TRAUMATISME
Le traumatisme est l’état qu’imprime à l’organisme toute espèce de lésion locale produite instantanément, soit par une violence extérieure, soit par un agent physique ou chimique puissant.
L’élude anatomo-pathologique du traumatisme est des plus instructives, car, résultant d’une action primitivement locale, ce désordre, mieux que tout autre, permet d’apprécier les divers modes de réaction de l’organisme en présence des agents extérieurs et suivant les conditions de la nutrition générale. En effet, selon qu’il vit à l’état sauvage ou à l’état 'civilisé, qu’il habite la campagne ou une grande ville, un pays chaud ou un pays froid, qu’il a une vie active ou une vie sédentaire, qu’il se nourrit de substances animales ou de substances végétales, l’individu atteint par le traumatisme se comporte d’une façon différente. Le campagnard supporte mieux les opérations que l’habitant des villes ; la femme à l’état sauvage, contrairement à la femme vivant à l’état de civilisation, ne connaît pour ainsi dire pas les suites de l’accouchement; l’individu nourri de viandes voit la cicatrisation de ses plaies se produire plus tôt que l’individu qui a pour base de son alimentation des pommes de terre, etc. Or, dans ces conditions, il est facile de comprendre l’inanité de la statistique chirurgicale, si elle ne s’applique à des individus de même âge, de même sexe et vivant dans des conditions hygiéniques semblables.
Les agents traumatiques ont d’ailleurs des effets très-dissemblables suivant leur mode d’action. Les uns modifient les tissus en les incisant, en les déchirant ou en les broyant : ils agissent d’une façon purement mécanique; les autres exercent sur ces parties une action simplement physique ou chimique. Par conséquent, il y a lieu d’admettre, pour la facilité de l’étude, un traumatisme mécanique , un traumatisme physique et un traumatisme chimique.