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ARTICLE III. — PROTOZOAIRES

Ces êtres inférieurs, généralement connus sous le nom d’infusoires, sont des animaux microscopiques dont les divers systèmes et les organes ne sont pas en général nettement séparés, et dont l’organisation est réductible au type de la cellule, excepté chez un petit nombre où existent des organes extrêmement simples.

Les téguments des protozoaires, tantôt mous et contractiles, tantôt durs et cornés, sont ordinairement pourvus d’appendices variés ou cils qui servent à la préhension des aliments, à la locomotion, etc. Le parenchyme du corps est une substance molle, diffluente, transparente et contractile (sarcode), qui dans certains cas seulement présente un tube digestif plus ou moins complet et une cavité pulsatile ou système circulatoire rudimentaire. La génération s’accomplit par fissiparité, par gemmiparité ou par des organes sexuels. Ceux-ci, toujours très-simples, sont constitués par des vésicules distinctes dans lesquelles se développent les spermatozoïdes ou les ovules.

Les protozoaires sont extrêmement répandus ; ils existent dans les eaux stagnantes ou courantes, douces ou salées, dans l’humus, etc. Ils apparaissent rapidement dans les matières végétales ou animales en décomposition, se rencontrent sur les téguments des animaux qui vivent dans l’eau, dans divers organes des animaux à sang lfoid et même chez les animaux à sang chaud, où ils occupent surtout la surface des plaies, les mucosités intestinales ou vaginales. Les infusoires qui vivent dans les organes des animaux sont de véritables entozoaires, car ils périssent promptement lorsqu’on les retire de ces organes, et, d’autre part, les infusoires libres succombent lorsqu’on les introduit dans un organisme animal. Peu connus chez les animaux domestiques, ces parasites ont été mieux étudiés chez l’homme ; ils appartiennent à plusieurs familles dont voici les principales :

§ 1. — Monadiens.

1° Cercomonas hominis, Davaine. Cercomonas intestinalis Lambl. Cet animalcule, découvert en nombre considérable dans les déjections récentes des malades atteints du choléra, a le corps piriforme, long de 0mm,0l

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à O"1"1, 12. Son extrémité postérieure, amincie, se termine par un fila- | ment caudal aussi long que le corps ; son extrémité antérieure, obtuse, présente un filament vibratile très-long et llexueux difficile à voir; son tégument est mou et blanchâtre (fig. 2 kk). Les cercomonades sont très-

Fie. 2 titi. — Cercomonas intestinalis, petite et grosse variétés (Davaine).

agiles, ce qui rend difficile l’observation de leurs caractères; quelquefois suspendus par l’agglutination de leur filament caudal aux corps environnants, ces animalcules oscillent comme la lentille du pendule autour de sa tige; ils ne tardent pas à périr lorsque les matières qui les renferment se refroidissent , ce qui prouve que leur formation n’est pas due à la décomposition de ces matières. Ce sont donc de véritables parasites qui vivent dans l’intestin de l’homme, lorsqu’ils y trouvent certaines conditions qui leur sont indispensables (Davaine).

IUne seconde espèce de cercomonade, plus petite que la précédente , a •été rencontrée par Davaine chez un jeune homme atteint de fièvre typhoïde .

Bibliographie. — Davaine, Traite des entozoaires, p. 3, Paris, 1860, et Dict.

! » encyclopéd . dessc. méd., art. Monadiens, p. 125. — Lambl, Prager Vierteljahrschr.,

2° Cercomonas urinarius, Ilassall. Cette espèce, dontles caractères ne sont pas suffisamment déterminés, a été observée par Ilassall dans l’urine des cholériques, quelquefois aussi dans des urines alcalines ou albumineuses. Elle a le corps granuleux, nu, une forme arrondie ou oblongue, un, <leux ou trois filaments flagelliformes, un mouvement vacillant.

Bibliographie. — A. -H. Hassai.l, The Lancet, nov. 1859.

3° Trichomonas vaginalis , Donné. Découverte par Donné dans les mucosités vaginales de la femme, la trichomonas vaginale a le corps d’une longueur de 0 millim. 01, subglobuleux, ovoïde ou piriforme, légèrement granulé, glutineux, transparent, blanchâtre ou grisâtre. Elle porte à l’une de ses extrémités un filament llagelliforme plus long que le corps, quelquefois deux, rarement trois (Ivolliker) ; cinq ou six cils vibratiles assez courts accompagnent ces filaments, ils sont situés à la base en

séries. L’autre extrémité offre un prolongement épais et fixe ; un mouvement vacillant est déterminé par les filaments flagelliformes (fig. 245).

Les trichomonades du vagin se trouvent dans le mucus vaginal chez la femme, où elles sont souvent réunies par groupes de cinq ou six individus et même plus, dans lesquels on ne distingue que quelques appendices tlagelliformes. Le mucus qui les renferme est généralement altéré et contient des bulles d’air qui lui donnent un aspect écumeux. Quand ce mucus est refroidi, les protozoaires ne tardent pas à disparaître.

J’ai rencontré la trichomonas vaginale avec un seul filament llagelliforme chez la plupart des femmes atteintes de blennorrhagie que j’ai soignées pendant l’espace de deux ans à l’hôpital de Lourcine ; pour un instant, j’avais pensé à faire de cet infusoire la caractéristique du pus blennorrhagique, mais je n’ai pas tardé à reconnaître qu’il existait chez des femmes ayant une simple leucorrhée. Davaine a observé cet animalcule dans l’urine de femmes atteintes d’écoulement leucorrhéique abondant.

FiG. 245. — Trichomonas vaginale (Külliker).

Bibliographie. — Donné, Recherches microscopiques sur la nature du mucus et la matière des divers écoulements chez l’homme et chez la femme. Paris, 1837. — Le même, Cours de microscopie. Paris, 18/iè, p. 157, pl. IX, tig. 33. — J. YogelIcones, Hist. pathul., pl. IX, fig. 9, et Anat. path. génér. , tr. fr., Paris, 1 8ù7 , p. 39. — Scanzoni et Kôlliker, Scanzoni’s Beitrâgen fur Geburtskunde, 1855, t. II, p. 131 v pl. III, fig. 2, et Gaz. méd. de Paris , 1855, p. 315. — Diesing, Révision der Prothelminthen, p. 61, Wien, 1861. — Davaine, art. Monadiens du Dict. encyclopéd. des sc. mécl., p. 129.

§ 2. — Paraméciens.

Paramecium coli , Malmsten. Cet infusoire est ovoïde, aminci en avant, long de 0mm,l environ, couvert de cils serrés, disposés en séries obliques. Il a une bouche antéro-lalérale, munie de cils plus longs que les précédents, un œsophage légèrement élargi et recourbé, un anus situé en arrière, à la face abdominale, plus ou moins saillant et distinct, deux vésicules contractiles, variables, l’une plus petite, subcentrale, l’autre située près de l’anus (fig. 2h6). Les paramécies, douées d’une mobilité et d’une vivacité assez grandes, se rencontrent au nombre de vingt à vingt-cinq dans une seule gouttelette de mucus. Elles meurent très-vite hors de l’intestin.

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La paramécie de l’homme a été trouvée par Malmsten, en même temps que des cellules de pus et des globules de sang, dans deux cas de diarrhée lientérique. La mort ayant eu lieu dans l’un de ces cas, on put constater que les infusoires étaient en plus grand nombre sur les points où la membrane muqueuse du côlon et du cæcum était peu affectée, que dans les endroits où l’altération était manifeste et dans le pus qui en provenait.

Treille eut l’occasion d’observer six fois, sur neuf malades atteints de la dysenterie de Cochinchine, la para- fig. 2k6. — Paramemécie du côlon dans les déjections intestinales; il fait cium colt (Malmsten). remarquer que la présence de cet infusoire a coïncidé pour ainsi dire exactement avec l’hémorrhagie.

Bibliographie. — Malmsten, Archiv f. pathol. Anut. und Physiol. , 1857, t. XII, p. 302—309, pl. X. — Ludwig Stieda, Archiv fur pathol. Anat. und Physiol., etc., 1866, t. XXXVI, p. 285. — G. Treille, Note sur le paramecium coli obsemé dans la dysenterie de Cochinchine ( Archives de médecine navale, 1875, t. II, p. 129-133). — Leuckart, Lie menschlichen Parasitai, t. II, p. 845 . Leipzig, 1876.

§ 3. — Grégarines et Psorospermies.

Les grégarines ( Gregarinœ , L. Dufour) sont des organismes cellulaires qui se rencontrent dans les viscères des animaux inférieurs, beaucoup plus rarement dans les organes de l’homme. Dès leur premier âge, ces parasites se présentent sous la forme de corps globulaires qui se meuvent en tous sens (amibes). Libres dans l’intestin ou réunis en séries, ils peuvent comme tels être confondus avec des globules de pus. Plus tard ils prennent une forme elliptique ou ovalaire aplatie, s’entourent d’une membrane à double contour, sans ouverture et sans structure, sous laquelle on distingue une couche transparente, contractile. La cavité circonscrite par cette membrane renferme un liquide visqueux, transparent, des granulations arrondies et réfringentes, contenant dans leur épaisseur un noyau nucléolé, de forme ellipsoïdale régulière (grégarines). Après enkystement et à la suite d’une sorte de fractionnement du noyau et de la masse granuleuse, la grégarine se change en petites vésicules qui, suivant quelques auteurs, donnent naissance aux psorospermies ou pseudo-navicelles. Ces dernières sont formées d’une membrane extérieure composée de deux valves qui s'appliquent exactement par leurs bords, et d’une cavité Laxcereaux. — Traité d’Anat. path.

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