‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 81 sur 88 · II · texte numérisé non relu

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cave supérieure était tellement obstruée par une substance solide, fibrineuse, d'un rouge cendré, qu'il n'était pas possible d'y faire pénétrer le stylet le plus mince, ni même Tair, et que le passage était absolument interdit au sang depuis la hauteur de la glande thyroïde jusqu'à l'oreillette droite. Cette veine cave constituait une tumeur cdnique, longue de cinq pouces, épaisse de douze lignes à sa base et de six lignes à sa pointe, qui comprimait les deux veines pulmonaires droites au point qu'elles s'étaient oblitérées par suite d adhérence entre leurs parois.

§. 11S6. Si l'on recherche les causes d'une pareille disposition pathologique, elles résident soit dans une tendance qu'a le sang à la coagulation, soit dans une maladie des parois veineuses, telle que l'inflanunation , soit enfin dans une innervation languissante ou suspendue dans la partie qui est le siège de la maladie >. Cette dernière cause m'a paru évidente dans un cas d hémiplégie qui s'est terminé par la moru Les parois des veines du côté paralytique étaient toutes plus ou moins obstruées par des polypes , tandis que celles du côté sain renfermaient un sang dissous et fluide. Un caillot placé dans la partie supérieure de la veine crurale du côté malade présentait un aspect curieux : des stries blanches alternaient avec des stries rouges, et donnaient à toute cette masse l'apparence d'une stratification régulière et une sorte de cristallisation animale trèsagréable h voir.

1 Sar la coagalation du sang dam le« Taitseâux pendant la Tie. GazcUe médical* de Paris ; t. 3, n.^ 12$.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE ^l^ÉCtALË. 6ll

Quand les parois de la veine obstruée sont en même temps enflammées, la substance qui boucbe le vaisseau s'organise; et ici, comme dans les artères, le bouchon et la veine sHdentifient, et il en résulte une oblitération dans ]e véritable sens du mot. Il arrive aussi que par suite du temps la veine oblitérée, d'abord changée en cordon fibreux, finit par se convertir en tissu cellulaire, comme cela a lieu dans r^tat physiologique pour la veine ombilicale et le conduit veineux.

§. 1137. L'obturation primitive des veines peut entraîner des accidens graves, et notamment l'hydropisie. M. Bouillaud ^ a prouvé que Thydropisie passive, attribuée par les auteurs à une débilité générale et à une atonie des vaisseaux lymphatiques, dépendait essentiellement d*un obstacle à la circulation veineuse, et que cet obstacle consistait dans une obstruction des veines par des caillots fibr ineux solides et adhérens à leur surface interne. Des recherches multipliées, faites non-seulement sur les veines des extrémités inférieures, mais aussi sur la veine porte et les veines des extrémités supérieures, servent de fondement à cette doctrine, que )'ai été à même de vérifier plusieurs fois.

§. 1138. On doit enfin signaler une obstruction des veines dont la cause ne réside pas dans leur intérieur,, mais envre les membranes de leurs parois, lorsqu'il se dépose entre elles dés substances cpii rétrécissent la lumière du vsâsseau. Je n'ai pas

1 Arcfaiv. gén. \ t. 5, p. 94*

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trouvé que ces substances fu^nt, comme dans les artères, de nature crétacée ou semblable à une sorte de purée de pois (§. 1077); mais j'ai constaté la présence de la matière cérébriforme. La veine cave inférieure me Ta surtout offerte d'une manière évidente. Non-seulement le tronc de cette veine montrait dans son intérieur de nombreuses bosselures, mais l'oreillette droite du cœur était remplie d assez gros mamelons, disposés d'une manière irrégulière. Ces élévations éuient formées d'une substance encépbaloide parvenue au second degré de son développement

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