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I. — Atrophie

L’atrophie congénitale des capsules surrénales ayant été traitée dans le précédent chapitre, il sera uniquement question ici des atrophies qui sont le fait de l’âge ou d’un trouble nutritif provenant du système nerveux. .

Par le fait même de leur évolution, les capsules surrénales dégénèrent et s’atrophient. Difficiles à trouver chez les vieillards, elles sont ratatinées, la plupart du temps transformées en une masse molle, friable, grisâtre au centre, jaunâtre à la périphérie. Les éléments qui les composent se trouvent infiltrés de granulations graisseuses ou même dissociées. Mais à quelle époque de la vie survient cette dégénérescence, et quels sont ses effets? autant de points qui n’ont pu être élucidés jusqu’ici. L’âge où elle se produit est sans doute variable, car il arrive parfois de rencontrer chez des personnes encore jeunes des capsules surrénales peu différentes de celles que l’on observe chez les vieillards.

A côté de l’atrophie sénile, il y aurait à dire qT.elques mots de l’atrophie d’origine nerveuse ou atrophie névropathique; mais cette dernière a été trop peu étudiée jusqu’ici pour qu’il nous soit possible d’en parler sciemment. Il n’existe pas moins une atrophie des capsules surrénales distincte de l’atrophie sénile, et que, pour cette raison, les auteurs anglais, qui Font plus particulièrement observée, ont désignée sous le nom d’atrophie simple.

Les glandes surrénales, diminuées de volume et de poids, à peine reconnaissables, offrent des aspects divers; elles sont blanchâtres ou jaunâtres, réduites à un amas de graisse ou à un petit corps d’apparence fibreuse, comme dans un cas rapporté par Wickham Legg, ou encore à une simple masse fibreuse avec absence de substance médullaire, sinon avec une faible couche d’une substance brunâtre.

L’examen microscopique, pratiqué dans quelques cas, celui de Goodharl notamment, a permis de constater l’existence de lacunes veineuses centrales et l’arrangement, sous forme de colonnes, des cellules du parenchyme, opaques sans noyaux apparents et en dehors de tout tissu conjonctif de nouvelle formation. La plupart du temps, en effet, c’était

GLANDES DITES VASCULAIRES SANGUINES

comme une miniaUire de capsules surrénales avec des cellules granuleuses plus ou moins fortement dégénérées ; quant aux éléments des nerfs et aux ganglions du plexus solaire, ils étaient à peu près intacts dans la majorité des cas; mais il reste à se demander si l’examen a été fait avec tout le soin désirable.

Bibliographie. — J. Kent Spender, Brit. med. Journ., 1858, p. 768. — J. WicKHAM Legg, St-Bartholomexü s hospit. Beports, London, 1874, t. X, p. 225. — Le même, The Lancet, London, 1885, t. I, p. 1027. — J. -F. Goodiiart, Simple atrophy of ihe suprarénal capsules, etc. [Trans. of the path. Soc. of London, 1882, t. XXXIII, p. 340). — IL Davy, Ibid., p. 360. — G. Eates, Ibid., p. 366. — R. -G. Hebb, The Lancet, London, 1883, t. I, p. 9. — Sidney CouPLAND, Atrophy of adrenals with Addisoti’s diseuse (Transact. of the path. Soc. of London, 1885, t. XXXVl, p. 423. — Rob. Saundby, A<rop% of the suprarénal capsules loith enlarged spleen and dark-coloured urine (Trans. of the path. Soc. of London, 1885, t. XXXVI, p. 440).

IL — Hypertrophie.

L’hypertrophie simple des capsules surrénales est peu commune, à cause, sans doute, des modifications que subissent les éléments de ces glandes à un âge peu avancé de l’existence. Néanmoins, comme il est possible de produire expérimentalement ce désordre nutritif, on conçoit qu’il puisse se réaliser cliniquement. Brown-Séquard, en effet, a trouvé les glandes surrénales hypérémiées et hypertrophiées à la suite d’une section de la moelle épinière, et même il a montré aux membres de la Société de biologie une capsule surrénale volumineuse et de teinte chocolat, chez un cochon d’Inde mort à la suite d’une lésion de la moelle épinière. Cet auteur n’hésite pas d’ailleurs à admettre l’existence d’une relation entre l’état morbide des capsules surrénales et la gravité de la lésion médullaire. A ce propos, il signale le fait d’une hypertrophie de ces lorganes rencontrée chez l’homme dans un cas de fracture de la colonne vertébrale.

Ces faits paraissent bien mettre hors de contestation la subordination de l’hypertrophie vraie des capsules surrénales à une lésion médullaire, ou du moins à une influence nerveuse, et tout porte à croire que des désordres du même genre peuvent se l’encontrer chez l’homme. Stilling d’ailleurs prétend avoir observé l’hypertrophie d’une des capsules surrénales à la suite de l’ablation de sa congénère.

Le nom d’hypertrophie, nous devons le reconnaître en terminant, est e plus souvent donné à une lésion caractérisée par la multiplication des

éléments des capsules surrénales sans changement de structure; mais cette lésion comparable aux hypertrophies de la plupart des glandes vasculaires sanguines, à celles du corps thyroïde en particulier, est en réalité une hyperplasie, et comme telle elle doit avoir sa place ailleurs (voy. Adénome).

Bibliographie. — Brown-Séquard, Hypertrofhie des caps, surrénales après section de la moelle épinière {Gaz. méd., 1852, p. 73, et Comptes rendus de la Soc. de biologie, Paris, 1870, t. XXII, p. 27). — Pfortner, Recherches sur les capsules surrénales, 1869, p. 254. — H. Stilling, Note sur l’hypertrophie compensatrice des capsules sutrénales {Revue de médecine, Paris, 1888, t. VIII, p. 459).

§ 2. — Phlegmasies.

Les capsules surrénales renferment, comme la plupart des organes, deux ordres de tissus : les uns épithéliaux, les autres conjonctifs. Leurs phlegmasies se localisent d’une façon plus spéciale à l’un ou à l’autre de ces tissus; c’est pourquoi nous étudierons successivement les phlegmasies parenchymateuses qui intéressent particulièrement les épithéliums, les phlegmasies suppuratives caractérisées par l’extravasation de leucocytes, et les phlegmasies prolifératives qui se localisent de préférence au tissu conjonctif et l’indurent.

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