‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 109 sur 219 · CORPS DE LA VESSIE CHEZ LÀ FEMME · texte numérisé non relu

CORPS DE LA VESSIE CHEZ LÀ FEMME

La vessie, distendue par l'urine, peut remplir presque toute la cavité abdominale et donner lieu à de grossi&res erreurs de diagnostic. C'est ainsi qu'en 1875 une femme me fut adressée à Lariboisière comme atteinte d'un kyste de l'ovaire. Ce kyste n'était autre que la vessie contenant 7 litres d'urine.

Une exploration complète de l'abdomen chez la femme nécessite donc une évacuation préalable de la vessie et aussi du rectum.

La vessie peut être aplatie contre le pubis par une tumeur occupant une partie do l'excavation pelvienne, et refoulée en haut; l'urèlhre prend la même direction, ce qui rend le cathétérismè un peu plus difficile.

Quant à la taille hypogastrîque , la brièveté de l'ur&tbre, sa dilatabilité ainsi que celle du col, l'accès facile par le vagin, en rendent l'emploi tout à fait exceptionnel chez la femme.

Les rapports de la face postérieure sont au contraire absolument différents chez la femme et cheï l'homme, ce qui résulte de l'interposition de l'utérus et du vagin entre la vessie et le rectum.

Le péritoine tapisse la face postérieure de la vessie, mais, après avoir recouvert la moitié supérieure environ de cette face, il se réUéchit de bas en haut et s'applique sur la face antérieure de l'utérus de façon à former le cul-de-sac vésico-utérin ou moi/en (CM, (ig. 224). Dans le reste de son étendue, la face postérieure est dépourvue de péritoine et directement en rapport avec le col de l'utérus et la paroi antérieure du vagin. L'adosscmcnlde ces organes constitue la cloison vésico-uléro-vagmale, snv\a(i\iei\e ic reviendrai en détail en étudiant le vagin. Des rapports précédents résulte la possibilité de fistules vésico-utérine et vésico-vaginale ; on comprend aussi l'utilité de l'exploration de la vessie par le toucher vaginal. Cependant la cloison est suffisamment épaisse pour empêcher de sentir au traver^^ les corps étrangers mobiles qui fuient sous le doigt.

La vessie adhère intimement au vagin, de telle sorte qu'elle accompagne cet organe dans ses déplacements. Kllc adhère au contraire peu à l'utérus, ce dont nous verrons plus loin les conséquences.

Les faces latérales ne présentent rien de particulier à signaler, elles sont en partie recouvertes par le péritoine et en rapport avec le lissu cellulaire souspérilonéal.

La surface interne do la vessie do la femme est en général plus lisse que celle de l'homme. On y observe peu de colonnes et par la mémo raison peu de diver- Uculums dans lesquels puissent se cacher les calculs. Il n'existe pas de dépression profonde analogue à celle que l'on trouve chez l'homme en arrière du trigone. Par contre, on y remarque souvent une saillie médiane formée par le col de l'utérus, de chaque côté de laquelle existent deux dépressions où peuvent se loger et glisser les calculs. Pour les saisir plus facilement dans ce cas avec le brise-pierre, il fautcouchor la malade sur le cûté.

La structure de la vessie delà femme est la même que celle de la vessie de l'homme; les parois sont composées de trois tuniques: l'une externe séreuse, l'autre moyenne mnsculeuso et la troisième interne muqueuse.

Ces parois sont beaucoup plus rarement altérées, la cystite étant infiniment plus rare chez la femme, ce qui tient à peu près exclusivement à la différence de l'urèthre dans les deux sexes, La cystite est parfois primitive chez l'homme, mais elle est beaucoup plus souvent due à la propagation, à l'existence d'une maladie du canal, ou bien à la présence d'une pierre. Or, le rétrécissement de

ANATOMIK TOPOGHAPHIOOE.

Fig, îli. — Coupe médiane verticale antiro-pottérieure des organes ginilo-winairea de la femme. — Adulte, l/î nMure,

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