‹ Traité d'anatomie pathologiqueChapitre 179 sur 218 · II. — Hypertrophie de la conjonctive · texte numérisé non relu

II. — Hypertrophie de la conjonctive

L’hypertrophie générale de la conjonctive ne paraît pas avoir été observée, mais la plupart des auteurs décrivent, sous le nom de pterygion, une lésion circonscrite de cette membrane qu’ils considèrent comme une hypertrophie partielle. Cette lésion a pour siège les parties exposées à l’action de l’air extérieur; elle consiste en un épaississement de la conjonctive qui devient saillante et revêt habituellement la forme d’un triangle dont la base est tournée vers le cul-de-sac conjonctival, tandis que le sommet aboutit à la circonférence de la cornée. Généralement blanchâtre à son sommet, elle est plutôt rosée vers sa base, et présente une épaisseur parfois assez considérable pour faire croire à une tumeur. L’épithélium qui la recouvre est peu ou pas modifié, mais les faisceaux conjonctifs sous-jacents, manifestement épaissis, sont, dans la partie centrale, fibrillaires et dirigés dans le sens du pterygion, tandis que sur les côtés ils présentent dans leur épaisseur une substance homogène d’aspect gélatiniforme ou muqueux (Schreiter). Cette composition ne diffère pas de celle qu’a décrite autrefois Ch. Robin, qui considérait le pterygion comme une hypertrophie partielle cellulo-vasculaire et fibroplastique de la conjonctive oculaire.

Le pterygion est une aiïection de l’âge mûr et de la vieillesse, relativement fréquente dans certaines contrées, l’Espagne et la Turquie, par exemple, et plus généralement dans les climats chauds. Cette donnée, jointe à ce fait que les maçons, les journaliers, les cochers et les marins y sont particulièrement exposés, conduit à penser que cette manifestation est l’effet d’une irritation conjonctivale circonscrite, produite soit par Rair, soit par des poussières, soit encore par des vapeurs irritantes.

Bibliographie. — Cii. Robin, Bictionnaire de Nysten, art. Pterygion. — WiNTER, Untersuch. ùber den Bau d. Hornhaiit und d. Flügelfelles, Giessen, 1856, et Experiment. Studien ueber die Pathologie des Flügelfelles. Eiiangen, 1866. — Schreiter, TJntersuchungen ùber des Flügelfell. Inaug. Diss. Leipzig, 1872. — Warlomont, Bict. encyclopéd. des sc. méd., Paris, 1876, t. XIX, p. 612. — De Wecker, Traité d’ophth. Paris, 1880, t. I. p. 400.

§ 2. — Phlegmasies de la conjonctive. — Conjonctivites.

En continuité avec le tégument externe auquel elle ressemble assez par sa structure, la conjonctive est sujette à la plupart des lésions de la

peau. Exposée à l’action de l’air extérieur et des germes morbigènes qu’il renferme, cette membrane ne peut échapper aux processus phlegmasiques. Ceux-ci, lésions communes et des plus intéressantes à étudier, pourraient à la rigueur être classés, au point de vue étiologique, sous deux grands chefs, car ils sont des effets, les uns d’un acte traumatique, les autres d’une infection microbienne. Mais nous préférons suivre ici la division générale que nous avons adoptée et classer les conjonctivites comme il suit ; Conjonctivites exsudatives, conjonctivites suppuratives et conjonctivites prolifératives.

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