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Monostome et distoine

Il existe un seul cas connu de monostome de l’œil, il est rapporté par Nordraann, qui, dans le cristallin affecté de cataracte d’une femme âgée, trouva huit monostomes logés dans les couches superficielles de la substance de la lentille. De même il n’y a qu’un seul cas connu de distome oculaire, celui d’un enfant de cinq mois atteint d’une cataracte congénitale dans laquelle Ammon et Gescheidt trouvèrent quatre distomes logés entre le cristallin et sa capsule (voy. Rayer, Arch. de méd. comparée, Paris, 1842, fasc. 2, p. 116).

§ 2. — Traumatisme.

Les lésions traumatiques du globe oculaire offrent des différences notables suivant leur siège, la nature de l’instrument qui les produit et

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l’intensité du choc. Elles se classent naturellement sous plusieurs chefs: plaies pénétrantes avec ou sans corps étranger dans l’œil; contusions avec ou sans déchirures; brûlures et cautérisations de l’œil.

Les plaies pénétrantes de l’œil sont des accidents d’une gi’avité sérieuse, non seulement par les complications hémorrhagiques et inflammatoires qui en sont la suite, mais encore par l’issue possible des liquides de l’œil, la hernie d’une ou plusièurs membranes, l’altération de ces membranes, celle du cristallin et du corps vitré. A tous ces inconvénients s’ajoute dans quelques cas, la présence d’un corps étranger qui rend à peu près inévitable l’inflammation d’une partie, sinon de la totalité de l’œil lésé, et même celle de l’œil du côté opposé. Efl'ectivement, à part de rares cas où le corps étranger s’enkyste et reste plus ou moins en place sans causer de symptômes appréciables, l’œil ne tarde pas à présenter une réaction assez vive : on voit apparaître l’irido-cyclite avec ses conséquences les plus fâcheuses, ou bien dans quebjues cas, le pus, accumulé dans la chambre antérieure, s’épancbe au dehors à travers la cornée, et parfois il survient une panophthalmie ordinairement suivie de l’atrophie de l’œil.

Le cristallin, à la suite de la plaie de sa capsule qui permet l’infiltration de l’humeur aqueuse dans sa substance, devient opaque (cataracte traumatique), ou bien il finit par être résorbé si le sujet est jeune; dans certains cas, la substance cristalline se gonfle et détermine un iritis et des accidents glaucomateux.

Les accidents plus spéciaux aux blessures de la rétine et de la choroïde sont : l’hémorrhagie, qui a pour effet habituel le décollement de la rétine et de la choroïde, ou une chorio-rétinite souvent purulente avec infiltration du corps vitré.

Différente de l’hémorrhagie spontanée par son abondance et son siège varié, l’hémorrhagie traumatique ne se comporte cependant pas différemment, et le sang épanché, s’il n’est pas trop considérable, se trouve résorbé peu à peu. Quant à la chorio-rétinite, elle peut s étendre à tout l’œil (panophthalmie), donner lieu à la formation d’abcès qu il est nécessaire d’ouvrir et qui sont susceptibles d’amener la destruction plus ou moins complète de l’œil.

Les contusions et les plaies contuses de l’œil donnent lieu à des désordres plus considérables encore que ceux des plaies pénétrantes. Des ecchymoses se voient au niveau des conjonctives, la sclérotique est parfois rompue, la chambre antérieure renferme du sang épanché, 1 iris est déchiré, la capsule du crisiallin rompue, et cette lentille plus ou moins complètement luxée. On a constaté en outre la rupture de la choroïde

avec épanchement sanguin dans le corps vitré, la rupture du corps ciliaire, et la commotion, sinon la contusion de la rétine. Ces désordres, quoique pas toujours réunis, sont fréquemment suivis d’une panophthalmie généralement suppurée et souvent aussi d’une ophthalmie sympathique, quand le corps ciliaire est lésé primitivement ou secondairement.

La rupture de la sclérotique a ordinairement lieu à la circonférence de la cornée qui se trouble et devient le siège d’un ahcès ou d’un ulcère. Les diverses membranes de l’œil, le cristallin, et mieux le corps vitré, peuvent sortir à travers la plaie sclérotidienne, mais il faut savoir qu’un œil privé de son cristallin n’est pas fatalement perdu, et qu’il peut guérir; le danger immédiat est plutôt dans l’issue d’une grande partie du corps vitré. La rupture de l’iris est un accident assez fréquent, celle de la zone de Zinn est suivie de la luxation du cristallin. La déchirure de la capsule de cette lentille, relativement rare dans les simples contusions, a pour effet une cataracte traumatique.

Indépendamment des déchirures qui peuvent l’atteindre, la rétine dans quelques cas est affectée d’une simple commotion, ainsi que l’ont prouvé certaines observations sur l’homme et les recherches expérimentales de Berlin sur les animaux. Cet auteur a trouvé qu’une forte contusion de l’œil, d’un lapin par exemple, provoque souvent un désordre à l’endroit directement touché et à l’endroit opposé (par contre-coup). Au niveau de ces désordres existe toujours une petite hémorrhagie choroïdienne.

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