‹ Traité d'anatomie pathologiqueChapitre 60 sur 218 · VI. — Ostéomc · texte numérisé non relu

VI. — Ostéomc

Cette néoplasie est quelquefois rencontrée dans les muscles, de préférence dans ceux des membres, et chez les gens exposés par métier à de fréquents traumatismes. Elle a été observée à la région antérieure de la cuisse chez les selliers et les cordonniers, à la partie supérieure et interne du membre inférieur, dans l’épaisseur des adducteurs, chez les cavaliers, au niveau des insertions musculaires du bras gauche et dans le muscle deltoïde, chez les fantassins, à la suite de l’exercice du fusil. Entin, tout muscle soumis à des pressions mécaniques souvent répétées, et, par exemple, les brachiaux antérieurs à la suite d’exercices gymnastiques exagérés (Pitha et Podrazki), peuvent être atteints d’ostéome. Située dans la masse musculaire ou bien à l’union de cette masse avec le tendon, cette tumeur se présente sous la forme de plaques dures, osseuses, plus ou moins arrondies, d’une étendue de plusieurs centimètres, et généralement allongées dans le sens de la direction des fibres musculaires qui ont disparu à son niveau; elle offre à la coupe, du moins dans certains cas, ainsi que l’a constaté Virchow, une couche corticale de substance compacte circonscrivant une masse de substance spongieuse ; sa structure ne diffère pas sensiblement de celle du tissu osseux normal (voy. Ostéomes, t. P"', p. 354).

Le développement de cette production a vraisemblablement lieu aux dépens du tissu conjonctif mécaniquement irrité ; sa marche est lente, progressive pendant quelque temps, après quoi elle s’arrête généralement et reste stationnaire.

Bibliographie. — J. -H. Otto, De ossium gencsi pathologica. Diss. inaug., Berlin, 1837, p. 17. — Sangalli, Storia dei tumori, t. II, p. 281. — Pitha, {Wochenblatt der Gesellsch. Wiener Aerzte, 1864, p. 373). — R. Virchow, Patholog. des tumeurs, Irad. fr. , Paris, 1869, t. II, p. 69. — W. Ebstein, Osteom des linken Hüftbeins und des musculus Psoas {Archiv f. pathol. Anatom. und Physiologie, 1870, t. LI, p. 414). — Josephsohn, Ueber Osteome in den add. Muskeln bei Cavalleristen (Deutsch. milit. Zeitschrift, 1874; anal, dans Rev. des sciences méd., 1874, t. IV, p. 326).

Vit. — Angiome.

Les muscles sont quelquefois envahis par les tumeurs érectiles de leur voisinage, et notamment par celles du tissu conjonctif sous-cutané ; mais

en outre, des portions plus ou moins étendues de ces organes peuvent être primitivement transformées en un tissu caverneux. Les angiomes purement musculaires ne sont pas moins des productions peu communes ou même très rares. Liston a enlevé, du creux du jarret d’un garçon de dix ans, une tumeur caverneuse non pulsatile de la grosseur d’un œuf de poule et profondément située dans le tissu musculaire ; les trabécules de cette tumeur, qui existait depuis l’âge de deux ans et demi et avait présenté des pulsations, étaient recouvertes d’un épithélium et renfermaient des vaisseaux. Ch. Rohin a constaté l’existence, dans l’épaisseur du muscle vaste interne, d’une tumeur rouge noirâtre, spongieuse, de la grosseur d’une cerise et qui renfermait du sang liquide. Billroth décrit des tumeurs caverneuses veineuses diffuses du grand dorsal et du deltoïde. Demarquay a extirpé du muscle long supinateur, chez une femme de vingt-huit ans, une tumeur caverneuse de la grosseur d’une noisette, ronde et enkystée, qui s’était développée neuf ans auparavant pendant la première grossesse. Virchow, enfin, a fait l’examen d’une tumeur caverneuse provenant des muscles de l’éminence thénar; cette tumeur, de la grosseur d’une petite noix, renfermait des aréoles relativement volumineuses, les unes juxtaposées, les autres séparées par des traînées musculaires très reconnaissables. Les cloisons interalvéolaires étaient formées d’un tissu conjonctif dense, mêlé de beaucoup de tissu élastique. Magon a présenté à la Société anatomique un angiome circonscrit du tissu musculaire enlevé par Tillaux chez une petite fille de douze ans. Située dans le faisceau de l’index du fléchisseur superficiel de l’avant-bras droit, cette néoplasie se présentait sous la forme d’une tumeur irrégulièrement mamelonnée, du volume d’un œuf de poule et non adhérente à la peau, molle, pâteuse, sans battements perceptibles. Elle était réductible, donnait à la main qui la pressait une sensation de crépitation analogue à celle d’un kyste à grains riziformes, et se trouvait constituée par un réseau vasculaire, au milieu duquel on rencontrait des lacunes remplies de sang et cinq à six phlébolithes ayant le volume, la consistance et la forme de noyaux de cerises, et composés de couches concentriques de matière calcaire.

Tels sont les principaux faits connus d’angiome musculaire. Ces tumeurs pulsatiles et réductibles ne diffèrent en somme ni par leur, symptomatologie, ni par leur structure, des angiomes des autres organes, et, comme ces derniers, elles sont la plupart du temps congénitales et liées à un vice de développement, bien qu’on ait parfois accusé les chutes et les coups d’en avoir été la cause.

Bibliographie. — J. Cruveilhier, Anat. path. du corps humain, livr. XXX, pl. 5, et Traité d’anat. pathoL gén,, Paris, 1856, t. III, p. 880. — R. Liston,

Case of erectüe timour in the popliteal space (Med. chirurg. Transact., 1842, t. XXVI, p. 120). — Ch. Robin, Gaz. med. de Paris, 1854, p. 348. — Heschl, Ueber die Neubüdung querg estrei fier Muskeln und cavernose Tumoren (Briefliche Mittheilung an den Rédacteur (Archiv fur pathol. Anat.und Physiol., 1855, t. VIII, p. 126, pl. xii). — Th. Billroth, Ueber eine eigenthümliche Geschwulst der Muskeln (Myoma cysticum) (Ibid., 1856, t. IX, p. 172, pl. i). — H. Lebert, Traité d’anatomie pathol., t. I, p. 210, 213, pl. XXVII, fig. 10-17. — De- MAROUAY, Union méd., Paris, 1861, t. XII, p. 587. — Legros Clark, Vascular tumour (The Lancet, 1864, t. II, p. 742). — L. Magon, Angiome circonscrit occupant un des faisceaux du fléchisseur superficiel de V avant-bras (Bull, de la Soc. anat., 1875, t. L, p. 205). — R. Virchow, Pathologie des tumeurs, trad. franç., Paris, 1876, t. IV, p. 60.

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