Le dytrachiceros
1 3.° L échinococque.
i4° Uacéphalocyste.
De tous ces entozoaires de l'homme les plus communs sont : i.° le lombrical, 2.0 Y ascaride , 3.° le trichure , 4-° le tœnia à larges articula-r
1 Cuvier, Règne animal 5 t. 4 > p« 2S.
ANATOMlË PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE. 5l5
tions , 5.° le cucurbilain , et 6.° Yacéphaïocysie.
Avant d'entrer dans la description des entozoaires propres à l'homme, je crois devoir présenter quelques considérations générales.
§. 537. Les entozoaires se rencontrent dans tous les pays , dans tous les climats , à l'exception du dragonneau, qui ne se trouve que dans la zone torride, en Asie et en Afrique. Ils peuvent résider, dans tous les organes, dans tous les viscères; les cartilages, les ligamens, les tendons exceptés : on en a même rencontré dans le sang.
L'observation a prouvé que chaque espèce d'animal possède ses espèces particulières de vers* Ceux d'un animal peuvent-ils passer dans un autre? L'expérience d'ABiLGAARD a démontré à la vérité que les vers intestinaux des poissons, avalés par un canard, ont continué à vivre dans les intestins de ce dernier ; mais on ne peut tirer aucune conclusion générale dé ce fait particulier. Il paraît certain que les vers intestinaux d'une espèce, ne peuvent vivre dans les intestins d'une autre , à moins qu'il n'y ait entre elles une grande analogie quant au genre de nourriture et à la nature des sucs intestinaux (Pojdolphi).
Non- seulement chaque espèce de quadrupèdes, d'oiseaux , de poissons , etc. , a ses espèces particulières d' entozoaires ; mais chaque organe a encore les siens , de sorte que les vers des intestins ne ressemblent pas à ceux du foie , ceux du foie à ceux des poumons , non plus que ces derniers à ceux du cerveau.
5l6 LIVRE I»
Jetons un coup d'œil rapide sur les diverses fonctions et les propriétés vitales des entozoaires.
§. 538. Mouvement musculaire. Les lombricaux se meuvent avec assez de force et de rapidité ; ils peuvent se raccourcir, s'alonger, décrire les courbes les plus variées , s'enlacer de manière à former une sorte de nœud , et lorsqu'ils sont en certain nombre dans un espace étroit , ils s'agglomèrent quelquefois en manière de pelotes.
Les ascarides se meuvent avec une vivacité à laquelle ils doivent leur nom; ils traversent avec vitesse les matières fécales liquides.
Les vers à suçoirs exercent des mouvemens extrêmement apparens, quoiqu'on ne puisse y découvrir aucune fibre musculaire. L'ouverture de leur bouche, désignée sous le nom de pore , est comme le point fixe vers lequel les autres parties de l'animal se contractent.
Zeder admet dans ces espèces de vers des fibres longitudinales et des fibres transversales. Les dernières sont très - apparentes dans les vers ronds; elles sont interrompues par quatre lignes composées de fibres longitudinales , à la manière des ligamens du colon.
Dans les vers à crochets on distingue également des fibres longitudinales et des fibres transversales. Les vers plats possèdent aussi ces deux espèces de fibres. P allas a vu une seule articulation du cucurbitain (tœnia solium) ramper le Jong d'un mur, à la hauteur de quelques pieds. Des vers solitaires à moitié sortis de l'anus , rentrent dans l'intestin rec-
tum. Ces phénomènes prouvent bien la présence de fibres motrices.
On a reconnu deux faisceaux de fibres à la face interne de la vessie des vers hydatoïdes.
Les vers à crochets, outre leur peau garnie de fibres motrices , ont encore des faisceaux musculaires particuliers, destinés aux mouvemens de leurs trompes.
§. 539. Système nerveux. M. Cuvier attribue des nerfs aux vers intestinaux. M. Rudolphi leur accorde une substance nerveuse , sans laquelle on ne pourrait expliquer le mouvement volontaire de ces animaux, ni leur goût pour les choses qui leur sont agréables , et leur répugnance pour celles qui leur déplaisent. Mais le même auteur n'a jamais pu distinguer sur eux ni cerveau ni nerfs , quoiqu'il se soit servi du microscope dans ses recherches.
Lae]S!NEC ayant observé dans les lombricaux deux lignes offrant de petits nœuds , considéra ces lignes comme des nerfs 1 : c'est ce qu'a depuis pleinement confirmé M. Jules Cloquet. 2
§. 540. Respiration. Les vers intestinaux n'ont ni trachées ni stigmates , par conséquent ils ne respirent pas ; mais ils admettent l'air vital par absorption.
§. 541. Digestion et nutrition. Tous les vers ronds ont un canal alimentaire qui offre des variétés remarquables à son extrémité supérieure ou bouche.
1 Dict. des se. méd. } p. 34*2, article ascaride.
2 Anatomie des vers intestinaux. Mémoire couronné.
Les vers à crochets n'en ont point. Ces animaux se nourrissent par imbibition. Si dans l'état de flaccidité on les plonge dans l'eau, tout leur corps se gonfle, même après qu'on leur a enlevé la trompe. Si on en retranche une partie quelconque , cette partie se gonfle dans l'eau et se nourrit par absorption.
Les vers à suçoirs n'ont point non plus de tube alimentaire ; ils possèdent une ou plusieurs ouvertures (jusqu'à six), qui conduisent dans leur intérieur la matière nourricière. On ne leur a pas trouvé d'anus.
Les vers plats ont bien des ouvertures et des pores, mais point de canal alimentaire distinct. Dans le cucurbitain il existe des canaux longitudinaux communiquant avec d'autres canaux, dont la direction est transversale, et qui sont placés dans les diverses articulations. On a cru ces canaux destinés aux fonctions de la génération; mais il paraît qu'ils servent à répandre la matière nourricière pompée par les suçoirs dont la tête de ces animaux est garnie.
Dans les vers vésiculaires il y a des bouches absorbantes qui conduisent la matière nourricière dans deux canaux latéraux qu'on distingue dans quelques espèces seulement, et qu'on suppose dans les autres.
§. 542. Génération. Les organes de la génération peuvent être étudiés assez facilement sur les lombricaux.
L'organe du mâle constitue un filament grêle comme un cheveu. Indépendamment de cette verge
ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE. 5lOy
îl existe un conduit déférent ou réservoir séminal , et un long vaisseau filiforme, que l'on peut regarder comme l'organe préparateur de la semence. On a remarqué que dans cette espèce de vers il y a beaucoup plus de femelles que de mâles.
La femelle , plus grande que le mâle , est munie d'un orifice ou fente longue de six à huit lignes. Cet orifice, qui n'est autre chose que la vulve, conduit dans une matrice bicorne ou dans deux canaux, qui ont le diamètre d'une plume de corbeau. Ces canaux descendent le long des intestins 3 placés des deux côtés de ceux-ci , ils deviennent extrêmement flexueux et dégénèrent en filamens très-fins, qui ne sont autre chose que des ovaires. La longueur de tout l'appareil générateur de la femelle Çotiductus) est de six à huit pieds. Considéré à la loupe , l'utérus a une structure fibro-celluleuse , ses fibres sont transversales et obliques. Les œufs se rencontrent par milliers dans la matrice, et remplissent cet organe à la manière d'une humeur laiteuse.
Les organes de la génération des vers à crochets sont moins connus ; cependant on distingue encore dans ces animaux les deux sexes.
Les vers à suçoirs paraissent être hermaphrodites ; ils se fécondent mutuellement et sont en général ovipares.
Quelques-uns des vers plats montrent derechef les deux sexes séparés. Les articulations des vers solitaires renferment des ovaires. Les petites éminences latérales de ces vers sont percées d'un trou qui con-
duit dans deux canaux , dont l'un , tortueux , est manifestement l'ovaire. Goetze a pu en exprimer des œufs, et est parvenu à les faire sortir par les trous latéraux. Dans cette dernière espèce on remarque encore que les mâles sont moins nombreux que les femelles. Cependant Bremser1 professe sur ce point une autre opinion. D'après lui, tous les cestoïdes sont de véritables hermaphrodites, et les articulations de chaque ver peuvent s'accoupler mutuellement.
Les organes de la génération des vers vésiculaires ne sont pas connus.
Dans les lonibricaux, où l'on a pu examiner le rapport de la matrice avec les œufs et les embryons, on s'est assuré que ces animaux sont vivipares, en ce sens que les embryons , enfermés chacun dans un œuf (membraneux), s'y meuvent, comme le fœtus des quadrupèdes; qu'ils en sortent après en avoir brisé la membrane, tandis que d'autres, qui naissent encore enveloppés de cette même membrane , s'en échappent à l'instant de la naissance.
Le mode de génération des vers à crochets est très -obscur, on ne connaît pas même leurs parties génitales.
Les vers à suçoirs, étant hermaphrodites, ont un accouplement réciproque.
J'ai déjà dit qu'on ne connaissait point les parties génitales des vers hydatoïdes ; il suit de là que leur mode de génération est également ignoré.
i Traité zoologique et physiologique sur les vers intestinaux de l'homme j traduit de l'allemand, p. 112.
§. 543. Faculté régénératrice. La faculté qu'ont les vers intestinaux de se régénérer lorsqu'ils ont perdu quelques-unes de leurs parties, n'est rien moins que prouvée. L'opinion des médecins, qui pensent que le taenia reproduit les articulations qu'il a perdues , ne repose sur aucun fait avéré.
Nous allons maintenant passer en revue les principaux entozoaires de l'homme. Je commence par le dragonneau, quoiqu'il soit étranger à nos climats; parce qu'il appartient à la première classe, celle des vers ronds.
§. 544. Le dragonneau (Jilaria Medinensis , Gmelin, Rudolphi, Brera; le ver de Médine ou de Guinée, Cuvier1 ; lefdaire de Médine, DeBlainville 2 ) se trouve dans l'Arabie pétrée , au golfe Persique, au Gange, vers la mer Caspienne, dans l'Egypte supérieure, en Abyssinie, en Guinée, au Sénégal; en Amérique, sur les nègres qui arrivent d'Afrique, à Curaçao, où les blancs en sont attaqués aussi bien que les noirs. Deux régimens anglais, en station à Bombay , furent atteints de la maladie , savoir, trois cents soldats dans lun de ces corps, et cent soixante-un dans l'autre.
Le dragonneau a le corps alongé, cylindrique, presque d'un égal diamètre dans toute son étendue ; une bouche orbiculaire; un organe génital distinct dans le mâle, et formé par un seul ou par un double aiguillon 3 : sa longueur varie depuis neuf pouces
i Règne animal; t. 4> P- 3o.
a Dict. des se. nat. \ t. 17, p. 5.
3 B.1EMSER , l. C. , p. 122 , pi. 3 , fig. 1.
jusqu'à douze pieds ; son siège est le tissu cellulaire sous-culané ; néanmoins on le rencontre aussi dans les parties internes, par exemple, dans la cavité du péritoine du singe , à moins que le ver trouvé dans cet animal ne constitue une espèce à part, comme le pense M. Bremser , qui le nomme filaria gracilis1. Ordinairement ce ver se fixe autour des malléoles ; mais on l'a vu aussi au scrotum , à la tête, au cou et au tronc. Le plus souvent il est immédiatement sous la peau ; mais quelquefois aussi il est caché profondément entre les muscles.
Des auteurs assurent que le dragonneau peut rester pendant douze à quinze mois sans déterminer aucun symptôme. Lorsqu'il s'apprête à sortir, on observe sur l'endroit même où il doit se faire jour une petite pustule , bientôt un mal-aise général , des maux de tête , des nausées, des vomissemens, se déclarent : on éprouve dans la pustule une démangeaison , qui ne tarde pas à devenir une douleur permanente et forte. Enfin toute la partie se gonfle, s'enflamme et suppure; le ver se fait jour et l'on s'occupe de son extraction.
On a révoqué en doute l'existence du dragonneau , et prétendu qu'on avait pris pour ce ver des concrétions polypifôrmes ou du tissu cellulaire corrompu. Mais tant d'auteurs, depuis Plutarque jusqu'à nos jours (et dernièrement encore M. Delorme2), attestent avoir vu ce ver se mouvoir, qu'il n'est plus permis d'avoir le moindre doute à cet égard.
2 Journal de physique, chimie, etc., Août 1818, p. i5î>.
§. 545. JJhamulaire subcomprimée (hamularia lyrnphalica , Tkeutler ; hamularia subcompressa , Bremser; Vhamulaire de V homme, De Lamarck1) a été trouvée une fois par Treltler dans des glandes bronchiques très - volumineuses chez un individu mort de phthisie pulmonaire. Ce ver a environ un pouce de long ; il est arrondi , un peu comprimé des deux côtés , aminci vers l'extrémité antérieure, recourbé aux deux extrémités, et porte sur sa tête, terminée en pointe obtuse, deux crochets proéminens, qui peuvent être soulevés par l'animal. On n'y rencontre pas d'autres organes. 2
§. 546. Le trie hure (trichuris, WaGler ; trichocephalus dispar, Rxtdolphi ; le trichocéphale de V homme, Cuvier5; le Trichure de P homme, De Lamarck^) fut trouvé la première fois en 1760, à Gœttingue, dans le cœcum d'une fille de cinq ans, et ensuite dans le même intestin sur des militaires français morts de la fièvre muqueuse : il est décrit et figuré dans la Dissertation de Roederer et WaGler , De morbo mucoso.
Ces vers ovipares , à sexes séparés , élastiques , ayant douze à dix -huit lignes de longueur, se composent de deux parties : l'une, de la ténuité d'un cheveu, est la tête de l'animal; l'autre , plus épaisse, en est le corps. Celui-ci est contourné en spirale dans le mâle, tandis qu'il est plus droit dans la femelle,
1 Animaux sans vertèbres; t. 3, p. 216.
2 Bremser, 1. c. , p. 25o, pi. 3, fîg. 2.
3 Règne animal; t. 4> P- 3i,
Cette observation est due à Pallas , Goetzë et Othon-Fréderic Muller. C'est à tort que la partie fine a été prise pour la queue de ranimai. Quant à la structure anatomique , on y trouve un tube alimentaire , des vaisseaux spermatiques et des ovaires ; dans le mâle un organe génital simple et contenu dans une gaine l. Ces vers se rencontrent ordinairement dans le cœcum de l'homme et dans la fin de l'iléon. Quoiqu'ils soient le plus communément isolés, Rudolphi en a vu une fois plus de mille réunis. J'en ai moi-même trouvé un aussi grand nombre , et j'ai pu facilement distinguer les mâles des femelles.
§. 547. Le ïombrical ( ascaris lumbricoides , Bloch, Werjn'er, Gmelin, Joerdens, Brera, Rudolphi, Bradley, Cuvier , Bremser j ascaris gigas, Goetze; fus aria lumbricoides, Zeder) se trouve dans les intestins grêles de l'homme, des bêtes à cornes, du cochon et du cheval. Il est bien plus fréquent chez les enfans que chez les adultes. Sa longueur est de ^ix à quinze pouces ; son épaisseur de deux à trois lignes. Il est marqué, dans la plus grande partie de son étendue, de quatre lignes parallèles , dont deux très-apparentes , et de légères stries circulaires. Sa peau, demi- transparente, laisse voir dans plusieurs points le canal intestinal et les circonvolutions des vaisseaux reproducteurs. Sa queue, terminée en pointe mousse, est légèrement recourbée du côté du ventre. La tête, séparée du corps par une in-
» Bremseb , 1. c, p. i aij et i 44: pi- > i &%• * et 2*
tersection circulaire, offre trois petits boutons : ce sont des valvulves susceptibles de s'ouvrir et de se fermer, entre lesquelles se trouve un petit tuyau, qui est, à proprement parler , l'orifice de ]a bouche. Ces vers sont composés : 1 .° d'une cuticule externe • 2.0 d'un système musculaire formé de deux couches superposées , l'une de fibres transversales , et l'autre de fibres longitudinales; 5.° d'un système nerveux, admis par MM. Otto , De Lamarck, Cuvier , Laenneg Jules Cloquet; 4-° °" un système vasculaire consistant en deux vaisseaux du volume d'un gros fil et d'une couleur légèrement rougeâtre; 5.° d'un système digestif, composé d'une bouche, d'un œsophage, d'un estomac, ayant un grand nombre de valvules conniventes disposées en mailles ou aréoles anguleuses , irrégulières et en plis transversaux ; 6.° d'organes de la reproduction- n.° d'une sorte de corps muqueux analogue au tissu cellulaire ; mais qui, suivant les recherches de M. Jules Cloquet, n'est qu'un assemblage de conduits, d'appendices ou de cœcums nourriciers. l
J'ai déjà fait mention des organes génitaux de ce ver ; j'ajouterai seulement que les mâles ont quelquefois un double pénis à leur queue recourbée 2? qu'ils sont plus minces et plus petits que les femelles , et que ces dernières ont, dans le tiers supérieur de leur corps, un étranglement auquel correspond la vulve.
2 Bremsbr, pi. a, fij. 3c.
§. 548. U ascaride {ascaris vermicularis , BlocII, Werner, Rudolphi , Cuvier ; oxyure vermicu" laire, De L.imarck \ • oxyuris vermicularis , Bremser) est un ver long de deux à neuf lignes, fusiforme, dont la tête est obtuse, et dont la queue se termine en pointe fine et transparente ; sa cuticule présente des stries transversales ; sa tête est munie de trois tubercules. Le canal intestinal, de couleur verdâtre, très-étroit auprès delà tête, grossit peu à peu, se rétrécit ensuite, grossit de nouveau, et offre encore dans le reste de son étendue divers étranglemens. Les organes de la génération se présentent sous la forme d'un vaisseau blanc d'inégal diamètre, qui commence vers le sixième antérieur du ver, descend en faisant cinq à six circonvolutions autour du canal intestinal, jusqu'à son quart inférieur , et se termine là en un sac rempli d'oeufs oblongs et transparens. La petitesse du ver s'oppose à ce qu'on puisse distinguer clairement la différence des sexes et sa structure interne. Néanmoins M. Bremser est parvenu à reconnaître les mâles à leur extrémité anale contournée en spirale , et à leur organe génital caché dans une gaîne. 2
Ces vers se trouvent ordinairement dans le gros intestin, notamment dans le rectum. Les mucosités qui lubrifient cette partie du canal intestinal paraissent être leur élément et leur nourriture : ils se multiplient rapidement , surtout au printenips et en automne.
i Animaux sans vertèbres; t. 3 , p. io4-
q Bremser, 1. c, p. 124 et i 56 . pi. 1 \ fig. 3, 3. a.
§. 549. Le sir ongle géant ( strongylus gigas ; strongle des reins, De Lamarck) n'a été rencontré que dans les reins de l'homme. Ce ver a le corps arrondi , élastique , aminci aux deux extrémités ; la bouche orbiculaire ou anguleuse, la pointe de la queue du mâle terminée par une bourse , d'où sort l'organe génital 1. On trouve dans l'ouvrage de Bremser plusieurs exemples de strongles rendus avec les urines.
§. 550. La douve du foie ?Gcjvier (disloma hepaticum,fasciole hépatiqm, De Lamarck), delà classe des trématodes , ainsi que le ver suivant : le corps est en forme de lancette, mou, déprimé ou subarrondi, à deux pores; l'un antérieur et l'autre ventral. 2 Ce ver est long d'une à quatre lignes, large d'une demi-ligne à une ligne. Bidloo, Wepfer, P allas ? Buchholz et Brera l'ont rencontré non-seulement dans la vésicule du fiel, mais aussi dans le foie de l'homme. Il est extrêmement fréquent dans les moutons , les bœufs, les chèvres et dans d'autres animaux»
§. 551. Le polysiome pinguicole (polysloma pinguicola ; la linguaiule des ovaires , De Lamarck ) a le corps subarrondi ou déprimé , six pores antérieurs , outre un ventral et un postérieur. Il a été trouvé par Treutler dans un ovaire dégénéré en graisse^, sur une jeune femme de vingt ans, qui avait succombé à un accouchement laborieux.
§. 552. Le tœnia large, Cuvier (iœnia non armé,
i Bremser , 1. c. , p. 126, pi. 3 , fig. 3.
2 Id. ibid. p. 33, pi. 9.
3 Id. ibid. p. i35j pi. 9 , fig. 2,
à anneaux courts ou à mamelons ombilicaux , Bonnet ; tœnia grisea-lata - membranacea - vuU garis , Pallas , Bloch , Goetze , Batsch , Gmeltn , Joerdens; halysis lata, Zeder ; bothryocephalus lalus, Bremser), se trouve dans les intestins grêles de l'homme , en Pologne , en Russie , en Suisse et dans quelques cantons de la France. Il est quelquefois long d'une vingtaine de pieds. Goetze dit avoir obtenu de Bloch un taenia de cette espèce, de trente aunes, et Boerhaave en a chassé un du corps d'un seigneur russe qui avait trois cents aunes de long. La largeur de ce ver est de six lignes; il est de couleur blanche, sa tête est alongée, garnie de deux dépressions oblongues , ou de fossettes , que M. Rudolphï regarde comme des organes destinés à absorber la nourriture. Bremser croit que la bouche est placée au milieu de ces deux dépressions 1. Les articulations du tœnia large vont en augmentant de largeur de la tête à la queue; quelques-unes des plus larges ont jusqu'à un pouce de diamètre, et offrent des stries transversales (Brera). On distingue sur ces articulations , bien formées , une fossette, au centre de laquelle proémine une petite élévation , qui paraît être l'organe génital mâle. Autour de cette fossette sont placés les ovaires sous forme de fleurs; quelquefois on y rencontre aussi des élévations jaunâtres ; en les ouvrant on peut en exprimer des œufs. Toutes ces parties sont représentées dans l'ouvrage de Bremser. 2
2 Planche 5.
L'opinion d'après laquelle on pensait qu'il n'existait jamais qu'un seul taenia dans un canal intestinal , a été depuis long-temps démentie par les faits. Dehaen en a fait rendre quatorze à une femme de trente ans, et Bremser en a vu jusqu'à soixante -dix à quatrevingts dans les intestins d'un même animal.
§. 553. Le cucurbitain (tœnia à longs anneaux, Cuvier • tcenia armé ou pourvu de crochets ; tœnia cucurbitina, Pallas ; tœnia solium, Werner, Gmelin , Rudolphi , Olfers , Bremser) se rencontre dans les intestins grêles de l'homme dans toutes les contrées : il est long de vingt à vingtquatre pieds; sa largeur varie beaucoup; vers la tête elle n'est souvent que d'un quart ou d'un tiers de ligne ; mais elle augmente peu à peu jusqu'à trois, quatre et même six lignes. La tête offre toujours quatre orifices à suçoirs, susceptibles d'être avancés ou retirés , ainsi qu'une couronne de crochets, mais que , suivant Bremser , le ver peut perdre en vieillissant K Les articulations de ce ver ont un aspect phytoïde, et on observe sur leur bord, tantôt à droite , tantôt à gauche, de petites protubérances papilliformes , pourvues , dans leur milieu , d'une ouverture bien visible , qui conduit aux oviducius. 2 Ainsi l'ouverture des organes de la génération se trouve dans le cucurbitain sur les côtés et dans le taenia large sur la face des articulations.
En raison de la présence des crochets cartilagi-
2 Bremser, 1. c, pi. 6 et 7.
neux dont la bouche de ce ver est pourvue , et de sa grande force de succion, il paraît causer plus de douleur que le taenia à larges articulations. On a vu un cucurbitain, retiré vivant d'un animal et conservé dans un vase, se fixer à un corps étranger au moyen de ses suçoirs , et y tenir avec tant de force qu'on le rompait plutôt que de lui faire lâcher prise. §. 554. Le cysticergue du tissu cellulaire {tœnia cellulosœ , Gmelijn ; tœnia muscularis, Joerdeins; cysticercus finna, Zeder ; cysticercus cellulosœ , Rudolphi; hydatide lancéolée, Lamarck), ver de la classe des cystiques , a le corps subarrondi ou déprimé, terminé par une vessie caudale, une tête avec quatre suçoirs, et un rostre garni de crochets recourbés. Il est contenu solitairement dans une vessie ou capsule simple , qui se forme probablement par l'irritation que la présence du ver occasionne à l'endroit de l'organe dans lequel il se développe. Quand on ouvre cette vessie et que l'animal est encore vivant, il fait rentrer sa tête en dedans de son corps. C'est dans le tissu cellulaire intermusculaire qu'on rencontre ordinairement le cysticerque ; c'est là que je l'ai trouvé moi-même plusieurs fois : je l'ai aussi rencontré en nombre extrêmement considérable dans le tissu de la piemère , à l'endroit où elle tapisse la surface supérieure des hémisphères du cerveau. Werner, Fischer , Treutler et Brera en ont vu le plexus choroïde de l'homme rempli. l
i Bremser, 1. c, pi. 8, fig. î.
§. 555. Le bicorne rude (dytrachiceros , Sultzer1; diceras, Rudolphi) est un ver hydatoïde, muni de deux cornes, et renfermé dans une vessie transparente. M. Sultzer, qui en a fait la découverte, l'a trouvé en grande quantité dans les déjections d'une dame tourmentée de spasmes, et qui avait pris un purgatif un peu violent. Cette observation, unique pendant long-temps, et mise en doute par plusieurs helminthologues , a été confirmée par celle de M. Le Sauvage, médecin à Caen. 2
§. 556. Al échînocoque de l 'homme , Lamarck (po~ lycephalas hominis, Joerdens , Ze.der ; echinococcus humanus , Rudolphi), n'est qu'une vessie remplie d'une humeur transparente, et garnie d'une couronne de crochets et de suçoirs. Cette dernière disposition, que Bremser paraît vouloir nier, a été positivement constatée par M. Rendtorff 3. C'est dans le cerveau, et particulièrement dans les ventricules de cet organe, qu'on rencontre ce ver; il détermine des accidens nerveux, des convulsions et l'hémiplégie.
§. 557. Il est encore des hydatides d'une organisation plus imparfaite , et qui n'ont ni tête , ni suçoirs , ni couronnes de crochets , ni aucune trace d'autres organes; enfin , qui ne sont autre chose que
i Dissertation renfermant la description d'un ver nouveatï contenu dans la canal intestinal humain. Strasbourg, 1801.
2 Bibliothèque médicale } t. 62 , p. 235.
3 De hydalidibus in corpore humano, prœsertim in cerebro repertis. Voy. Bremser, pi. 10, fig, 1 a , 1 b et 1 c.
des vessies de volume variable , plus ou moins transparentes , renfermant un liquide absolument diaphane, formées d'une membrane extrêmement mince et délicate, et se trouvant en quantité plus ou moins grande , soit dans des kystes accidentellement développés, soit dans les cavités naturelles, telles que la vessie urinaire, la cavité de la plèvre, etc.
Quelle que soit la manière dont ces hydatides se comportent à l'égard des organes, qu'elles soient enkystées ou non, il est de fait qu'elles sont entièrement libres , et qu'elles n'ont aucune adhérence avec la poche qui les renferme. Celle-ci a quelquefois une grande densité, et est formée d'un tissu coriace , fibreux et même fibro- cartilagineux.
Un seul kyste, accidentellement développé, contient quelquefois un nombre infini d'hydatides. C'est ainsi que Brehme trouva dans le cadavre d'une femme de quarante -six ans, une tumeur extraordinairement volumineuse , formée de membranes denses et dures, remplissant presque entièrement le bas -ventre, adhérant à la colonne vertébrale, aux intestins, au foie et au mésentère , et renfermant plusieurs milliers d'hydatides, dont chacune était remplie d'un fluide séreux. Cette grande poche était divisée en plusieurs kystes de différente capacité , et dont les plus spacieux contenaient de grosses hydatides , tandis que les moins grands en renfermaient de petites. Il y avait de grandes hydatides qui en contenaient elles-mêmes de plus petites, c'était un véritable emboîtement.
Brandis > a ouvert le cadavre d'une femme dont le bas -ventre contenait huit grands kystes, formés d'une membrane épaisse et coriace , et qui étaient légèrement adhérens au mésentère. Ces kystes renfermaient chacun un grand nombre d'hydatides de différente grandeur , mais tellement transparentes qu'on pouvait lire à travers. Toutes ces vessies n'avaient aucune adhérence entre elles, et n'offraient, même au moyen du microscope, aucune partie qu'on eût pu prendre pour la tête d'une des espèces de cystoïdes précédemment décrites.
Dans la plupart des cas chaque vessie ou hydatide est formée d'une membrane extrêmement délicate et plus mince que l'amnios. D'autres fois , cependant, on trouve les hydatides composées de deux membranes superposées , à la manière de deux feuilles de papier appliquées l'une sur l'autre.
C'est ainsi que Fahner2 a rencontré sur le cadavre d'une femme enceinte, âgée de trente ans, un vaste sac qui enveloppait l'estomac , le foie, la rate et une grande partie des intestins, et qui contenait, en outre, deux cents kystes ou vessies. Quelques-uns de ces kystes avaient le volume du poing, et n'étaient nullement adhérens les uns aux autres. Chaque kyste était composé de deux membranes unies par du tissu cellulaire. La matrice elle-même en renfermait.
J'ai dit que des hydatides étaient quelquefois emboîtées les unes dans les autres : on en trouve aussi
1 Versuch iiber die Lebenskraft ,• S. 1 - 10.
a Beytriige zur gerichtl. und prakt.^érznejk j î B, , nS 1 1, S. 98*
de très -petites adhérentes à la face interne d'une hydatide plus volumineuse : des exemples pareils ont été recueillis par Bader et Jean Hujster.
Les hydatides offrent quelques différences dans leur organisation , suivant qu'elles sont petites ou volumineuses. Les premières ont ordinairement une tunique plus forte et jaunâtre; les secondes, au contraire, une membrane plus mince et transparente. Toutes ont le plus souvent, dans leur intérieur, un morceau de membrane roulé en forme de sac, tantôt absolument libre, tantôt adhérent par un pédicule étroit et mince.
§. 558. Il n'y a peut être pas d'organe qui ne puisse être le siège de ces sortes d'hydatides.
On les rencontre fréquemment dans le bas-ventre. J'en ai déjà cité des exemples. Dans un autre cas un sac énorme, qui s'était greffé sur la seconde vertèbre lombaire, et qui remplissait tout l'abdomen, renfermait une grande quantité d'hydatides , dont la plupart surpassaient en volume celui d'une orange.
Chez une jeune personne de vingt-cinq ans, une tumeur se forma dans l'hypocondre droit après la perte des règles ; elle mourut hydropique. Une masse considérable, adhérente à l'ovaire, et formée d'un grand nombre de petites hydatides, occupait une grande partie du bas -ventre.
Ruysch a observé au-dessus de l'estomac, un sac rempli d'une multitude d'hydatides libres.
J'ai trouvé sur un homme de soixante - quatre ans , entre la vessie et le rectum, un kyste qui contenait soixante -quinze hydatides.
§.559. Mais aucun viscère n'est aussi sujet aux hydatides libres que le foie, soit de l'homme, soit des animaux. En disséquant le corps d'un militaire mort d'un abcès à l'hémisphère droit du cerveau, je trouvai dans le foie un second abcès, très-considérable: ce dernier était rempli d'un pus louable ; dans ce liquide nageaient trois hydatides, d'une forme exactement sphérique , du diamètre de deux pouces huit lignes. La membrane dont elles étaient formées, était dune ténuité et d'une transparence extrêmes. Mais l'esprit de vin dans lequel je les ai conservées, a rendu opaque cette membrane, et a fait coaguler, sous forme de nuage, la lymphe qui y était contenue. Outre ces hydatides entières, j'ai trouvé dans l'abcès hépatique dont il est question , des tuniques d'hydatides crevées et affaissées , formées d'une gélatine extrêmement transparente, mais sans aucune apparence de structure organique.
Une autre fois j'ai rencontré quatre-vingt-deux hydatides , renfermées dans un double kyste situé dans le parenchyme du foie. Le premier et le plus externe de ces kystes avait une forme ovalaire ; son long diamètre était de vingt et une lignes, le petit de treize lignes. Ce kyste était formé d'une membrane épaisse de deux tiers de ligne, très -dense et presque cartilagineuse. Par sa surface externe, inégale et raboteuse il adhérait au parenchyme du foie. Sa surface interne était lisse et contiguë à une seconde membrane qui la tapissait , et avec laquelle elle n'avait contracté aucune espèce d'adhérence. Celle-ci, formant le second kyste, était très-
mince , transparente , composée d'un seul feuillet , et ne paraissait être qu'une gélatine coagulée. Ses deux faces étaient lisses et sans aucune adhérence. Cette seconde membrane étant incisée, il en sortit une collection de vésicules sphériques, diaphanes, collées ensemble, mais pouvant être séparées les unes des autres avec la plus grande facilité. Les plus grandes de ces vésicules avaient neuf lignes de diamètre, les plus petites une ligne. La tunique qui les formait était extrêmement tendre, parfaitement transparente dans les petites vésicules -7 opaque, de couleur de lait, et plus épaisse dans les grandes. Les unes et les autres renfermaient un fluide transparent, ainsi que des granulations blanches, dont quelques-unes étaient adhérentes à la surface interne, tandis que d'autres étaient libres et flottantes. Ces granulations , examinées à l'aide du microscope , n'offraient aucune structure déterminable.
On a aussi rencontré des hydatides dans la vésicule du fiel. Dans les cas où des personnes en ont rendu par les selles, il est probable qu'un abcès ou un kyste hépatique avait contracté des adhérences avec les intestins , et s'était ouvert dans le canal alimentaire. Néanmoins il paraît par une observation de Jodon, que les hydatides peuvent aussi se développer dans l'estomac.
§. 560. On en a trouvé dans la poitrine. Frète au de Nantes * a vu cinquante hydatides expectorées par
i Annales cliniques de Montpellier, Juin 1816, p. i3^. Réflexion sur les hydatides.
un malade, et quatre cent cinquante sortir par une ouverture pratiquée à la poitrine. Elles variaient en grosseur, depuis celle d'un grain de raisin jusqu'à celle d'un oeuf de poule ; elles étaient blanches et contenaient une lymphe transparente; le malade, sujet de cette observation, a guéri. Un cadavre de femme, disséqué en 1 807 à l'hospice de Maternité de Paris , renfermait dans sa poitrine un kyste ovoïde , qui adhérait d'un côté au poumon, et qui s'introduisait dans le canal vertébral à la faveur d'une érosion au corps des troisième et quatrième vertèbres dorsales. Ce kyste contenait un nombre considérable de vers vésiculaires , dont quelques-uns étaient attachés à la face interne du prolongement rachidien de la dure -mère, et l'embrassaient circulairement comme un anneau. 1
Enfin, MM. Andral fils et Breschet en ont découvert jusque dans l'intérieur des veines pulmonaires. 2
§. 561. Voici une série d'expériences chimiques qui ont été faites sur la matière de ces hydatides.
i.° Une coction d'une demi-heure, dans l'eau, rendit opaque et de couleur de lait une membrane d'hydatide mince et transparente , sans que le fluide qu'elle contenait en fût visiblement changé.
1? La lymphe renfermée dans l'hydatide , mêlée avec dix fois son poids d'eau distillée , conserva sa transparence , mais elle devint un peu trouble
1 Journal de physiologie expérimentale et patholog. \ par Màgekdie; t. 3 , p. 69.
2 Additions à la traduction française de l'ouvrage de Barok, sur les jnaladies tuberculeuses, p. 9. Paris, 1823,
par rébullition ; il s'en sépara quelques flocons, qui gagnèrent la surface. La liqueur refroidie était légèrement gluante.
3.° Le même mélange, soumis à l'action du sublimé corrosif, en fut très-légèrement troublé. Le tannin le troubla plus fortement, en lui donnant une couleur blanche. L'alcool et l'acide acétique ne produisirent dans le mélange presque aucun changement perceptible.
4-.° L'eau qui dans la première expérience avait servi à l'ébullition de l'hydatide, était trouble; cependant la substance qui lui donnait cet aspect ne put être déterminée par aucun réactif.
5.° Les membranes des hydatides , soumises à l'exsiccation , se réduisirent en petites lames dures et transparentes qui, brûlées, n'exhalaient pas l'odeur de corne. Après avoir resté quelques heures en digestion dans l'eau, elles se ramollissaient derechef, acquéraient un peu plus de densité, et prenaient une couleur de lait.
6.° Les acides acétique et tartarique dissolvaient une partie des membranes des hydatides 5 le résidu était un peu plus consistant, mais moins tenace, et soluble dans les acides nitrique et muriatique. L'ammoniaque précipita de cette dissolution une matière floconneuse brune, tandis que, versé sur la dissolution par les acides végétaux et par l'acide nitrique affaibli, il y eut un précipité blanc.
7.0 La potasse, ajoutée à la dissolution des membranes dans les acides végétaux , produisit des flocons solubles dans l'eau chaude.
&° La solution alkaline concentrée dissolvait les membranes des hydatides, et l'acide muriatique produisait dans cette dissolution un précipité savonneux. Le résidu , dissous dans une lessive caustique , prit un aspect analogue à celui d'une solution savonneuse.
Il résulte de ces expériences que le fluide renfermé dans les hydatides contient principalement de la gélatine avec quelques traces d'albumine ; tandis que leurs membranes sont particulièrement composées d'albumine.
§. 562. Les opinions sont encore partagées sur la nature de ces singulières productions organiques. N'ayant encore pu découvrir aux hydatides ni bouche, ni tête, ni aucune espèce de mouvement volontaire , M. Blumenbach 1 leur refuse le caractère de l'animalité , et ne les considère que comme des membranes ou des vaisseaux qui ont subi une transformation particulière. Ruïsch avait déjà professé la même doctrine.
Le docteur Veit 2 établit une autre opinion , d'après laquelle les hydatides sont des produits nouveaux de la force organisatrice. Les vaisseaux qui se ramifient sur les parois des kystes ou des abcès dans lesquels on les rencontre , exsudent dans leur intérieur une lymphe plastique. Cette lymphe se coagule, forme une espèce de cristallisation animale , et constitue les tuniques lamelleuses des hy-
1 Vergleichende Anatomie , §. 82, dans la note.
2 Bemerkungen ûber die Entslehung der Hydatiden. ReiVs Archiv fur die Physiol. , iter B., S. 486.
datides, lesquelles finissent par se remplir d'eau. Le cas décrit par cet auteur dans une notice sur cette maladie, a beaucoup d'analogie avec ceux que j'ai observés. Les hy datides sortaient par une ouverture qui s'était faite spontanément à l'hypocondre droit d'une femme de moyen âge : leur grandeur variait depuis celle d'une fève de haricot jusqu'à celle d'un œuf de pigeon ; il y en avait plusieurs centaines. A la mort de la malade on trouva un abcès énorme dans le lobe droit du foie. Tous les viscères abdominaux étaient couverts de pus et avaient contracté des adhérences entre eux. Éverard Home x , ayant rencontré la même sorte d'hydatides dans le foie, n'établit entre elles et les vers vésiculeux aucune différence. « Lorsqu'on examine, dit- il, la menace brane dont les uns et les autres sont formés , on « ne découvre en elle aucune structure fibreuse, et « celle-ci ne paraît que lorsque ces membranes ont ce été desséchées. »
Cette opinion avait déjà été émise par Goetze et Hunter, qui regardaient les hy datides que nous venons de décrire comme des animaux imparfaits. C'est aussi celle de MM. Rudolphi et Meckel , qui considèrent ces productions pathologiques comme des êtres animés. On n'y découvre, il est vrai, ni tête ni autres organes ; mais il faut , suivant ces auteurs, agrandir l'idée de Y animalité , et y comprendre toutes les productions qui, libres de toutes
i Vorle&ung ïtber die Muskelbewegung- ReiVs Archiv fur die PhysioL; 2 ter B , S. 87.
connexions avec les anciens tissus, constituent un organisme spécial, et vivent de leur propre vie. M. Percy a vu des hydatides de ce genre se mouvoir d'une manière très - distincte. *
§. 563. Si les petits corps granulés que l'on trouve adhérens à la surface interne des grandes hydatides, pouvaient être considérés comme de petits individus de même espèce , engendrés dans les parois de leur mère , et finissant par se détacher d'elles , ces êtres se comporteraient, quant à leur mode de propagation , comme ceux qui tiennent le dernier rang dans l'échelle des animaux. C'est ainsi que les actinies (anémones de mer, orties de mer fixes, espèces de zoophytes) naissent vivantes, soit par la bouche, soit en perçant le corps de leur mère d'une ouverture qui se cicatrise bientôt. C'est encore ainsi que plusieurs générations de pucerons succèdent à un seul accouplement : cet accouplement suffit à la fécondation de neuf générations. Un seul puceron, pris au moment de sa naissance, et renfermé seul, accoucha de quatre-vingt-quinze petits sous les yeux de Bonnet.2
En cherchant dans le règne végétal des exemples de reproductions analogues à celle de nos hydatides, nous trouverons, avec Himly, qu'elles se rapprochent des gemmules sphéroïdaux de la conferve des fontaines , qui se détachent et vont former de nouvelles conferves.
i Laennec, Auscultation médiate 5 t. i , p. 271. 2 Considéra tious sur les corps organisés, n.° 3o3.
§. 564. Laennec, qui considère également ces singulières productions comme des animaux du genre des vers hydatides, dont l'organisation est la plus simple, leur donne le nom $ acéphalocystes (vessies sans tête) : il en distingue trois espèces. Suivant le même anatomiste, leur volume varie depuis celui d'un grain de chenevis jusqu'à celui de la tête d'un foetus à terme. Les parois de ces vessies sont minces, assez égales , d'un tissu homogène , fragiles et sans fibres : le plus souvent incolores , elles sont parfois légèrement grises , verdâtres ou d'une teinte laiteuse. Au microscope on n'y aperçoit pas même ces petits cercles que l'on remarque sur la vessie caudale des cysticerques. Assez souvent elles offrent dans leurs parois des épaississemens de diverse nature : les uns sont blancs , irréguliers , plus ou moins étendus , et pourraient bien être une maladie organique du ver ; d'autres sont des petits corps sphériques blancs , opaques , variant pour leur volume depuis celui d'un grain de millet jusqu'il celui d'un petit pois, fixés à la surface interne de l'hydatide, et que Laennec regarde comme des acéphalocystes naissans. Il pense que ces petits vers, lorsqu'ils sont suffisamment développés , se détachent des parois de leur mère, tombent dans sa cavité intérieure et y prennent de l'accroissement : il compare en conséquence leur mode de reproduction à celui de certains polypes , qui se multiplient par des espèces de bourgeons. Plusieurs fois Laennec a rencontré des acéphalocystes qui en contenaient d'autres très -volumineuses, et ces
dernières en renfermaient elles - mêmes de nouvelles, encore assez grosses. Il est présumable que, lorsque les nouveaux vers ont acquis un certain volume, ils finissent par faire éclater leur mère, en la distendant outre mesure ; car presque toujours on trouve les plus grosses aeéphalocystes rompues. Les observations de Laennec, et ses vues relatives à la génération de ces êtres, sont confirmées par les recherches de Bremser1, qui fait remarquer qu'on observe un semblable mode de génération chez le kolpode capuchon {kolpodo cucullus) et le vohoce globuleux {yofoox globator) : quant au nom à donner à l'aeéphalocyste , il propose de l'appeler splanchnococcus lœvis2. Enfin, M. de Blainville3 n'a pas hésité à donner à ces hydatides une place dans son système zoologique , et à les rapprocher des monadaires dans le rang des amorphozoaires.
§. 565. Telle est l'histoire abrégée des entozoaires rencontrés de l'espèce humaine. Quant à leurs effets sur le corps de l'homme , les médecins ont en général beaucoup exagéré le danger qui résulte de la présence des vers intestinaux : ils ont attribué gratuitement à ces vers une infinité de maladies à la production desquelles ils sont étrangers. Ici la pathologie comparée vient éclairer une question de médecine pratique : examinons donc les effets des vers intestinaux et les maladies qu'on leur attribue,
i L, c, , p. i io.
a Ibid. , p. 3o3.
3 Appendice à l'ouvrage de M. Brbmser, p, 5aç).
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en commençant par celles qui sont locales. On a mis sur leur compte ,
i.° La perforation des intestins.
Il n'existe point de vers intestinaux armés d'instrumens assez acérés et assez forts pour produire un pareil effet. Les vers à crochets sont les seuls qui possèdent des organes capables d'attaquer nos tissus ; mais ces organes sont si faibles qu'ils entament à peine les membranes muqueuses , et qu'ils ne peuvent causer aucune phlogose. Les ascarides sont toujours libres et jamais fixées dans les parties mêmes. Fischer dit avoir vu le cœcum perforé par cette espèce de vers • mais cette observation unique mérite confirmation. Laenjnec a trouvé une fois, sur un enfant dont l'estomac renfermait un grand nombre de lombricaux, les pores biliaires distendus, et le tissu du foie rongé dans plusieurs points par des vers de la même espèce1. C'est là le seul fait, en quelque sorte concluant , en faveur de l'impression mécanique que les vers intestinaux peuvent exercer sur nos organes. Si quelquefois on a trouvé des lombricaux dans la cavité de l'abdomen, c'était à la suite d'abcès , d'ulcères , de gangrène. Et combien n'existe- t-il pas de cas où la rupture des intestins est étrangère à la présence des vers ?