. — 2, l'un de ses canaux afférenis, avec 2’, sa terminaison dans le canal de Kosenthal. — 3, l’un de ses canaux <fféren's, avec 3’, son origine dans le canal de Rosenthal. — 4, 4, lamelle antérieure et lamelle postérieure de la lame spirale. — 5, coupe de la lame des contour^.
nerveuses ganglionnaires, dont l’ensemble constitue le ganglion spiral ou ganglion de C'orti. Sa face interne ou axiale (voy. fig. 632 et 633) est percée de nombreux orifices, à travers lesquels passent les divisions du nerf cochléen, se rendant de la base du limaçon au ganglion de Corti. Sa face externe nous présente, elle aussi, une nouvelle série d’orifices qui livrent passage à ces mêmes divisions nerveuses pour se rendre du ganglion précité dans l’épaisseur de la lame spirale.
B. Sommet. — Le sommet de la columelle répond à la fin du deuxième tour. Il présente un petit orifice circulaire, visible à l’œil nu, qui n’est autre que la terminaison du canal central du noyau, dont nous avons vu l’origine tout à l’heure sur le crible spiroïde de la base du limaçon. Ce canal central, comme tous les canaux qui l’entourent, livre passage à un rameau du nerf cochléen.
C. Surface extérieure. — La surface de la columelle répond à la paroi interne
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de la lame des contours et au bord concave de la lame spirale, qui lui adhèrent d’une façon intime.
La ligne d’implantation de cette dernière est marquée par deux rainures parallèles qui correspondent aux deux lamelles de la cloison spirale (voy. plus bas).
Entre les deux rainures se trouve une petite surface intermédiaire, qui est criblée de trous : ce sont les foramina modioli , à travers lesquels passent les filets nerveux, indiqués ci-dessus, qui, du ganglion de Gorti, se portent dans l’épaisseur de la lame spirale et, de là, aux cellules sensorielles du limaçon membraneux.
2° Lame des contours. — La lame des contours (fig. 640, B) est un tube creux qui s’enroule autour de la columelle, en allant de sa base vers son sommet. Sa longueur totale est de 28 à 30 millimètres. Son diamètre mesure 2 mill imètres à son origine ; mais il diminue peu à peu, comme toutes les parties constitutives du limaçon, au fur et à mesure qu’on se rapproche du sommet.
Le tube osseux formé par la lame des contours, tube osseux cochiéaire, commence sur le côté interne du promontoire, immédiatement au-dessus de la fenêtre ronde (fig. 620 et 636). — Delà, il se dirige en bas et en dedans vers le côté inférieur de la columelle.
Puis, se redressant, il se porte en haut et en dehors, en recouvrant successivement le côté interne et le côté supérieur de la columelle. Il arrive ainsi à son point de départ, et le premier tour de spire est effectué.
Continuant alors son trajet spiroïde, il décrit successivement et de la même façon un deuxième, puis un troisième tour. — Il est à remarquer que ces trois tours de spire ne sont pas situés sur le même plan, mais se superposent de la base au sommet de la columelle, d’une façon telle que le troisième tour se trouve placé en avant du deuxième et celui-ci en avant du premier (fig. 634). Ils forment donc trois étages successifs. — Nous ajouterons que, sur les points où deux tours contigus entrent en contact (14), la paroi de l’un se confond intimement avec la paroi de l’autre : il en résulte que les différents tours du limaçon sont séparés les uns des autres, non pas par une double cloison, comme le laisserait supposer la description qui précède, mais par une cloison
Le limaçon et le vestibule vus par en haut.
(On a enlevé à la scie toute la partie du rocher qui forme la voûte de l'oreille interne.)
A, limaçon. — B, vestibule. — C. conduit auditif externe . — D, caissedu tympan.
— 1, bord infé'ieur de la fenêtre ovale. — 2, fente vestibulo-tympanique. — 3, fos«ette hémisphérique. — 4, fossette semi-ovoïde. — 5, fossette cochiéaire.
— 6, gouttière sulciforme etorifice de l’aqueduc du vestibule. — 7, orifice inférieur du canal 't^mi -circulaire postérieur. — 8, orifice non ampullaire du canal demicirculaire externe. — 9, rampe tympanique du limaçon. — 10. rampe vestibulaire. — 11, coupole. — 12, lame spirale, avec 12’, son origine vestibulaire : 12”, son bord externe. — 13, hélieolréma. — 14, lame des contours.
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unique, laquelle remplit à la fois les fonctions de voûte et de plancher : de voûte pour le tour qui précède, de plancher pour le tour qui suit.
Ainsi disposée, la lame des contours présente deux moitiés ou parois : 1° une paroi interne ou axiale , relativement mince, qui répond à la surface de la columelle et se soude avec elle d’une façon plus ou moins intime ; 2° une paroi externe ou périphérique, beaucoup plus épaisse, qui fait face à la précédente et. constitue l’écorce du limaçon.
Ces deux parois se comportent différemment au niveau du sommet de la columelle. — La paroi interne, après avoir décrit le deuxième tour, atteint le sommet de la columelle. Elle cesse alors d’exister et se termine en se confondant avec le côté externe de ce sommet. — La paroi externe atteint, elle aussi, après avoir accompli son deuxième tour, le sommet de la columelle. Mais elle ne s’arrête pas là : continuant son trajet spiroïde, elle décrit encore un troisième tour en formant une gouttière curviligne, qui surplombe la columelle à la manière d’une voûte ou d’une coupole : de là le nom de coupole du limaçon, sous lequel on désigne cette portion terminale de la lame des contours (fig. 634,11 et 635,1). Extérieurement, la coupole répond à ce que nous avons appelé le sbmmet du limaçon.
Le sommet de la columelle et la coupole qui le surplombe sont séparés l’un de l’autre, comme nous l’avons déjà dit, par un intervalle d’un millimètre. Entre les
deux s’étend une lamelle osseuse, mince et fragile, affectant la forme d'un demi-cône creux. Son sommet se confond avec le sommet de la columelle, tandis que sa base s’unit à la circonférence de la coupole : c’est la lamelle semiin fundihuli forme de la lame des contours (fig. 635, 2), et le demi-cône creux qu’elle circonscrit est appelé infundibulum. Cette lamelle osseuse, dont on a voulu faire une formation spéciale sous le nom de lamina modioli ou de lamelle terminale de la columelle , n’est autre que la continuation de la cloison osseuse, ci-dessus décrite, qui sépare les uns des autres les différents tours de spire de la lame des contours. D’une part, en effet, elle se continue, sans ligne de démarcation aucune, avec cette cloison, et, d’autre part, elle se termine par un bord libre, de forme concave, sur lequel nous aurons à revenir à propos des deux rampes du limaçon. Décrivons auparavant la lame spirale.
3° Lame spirale. — La lame spirale, nous l’avons déjà dit, est une lame osseuse fort mince (fig. 630, C), qui se trouve contenue dans le tube osseux cochléaire depuis sa base jusqu’à son sommet.
A. Origine et trajet. — Comme nous le montre nettement la figure 636, la lame spirale prend naissance sur le plancher du vestibule, immédiatement au-dessus de la fenêtre ronde (fig. 636, 8). De là, elle se porte en avant et prend part, par sa portion initiale, à la formation du plancher vestibulaire (voy. p. 707). Puis, elle s’engage dans le tube osseux que forme la lame des contours et s’étend ainsi jusqu’à l’autre extrémité de ce tube, en décrivant, comme lui et dans le même sens, des tours de spire autour de la columelle.
Fig. 635.
Sommet du limaçon (grossissement d’une partie de la figure précédente).
1, coupole. — 2, lamelle semi-infundibuliforme. — 3, lamelle des contours. — 4, lame spirale [en rouge), avec 4’, son crochet ou hamulus. — 5, hélicotréma. — 6, rampe tympanique. — 7, rampe vestibulaire.
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B. Forme et rapports. — Envisagée au point de vue de sa forme et de ses rapports, la lame spiralé nous offre à considérer deux faces et deux bords :
a. Faces. — I)e ses deux faces, l’une regarde en arrière, du côté de la base du limaçon par conséquent, l’autre regarde en avant, du côté de son sommet. , — La première, face postérieure , est relativement lisse. — La seconde, face antérieure, est parcourue par une multitude de petites crêtes transversales, alternant avec des sillons de même direction.
b. Bords. — Ses deux bords se distinguent en interne ou externe.
a) Le bord interne , concave, répond à la paroi interne de la lame des contours
Fig. 636.
Le limaçon et la partie inférieure du vestibule, vus après abrasion de leur paroi antéro-externe et du promontoire (grossissement de la figure 621) : se reporter à cette figure (p. 703) pour l’orientation.
a, conduit auditif interne. — 6, caisse du tympan. — c, vestibule. — d, limaçon.
1, crête vestibulaire, avec 1’, 1”, ses deux branches de bifurcation. — 2, fossette semi-ovoïde. — 3, fossette semi-hémisphérique. — 4, fossette cocbléaire. — 5, gouttière sulciforme, se terminant en haut par l’orifice interne de l’aqueduc du vestibule. — 6, orifice ampullaire du canal demi-circulaire postérieur. — 6’, coupe de ce même canal dans sa portion ascendante. - — 7, fenêtre ronde et tympan secondaire. — 8, lame spirale, avec 8’, son crochet terminal (en rouge). — 9, rampe tympanique. — 9’, rampe vestibulaire. — 10, hélicotréma. — 11, coupole. — 12, lame des contours. — 13, coupe des deux fossettes supérieures du fond du conduit auditif interne : l’antérieure se continue avec l'aqueduc de Fallope au commencement de sa portion verticale. — 14, fossula rotunda. — 15, sinus tympanicus. — 16, pyramide. — 17, protubérance styloïde. — 18, sulcus tympanicus.
et se confond avec cette paroi, ainsi qu’avec la surface de la columelle, d’une façon intime. Au-dessous de la ligne d’implantation de ce bord, la lame des contours nous présente un système de saillies verticales et parallèles, qui donnent à cette portion du limaçon l’aspect d’une colonne régulièrement cannelée (fig. 634, 9) : ces saillies occupent bien entendu la rampe tympanique du limaçon et sont désignées, pour cette raison, sous le nom de colonnes de la rampe tympanique .
P) Le bord externe ,- convexe, plus mince que le précédent, regarde la paroi périphérique de ia lame des contours. Mais il n’arrive pas à son contact, et, quel que soit le point du limaçon que l’on considère, on constate toujours qu’il existe un intervalle entre le bord convexe de la lame spirale et la portion correspondante de la lame des contours. Cet intervalle, disons-le tout de suite, est comblé à l’état frais par les parties molles du labyrinthe membraneux, et toute communication se trouve alors interrompue au niveau du bord externe de la lame spirale, entre la
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partie du tube osseux cochléaire qui est placée en avant de cette lame, et la partie de ce même tube qui est placée en arrière. Le bord externe de la lame spirale nous présente une multitude de petits orifices (fig. 632, 8’), destinés à livrer passage à des vaisseaux et à des filets nerveux.
C. Mode de terminaison. — La lame spirale présente ses plus grandes dimensions au niveau du premier tour, où elle occupe les deux tiers environ de la largeur du tube cochléaire. Elle diminue graduellement dans le deuxième tour et se termine dans le troisième par une extrémité libre en forme de crochet (fig. 634, 4’), que l’on désigne indistinctement sous les noms de bec, de rostrum, de hamulus. Ce crochet terminal, à son tour, nous présente deux bords, comme la lame osseuse qu’il termine : 1° un bord convexe, qui fait suite au bord convexe de la lame spirale et qui est continué, du côté de la lame des contours, par les parties molles du limaçon membraneux ; 2° un bord concave, demi-circulaire, qui, complété par ces mêmes parties molles, se transforme en un orifice arrondi (fig. 634, 5) auquel Breschet a donné le nom d ' hélicotréma (de eXl£, limaçon, et xp%a, trou). C’est au niveau de cet orifice que se fait la communication entre les deux rampes du limaçon. Nous y reviendrons dans un instant.
D. Constitution anatomique. — Envisagée au point de vue de sa constitution anatomique, la lame spirale se compose de deux lamelles distinctes (fig. 632), l’une antérieure (4), l’autre postérieure (4’), unies l'une à l’autre par des travées osseuses ou simplement conjonctives. Entre ces deux lamelles se trouve un système de petits canaux, qui se dirigent transversalement du bord concave vers le bord convexe. Ces canaux prennent naissance, en dedans, sur la paroi externe du canal de Rosenthal et livrent passage aux filets nerveux qui, du ganglion de Corti, se rendent aux parties molles du limaçon.
4° Rampes du limaçon. — La lame spirale que nous venons de décrire est continuée en dehors par des parties molles (lame spirale membraneuse des anciens auteurs), que nous étudierons dans le paragraphe suivant et qui s’étendent de son bord convexe jusqu’à la paroi externe ou périphérique de la lame des contours. Ainsi complétée, la lame spirale devient une véritable cloison, qui s’étend transversalement d’une paroi à l’autre du tube osseux cochléaire : comme, d’autre part, elle parcourt régulièrement toute l’étendue de ce tube osseux, depuis sa base jusqu’au sommet, elle le divise en deux longs couloirs, que l’on désigne sous le nom de rampes. Naturellement chacune de ces rampes, représentant une moitié du tube cochléaire, a la forme d’un demi-cylindre creux et revêt sur les coupes transversales (fig. 630, 8 et 9) l’aspect d’un demi-cercle .
Des deux rampes du limaçon, l’une est placée en avant de la lame spirale, et par conséquent regarde le sommet du limaçon. Elle commence par un orifice elliptique que nous avons déjà signalé (p. 707) à la partie antérieure et inférieure du vestibule, d’où le nom de rampe vestibulaire sous lequel on la désigne. L’autre est placée en arrière de la lame spirale et regarde par conséquent la base du limaçon. Elle prend son origine à la fenêtre ronde (fig. 636, 9) et s’ouvrirait dans la caisse du tympan si cette fenêtre n’était fermée par une membrane : on lui donne, pour cette raison, le nom de rampe tympanique.
Gomme la lame des contours dont elles dépendent, la rampe tympanique et la rampe vestibulaire suivent autour de la columelle un trajet spiral et parallèle. Dans tout leur trajet, elles sont séparées l’une de l’autre par la lame spirale, qui, comme nous l’avons déjà dit plus haut, joue à leur égard à la fois le rôle de voûte
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et de plancher : de voûte pour la rampe tympanique, de plancher pour la rampe vestibulaire.
Envisagées au point de vue de leurs dimensions, les deux rampes ne sont pas égales. Si nous les suivons de la base au sommet, nous constatons que la rampe vestibulaire est d’abord beaucoup plus étroite que la rampe tympanique. Elle lui devient égale à la fin du premier tour et cette égalité entre les deux rampes persiste pendant la première moitié du deuxième tour. Plus loin, la rampe vestibulaire s’agrandit au détriment de la rampe tympanique et elle l’emporte alors sur cette dernière jusqu’à sa terminaison au-dessous de la coupole.
Jusque-là, les deux rampes sont complètement indépendantes, quoique très rapprochées : aucun trou, aucune fissure ne les relient l’une à l’autre. Sous la coupole.
Coupe verticale et antéro-postérieure du rocher passant par le vestibule immédiatement en dedans de la fenêtre ovale, parallèlement à la paroi interne de la caisse du tympan.
A, segment postéro-interne de la coupe. — B, segment antéro-externe de la coupe. — xx, axe vertical suivant lequel les deux segments se sont .écartps l’un de l’autre.
i, 1’, fenêtre ronde, en dedans de laquelle se voit, sur le segment A, l’orifice interne de l’aqueduc du limaçon. — 2, 2’, rampe tympanique du limaçon. — 3, 3’, sa rampe vestibulaire. — 4, 4’, lame spirale, teintée en rose. — 5, paroi antéro-externe du premier tour de spire du limaçon. — 6, 6’, columelle. — 7, 7’, caisse du tympan. — 3, paroi interne du vestibule, avec ses fossettes. — 9, sa paroi externe. — 10, fenêtre ovale. — 11, 11’, extrémilé ampullaire du canal demi-circulaire supérieur. — li, extrémité ampullaire du canal demi-circulaire externe. — 13. orifice commun aux deux canaux demi circulaires supérieur et postérieur. — 14, orifice ampullaire du canal demi-circulaire postérieur. — 15, 15’, orifice non ampullaire du canal demi-circulaire externe. — 16, coupe de la fossette vestibulaire supérieure du conduit auditif interne. — 16’, fond de celte fossette, avec les orifices qu’elle présente pour la biancbe supérieure du nerf vestibulaire. — 17, coupe de l'aqueduc de Fallope. — 18, canal carotidien.
au contraire, la rampe vestibulaire et la rampe tympanique communiquent largement entre elles par cet orifice circulaire, moitié osseux, moitié membraneux, que nous avons déjà signalé, à propos de la lame spirale, sous le nom hélicotréma. L’hélicotréma est situé au sommet des deux rampes et il est exact de dire qu’à son niveau les deux rampes se terminent l'une dans Vautre, autrement dit se continuent réciproquement. 11 résulte d’une pareille disposition que, si on injecte un liquide par la fenêtre ronde, ce liquide parcourt tout d’abord la rampe tympanique, puis passe par l’hélicotréma et descend alors par la rampe vestibulaire jusque dans le vestibule. Inversement, une injection poussée dans le vestibule remplit successivement la rampe vestibulaire, l’hélicotréma, la rampe tympanique et, par cette dernière, arrive à la membrane de la fenêtre ronde, qu’elle fait bomber du côté de la caisse du tympan.
5° Aqueduc du limaçon. — Le limaçon est relié à l’écorce du rocher ou même à l’extérieur par un petit conduit osseux, V aqueduc du limaçon. Nous avons déjà vu.
ORGANES DES SENS
en Ostéologie, l’orifice extérieur de ce conduit : il occupe, on s’en souvient, le fond d’une dépression pyramidale qui est située sur le bord postérieur du rocher, un peu en dedans de la fosse jugulaire. De là, l’aqueduc du limaçon se porte obliquement en haut, en avant et un peu en dehors, en décrivant dans son ensemble une légère courbe dont la concavité regarde en bas Finalement, il vient s’ouvrir dans la portion initiale de la rampe tympanique, par un tout petit orifice qui se trouve placé (fig. 638,7) sur la paroi interne de cette rampe, immédiatement en avant de la membrane qui ferme la fenêtre ronde. Cet orifice est arrondi et légèrement infundibuliforme : il est précédé, du côté de la fenêtre ronde, par une petite crête verticale, ordinairement très visible, sur laquelle s’insère la membrane précitée.
L’aqueduc du limaçon mesure de 10 à 12 millimètres de longueur. Il est excessivement étroit, surtout à sa partie moyenne , où l’on peut à peine introduire un cheveu. A l’état frais, il livre passage (fig. 665, 12) à un prolongement tubuleux de la dure-mère, renfermant à son centre une fente lymphatique et une veinule qui se rend au golfe de la veine jugulaire.
A côté de l’aqueduc du limaçon, il existe constamment un ou deux autres petits canaux. Ces canalicules accessoires, qui ont été particulièrements bien décrits en 1890 par Siebenmann, amènent des vaisseaux aux différentes parties du limaçon.
D. — Conduit auditif interne
Le conduit auditif interne est un canal osseux qui, de la face postérieure du rocher, s’étend au labyrinthe. Il livre passage, comme on le sait, à trois cordons nerveux : l’auditif, le facial et l’intermédiaire de Wrisberg. Sa longueur est de 8 à 10 millimètres : son diamètre, de 4 ou 5. Au point de vue de sa direction, il se
porte obliquement de dedans en de* hors et d’arrière en avant, faisant avec l’axe du rocher un angle de 45° environ. Le conduit auditif interne nous offre à considérer deux extrémités, l’une interne, l’autre externe.
Ie Extrémité interne. — L’extrémité interne est représentée par un orifice : c’est Y orifice interne du conduit auditif.
Nous savons, pour l’avoir déjà vu en Ostéologie (voy. t. Ier, Temporal) , qu’il est largement ouvert dans la cavité crânienne et occupe la face pos-
a, vestibule. — b, fenêtre ovale. — e, .fenêtre ronde. — d, caisse du tympan, — e, sommet du rocher.
1, crête falciforme du conduit auditif interne. - 2, fossette antéro-supérieure ou faciale. — 3, fossette postéro-supérieure ou vestibulaire supérieure, avec ses orifices pour la branche supérieure du nerf vestibulaire. — 4, fossette antéroinférieure ou cochléenne, avec le crible .spiroïde de la coiumelle. — 5, fossette postéro-inférieure ou vestibulaire inférieure, avee ses orifices livrant passage au nerf sacculaire. — 6, foramen singulare de Morgagni, pour le nerf ampullaire postérieur.
Fig. 639.
Conduit auditif interne, coupé perpendiculairement à son axe pour montrer les fossettes et les orifices qui se trouvent au fond de ce conduit antérieur (segment de la coupe).
Fig. 638.
Orifice interne de l’aqueduc du limaçon (grossissement de la figure 636, s’y reporter pour, l’orientation).
1, caisse du tympan (fossula rotunda). — 2, fenêtre ronde et tympan secondaire. — 3, plancher du vestibule. — 4, lame spirale. — 5, rampe vestibulaire. — 6, rampe tympanique. — 7, orifice interne de l’aqueduc du limaçon.
OREILLE INTERNE
téro-supérieure du rocher. Nous savons aussi qu’il est arrondi ou, plutôt, elliptique à grand axe transversal.
2° Extrémité externe. — L’extrémité externe ou fond du conduit auditif interne est fermée par une paroi osseuse, qui réponi à la fois à la paroi interne du vestibule et à la base du limaçon (fig. 6^9 et 640). Une crête transversale, crête falciforme du conduit auditif interne (1), divise le fond du conduit en deux étages, l’un supérieur, l’autre inférieur :
A. Étage supérieur. — L’étage supérieur est subdivisé lui-même par une petite crête verticale en deux parties, affectant chacune la forme d’une excavation ou fossette.
a) La fossette antérieure ( fossette faciale ) est occupée par un large orifice, qui n’est autre que l’orifice supérieur de l’aqueduc de Fallope a travers lequel passe le nerf facial (voy. Ostéologie).
P) La fossette postérieure ( fossette vestibulaire supérieure), étroite et profonde répond à la branche supérieure du nerf vestibulaire. Elle nous présente trois ou quatre orifices, irrégulièrement disposés, dans lesquels s’engagent les divisions de ce dernier nerf.
B. Étage inférieur. — L’étage inférieur est à la fois plus large et plus haut que l’étage supérieur. Gomme ce dernier, il est subdivisé par une crête ordinairement peu marquée en deux fossettes, l’une antérieure, l’autre postérieure :
a) La fossette antérieure ( fossette cochléenne ) n’est autre que la base de la columelle déjà étudiée (fig. 640, 5). Elle nous présente une multitude de petits pertuis, lesquels, on s’en souvient, se disposent en une élégante spirale, appelée crible spiroïde de la base du limaçon. A travers ce crible se tamisent les fines divi-
Fig. 640.
Le fond du conduit interne dont le diamètre est grandi sept fois, pour montrer les détails du crible spiroïdn (grossissement d’une partie de la figure précédente).
1, crête falciforme. — 2, fossette antéro-supérieure, avec 2’, orince interne de l’aqueduc de Fallope. — 3, crête verticale qui sépare celte fossette de 4, fossette postéro-supérieure. avec 4’, les orifices pour les filets nerveux. — 5, fossette antéro-inférieure, avec 5’, le crible spiroïde, et 5”, le trou du canal central de laeolumelle. - 6, crête qui sépare la fossette antéro-inférieure de 7, fossette postéro-inférieure. — 7, orifices pour les rameaux du nerf sacculaire — 8, foramen singulare de Mohgagni, avec la partie antérieure du canal qui livre passage au nerf ampullaire postérieur.
sions du nerf cochléen.
[3) La fossette postérieure ( fossette vestibulaire inférieure) répond à la branche inférieure du nerf vestibulaire. Nous y voyons d’abord deux ou trois trous, destinés à livrer passage au nerf sacculaire, le plus important des rameaux du nerf vestibulaire inférieur. En arrière de ces trous, tout à fait à la limite postérieure de notre fossette, se trouve un nouvel orifice, plus volumineux que les autres : c’est le foramen singulare de Murgagni (fig. 640, 8), par lequel passe le nerf ampullaire postérieur, autre rameau du nerf vestibulaire.
Nous aurons l’occasion de revenir sur ces différentes fossettes et sur les orifices qu’elles renferment à propos du mode de distribution de l’auditif.
§ Iï. — Labyrinthe membraneux
Les différentes cavités, vestibule, canaux demi-circulaires et limaçon, que nous venons de décrire dans le paragraphe précédent, sont tapissées dans toute leur
ANATOMIE HUMAINE. T. III, 6e ÉDIT. 91
ORGANES DES SENS
étendue par une mince membrane conjonctive, véritable périoste, qui se continue, d’une part avec la dure mère par l’aqueduc du vestibule, d’autre part avec le périoste exocranien par l’aqueduc du limaçon. Elles renferment, en outre, à leur intérieur, un système de poches membraneuses, de forme et de dimensions fort diverses, sur lesquelles viennent se perdre les filets terminaux de l’auditif et dont l’ensemble constitue le labyrinthe membraneux. Ces formations molles de l’oreille interne ont une disposition différente suivant les régions où on les examine et doivent être étudiées séparément : 1° dans le vestibule, c’est le vestibule membraneux ; 2° dans les canaux demi-circulaires, ce sont les canaux demi-circulaires membraneux ; 3° dans le limaçon, c’est le limaçon membraneux.
A.— Vestibule membraneux
On donne le nom de vestibule membraneux aux parties molles qui, à l’état frais, se trouvent contenues dans le vestibule osseux.
1° Conformation extérieure. — Le vestibule membraneux se compose essentiellement de deux vésicules : l’une, supérieure, appelée utricule ; l’autre, inférieure, désignée sous le nom de saccule. Il comprend en outre la portion initiale du canal cochléaire et le canal endolymphatique.
A. Utricule. — L’utricule (fig. 641, 1) occupe la partie supérieure du vestibule, 11 a la forme d’une petite vésicule, allongée d’avant en arrière et aplatie dans le
sens transversal : sa longueur mesure 3 ou 4 millimètres; sa largeur et sa hauteur, 2 millimètres seulement. — Sa face interne répond à la fossette semiovoïde et lui adhère intimement. — Sa face externe regarde la base de l’étrier.
Mais elle n’arrive jamais à son contact : entre l’étrier et l’utricule se trouve un intervalle de 2 millimètres environ.
Par sa surface extérieure, l’utricule est relié au périoste vestibulaire par des tractus fibreux ou conjonctifs, qui le maintiennent en position et lui amènent ses vaisseaux. Sa surface intérieure est partout régulière et lisse, excepté en dedans, au niveau du point où elle répond à la fossette semi-ovoïde. Sur ce point, en effet, se dresse une petite saillie ovoïde, de coloration blanchâtre, mesurant 3 millimètres de longueur sur lmm,5 de hauteur : c’est la tache acoustique de V utricule (fig. 642, 1). A cette tache aboutissent, comme nous le verrons plus tard, les divisions du nerf utriculaire.
Sur cette même surface intérieure de l’utricule, nous rencontrons cinq orifices, tous les cinq arrondis ou ovalaires. Ce sont les orifices, ampullaires et non ampullaires, des canaux demi-circulaires membraneux. Ils présentent sur les parois de
Fig. 641.
Labyrinthe membraneux du côté droit, vu par sa face externe.
1, utricule. — 2, canal demi-circulaire supérieur. — 3, canal demi-circulaire postérieur. — 4, canal demi-eirculaire externe. — 5, saccule. — 6, canal endolymphatique, avec : 7 et 7’, ses rameaux d’origine ; 8, son cul-de-sac terminal — 9, canal cochléaire, avec : 9’, son cul-de-sac initial ou vestibulaire ; 9”, son cul-de-sac terminal. — 10, canalis reuniens de Hensen.
OREILLE INTERNE
l’utricule (fig. 641 et 642) la même situation respective que les orifices des canaux demi-circulaires osseux sur les parois du vestibule.
B. Saccule. — Le saccule (fig. 641, 5) est situé au-dessous de l’utricule, dans la partie la plus déclive de la cavité vestibulaire. Il a une forme régulièrement arrondie et mesure en moyenne, 2 millimètres de diamètre : il est, par conséquent, beaucoup plus petit que l’utricule.
11 répond : 1° en haut, à la paroi inférieure de l’utricule qui lui adhère d’une façon intime; 2° en bas , au plancher du vestibule et plus particulièrement à la portion initiale de la lame spirale (p. 70S); 3’ en dehors, à la paroi externe du vestibule, dont il est séparé par un intervalle d’un millimètre et demi ; 4° en dedans, à la fossette hémisphérique, à laquelle il est faiblement uni (Rüdinger) par un tissu conjonctif lâche, renfermant dans son épaisseur, pour certaines espèces animales tout au moins, un nombre plus ou moins considérable de cellules pigmentaires.
Gomme l’utricule, le saccule est uni au périoste vestibulaire par des travées fibreuses plus ou moins vasculaires. Gomme l’utricule encore, il nous présente à sa partie interne, juste au niveau du point où il répond à la fossette hémisphérique, une petite saillie blanchâtre (fig. 642, 2’) : c’est la tache acoustique du saccule. Elle mesure environ 2 millimètres de longueur sur I millimètre et demi de hauteur et correspond à la terminaison du nerf sacculaire.
Fig. 642.
L’utricule, le saccule et les canaux demi-circulaires, vus par leur face interne, pour montrer les taches et les crêtes acoustiques.
1, utricule, avec 1’, sa lâche acoustique. — 2, saccule, avec 2’, sa tache acoustique. — 3, 4, 5, canaux demi-circulaires supérieur, postérieur et externe, avec 3’, 4’, 5’, leurs crêtes acoustiques. — 6, canal cochléaire. — 7, canal de Hensen. — 8, branche vestibulaii’e de l’auditif. — 9, nerf vestibulaire supérieur, avec : a, nerf ampullaire supérieur ; b, nerf ampullaire externe ; c, nerf utriculaire. — 10, nerf vestibulaire inférieur, avec : d, nerf sacculaire ; e, nerf ampullaire postérieur. — 11, canal endolymphatique, coupé au-dessus de ses deux racines.
C. Portion initiale du canal cochléaire. — Le canal cochléaire, partie essentielle du limaçon, commence dans le vestibule par une extrémité fermée en cul-de-sac (fig. 641, 9’), laquelle repose dans la fossette cochléaire de Reichert (p. 703). De là, il se dirige en avant, passe sur la fente vestibulo-tympanique qu’il ferme, et s’engage ensuite dans les différents tours du limaçon, où pour le. moment nous n’avons pas à le suivre.
Cette portion initiale du canal cochléaire est couchée sur le plancher du vestibule, immédiatement au-dessous du saccule. Elle se trouve reliée à cette dernière cavité par un petit canal vertical (fig. 641, 10), qui a été découvert par Hensen et qu’on appelle indistinctement canalis reuniens de Hensen ou, tout simplement, canal de Hensen.
Le canalis reuniens se présente chez l’homme avec des proportions fort réduites, Cette communication du canal cochléaire avec le saccule est beaucoup plus large chez les vertébrés inférieurs. Chez certains d’entre eux, le canal cochléaire, encore rudimentaire, apparaît manifestement comme une dépendance ou même comme un simple diverticulum du saccule.
D. Canal endolymphatique. — Il résulte de la description qui précède : 1° d’une part, que les trois canaux demi-circulaires se jettent dans l’utricule; 2° d’autre part, que le canal cochléaire est relié au saccule par le canalis reuniens. Les parties molles de l’oreille interne pourraient donc, ce semble, être ramenées à deux systèmes, Vutricule et le saccule, ayant chacun leurs dépendances : l’utricule ayant comme dépendances les canaux demi-circulaires; le saccule, le canal cochléaire.
Pendant longtemps on a cru que ces deux vésicules, utricule zi saccule, étaient complètement indépendantes l’une de l’autre, quoique très rapprochées. Il est universellement admis aujourd’hui, grâce aux recherches de Boettchlr et de Masse, que cette indépendance n’existe pas et que les deux vésicules en question communiquent ensemble par l’intermédiaire d’un canal longtemps méconnu, qui est constitué de la façon suivante (fig. 641) : de la face interne de l’utricule part un petit canal, qui se dirige en haut et en arrière (7) ; la face interne du saccule, à
son tour, donne naissance à un canal analogue (7’). qui suit la même direction. Ces deux canaux, marchant à la rencontre l’un de l’autre, ne tardent pas à se rencontrer et à se réunir : ils forment ainsi un canal unique, auquel Hasse a donné le nom de canal endolymphatique.
Ainsi constitué, le canal endolymphatique s’engage dans l’aqueduc du vestibule (p. 705), le parcourt dans toute son étendue et vient se terminer à la face postérieure du rocher, en formant au dessous de la dure-mère (fig. 641,2) un petit renflement en cul-de-sac, le cul-de-sac endolymphatique. D’après Rüdinger, ce cul-de-sac donnerait naissance, sur plusieurs points de sa surface extérieure, à un système de petits canaux, qui pénétreraient ensuite dans la dure-mère et qui, pour lui, doivent être considérés comme des canaux d’écoulement de i’endolymphe ( Ab ftasskanale ) dans les espaces lymphatiques des méninges.
Le conduit endolymphatique, tel que nous venons de le décrire chez l’homme, est une formation rudimentaire. Il est, en effet, beaucoup plus développé chez les vertébrés inférieurs. Chez un grand nombre de reptiles, son extrémité terminale est située immédiatement au-dessous de la paroi du crâne, au niveau de la suture pariéto-occipitale. Chez les sélaciens, il va plus loin encore : il sort du crâne, gagne la région occipitale et entre en relation par conséquent avec le milieu ambiant, c’est-à-dire l’eau de mer (Wiedersheimj.
2° Structure. — Au point de vue de leur structure, les diverses parties constituantes du vestibule membraneux et, en particulier, l'utricule et le saccule, com-
Fig. 643.
Face postéro-supérieure du rocher pour montrer le culde-sac endolymphatique.
1, dure-mère érignée, pour montrer, 2, le cul-de-sac endolymphatique, — 3, conduit auditif interne, avec les trois nerfs qui s'y engagent. — 4, sinus petreux supérieur. — 5, sinus latéral. — 6, bord postérieur du rocher. — 7, aqueduc du vestibule. — 8, aqueduc du limaçon. — 9, carotide interne.
OREILLE INTERNE
prennent deux tuniques concentriques, qui sont, en allant de dehors en dedans : 1° une tunique conjonctive ; 2° une couche épithéliale.
A. Tonique conjonctive. — La tunique conjonctive elle-même nous présente à considérer deux couches distinctes, l’une extérieure qui se rattache au périoste (couche périodique ), l’autre intérieure qui représente le derme de la muqueuse acoustique ( couche fibreuse proprement dite ) :
a. Couche périostique. — La couche périostique, simple dépendance du périoste, est constituée par des lames de tissu fibreux, d’épaisseur variable et mélangées de fibres élastiques, qui enveloppent le vestibule membraneux. Au sein de ce tissu périostique se trouvent un grand nombre de cellules pigmentaires, tout à fait analogues à celles qui donnent à la lamina fusca de la choroïde sa teinte bien connue. Ces cellules pigmentaires se rencontrent d’ailleurs, en nombre variable, dans toute l’étendue de la tunique conjonctive du labyrinthe membraneux.
b. Couche fibreuse propre. — La couche fibreuse propre, que nous avons assimilée au derme des muqueuses, est, à l’état frais, parfaitement hyaline et d’apparence amorphe. Mais, à l’aide des réactifs, on peut y déceler la présence de noyaux, lesquels se disposent en lits d’une admirable régularité. Sa structure rappelle donc celle des lamelles du tissu corné (Coyne). Du côté de l’épithélium, cette couche est limitée par une membrane basale mince, sans structure ne présentant à sa surface ni crêtes, ni papilles, ni élevures d’aucune sorte. On peut, avec Ranvier, lui donner le nom de limitante externe : c’est la membrane basale de certains auteurs. Au-dessus de la limitante se trouve l’épithélium.
B. Couche épithéliale . — Sur la plus grande partie du vestibule membraneux, l’épithélium se compose d’un seul plan de cellules (fig. 645,1), plus larges que hautes, qui, dans les préparations, s’enlève avec la plus grande facilité. Mais, sur les points où doit s’exercer la fonction auditive (taches acoustiques ), cet épithélium présente un développement tout particulier. Nous pouvons y distinguer trois sortes de cellules (Ranvier) :
1° des cellules dites basales ; 2° des cellules de soutien ; 3° des cellules sensorielles.
a. Cellules basales. — Les cellules basales (fig. 644, 3) reposent directement sur la membrane basale, au-dessus de laquelle leurs noyaux forment une couche continue. Elles sont peu développées et ne jouent, vraisemblablement, dans le phénomène de l’audition, qu’un rôle tout à fait secondaire. Au lieu de former une couche étroitement serrée, elles laissent entre elles des intervalles plus ou moins considérables, à travers lesquels passent les pieds des cellules de soutien, venant s’appuyer sur la membrane basale.
b. Cellules de soutien. — Les cellules de soutien (fig. 645, 2) sont des cellules fusiformes présentant un corps relativement élargi et deux prolongements. De ces
Coupe perpendiculaire d'une tache acoustique du lapin (d’après Ranvier).
1, cellules sensorielles. — 2, cellules de soutien. — 3, cellules basales. — 4, groupe de cils des cellules sensorielles. — 5, cuticule ou limitante interne. — 6, membrane basale ou limitante externe. — 7, chorion connectif dusaceule. — 8, fibres nerveuses, se dépouillant de leur myéline en traversant la membrane basale. — 9, plexus basal.
ORGANES DES SENS
deux prolongements, l'un, dirigé en bas, passe entre les cellules basales et vient s’appuyer sur la limitante externe ; l’autre, dirigé en haut, s’insinue entre les cellules sensorielles et vient se confondre avec la cuticule qui limite l’épithélium en dessus (limitante interne). Entre les cellules basales et le corps élargi des cellules de soutien se trouve une couche spéciale (9), finement granuleuse et fibrillaire sur les coupes : cette couche répond à un plexus serré de fibres nerveuses, que Ranvier a désigné sous le nom de plexus basal. Nous le retrouverons plus loin.
c. Cellules sensorielles. — Les cellules sensorielles, encore appelées cellules ciliées (fig. 644, 1 et 645, 2), ont la forme de dés à coudre (Ranvier), c’est-à-dire de cylindres, dont l’une des extrémités serait plane, l’autre arrondie.
a) V extrémité plane ou supérieure répond à la surface libre de la couche épithéliale. Elle porte un cil volumineux et très long (4), qui, d’après Retzius, résulterait de la fusion d’un pinceau de cils plus fins.
p) V extrémité aiTondie ou inférieure repose dans les intervalles que ménagent entre elles les cellules de soutien. On pensait autrefois que cette extrémité donnait naissance à un prolongement fibrillaire, lequel se continuait, sans ligne de démarcation aucune, avec une fibre nerveuse de l’auditif. Il est démontré aujourd’hui, par l’examen des préparations dues à la méthode de Golgi, que le prolongement en question n’existe pas et que les fibres nerveuses se terminent, ici comme ailleurs, par des extrémités libres. Nous y reviendrons naturellement plus loin à propos des terminaisons auditives.
La couche épithéliale que nous venons de décrire est limitée, du côté de la cavité de l’utricule et du saccule, par une cuticule bien nette (fig. 644, 5) qui se poursuit avec la même épaisseur sur les cellules sensorielles et sur le prolongement supérieur de cellules de soutien. Ranvier donne à cette cuticule le nom de limitante interne.
3° Poussière auditive. — On trouve enfin dans l’utricule et le saccule, ainsi que dans les ampoules des canaux demi-circulaires, des cristaux de carbonate de chaux (fig. 646), que l’on désigne sous le nom de poussière auditive ou à' otoconie (Breschet) : ils siègent de préférence au niveau des taches et des crêtes acoustiques. Ces cristaux appartiennent au système rhombique. Mais leur cristallisation est assez imparfaite. Leurs arêtes sont légèrement mousses, leurs facettes un peu courbes et irrégulières, ce qui est peut-être dû à la petite quantité de matière organique qu’ils renferment. Chez les vertébrés inférieurs, les cristaux calcaires du vestibule, au lieu de se présenter comme chez l’homme à l’état de sable fin ou de poussière, s’agrègent entre eux de manière à former des
Fig. 646.
Otolithes (d’après Gruber).
Fig. 645.
Coupe verticale d'une tache acoustique de l utricule (d’après Retzius) .
1, cellules épithéliales de revêtement. — 2, cellules ciliées. — 3, cellules de soutien ( Fad.enzellen de Retzius). — 4, vaisseau sanguin. — 5, fibres nerveuses. — 6, paroi membraneuse de l’utricule.
OREILLE INTERNE
concrétions plus ou moins considérables. Les poissons osseux possèdent à cet égard de véritables pierres, les pierres auditives ou ololithes.
B. — Canaux demi-circulaires membraneux
On désigne sous le nom de canaux demi-circulaires membraneux , l’ensemble des parties molles que renferment, à l’état frais, les canaux demi-circulaires osseux.
1° Conformation extérieure. — Les canaux demi-circulaires membraneux occupent l’intérieur des canaux demi-circulaires osseux et, bien qu’ils ne les remplissent qu’incomplètement, ils ont 5
la même direction, la même longueur, la même configuration que ces derniers. Ils sont au nombre de trois et se distinguent, comme les canaux osseux, en supérieur, postérieur et externe.
Le calibre du canal membraneux représente le quart environ de celui du canal osseux correspondant. De plus, le canal membraneux n’occupe pas exactement le centre du canal osseux : il se dispose, par rapport à ce dernier, d’une façon excentrique (Rüdinger), c’est-à-dire qu’il longe la paroi extérieure ou convexe du canal demi-circulaire. Une couche de tissu conjonctif l’unit intimement à cette paroi.
D’autre part, comme l’utricule 2
et le saccule, il est relié aux autres parois du canal osseux par un système de travées fibreuses, affectant, tantôt l’aspect de simples filaments, tantôt l’aspect de véritables membranes. Quoi qu’il en soit de leur forme et de leurs dimensions, ces travées s’entrecroisent les unes avec les autres et, quand elles sont assez développées, cloisonnent de la façon la plus irrégulière l’espace compris entre le canal contenant et le canal contenu. Elles forment ainsi une espèee de tissu aréolaire (fig. 647, 9), reliquat de cette substance gélatineuse qui, chez le fœtus, entoure les canaux demi-circulaires membraneux.
Les canaux demi-circulaires membraneux présentent chacun deux extrémités, l’une ampullaire, l’autre non ampullaire. Nous avons dit plus haut qu’ils s’ouvrent dans le saccule par cinq orifices, dont deux répondent aux extrémités non ampullaires, les trois autres aux extrémités ampullaires (fig. 641). La forme de ces orifices n'est pas exactement la même pour tous : les deux orifices non ampullaires sont ordinairement arrondis ; des trois orifices ampullaires, celui qui termine le canal
Fig. 647.
Coupe transversale d’un canal demi-circulaire de l’homme (d’après Rüdinger).
1, canal demi-circulaire osseux. — 2, périoste — 3, canal demicirculaire membraneux, avec 4, les villosités de la surface interne. — 5, tissu conjonctif, unissant le canal demi-circulaire membraneux au périoste. — 6, 6, travées fibreuses unissant au périoste la partie libre du canal membraneux. — 7, vaisseaux. — 8, espace endolymphatique. — 9, 9, espace périlymphatique.
ORGANES DES SENS
demi-circulaire postérieur est également arrondi ; les deux autres, ceux qui répondent au canal externe et au canal supérieur, sont elliptiques.
Les crêtes acoustiques, vues sur des coupes verticales des ampoules (d’après Retzius).
A, canal demi-circulaire supérieur. — B. canal demi-circulaire externe. — C, canal demi-circulaire postérieur. — 1, coupe de l’ampoule membraneuse. — 2, crête acoustique. — 3, raphé. — 4, nerf ampullaire supérieur. — 5, nerf ampullaire externe. — 6, nerf ampullaire postérieur.
Chacune des ampoules des canaux demi-circulaires membraneux nous présente à
sa partie interne un petit repli transversal, qui se traduit extérieurement par un sillon, intérieurement par une saillie : ces saillies (fig. 648, 2) ont reçu le nom de crêtes acoustiques. Elles ont une forme semi-lunaire, se disposent perpendiculairement à l’axe des ampoules et se distinguent de la zone ambiante par une coloration blanc jaunâtre. Comme les taches acoustiques, avec lesquelles elles présentent la plus grande analogie, les crêtes précitées répondent aux divisions terminales de l’auditif (voy. plus loin).
Au-dessous de chacune des crêtes acoustiques, au point d’abouchements de l’ampoule dans l’utricule, se trouve une petite cloison semilunaire que Steifensand a désignée sous le nom i de lame semi-lunaire (planum semi-lunaire).
2° Structure. — Là constitution anatomique des canaux demi-circulaires membraneux (fig. 649 et 650) est absolument identique à celle de l’utricule et du saccule, sauf que la limitante externe ou membrane basale, au lieu d’être lisse et plane comme dans ces dernières cavit tés, présente une série de petits relèvements papilliformes qui ont, tantôt la forme de crêtes , tantôt, leur sommet étant plus large que leur
mii/f
Fig. 649.
Coupe verticale de la crête acoustique d’une ampoule de la lacerta viridis (d’après Retzius).
1, cellules cili es. — 2, cils auditifs. — 3, 3, cellules de soutien i Fadenzellen de Retzius). — 4, fibres nerveuses.
base, la forme de massues (fig. 647, 4). 11 est à remarquer que ces saillies disparaissent au niveau de la partie adhérente des canaux demicirculaires membraneux. Elles sont dues à des épaississements partiels de la membrane
OREILLE INTERNE
fibreuse propre qui répond au derme muqueux. Ces papilles, quels que soient leur forme et leur développement, sont toujours revêtues par la couche épithéliale.
Quant aux crêtes acoustiques, elles présentent, elles aussi, la même constitution anatomique que les taches acoustiques du vestibule membraneux et nous ne saurions y revenir ici sans tomber dans des redites. Nous nous contenterons de rappeler qu’elles nous présentent trois ordres de cellules : 1° des cellules basales , ainsi appelées parce qu’elles reposent directement sur la membrane basale ; 2° des cellules de soutien , chacune avec un corps fusiforme et deux prolongements, l’un central, l’autre périphérique, ce dernier venant se confondre avec la cuticule épithéliale ; 3° des cellules ciliées , véritables cellules sensorielles surmontées du côté de leur extrémité libre par un cil volumineux et très long ou, plus exactement, par un pinceau de fils très fins adossés l’un à l’autre.
Nous reproduisons ici (fig. 649), d’après Retzius, la coupe verticale de la crête acoustique d’une ampoule de la Lacerta viridis. Il suffit d’un coup d’œil jeté sur cette coupe pourvoir combien elle ressemble à la coupe (représentée fig. 644) de la tache acoustique du lapin. Nous reproduisons aussi (fig. 650), toujours d’après Retzius, l’aspect d’une crête acoustique vue d’en haut : les cellules de soutien se distinguent nettement avec leur contour propre, contours polygonaux à cinq ou six côtés ; les cellules sensorielles, à leur tour, se reconnaissent facilement en ce qu’elles sont arrondies ou très légèrement ovalaires; quant à leurs cils, ils nous apparaissent, au centre de la cellule à laquelle ils appartiennent, comme des amas de petits corpuscules arrondis, chacun de ces corpuscules répondant à un cil.
Nous ajouterons que, tout à côté de la crête acoustique proprement dite, le planum semi-lunaire de Steifensand reçoit quelques fibres nerveuses et, de ce fait, nous présente des terminaisons auditives.