‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 3)Chapitre 56 sur 75 · II · texte numérisé non relu

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Les autres, d'une consistance plus ferme, sont plus ou moins adhérentes aux parois du cœur, et notamment à celles des cavités droites de ce viscère. Elles pénètrent dans les interstices des colonnes charnues, dont elles ne sauraient être retirées que par fragmens, et ces colonnes auxquelles elles sont adhérentes, sont notablement déprimées et aplaties. La couleur de ces concrétions est jaunâtre ou légèrement violette ; leur densité est égale à celle de la croûte inflammatoire ; aussi représentent-elles de véritables masses fibrineuses , mais qui renferment quelquefois de petits caillots de sang ; d'autres fois de petits grumeaux ou même de simples taches sanguines. Personne aujourd'hui ne doute que cette seconde espèce de concrétions ne se fasse pendant la vie et qu'elle n'occasionne des accidens graves. C'est là du m(*ins le sentiment de Borsieri, deCHESTON, de Kinglake, Thomann, Harles, Zadig, Maincourt, Wichmann et Laenjsec; tandis que Corvisart, Teste et Burns, ne lui font pas jouer un rôle très-important. Cette dernière opinion est partagée par Rreysig, qui explique les symptômes attribués à ces concrétions, par l'état morbide de l'organe même, auquel elles adhèrent. Voici cependant une observation rapportée par CHESTON,qui prouve qu'on ne porteras impunément une semblable concrétion dans les cavités du cœur.

§. 1054. Le sujet de cette observation était un homme de quarante ans , qui exerçait en même temps la chirurgie et la pharmacie ; il éprouva les symptômes suivans : i.° sentiment pénible derrière lf

sternum pendant la marche et le mouvement; i? douleur fixe au même endroit, accompagnée d'une dyspnée considérable , également occasionée par le moindre mouvement; 3.° propagation de cette douleur vers le côté droit de la poitrine et du cou ; zj-° bruit senti par le malade et comparable à celui que ferait un courant d'eau obligé de traverser un passage étroit; 5.° pouls dur et contracté; 6.° absence des battemens du cœur; 7.0 froid et engourdissement des mains et des pieds, et cedématie de ces derniers; 8.° assujettissement à une position horizontale ; 9.0 cessation du bruit de la poitrine, après une compression exercée sur l'artère carotide , mais augmentation de la douleur en proportion de cette compression; io.° diminution des forces du malade et en même temps du bruissement, mais augmentation de l'anxiété et de l'oppression; 1 1.° diminution progressive du pouls. Le résultat de l'autopsie cadavérique fut : i.° léger épanchement de sérosité dans le péricarde; 1? distension, amincissement avec traces d'inflammation aux parois de l'oreillette droite ; 3.° parois du ventricule droit extrêmement minces et comme transparentes; l\? ces deux cavités remplies d'air ; 5.° concrétion intimement adhérente à la partie supérieure du ventricule droit et à ses colonnes charnues, dont elle ne put être détachée qu'au moyen des ciseaux. Cette concrétion était d'un jaune clair, et occupait les deux tiers du diamètre de la cavité; elle montait à quatre pouces dans la veine cave supérieure et descendait d'un pouce dans la veine cave inférieure ? une autre partie s'insinuait

dans l'artère pulmonaire; mais les rameaux qui s'en détachaient pour suivre les branches de ce vaisseau, étaient semblables aux concrétions formées après la mort. 1

Thomas Trotter2 rapporte l'histoire d'un jeune homme de quatorze ans, attaqué de maladie bleue, et dont le cadavre offrit : i.° un . hydrothorax du côté droit; i.° un hydropéricarde; 3.° une injection des artères coronaires du cœur; 4.0 la distension des deux veines caves par du sang; 5.° dans l'oreillette droite une concrétion , du volume d'un œuf de poule, de la consistance du ris de veau cuit, et renfermant deux ou trois petites cavités ; 6.° deux petites hydatides, attachées au ventricule droit, tout près de l'orifice de l'artère pulmonaire.

§. 1055. Quant à la manière dont ces concrétions se forment , elle dépend de la concrescibilité du sang, laquelle est, comme nous l'avons indiqué ailleurs (§. 3o8, n.° 2), un effet de la force plastique. Cette propriété toute vitale, qui, sans doute, est en rapport avec l'énergie dont jouit le cœur luimême, produit probablement aussi l'adhérence aux cavités de ce viscère. Ce n'est donc pas par l'effet d'une inflammation que cette dernière a lieu, et les concrétions ne s'identifient pas avec les parois du cœur; d'où il résulte aussi que c'est abusivement que les anciens leur donnaient le nom de polypes,

1 Richard Browm Cheston , Lond. medic. Journ. ,' 1^85

2 Med. and chir. essaya Lond., 1796, p. 12 3.

les assimilant aux excroissances des membranes muqueuses.

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