‹ Traité d'anatomie pathologiqueChapitre 213 sur 218 · AIM'AUKILS DES SENS · texte numérisé non relu

AIM'AUKILS DES SENS

(voy. Hémon hayies en générai). Les lissus au sein desquels se produisent ces hémorrhagies sont d’ordinaire normaux, mais parfois aussi iis peuvent être lésés; tel était le cas d’un enfant de trois ans et demi, dont l’observation a été rapportée par le docteur Lucæ. Cet enfant, qui avait tout à coup cessé d’entendre, dans le cours d’une méningite, vint à succomher, et l’on put constater chez lui, indépendamment d'une méningite tuberculeuse, l’existence d’arborisations rouges des rochers au voisinage des canaux semi-circulaires postérieurs et supérieurs, et la présence d’un sang coagulé ou liquide à l’intérieur de ces canaux. 11 y avait encore du sang, mais en moindre quantité, dans les canaux extérieurs et dans les vestibules ; le limaçon en renfermait très peu. Au microscope on apercevaitdes groupesde globules sanguinspressésiesuns contre les autres, et dans les points où les globules étaient moins nombreux, il \ avait des globules de lymphe et de pus. Les mêmes désordres existaient à un moindre degré dans les canaux membraneux et dans les saccules.

Ces hémorrhagies sont quelquefois abondantes et répétées comme dans les cas rassemblés par Genouville, m'i elles avaient leur, source dans une lésion de la carotide. Dans ces conditions, le sang s’écoule au dehors par la trompe ou le conduit auditif externe. Le plus souvent elles consistent en de simples ecchymoses et sont la conséquence d’un efiort de vomissement ou d’éternuement, de quintes de toux, etc., ou bien encore d’un obstacle circulatoire résultant d’une lésion des jugulaires ou des poumons.

L’hémorrhagie névropathique de l’oreille n’est pas un phénomène rare. LIfet d’un trouble vaso-moteur, elle survient à la suite d’une tluxion substitutive ou supplémentaire. Les personnes nerveuses sujettes aux poussées articulaires peuvent se trouver piarlois atteintes d hémorrhagie de l’oreille avec ou sans écoulement du sang au dehors. Mais c est le plus souvent à la suite de la suppression d’un tlux menstruel, hémorrhoïdal, etc., que se produisent ces hémorrhagies. Un ancien auteur, Glaser, a écrit toute une dissertation sur ce sujet, dans un petit livre entièrement oublié aujourd’hui, mais qui n en est pas moins précieùîx. Si ces hémori’hagies se produisent (juelquetois au sein de tissus normaux, il faut reconnaître (ju’elles se manifestent ordinairement sur des tissus déjà malades, comme à la suite d’une otite externe : ainsi on a vu des écoulements sanguinolents de l’oreille alterner axec des écouleinenls purulents: d’autres fois, ces accidents ont pour point de dépait uiiç glande sébacée, préalablement lésée, comme dans un cas rapporté jm- Green, ce qui n’empêche pas qu ils ne soient toujours 1 ellet d un alllux sanguin dépendant du système nerveux.

Les lioiiion ha^ ies héiiiopalhiques s’observent dans plusieurs maladies et particulif errent dans la leucémie. Chez un homme de vinpl-six ans, malade depuis quatre ans, dont la rate et le l’oie étaient augmentés de volume et qui fut pris tout à coup, dans une nuit, de surdité de roreillc droite, Steinbrugge trouva à l’autopsie pratiquée quelques jours plus tard, des- extravasations sanguines dans les difl’érentes parties de l’oreille interne droite ; rampes du limaçon, conduit du limaçon, membrane de Corli, névrilème du nerf auditif, vestibule membraneux. Politzei' constata également chez un leucémique de trente-deux ans, la présence de globules rouges et de leucocytes épanchés à l’intérieur du labyrinthe. Deux cas d’hémorrhagie de l’oreille rappoi’tés par Schwartz, accompagnant l’un un purpura, l’autre un mal de Bright, appartiennent vraisemblablement à ce même type, car il y a lieu de croire dans les deux cas à une altération du sang.

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APPAREILS DES SENS

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lit. — Thromboses et embolies.

Les thromboses et les embolies de l’oreille sont beaucoup plus rares (|ue celles de l’œil, en raison sans doute de la distribution différente des vaisseaux qui se rendent à chacun de ces appareils; leur existence cependant ne peut être contestée. Le labyrinthe, toutefois, est généralement préservé à cause vraisemblablement de la direction suivie par les artères qui s’y distribuent; mais il n’en est pas de même de l’oreille moyenne alimentée par Tarière auriculaire postérieure, Tarière stylomastoïdienne qui en est le prolongement et le rameau tympanique. Ce rameau se distribue aux cellules mastoïdiennes, à la partie supérieure de la membrane muqueuse de la caisse et à la couche moyenne de la membrane du tympan, aussi est-ce sur ces points que se manifestent ordinairement les effets des embolies auriculaires, effets qui se traduisent par des hémorrhagies punctiformes de la membrane muqueuse de la caisse, principalement au pourtour du marteau, et de celle des cellules mastoïdiennes. Ces hémorrhagies, grosses comme une tête d’épingle, ont toujours des bords nettement délimités; elles coexistent parfois avec des hémorrhagies de la tonsille pharyngienne, du bourrelet tubaire, du vomer, de la cloison du nez, des cornets inférieurs et moyens et des cellules ethmoidales. La caisse est d’ordinaire remplie en partie ou en totalité de caillots fibrineux ou de sang. Dans la muqueuse, celui-ci occupe les couches sous-épithéliales et profondes du tissu conjonctif et renferme parfois des microcoques; au microscope on observe de nombreuses embolies artérielles finement granuleuses à cheval sur les éperons.

Friedreich a rapporté un cas de surdité subite survenue dans le cours

mo'2

d'une endocardite et qui avait pour cause une embolie de l’artère auditive interne, comme le démontra l’autopsie. Chez une jeune tille de vingttrois ans, devenue subitement sourde cinq jours avant sa mort due à une infection pyémique, Wendt crut devoir attribuer la surdité à une embolie de l’artère tympanique. Sur treize autopsies d’embolie dans lesquelles il a rencontré des lésions de l’oreille, Trautmann a pu constater onze fois des excroissances verru(|ueuses des valvules cardiaques, consécutives à des endocardites primitives ou secondaires. L’oreille moyenne était le siège le plus commun de ces altérations, auxquelles échappait le labyrinthe; il existait en même temps des hémorrhagies nHiniennes, une néphrite parenchymateuse et des infarctus spléniques. Neuf fois sur treize, l’endocardite avait eu pour point de départ un foyer de suppuration. Au microscope, les végétations valvulaires étaient formées de (îbrine et de microcoques.

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A X O M A L 1 E S A C C I I) K N T E L L li S § 1". — Pauasitisaie.

Les parasites animaux, relativement communs dans les oreilles de certaines classes animales, n’ont pas été rencontrés dans celles de l’être humain, à l’exception d’un acarien dont Laboulbène a le premier donné la description en 1851. Néanmoins, on observe accidentellement chez riiomme quel{|ues espèces animales venant du dehors, des insectes surtout à l’état adulte ou de larve, et parfois des vers venant du dedans : ainsi des ascarides lomhrico'ides, arrêtés dans le pharynx, ont pu arriver jusque dans l’oreille moj'enne, perforer la membrane du tympan et passer dans le conduit auditif externe.

Par contre, plusieurs parasites végétaux (aspergillus , ascopliora degans, trichotecium roseum, mucor mucedo) peuvent se montrer dans l’appareil auditif (voy. t. 1, p. 750). h’aspergillus est celui de ces parasites qui a été le mieux étudié, sa végétation chez l’homme produit une maladie que Wreden a désignée sous le nomde M gr ingomycosis aspergil-

lina, et ([ui est occasionnée tantôt par Vaspergillus flavescens, tantôt par Vaspergillus nigricans, deux variétés de Vaspergillus flavus.

Ce parasite occupe le fond du conduit auditif externe (1/3 interne) et la lace externe de la membrane du tympan, il se manifeste à l’œil nu, sous la forme d’une fausse membrane lardacée, très adhérente et qu’il est parfois possible de détacher à l’aide d’injections. Cette membrane, extraite en entier, olîre l’empreinte exacte de la membrane du tympan, et consiste en un tissu feutré, blanc, luisant, facile à déchirer, et couvert

Eig. 186. — Afipei'fjillus nigricans \Vr., végétant d.nns le cérumen de l’oreille. L’un des capitules h permet de voir la disposition des cellules sporopliorcs; a, spores vues à un fort grossissement et dont la structure ne diffère pas de celles de V AspergîUus glaucus Lk. (D’après un dessin de M. de Seynes.)

en plusieurs endroits de taches d’un jaune brunâtre (aspergillus flavescens) ou entièrement noires {aspergillus nigricans). Constituées par des agglomérations de spores, ces taches forment sur la surface blanche de la fausse membrane des sortes de cercles de 1 à 2 millimètres de largeur, dont la disposition par couches porte à penser que le parasite s’accroît de dehors en dedans, c’est-à-dire tend à s’enfoncer dans le tissu de la membrane du tympan.

L’aspergille existe dans l’oreille à l’état de parfait développement avec mycélium formé de filaments fertiles ou réceptaculaires, et des spores libres. Le mycélium consiste en un lacis complexe de filaments stériles ou de filaménts fertiles (voy. t. 1, p. 750). Ces derniers sont des tubes cylindriques dont l’extrémité libre présente un renflement en

sphère ou en ovale, et dont la surface est couverte de cellules qui produisent chacune un petit chapelet de spores. Ces petites cellules sphériques, d’un diamètre de O'""’, 002 à 0"’“,003, sont nées de cellules basales entourant le réceptacle et sont dispersées par le moindre attouchement (fig. 186).

C’est le plus souvent sur une oreille déjà malade que l’aspergille tend à se développer, quand surtout des graisses introduites dans le conduit auditif externe constituent par leur rancidité un terrain favorable au développement des germes contenus dans l’air. Ceux-ci se trouvent répandus dans les habitations humides dont les murailles sont couvertes de moisissures, et, par conséquent, les mesures préventives consisteraient à débarrasser les appartements des parasites végétaux qui peuvent se déposer suivies murs, à laver ceux-ci, comme l’a fait Wreden dans un cas, avec une solution d’hypochlorate de chaux; de même il serait prudent d’éviter de se coucher sur la paille moisie. Enfin, il imjiorle dans le traitement des maladies de l’oreille d’éviter l’introduction de graisse dans le conduit auditif, car celle-ci prépare le terrain propre à la germination de l’aspergille.

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^2. — Traumatisme.

Malgré sa situation qui semble devoir la préserver des atteintes des agents extérieurs, Toreille n’est pas moins sujette aux lésions traumatiques, et celles-ci, multiples et diverses, sont importantes à connaître pour leurs effets tant immédiats que médiats.

Les plaies par instruments piquants ou tranchants varient dans les différentes parties de l’oreille; celles du pavillon n’offrent rien de spécial, si ce n’est lorsqu’une portion plus ou moins considérable vient à se trouver séparée, auquel cas il convient de réappliquer la partie divisée et de l’affronter exactement à l’aide de points de suture. L’arrachement du pavillon de Toreille est un accident heureusement rare, car il est impossible d’y remédier. Les plaies par instruments piquants du conduit auditif intéressent le plus souvent la membrane du tympan et même Toreille moyenne. Ces désordres donnent lieu à des hémorrhagies et sont ordinairement suivis d’un travail phlegmasique réparateur, mais parfois aussi d’une otite moyenne suppurative avec toutes ses conséquences. Dans quelques cas enfin, ils ont pour conséquence immédiate des troubles nerveux divers. Ainsi, à la suite de l’introduction dans Toreille d’une aiguille à tricoter qui perfora le tympan dans la région de Tétrier, Schwartze vit survenir, en même temps qu’un écoulement de liquide céphalo-rachidien, une syncope passagère, des vomissements, de l’hyperesthésie cutanée, de la céphalée, des convulsions localisées, etc.

Les blessures de la membrane du tympan par action directe de dehors en dedans, sont de beaucoup les plus fréquentes. Elles résultent de l’action d’un agent vulnérant qui est tantôt un corps solide, tantôt un corps liquide ou gazeux. L’introduction brusque et accidentelle dans l’oreille d’un objet pointu : cure-oreille, fétu de paille, petite branche d’arbre, etc., détermine parfois la perforation de cette membrane. Un liquide pénétrant avec force dans l’oreille, comme il arrive chez les baigneurs qui se jettent d’une grande hauteur, et l’air violemment comprimé dans le conduit auditif externe, sont d’autres causes qui peuvent avoir pour effet la déchirure de cette même membrane. Les blessures par action directe de dedansen dehors sont beaucoup moins fréquentes et succèdent presque toujours à l’augmentation de pression de l’air contenu dans la caisse, comme par exemple à la suite d’une insufflation artificielle, le plus souvent après un eflôrt violent, quintes de toux, vomissements, etc. Ajoutons à ces déchirures celles qui succèdent à des violences exercées sur la tête à distance de l’oreille, et suivies de fracture de la base du crâne.

Ces plaies varient assez généralement suivant le mécanisme qui a présidé à leur formation. Celles qui sont produites par un corps vulnérant introduit dans le conduit auditif ont nécessairement une forme et une étendue en rapport avec le volume de ce corps, tandis que celles qui résultent d’une pression exagérée agissant de dehors en dedans, ou de dedans en dehors, variables quant à la forme, ont un siège à peu près constant qui est la partie postérieure de la membrane du tympan, en arrière du manche du marteau, là où cette membrane est le plus mince.

Les plaies de l’oreille moyenne sont directes ou indirectes. Les premières proviennent de l’action d’agents vulnérants qui, après avoir perforé le tympan, lèsent les parois de la caisse et les parties qui s’y trouvent renfermées, c’est ainsi que les osselets peuvent être arrachés ou fracturés. Les secondes, plus fréquentes, sont dues à des fractures du rocher. Celles-ci, en efl'et, traversent habituellement la caisse, produisent une déchirure de la membrane qui la tapisse, déterminent des fraqtures à la base de l’étrier et des disjonctions soit de l’enclume et de l’étrier, soit de l’enclume et du marteau. Toutes ces lésions sont accompagnées d’hémorrhagies par le conduit auditif externe, et souvent aussi par la trompe d’Eustache, c’est-à-dire par la bouche ou par le nez ; assez souvent elles sont suivies de suppuration, et laissent toujours à leur suite une surdité plus ou moins complète.

L’oreille interne, en raison de sa profondeur, est pour ainsi dire à l’abri d’un traumatisme direct; par contre, elle n’échappe pas aux lésions trau-

Al’l’AUKlLS DKS SE>S.

lOUT

iiiatiques in 'iiecles, aux violeiils ébranlements du crâne. Ces lésions, très variables, consistent tantôt en une simple commotion des extrémités terminales du nerf acoustique, suivie de la perte des fonctions de ce nerf, tantôt, comme l’ont vu ToAiibee et Moos, en une déchirure suivie d’hémorrhagie dans le labyrinthe membraneux et le limaçon.

De même qu’une lumière par trop intense peut altérer la vision, de môme un bruit violent vient (juelquefois, à la façon d’un agent traumatique, ébranler et modifier l’appareil nerveux de l’audition. Il n’est pas rare de voir survenir tout à coup une surdité latérale ou bilatérale che/^ des individus auprès desquels a eu lieu une forte détonation, et cette surdité ne peut s’expliquer que par une lésion labyrinthique.

Les plaies conluses dilîèrenl des plaies par instruments piquants et tranchants par la mortification des parties trop fortement altérées. Cette circonstance mise de côté, elles se distinguent suivant les corps qui les ont produites, et aussi suivant les qualités de ces corps et leur séjour plus ou moins prolongé dans les tissus.

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— H. ScHWARTZE, Stichverletzung des Ohres mit Ausfluss von Liquor cerebrospinalis, etc. (Archiv für Ohrenh., 1881, t. XVII, p. 117). — B. Korner, Schussverletzung des Ohres mit Ausfluss von liquor cerebrospinalis (Ibid., p. 195, et Rev. des sc. méd., t. XIX, (i. 708).

Hémorrhagies traumatiques. — Ces hémorrhagies se montrent rarement sous la forme d’inliltration sanguine dans l’épaisseur des tissus, elles se manifestent plus souvent par un écoulement de sang à travers le conduit auditif externe. Le sang qui infiltre les tissus de l’oreille est, peu à peu, transformé et résorbé; celui qui s’écoule au dehors offre des caractères variables. Tantôt il est épais, rouge et noirâtre, absolument pur; tantôt il est fluide, sanguinolent par suite de son mélange avec le liquide céphalo-rachidien, autant de caractères dont on doit tenir compte au point de vue du diagnostic de la lésion qui a amené l’hémorrhagie.

Les hémorrhagies traumatiques de l’oreille résultent d’une déchirure des parties molles et des vaisseaux, commune là où les vaisseaux sont abondants, au niveau du manche du marteau, des cellules mastoïdiennes ; leurs causes sont multiples et diverses. Tantôt produites par l’introduction dans le conduit auditif externe ou dans Toreille moyenne d’un corps vulnérant, ces hémorrhagies proviennent tantôt d’une fracture du rocher (violences exercées sur la tête, chute sur les pieds, les genoux ou les ischions), tantôt d'une fracture de la cavité glénoïde (violences sur le menton); et, dans ces conditions, il est facile de comprendre ([ue leur mode symptomatique soit un signe de grande valeur pour le diagnostic de ces fractures. La difficulté de la déglutition et l’absence de déchirure de la membrane du tympan sont les circonstances qui, en dehors des caractères de l’écoulement sanguin, doivent faire penser à une fracture

APPAREILS DES SENS

localisée à la cavité glénoïde. L’abondance de l’écoulement, son intermittence, son mélange avec le liquide céphalo-rachidien, sont les signes qui permettent de diagnostiquer la fracture du rocher.

Bibliographie. — Morvan (de Lannilis), Du saignement 'par l'oreille à la suite de violences sur le menton {Arch. gén. de méd., 1856, t. II, p. 653). — Tri- OUET, Des écoulements de sang qui ont lieu par V oreille {Gaz. des hôpitaux, 1864, p. 26). — L. Holden, Case of profuse venons hæmorrhdge from the left meatus auditorius externus, conséquent on a fall upon the back of the head {St-Barth. Hosp., London, 1866, p. 189). — A. Le Bail, Valeur séméiologique de l’otorrhagie traumatique, thèse, Paris, 1873. — Le niêine^ lAote sur un cas d’otorrhagie traumatique avec déchirure du tympan sans fracture du rocher (Bull, de la Soc. de méd. de la Sarthe, 1878, Le Mans, 1879, 20-25). — Nicaise, De Votorrhagie traumatique {Gaz. méd., Paris, 1874, p. 42). — Simpson Gange, Coup de poignard dans l’oreille. Plaie de l’artère méningée moyenne, anévrysme traumatique, ligature de l'artère carotide commune gauche, mort {Ann. desmalad. de Voreille et du larynx, t. Il, 1876, p. 65). — J.-ü. Rushmore, History of a case of hemorrhage from the car, probably due to a fracture of the skidl, recovery {Arch. otol., New-York, 1881, p. 315-318).

Otites traumatiques. — Ces phlegmasies sont de deux ordres ; suppuratives ou prolifératives. De beaucoup les plus fréquentes, les phlegmasies suppuratives se lient à l’introduction dans l’oreille de microphytes venus du dehors, et varient suivant les propriétés spéciales de ces agents. Mais ceux-ci étant presque toujours semblables à ceux qui engendrent les suppurations dites spontanées, il en résulte que, abstraction faite de leur point de départ, ces deux ordres de phlegmasies ne diffèrent pas sensiblement; c’est pourquoi nous renvoyons à ce qui en a été dit plus haut.

Les phlegmasies scléreuses, relativement rares, ont été fort peu étudiées jusqu’ici. On les trouve chez les mécaniciens, les chauffeurs de locomotives, les chaudronniers, les forgerons, etc., tous individus exposés à l’action de courants d’air et dont l’oreille subit l’action de bruits plus ou moins intenses. Elles se manifestent sous la forme d’une rougeur diffuse avec sécrétion peu abondante et tendance à la sclérose des membranes auriculaires; mais en même temps, le nerf auditif est directement atteint, car la perception osseuse se trouve affaiblie, les sons élevés sont mal perçus, l’audition de la voix l’estant bonne, et les malades se plaignent de bourdonnements intenses.

Des corps étrangers multiples peuvent pénétrer dans l’oreille ou y être introduits et déterminer des altérations diverses; mais ces altérations se Lancereaux. — Traité d’Anat. path. III. — 64

320). — Teriullon, Coup de pistolet dans l’oreille {Ann. des malad. de V oreille et du larynx., Paris, 1878, l. IV, p. 219, 253). — A. Démons, Des blessures profondes de l’oreille par armes à feu, suivies d^ hémorrhagies artérielles, et de la. conduite chirurgicale aue ces blessures réclament (Gaz. hebd. des sc. méd. de Bordeaux, 1880, I, 78, 91-111). — W. Kihchner, Beitrüge zur Yerlelzung des Gehôrorgans (Aerztl. Int. Bl., Aluriclien, 1880, XXVII, 325). ■ — F. Fai.k, Intracranieller Bluterguss in Folge einer Ohrfeige (Vrtljschr. f. gerichtl. Med,, llerlin, 1881, XXXV, 43). — -G. Mior, Congestion des oreilles internes produite par des détonations; bourdonnements ; surdité; émissions sanguines; pilocurpine. Guérison (Rev. mens, de laryngosc. , Paris, 1881 , II, 363-365). — E. Burk- NER, ZurCasuistikd. traumatischen med. entzündlich. Mittelsohraffectionen(Archiv f. Ohrenheilkde, XV, 219, et Rev. d. sc. méd., XXI, 725). — Biaute, Note sur les traumatismes de l’oreille (Ann. méd. psych., Paris, 1882, 6® s., VIII, 50-54).

— Thomas Barr, Affections traumatiques de l’oreille (Edinburg med. Journal, janv. 1888, eiAnn. des malad. de l'oreille, du larynx, etc., Paris, 1889, p. 282).

— H. ScHWARTZË, Stichverletzung des Ohres mit Ausfluss von Liquor cerebrospinalis, etc. (Archiv für Ohrenh., 1881, t. XVII, p. 117). — H. Korner, Schussverletzung des Ohres mit Ausfluss von liquor cerebrospinalis (Ibid., p. 195, et Rev. des sc. méd., t. XIX, p. 708).

Hémorrhagies traumatiques. — Ces hémorrhagies se montrent rarement sous la forme d’infiltration sanguine dans l’épaisseur des tissus, elles se manifestent plus souvent par un écoulement de sang à travers le conduit auditif externe. Le sang qui infiltre les tissus de l’oreille est, peu à peu, transformé et résorbé ; celui qui s’écoule au dehors offre dos caractères variables. Tantôt il est épais, rouge et noirâtre, absolument pur; tantôt il est fluide, sanguinolent par suite de son mélange avec le liquide céphalo-rachidien, autant de caractères dont on doit tenir compte au point de vue du diagnostic de la lésion qui a amené l’hémorrhagie.

Les hémorrhagies traumatiques de l’oreille résultent d’une déchirure des parties molles et des vaisseaux, commune là où les vaisseaux sont abondants, au niveau du manche du marteau, des cellules mastoïdiennes; leurs causes sont multiples et diverses. Tantôt produites par l’introduction dans le conduit auditif externe ou dans l’oreille moyenne d’un corps vulnérant, ces hémorrhagies proviennent tantôt d’une fracture du rocher (violences exercées sur la tête, chute sur les pieds, les genoux ou les ischions), tantôt d’une fracture de la cavité glénoïde (violences sur le menton); et, dans ces conditions, il est facile de comprendre (}ue leur mode symptomatique soit un signe de grande valeur pour le diagnostic de ces fractures. La difficulté de la déglutition et l’absence de déchirure de la membrane du tympan sont les circonstances qui, en dehors des caractères de l’écoulement sanguin, doivent faire penser à une fracture

APPAREILS DES SENS

localisée à la cavité glénoïde. L’abondance de l’écoulement, son intermittence, son mélange avec le liquide céphalo-rachidien, sont les signes qui permettent de diagnostiquer la fracture du rocher.

Bibliographie. — Morvan (de Lannilis), Du saignement par l'oreille à la suite de violences sur le menton {Arch. gén. de méd., 1856, t. II, p. 653). — Tri- QUET, Des écoulements de sang qui ont lieu par V oreille (Gaz. des hôpitaux, 1864, p. 26). — L. Holden, Case of profuse venous hæmorrhdge from the left meatus auditorius externus, conséquent on a fall upon the back of the head (St-Barth, Hosp., London, 1866, p. 189). — A. Le Bail, Valeur séméiologique de Votorrhagie traumatique, thèse, Paris, 1873. — Le niêine^ JAote sur un cas d'otorrhugie traumatique avec déchirure du tympan sans fracture du rocher (Bull, de La Soc. de méd. de la Sarthe, 1878, Le Mans, 1879, 20-25). — Nicaisë, De l’otorrhagie traumatique (Gaz. méd., Paris, 1874, p. 42). — Simpson Gangf, Coup de poignard dans l’oreille. Plaie de l’artère méningée moyenne, anévrysme traumatique, ligature de l’artère carotide commune gauche, mort (Ann. desmalad. de l'oreille et du larynx, t. Il, 1876, p. 65). — J.-ü. Rushmore, History of a case of hemorrhage from the ear, probably due to a fracture of the skull, recovery (Arch. otol., New-York, 1881, p. 315-318).

Otites traumatiques. — Ces phlegmasies sont de deux ordres ; suppuratives ou prolifératives. De beaucoup les plus fréquentes, les phlegmasies suppuratives se lient à l’introduction dans l’oreille de microphytes venus du dehors, et varient suivant les propriétés spéciales de ces agents. Mais ceux-ci étant presque toujours semblables à ceux qui engendrent les suppurations dites spontanées, il en résulte que, abstraction faite de leur point de départ, ces deux ordres de phlegmasies ne diffèrent pas sensiblement; c’est pourquoi nous renvoyons à ce qui en a été dit plus haut.

Les phlegmasies scléreuses, relativement rares, ont été fort peu étudiées jusqu’ici. On les trouve chez les mécaniciens, les chauffeurs de locomotives, les chaudronniers, les forgerons, etc., tous individus exposés à l’action de courants d’air et dont l’oreille subit l’action de bruits plus ou moins intenses. Elles se manifestent sous la forme d’une rougeur diffuse avec sécrétion peu abondante et tendance à la sclérose des membranes auriculaires; mais en même temps, le nerf auditif est directement atteint, car la perception osseuse se trouve affaiblie, les sons élevés sont mal perçus, l’audition de la voix restant bonne, et les malades se plaignent de bourdonnements intenses.

Des corps étrangers multiples peuvent pénétrer dans l’oreille ou y être introduits et déterminer des altérations diverses; mais ces altérations se Lancereaux. — Traité d’Anat. path. III. — 64

iOlO

raaiiiiestent tout d’abord par des phénomènes d’tiypérémie, et, plus tard, par des phénomènes d’inflammation suppurative ou proliférative suivant la nature particulière de ces corps. En tous cas, les lésions qui résultent de leur pi’ésence, fort peu différentes de celles que nous avons étudiées plus haut, ne méritent pas de nous arrêter.

Bibliographie. — S. Moos, Des accidents de chemin de fer causés par la surdité des conducteurs de locomotives, etc. {Zeitschr. f. Ohrenheilkunde, IX, 370, et Ann. des maladies de l'oreille, 1882, t. 'VIII, p. 292). — K. Bürkner, Ueber Ohrenkrankheiten bei Eisenbahnbediensteten (Arch. f. Ohrenh., Leipz., 1881, p. 8, 15). — Jacoby, Veber Schwerhoricjkeit vonLocomotivbeamten (Ibid., Leipsig, 1881, p. 258, 26-4). — D. Schwabach et H. Pollnow, Die Ohrenkrankheiten dei- Locomotivfùhrer tmd Heizer (Arch. otol., New-York, 1881, p. 257,265). — Terrillon, De la surdité chez les employés de chemins de fer (chauffeurs et mécaniciens) (Bull, etmém. Soc. de chirurg. de Paris, 1881, p. 549, 554). — J. Gottstein et R. Kayser, Ueber die Gehorsverminderung bei Schlossern und Schmieden (Bresl. arztl. Zcitschiift, n° 18, 1881, et Arm. desmalad. de l’oreille, t. VII, 1881, p. 311). — Hedinger, Die Ohrenkrankheiten des Locomotivpersonals zur Fraye der Berufskrankheiten (Deutsche med. Wehnschr., Berlin, 1882, p. 63, 65).

INous finissons ici ce troisième volume qui comprend l’étude des lésions *natomiques des systèmes osseux, musculaire, etc., et celle des appareils de l’innervation et des organes des sens. On s’étonnera peut-être de nous voir traiter des altérations de ces derniers organes, aujourd’hui surtout, où leur étude semble devoir rentrer dans le domaine de la spécialité. À dire vrai, c’est un tort, car, si quelques maladies ont un siège de prédilection pour certains organes, il faut reconnaître que le plus grand nombre ; la fièvre typhoïde, la syphilis, la tuberculose, etc., etc., localisent les désordres qui leur sont propres sur des systèmes anatomiques pouvant se rencontrer dans des organes divers. Ainsi les lésions pathologiques des yeux et des oreilles ne diffèrent pas sensiblement de celles des viscères; subordonnées aux mêmes causes, elles présentent les mêmes caractères, subissent la même évolution, de telle sorte que leur étude ne peut être logiquement séparée de celle des viscères simultanément affectés.

Décrire isolément les lésions syphilitique, lépreuse, tuberculeuse, typhique, etc., de l’oreille et des yeux, c’est scinder en deux parties l’histoire de maladies absolument simples, et compliquer au lieu de simplifier l’étude de la pathologie. Ce sont ces données générales que nous avons cherché à établir , afin de bien montrer qu’en dehors du domaine opéra-

APPAREILS DES SENS

toire, la spécialité n’a que des inconvénients. En effet, le tiauinatisnie et le parasitisme mis de côté, il n’y a pas de maladies d’organes, mais simplement des maladies de l’organisme se localisant de préférence, suivant leur origine, sur tel ou tel système anatomique.

Si les mêmes causes engendrent partout les mêmes effets, il n’est pas moins vrai que tous les organes ne sont pas également prédisposés à certaines influences pathologiques; ainsi les centres nerveux enfermés dans une boîte osseuse, et par cela même beaucoup plus que d’autres organes à l’abri de l’action de l’air extérieur, sont, comme nous avons essayé de le prouver autrefois, très rarement atteints de suppuration et de gangrène. Ces lésions, en eft'et, ne s’y développent que par métastase, à moins d’un traumatisme ou d’une eschare pouvant donner accès à l’air et aux agents qui s’y trouvent contenus (voy. notre Atlas d’anat. path., Paris, 1871, p. 440), d’où la conséquence que l’air, ou mieux les germes qu’il renferme, sont le point de départ des suppurations. C’est en nous basant sur cette donnée qu’au début de cet ouvrage, nous avons été conduit à faire un genre à part des phlegmasies suppuratives et cherché à démontrer que ces phlegmasies, contrairement à ce qui était admis jusque-là, ne sont pas des modes de terminaison, mais bien des processus particuliers, liés à la présence de microphytes (voy. t. 1, p. 253), c’est-à-dire subordonnés à une cause spéciale et offrant une évolution variable, suivant l’agent qui leur donne naissance (voy. t. 11, p. 2Ù0). Ces notions générales une fois acquises, nous n’avons pas jugé à pro[)os de parler, dans la description de chaque phlegmasie suppurative, des agents qui avaient pu la déterminer, d’autant mieux (jue ces agents, à l’heure où nous écrivions, n’étaient pas toujours nettement connus. C’est pourquoi nous les avons passés sous silence dans l’étude que nous avons faite des ostéites suppurées et de plusieurs autres inflammations suppuratives; par . contre, des recherches récentes nous ont conduit à dire quelques mots des microbes rencontrés au sein des oreilles en suppuration, comme étant la condition pathogénique de leur processus suppuratif.

Dans ce travail, en somme, nous avons considéré les lésions matérielles des organes comme des eflèts, et à l’encontre des auteurs contemporains, nous avons pensé qu’il était de bonne logique, en les décrivant, de faire connaître les causes qui les engendrent. L’étude des lésions matérielles des organes isolée de celle de leurs causes est en réalité dépourvue de tout intérêt philosophique et ne prête pas à une classification naturelle de ces désordres; aussi croyons-nous que l’anatomie pathologique ne peut être séparée de l’étiologie. D’un autre côté les

troubles fonctionnels liés aux désordres matériels des organes méritent également d’être rapprochés de ces lésions, nous les avons le plus souvent indiqués, bien convaincu que l’anatomie pathologique et la clinique se prêtent un mutuel appui, sont deux parties d’un même tout, qu’elles se complètent, et considérant comme un grand tort de ne pas rapprocher l’étude de ces deux branches de la science médicale, comme cela se passe dans certaines Universités.

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