Une demoiselle de neuf ans fit une chute sur
la hanche : elle en fut si peu incommodée, qu'elle se promena le même jour et qu'elle assista le soir à un bal; cependant elle y éprouva un frisson qui l'obligea de rentrer et de se coucher. Le lendemain elle se plaignit beaucoup de la hanche et du genou du même côté : il y eut de la fièvre, qui augmenta jusqu'au délire, et au bout de huit jours après l'accident la malade succomba. La nécropsie ayant été faite vingt- quatre heures après la mort, on trouva les viscères des cavités splanchniques tout-à-fait sains; mais l'articulation coxo-fémorale renfermait, environ une demi-once d'un pus foncé , et la membrane synoviale, à l'endroit où elle se réfléchissait sur le col du fémur, était détruite par ulcération dans la largeur d'une ancienne pièce de vingt-quatre sous.
4.0 Un homme d'un âge mûr, ayant éprouvé une Ncontusion à l'épaule , eut de suite cette partie tuméfiée et très- douloureuse. Mais une maladie bien grave, savoir une lièvre nerveuse, qu'il gagna bientôt après cet accident, l'emporta en peu de jours. A l'autopsie cadavérique on trouva environ une demi-once d'un pus ténu dans l'articulation huméroscapulaire. La membrane synoviale offrait des signes d'inflammation, et était érodée dans l'étendue d'une pièce de douze sous, à l'endroit où elle se réfléchissait sur le col de l'humérus.
§. 8 S 5. On voit que dans tous ces cas la membrane svnoviale était seule affectée, présentant les divers degrés de l'inflammation que nous avons admis. Quelquefois aussi la maladie, s'étendant plus loin , envahit les autres tissus qui font partie de
l'articulation , comme nous le verrons en parlant de
l'arthrocace.