CHANCRE INDURÉ AVEC SES ÉLÉMENTS MICROSCOPIQUES
Fig. 1. aa, chancre induré du feuillet cutané du prépuce. Variété parcheminée. L’induration de la base n’occupe que l’épaisseur de la peau. Le dépôt fibro-plastique n’atteint pas le tissu cellulaire sous-culané. La surface de l’ulcération est irisée, ainsi qu’on l’observe souvent dans le chancre induré. L’ulcération, ordinairement indolente, comme le représente cette figure, n’est point entourée d’aréole inflammatoire et suppure peu. — bb, adénopathie bi-inguinale indolente, symptomatique du chancre induré. Bubon syphilitique. Dans cette variété d’adénopathie qui succède forcément au chancre induré, les ganglions superficiels de la région inguinale correspondent au chancre; mais le plus souvent les deux régions inguinales, alors même qu’il n’exisle qu’un seul chancre, comme dans la figure 1, sont affectées en plus ou moins grand nombre. Ils forment alors ce qu’on a pu appeler des pléiades ganglionnaires.
Fig. 2. Chancre induré de la rainure glando-préputiale, ayant envahi une portion de la couronne du gland et du reflet du prépuce.
Chancre compliqué de gangrène, dont on voit encore les traces dans l’angle de jonction des deux moitiés de l’ulcération. Les bords du chancre sont, dans cette variété, plus nettement découpés. La base fibro-plastique de l’ulcération est très étendue et pénètre dans le tissu cellulaire sous-jacent. La partie du reflet du prépuce qui entoure l’ulcération et le reste du gland est le siège d’une induration spécifique des vaisseaux lymphatiques. La teinte grise que la figure représente en transparence caractérise cette induration. Dans la région inguinale existe, comme dans l’autre figure, l’adénopathie indolente symptomatique.
Les dessins des figures 1 et i ont été exécutés sous la direction de M. Ricord.
Fig. 3. Éléments microscopiques du chancre induré. Ces éléments sont essentiellement de nature fibro-plastique: a et b, cellules complètes et corps fusiformes mêlés avec quelques noyaux et granules; c, feuillets allongés; d, amas de noyaux; e et f, noyaux et fibres sans cellules complètes, infiltrant les couches profondes du derme.
PLANCHE GXLVII.
DIVERSES FORMES DE CHANCRES. — VÉGÉTATIONS, CANCROÏDE DE LA VERGE (DESSINÉES SOUS LA DIRECTION DE M. RICORD).
Fig. 1. Chancres mous, chancres simples, chancroïdes. Accidents vénériens non syphilitiques, dont les effets restent toujours locaux :
a, les chancres mous multiples que représente cette figure se sont développés dans des follicules de la semi-muqueuse du gland, de la rainure glando-préputiale et du reflet du prépuce (chancres folliculaires). A la période de progrès et de statu quo spécifique, leur forme est arrondie, leurs bords sont taillés à pic, un peu renversés, serratés et entourés d’une auréole érythémateuse. Leur fond est grisâtre, comme vermoulu, et leur base est plus ou moins engorgée, b , adénite aiguë. Bubon succédant au chancre mou et n’affectant ordinairement qu’un seul ganglion superficiel. Ce bubon est quelquefois simplement inflammatoire ou sympathique, mais le plus souvent il est symptomatique et alors virulent; le pus qu’il renferme reproduit le chancre mou.
Fig. 2. Chancres simples multiples, réunis en groupes, à la période de progrès, pouvant être confondus avec l’herpès ulcéré.
Fig. 3. Chancres iudurés, chancres infectants, chancres syphilitiques.
Fig. 3 a. Chancres ecthymateux du fourreau. La forme ecthymateuse que représente cette figure ne se rencontre pas seulement dans cette variété de chancre induré. Les chancres simples, les chancres mous, nous en offrent souvent des exemples, et on la produit toujours par l’inoculation artificielle.
Fig. 3 b. Chancre induré du reflet du prépuce. La forme est arrondie, les bords ne sont point décollés et s’inclinent sur le fond, comme si l’ulcération avait été faite avec un évidoir. La surface de l’ulcération, en voie de réparation, est rosée, et le cercle gris qui l’entoure annonce le travail cicatriciel. La base de l’ulcération est nettement circonscrite, indurée, peu épaisse, parcheminée. Cette variété a été quelquefois confondue avec le tubercule muqueux.
Fig. 3 c. Légère induration du méat urinaire. Chancre uréthral douteux. Il existe un engorgement indolent de plusieurs ganglions des deux régions inguinales.
Fig. U. Végétations réputées vénériennes. Frambœsia du prépuce. Chémosis recouvrant des végétations semblables. Ces végétations, quelles que soient leurs variétés, sont spécifiquement indépendantes du virus qui produit le chancre simple et du virus syphilitique.
Fig. 5 à 11. Cancroïde de la verge.
Fig. 5 et 6. La tumeur vue à l’œil nu : aa, végétations papillaires; bb, ulcération couverte de pus; cc, tissu qui sert de base à ces végétations.
Fig. 7. Groupe de papilles.
Fig. 8. Papille plus fortement grossie, montrant bien son enduit épithélial.
Fig. 9. Éléments épithéliaux en voie de transformation graisseuse.
Fig. 10. Masse de cellules épithéliales ayant subi l’infiltration graisseuse.
Fig. 11. Cellules du pus de l’ulcère. Les diverses espèces d’infusoires de cet ulcère ont été reproduites ailleurs.
ANAT. PATHOL. — EXPLICAT. DES PLANCH. — T. II.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIALE
PLANCHE CSL VIII.
GANGRÈNE DU PÉNIS. — CANCROÏDE. — CANCER DU PÉNIS. — CANCER DU TESTICULE.
Fig. 1 et 2. Gangrène du pénis.
Fig. 1. Gangrène blanche du prépuce et de la surface de la verge.
Fig. 2. Ce même pénis après la chute de l’eschare, montrant une ulcération de bonne nature et en voie de réparation.
Fig. 3. Cancroïde de la verge : a et b, globes concentriques d’épiderme ; c, cellules d’épiderme ; d et e, tissu élastique et fibreux de la tumeur ; f, éléments fibro-plastiques divers.
Fig. 4. Vrai cancer de la verge avec ses éléments cellulaires caractéristiques et variés. En comparant les grandes cellules mères de cette figure avec les globes épidermiques de la précédente, on constate toute la différence qui existe entre ces éléments.
Fig. 5 à 12. Cancer du testicule, renfermant des matières grasses; du cartilage, du tissu fibreux et fibro-plastique de l’os et des éléments hématiques.
Fig. 5. Éléments hématiques provenant d’épanchements hémorrhagiques.
Fig. 6. Tissu cartilagineux.
Fig. 7. Tissu osseux.
Fig. 8. Cristaux de cholestérine.
Fig. 9. Cellules rondes infiltrées de graisse, se trouvant dans un kyste de cette tumeur.
Fig. 10. Cellules cancéreuses.
Fig. 11. Éléments fibro-plastiques.
Fig. 12. Éléments fibreux.
Fig. 13 et 14. Cancer encéphaloïde du testicule.
Fig. 13. Tissu encéphaloïde renfermant des épanchements hémorrhagiques.
Fig. 14 et 15. Éléments microscopiques fort bien caractérisés de ce cancer et du cancer d’un autre testicule.