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s'ossifie le plus fré<]ueinmeBt. Ordînaîremenl ses os* sificatiops sont partielles ; cependant il existe, au Musée de la Faculté une pièce où le tube artériel est converti en un canal osseux.
L'artère innominéet les carotides primidye^, les principales branches de la carotide externe et de la sous-clavière» tels que les thyroïdiennes, les maiil» laires externes et internes, les linguales, les temporales, les occipitales, les vertébrales, et les cervicales profondesr et superficielles, sont souvent ossifiées. J'ai trouvé plus^rarement les ossifications à la carotide interne , si on excepte l'endroit où elle décrit ses courbures dans l'intérieur du canal carotidien. MorGàGNI a observé des points ossifiés à la baâlaire^ et aux autres artères du cerveau 2. J'ai fi'équeminent trouvé des pqints calleux et ^tila^eux à ces mêmes artères.
. §. 1081. Je n'ai pas encore rencontré d'ossification à Tartère coronaire .stomachique , ni à Tarière hépatique et à ses rameaux^ mais la splénique m'en a offert très-souvent. J'ai même trouvé cette artère 90US forme d'un canal osseux très-tortueûx, et dont quelques rameaux, également ossifiés, pénétraient dans l'intérieur de la rate.
Sur les artères, intestinales je n'ai rencontré d'ossification qu'aux troncs des deux mésentériques. Les rénales, au contraire, m'ont offert asses fréquemment des points d'ossification» Je dirai^la même chose des
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I De seâ. et eaus. morh.; tpiêt, 97 > n.*^ a.
ANàTOMIE pathologique SPÉGIALEr 5SS
spennatîques dans lun et l'autre 3exe;*)'ai observé dans les cadavres de vieux sujets ce^ artères entière* ment ossifiées dans l'endroit où elles forment a^ec )es ramifications des veines le plexus .ftpermatique interne.
Les artères utérines s'ossifient très-fréquemment et même jusque dans leurs petites ramifications. Je l'ai obdervé plusieurs fois.
Enfin, les artères qui se distribuent dans les muscles sont susceptibles de s^ossifier*
§. 1082. U résulte de ce qui précède que toutes les artères sont sujettes à l'ossification. Cependant des anatomistes ont cru devoir excepter de la règle générale l'artère pulmonaire. Bichat \ entre autres j prétend que cette artèfe ne s'ossifie jamais, parce qu'elle appartient , selon lui , au système des vais* seaux à sang noir, «c'est-à-dire au système veineux* Quoiqu'il soit vrai que l'ossification de cette artère est extrêmement rare, on peut néanmoins citer des exemples, soit d'excroissances osseuses ^ dans les tu^ niques de cette artère, soit d'ossification complète^; soit d*un état calleux et cartilagineux, lequel, comme iious le verrons , est toujours un premier degré d'os^ sifîcation. D'ailleurs , en assimilant IWtère pulmonaire aux veines sanguines, Bichat oubliait qu'on a trouvé ces dernicFs vaisseaux ossifiés, comme nous
I Anat. gën. ^ part. \, t. a , p. 4o4*
a Mém. de TAcad. des sciences^ annéf 17171 obs. 3. Stoi.l> jRat, med.^ t. 1 , p. a 00.
3 Ephem, nat. cur.; déo. a, ann. 3, obé. 38.'
Fapprennent Morgigni de là veiiie cave inférieure'^ R0TSCH^ et notre Muséum anatomique de la veine porte, Saltzmai^n^ et Walter* de la' veine crural^;, MuRRAY ^ de la veine poplitée , et les Éphémérides des curieux de la nature ^ de la veine coronaire du cœur.
§. 1083. Les gros troncs artériels s'ossifient-ils avant les rameaux ? c'est sur quoi l'observation ne m'a pas encore suflSsamment éclairé. On rencontre ordinairement l'aorte et ses gros rameaux ossifiés, sans que les autres branches de moyenne grosseur le soient Cependant j'ai disséqué plusieurs extré* Biités inférieures sur lesquelles les artères principales avec leurs rameaux étaient complètement ossifiées, tandis que l'aorte ne présentait aucune trace d'ossification* Quant aux très -petites artères et au réseau capillaire , les auteurs gardent un pro^ fond silence sur la disposition qu'elles ont à s'ossifier. BiCHAT seul assure que les ramuscules paraissent être rarement le siège des incrustations osseuses, et qu'on n'en rencontre jamais aux artères capillaires?. Cependant j'ai vu quelquefois la surface utérine du placenta à terme ossifiée dans placeurs endroits ; et après un examen scrupuleux j'ai recon-
1 EpUt, 64, n** 9*
a Thés. anat. 8,4» ^^'
3 Dissert, de ossif. prœtem, j^rg, 1790, p. ^17.
4 jinat. Mus»: B. 1,5. 17a, Nro, 35.
5 Act. mëcl. ; t. 1 , p. 8.
6 Dec. a, ann. 10, obs. 175.
7 Anat. gën.) part. 1, t. a, p. 994*
iM que ces ossificadoiis suivaient absolument les ramification^ vasculaires , qu'elles représentaient quelquefois de véritables rameaux osseux» et qu'elles avaieht conséquemment leur siège dans les vaisseaux et probablement dans les artères du placenta. J'ai trouvé une fois complétem^it ossifiés les petits rameaux artériels qui s'enfoncent dans la substance médullaire du cerveau. En voulant couper ce dernier par tranches horizontales, le scalpel était à tout moment arrêté ; et en examinant les choses de plus près 9 je ne vis pas \ sans étonnement ces vaisseaux convertis en petits canaux osseux, que je pouvais extraire de la masse encéphalique sous la forme de longs filamens. Le sujet sur lequel je faisais cette observation, a'était pas mort d'une maladie du cerveau; il n'avait pas dépassé l'âge de quarantesept ans.
§. 1084. Une chose digne de remarque, c'est que les artères des extrémités inférieures s'ossifient incomparablement plus souvent que celles des extrémités supérieures. D'après une suite d'observations que j'ai été à même de faire, je puis assurer que les ossifications de l'artère fihnorale et de ses branches soiit à celles de la brachiale et de ses rameaux dans le rapport de 3o à i . Le cadavre d'une femme âgée de cent quatre ans, sur laquelle je m'attendais à trouver toutes les artères du corps ossifiées, n'offrait ni dans le tronc, ni dans les rameaux des artères brachiales aucune, trace d ossification , tandis que les fémorales avec leurs branches étaient presque entièrement ossifiées. Le cadavre d'une autre femme.
parvenue à Tâge de quatre-vingt-seize ans , a €on^ firme cette observation. Cependant parmi les artères des extrémités supérieures, quelques branches de la sous -" clavière , tdles que les vertébrales, les thyroïdiennes inférieures, les mammaires internes, etc., sont à peu près aussi souvent ossifiées que les artères des extrémités inférieures. Qbajit à la thy^^ roïdienne, la fréquence de son ossification peut tenir aux diverses inflexions qu'elle forme avant de s'enfoncer dans l'organe auquel elle est destinée. En effet, on remarque constamment que les ossifications sont très-fréquentes dans les endroits où les altères décrivent des courbures et ont une marche tortueuse. Je citerai pour exemple la por^ tion de la carotide interne enfermée dans le canal carotidien , et sur|.out l'artère splénique , qui de toutes les artères du corps est quelquefois la seule ossifiée.
§. 1085. Peutrètre ne sera-t^il pas hors de propos d'indiquer l'ordre dans lequel les artères s'dssifient le plus fréquemment. Je crois pouvoir présenter l'échelle suivante :
La crosse de l'aorte; ' L'angle de division de l'aorte abdominale, d'où résultent les deux iliaques primitives;
L'aorte pectorale;
L'artère splénique ;
L'aotte vei^rale;
L'artère fémorale avec tous ses rameaux ;
Les spermatiques ;
L'hypogaatrique et ses branches; .
AKÀTOMIE PATHOLOGl<^UE SPÉCIALE. 559
Les artères coronaires du cœur;
Quelques branches de la sous-clavière ; ' L'ange de divmon de la carotide primitive;
Les inflexions de la carotide interne ;
Les artères cérébrales dans l'état cartilagineux ;
Différentes branches de la carotide externe;
Les artères des parois de la poitrine et du ba^ ventre ;
Les artères brachiales et leurs rameaux^;
Les ramuscules, des artères ombilicales;
Les artérioles qui s'enfoncent dans la substance médullaire dû cerveau;
L'artère pulmonaire.
§. 1086. Une autre question intéressante est celle de savoir si les ossifications sont en rapport direct avec l'âge des individus.
A part quelques observations très-'rares , où l'on a vu l'ossification de l'artère temporale chez un en* £int de quinze mois; l'aorte ossifiée à l'âge de trois ans; des plaques ossiformes à Tâge de huit, dix<huit, vingt-quatre ans; une ossification complète de l'artère mésentérique supérieure à l'âge de treAte ans 1 , on convient généralement que cette disposition est un apanage dé la vieillesse. Quoique cette proposition soit incontestable, il ne faut néanmoins l'admettre qu'avec de certaines restrictions. A l'exception des ossifications arrivées aux valvules des ventricules du cœur , ainsi qu'à celles de l'aorte » et qu'on a remarquées dès la quarantième année de la
1 ÂHDRALy Précis d'anat. pathol. f t. a, p. 38o« . .
vie ^ ; à rexcepûon aussi de qadqoes contrées , par exemple de celle de Strasboarg, où les ossifications, non-seulement des artères, mais anssi de la matrice ou de la glande thjroide, sont assez firéquentes, m£me vers Tâge de trente ans, on peut soutenir ea général qu avant cinquante ans on n'observe point d'ossification achevée aux artères; mais qu'après ce terme ces vaisseaux s'ossifient fi-équemment. Les nombreux exemples d'aitères ossifiées , préparées pour notre Musée, ont été pris sur les cadavres de personnes mortes entre la soixantième et la soixantedixième année de la vie. Après ce teoips les ossifications n'augmentent pas proportionnellement avec l'âge, de manière que dans la quatre- vingtième, quatre-vingt-dixième et centième année les arr tères ossifiées ne sont pas plus nombreuses qua râge< de soixante à soixante -dix ans. U est même à présumer que dans l'individu mort à l'âge de cent cinquante -trois ans, dont Harv£¥^ a fait la dissection , les artères n'étaient point ossifiées ; car il ne Ëdt aucune mention de l'état de ces vaisseaux.
§, 1087. Les ossifications sont-elles dans un rapport particulier avec le sexe ? sont- elles plus fréquentes dans l'honune que dans la femme, ou réciproquement? Ce sont des questions pour la .solution ■■■I I II.—... I I t ■ ■ ■ ■ Il ■ ■ ■
1 H. CooFCK , Abrégé des transact. phil. de la Soc. toj. de Londres^ part. 6, p. 9o5. Vktter, Aphorismen aus der pathoL Anatomie ; $. i la.
a Anat, Thom, Paire , Hartet, Oper. omn,, a CoUeg» med, Lond. edit.y p. 607.
ANAtOMIE PATHOLOGIQUE SPÉaALE. 56 1
desqueUes je n^ai encore pu recueillir aucune don^ née positive.
§. 1088. Examinons maintenant avec plus de détails ces mêmes ossifications.
Bans le j^s grand nombre des bas nous apercevons qu'elles consistent en des lames ou plaques plus ou moins grandes et plus ou moins épaisse^, <l(mt la couleur est blanche, un peu jaunâtre, quelquefois même d'un jaune citron. Leur tissu, extrêmement dense, n'offre aucune structure fibreuse, ressemble à la substance compacte des' os, mais est plus sec et fius cassant que cette dernière. Les lames osseuses sopt toujours placées entre deux tuniques des artères, l'interne et la fibreuse : c'est une observation qui a été vérifiée par tous les anatomistes. Mais ce qui n'a pas encore été remarqué de tous, et ce qui a été mal à propos nié par Bichat, c'est que la âmique interne est quelquefois absolument usée et détruite , au point que le sang est en contact avec l'os; et dans ce dernier cas j'ai presque constamment observé que 1» surface int^ne de la lame osseuse est d'une belle couleur jaune citron.
§. 1089. Les ossifications n'ont pas toujours l'apparence et la structure que je viens de déorire. Au lieu d'être figurées en lames ou en plaques, elles forment quelquefois des éminences irrégulières, garnies d'aspérités pliis ou moins saillants dans l'intérieur du vaisseau, et ayant l'aspect de concret tiens osséo * pétreuses. J'ai rencontré ces espèces d'ossifications surtout à l'orifice de? branches qui sortent d'un tronc principal, à ces espèces d'épe«
tons qtd réiulieat de l'angle par lequel les ramfeaux se séparent du tronc ^ et dans ce cas les orifices des Taisseaox sont plos on moins rétrécis, comme il est aisé de le concevoir. Outre les ossifications des valvules auriculo -ventriculaires et sémi •» lunaires (§. 1039)4 j'ai trouvé dans le tronc même de Vartère pulmonaire d^a Jiomtne d'environ soixante ans une ossification qui avait les dimensions suivantes : sept £gnes de longueur, cinq de Wgpur et trois d'épaisseur. Cette excroissance, placée directeknent à l'endroit de l'insertion du canal arlériel de Botal , était couverte par la membrane interne extrêmement amincie; le canal artériel lui -même était ossifié dans toute sa longueur. J'ai depuis constaté une seconde Ibis une pareille ossification, mais sans tubercule osseux dans l'artère pulmonaire.
§. 1090. Outre les véritables ossifications, on ren^contre très-souvent dans les artères d& tache» blanches, ainsi que des endroits calleux où cartilaguieux, et il n'est pas rare de trouver un noyau osseux au centre d'une partie devenue calleuse Maôs ce qu'on observe moins fréquemment, c'est une matière Equide et gélatineuse, de la consistance du midi, différente de cette purée jaunâtre dont j'ai déjà parlé (§. 1077), qui entoure les points calleux, cartilagineux et même osseux , ou se trouve simplement déposée entre les tuniques de l'artère. Cette matière n'avait pas échappé aux anciens anatomisies^ qui la ^regardaient comme une espèce de moelle ^ McrjOul- — ^^^''^^™^— ■^~~~— — ^— »— "^ Il » I ■ « «»— ^— ^«^.— — »»-^i— 1— I— p— ^»^— ^i^>^
1 G. BfiLL, Zerglied. d, mettschL Kôrp.^ a, d, £ngLf S, 17 S.
ÀNATOMIE PÀTHaLOGIQTJE SPÉCIALE. 563
QUI ' l'a également reticontrée ; Hiais Halisr , en £zam sur elle rattention des physiologistes , lui a asmgtié des usages particulière.
§. 1091. La chimie s'est également occupée des artères ossifiées. Suivant Bran de, les plaques os-^ sensés sont composées , sur loo parties, de 653 de phosphate de chaux et de S^^S de matière snimale M. Lassaigne a trouvé qu'elles contenaient sur i oo parties:
Matière animale muqueuse . 5o ;
Phos{^ate de chaul 4? )a9
Carbonate de chaux .:.... 2;
Scdfiitt de chaux quelques traces.^
§. 1092. Quant à la manière dont les artères s'os- »fiem, sans discuter les opinions des auteurs, qui l'expliquent tantôt par le dessèchement des vaisseaux nourriciers des artères^, tantôt par le dépôt d^une substance tenrense et calcaire 4, tantôt par le seul froltem«at auquel les tuniqaes artéri^es sont exposés^, tantôt par la solidification du suc gélatineut 43ont il vient d'être parlé^,. tantôt par la faculté par^ ticulière dont jouit la membrane interne des artères, cle s'inemster de phosphate calcaire?, tantôt enfin
^^^^^■^— ^^i^iP^iWM^^i^i— ^— «^i^^— ^pwwi I II» ■ I — — i^w ■ I < I II m^^tm^^ niai >■■ iiB^^i m^mm^i^^^m^mm
4 Epitt. Il, a/ i5.
3 BsLMAs, sur la structure, les propriétés, les fonctions et l«s altérations àts artères. Strasb., i8aa, p. 49*
3 VfiR-MvOGB, Lacth, CoUect. script, de anevrysm.; p. i5i,
4 A. BuoAVS, Mùcell, BeroLf cent. ^, t. 5, p. 63.
5 BoEJiHAAYE, Instit. med.^ b.'*4^^*
6 Haller, £/em. phys.} t. 8, part, a, p. 81. Opusc. pathoL; ol».r iS.
y BiCKAT, A&at. |én.; part. 1, t. a^ p. 292.
par un travail inflammatoire ^, on coiuidère anfctu^ ^'hui ce phénomène comme le résultat d'une nutrition déréglée Êivonaant le développement accidentd d'une substance homoéo-plastique dans un tissu qm jen est avide. On sait en effet (§. 38i, n."^ 3) combien le tissu fibreux est susceptible de se laisser imprégner par le phosphaté calcaire, qui s'y dépose non pas nu hasard et d'une manière irréguUère, mais suivant la direction des fibres et des vaisseaux : c'est ce dont on peut se convaincre en inspectant les artères des extrémités dont l'ossification n'est pas encore toutà-&it achevée; on j verra des stries osseuse^ absolument placées dans les intervalles des fibres circulaires. Au reste, toutes les fois qu'un organe ne sert plus aux fonctions auxquelles il est destiné, et jque par suite de cette circonstance son parenchyme jse flétrit et se dessèche , on voit le phosphate calcaire s'en emparer : c'est ce que nous apercevons aux ovaires et à la matrice chez les femmes trèsavancées en âge, à la glande thyroïde des viellards, au conduit artériel de Botal, aux petites ramifications des artères ombilicales dans le placenta; et, chose remarquable, ces dernières ne s'ossifient qu'autant qu'elles ont été changées préalablement en petits cordons fibreux par l'oblitération de leur cavité, comme je l'ai fait voir dans un autre ouvrage.^ Ces &its ne s'opposent point à ce que , pour expliquer l'ossification accidentelle, on «embrasse l'idée
1 BaovssAiSi Examen des doctr. médicales.; t. i, prop. 178. a Essai sur la nutrition dn fcetus;^. Sg» p. 14^9 àkù% la oo.te.
ANÀTOMIE PATHOLOGIQUE SPÉaALE. 56S
de Haller, qui pense qu^un suc gélatineux, tenant en dissolution le phosphate calcaire, s'infiltre danj{ le tissu des parties , et que cette ossification suit le^ phases de l'ossification naturelle. En effet, nou^ voyons la substance osseuse être précédée de k substance ^^rtilagineuse , celle-ci de la substance calleuse, et ainsi de suite.
§. 1093. Il suit iifiplicitement de ce que nous ve^' nons de dire de l'ossification, qu'en général elle appartient à Fàge sénile. Avant cet âge elle prouve une vieiUesse précoce, du moins dans les organes flétris^ desséchés et condamnés à l'inaction ; dans le placentaf qui a dépassé l'époque de sa maturité, et qui peut être considéré comme en état dé vieillesse, etc. Quant aux ossifications des artères qui surviennent dans l'âge muriet même dans la jeunesse, des causes d'une autre nature lui donnent probablement naissance. Si nous en jugeons par ce qui s'observe sur le cœur,' la' plus fréquente de ces causes serait l'arthrîtis. Eri efiet, cette maladie semble en quelque sorte dispo-' ser à son gré dû phosphate calcaire, tantôt pour le soustraire , tantôt pour l'accumuler sur un organe. Qu'on se rappelle l'appauvrissement des os dans la goutte, leur déformation par des végétations' os^ seoses, les incrustations de certaines parties du coetir^, les ossifications de ses valvules, ainsi que de celles des grosses artères par des causes arthritiques^^ peul-ètre trouvera -t- on cette mêipe cause en jeu dans l'ossification des artères cheu des siijets de trente ans, c'est-à-dire à une époque de la vie qui favorise le développement de l'arthriûs^ Serait -ee
566 JtlTRE II.
Husû la raison pour laquelle les artères des extrémités inférieures sont bien plus souvent ossifiées que celles des extrémités supérieures, la ^utt« occupant en général plus fréquemment ces mêmes extrémités?
§. 1094. Quelle que soit au reste la cause de Vo^ nfication des artères, leur mécanisme a lieu en verto d'une nutrition irrégulière , par conséquent par un travail paisible, lent et inaperçu. Combien en e&l l'économie ne serait-elle pas troublée, si un autre mode dacdon, tel qu'une inflammation, pnésîdaii au dépôt de phosphate calcaire entre les tumquea artérielles? Une fièvre des plus intenses n'en ser^^^ ^11 e pgs la suite nécessaire? Mais, loin de là, les individus peuvent avoir la moitié de l'arbre artériel ossifié sans la moindre incommodité. Ces Qssifica^ tions une fois achevées, ne paraissent pas non plus décider daccidens graves, si ce n'est la formaûoa d'un anévrisme par l'usure successive des parois artérielles. On en voit en efiet dont la cause première paraît se rattacher k la présence des squamei^ osseuses entre les tuniques moyewi^ et îpteme des artères* Toutefois cette éûolo^ de l!^névrisme est loin d'être constante, attendu qu'on trouve souvent des ossifications sans anévrisme et des sa<^ anévris-^ maux sans ossifications. Dans les' cas d'ossification les anévrîsmes ne ime paraissem se former qu'au^inl qu il se dépose autour des squames osseuses oetie matière jaune en forme de purée dont j'ai parlé |dus haut (§ 1077), et qui, en écartant l'une de l'autre les tuniques interne et moyenne de l'artère, favorise
^ ANATOMIE PATHOLOGIQfJE SPÉCIALE. 56^
singulièrement la dilatation du tube artériel quand la première a été détruite ou rompue.
§. 1095. On a attribué à TossiGcation des artères deux maladies très*graves , savoir, la gangrène sénile et l'angine de poitrine.
Quant à la première « je pense qu'elle ûent à une cause plus générale et pour ainsi dire plus relevée , à Tatonie des systèmes nerveux et circulatoire.
Uaugine de poitrine a été attiibuée par des auteurs anglais^ à l'ossification des artères coronaires; et cette opinion a été embrassée par plusieurs médecins allemands et italiens, mais on ne peut ad* mettre cette étiolo^, si on réfléchit que cette ossification existe souvent sans angine de poitrine et l'angine de poitrine sans ossification j observation que nous avons pu constater plusieurs fois. Toutefois je ne veux pas nier que cette maladie^ consistant dans im spasme du cœur excité par une cause arthritique y ne puisse déterminer un travail nutritif irrégulier dans les parties fiibreuses de ce viscère^ et produire l'ossification soit de ses valvules , soit de ses artères; mais alors cette ossification est TeiTet et non la cause déterminante de l'angine de poitrine.
t FoTHEHôtLt , Loné, meâ. ûbs, and inquir ; t. 5, p. i>9- HABsaDBir, TVajwcoi. ofth^ som^ ofphjrt^ oftond., t. 3| p* 4^* Paarv , inq. iato %h€ ^j/mpU *nd cas. of ikt ^ncop, anginr Bath, idoo.