‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 143 sur 219 · OVAIRE · texte numérisé non relu

OVAIRE

est grisâtre, lisse chezrenfant, d'aspect cicatriciel chez Tadultc et jusqu'à la fin de la vie. Sa longueur est de 3 à 4 centimètres, sa hauteur de 2 centimètres et son épaisseur de un centimètre et demi.

L'ovaire est libre et flottant dans la cavité pelvienne à Tétat normal, mais il est fréquent de le voir contracter des adhérences avec les organes voisins ; par contre, il est susceptible de se déplacer. L'ovaire peut s'engager dans l'anneau crural, dans l'anneau ombilical, mais surtout dans le canal inguinal. On trouve alors dans le pli de l'aine une tumeur rappelant la forme de l'organe ; elle est lisse, mobile, glissant sous le doigt et douloureuse à la pression. Le diagnostic en est assez difficile. Un excellent signe, presque pathognomonique, est le suivant : l'utérus est en général en antéversion, puisqu'il est attiré par l'ovaire : or, si avec le doigt introduit dans le vagin on repousse en arrière le corps de l'utérus, on imprime en môme temps un mouvement à la tumeur de l'aine lorsqu'elle est formée par l'ovaire ; dans le cas contraire, elle n'éprouve aucun changement de position. De plus, l'utérus est plus incliné du côté de la hernie.

L'ovaire inclus dans le canal inguinal peut s'enflammer, produire des phénomènes d'étranglement qui nécessitent une opération. On devrait alors se contenter de débrider en fendant la paroi antérieure du canal inguinal.

La structure de l'ovaire a été l'objet de travaux remarquables dus à MM. Schroen etSappey. Je ne ferai que les mentionner ici. Jusqu'à ces auteurs on considérait à l'ovaire une enveloppe séreuse, une enveloppe fibreuse analogue à la tunique albuginée et une substance spongieuse centrale au sein de laquelle se développaient les ovules. Or, M. Sappey a démonlré que l'enveloppe séreuse est représentée par une simple couche épithéliale ; que l'enveloppe fibreuse n'existe pas, môme à l'état, de vestige, et que la portion spongieuse ne contient ni vésicules de Graaf, ni ovules. Il divise l'ovaire en deux parties : l'une superficielle, de couleur blanche, qui entoure l'organe do toutes paris, est le siège exclusif des vésicules ovariennes et mérite le nom de portion glandulaire ou ovigene; l'autre profonde, centrale, essentiellement constituée par des vaisseaux et des fibres musculaires, est la portion vasculaire ou bulbeuse.

Chaque ovaire contiendrait, d'après M. Sappey, plusieurs centaines de mille ovisacs ou vésicules ovariennes. Au moment de la puberté, un certain nombre se développent ; l'une d'entre elles marche plus rapidement, évolue en l'espace d'un mois, se rompt et livre passage à l'ovule, qui s'engage dans la trompe et ensuite dans la cavité utérine. Le môme phénomène se reproduit chaque mois et constitue l'ovulation, la ponte périodique de la femme. Après la sortie de l'ovule, les parois de la vésicule reviennent sur elles-mômes et se plissent. Dans l'épaisseur des parois se développent alors, suivant M, C. Robin, des granulations graisseuses quelquefois fort abondantes qui augmentent le volume de la vésicule. Cette dernière ainsi modifiée constitue le corps jaune.

L'ovulation correspond à la période de fécondité de la femme et à ce phénomène s'en rattache un autre d'une grande importance, Xdimenstruation^ dont je n'ai pas à faire ici l'histoire. Je dirai seulement que le sang provient du corps de l'utérus; la muqueuse se fendille par places comme le fait la pituitaire pour produire l'épistaxis. Il peut survenir une véritable ménorrhagie, et le sang, au lieu de sortir à l'état fluide, sort sous forme de caillots ; le phénomène devient alors pathologique et nécessite l'intervention . , Le mécanisme de la menstruation a été bien exposé par M. Rouget ; c^est tue

véritable érection. Lorsque la vésicule ovarienne se développe, elle détermine un afflux considérable de sang artériel ; en même temps les fibres musculaires des ligaments larges qui entourent de toutes parts les plexus veineux ovariens se contractent et déterminent une augmentation de tension dans le système veineux, d*oii la déchirure des vaisseaux et Técoulement du sang menstruel. La contraction réflexe des fibres musculaires et la tension veineuse ne cessent que lorsque Tovulation est accomplie, c'est-à-dire lorsque, la vésicule s'étant rompue, Tovule a été lancé dans la trompe et porté par elle dans Tutérus où il se grefie, s*il a été fécondé, et où il se dissout rapidement dans le cas contraire.

Le détachement de Tovule, son arrivée dans la trompe, correspondent donc à la fin des règles : aussi est-ce à cette époque que la femme est dans les meilleures conditions pour concevoir, bien que la conception puisse avoir lieu en tout temps. La conception résulte du contact du spermatozoïde avec Tovule, et Ton est d'accord aujourd'hui pour admettre que la rencontre se fait dans la moitié externe de la trompe. Pour Goste, elle aurait lieu dans Tovaire même.

Je ne ferai que signaler ici les résultats curieux obtenus dans ces dernières années sur les animaux par M. Thury et ensuite par M. G. Gornaz. Pour ces auteurs, le sexe dépend du degré de maturité de Tœuf au moment où celui-ci est fécondé ; un degré moins avancé produit la femelle. Les vaches saillies au commencement du rut ont constamment donné naissance à des femelles ; lorsqu'au contraire elles ont' été saillies à la fin du rut, il est toujours né des mâles.

Le développement de la vésicule de Graaf détermine, avons- nous dit, un certain afflux de sang dans Tovaire ; les parois de la vésicule elle-même sont vascularisées, de telle sorte qu'au moment où elles se rompent pour laisser passer l'ovule il se fait dans l'ovisac un léger épanchement de sang qui avant les recherches de M. Robin était considéré comme l'origine du corps jaune. L'épanchement peut être plus abondant et l'ovisac distendu; enfin, il peut se produire une véritable hémorrhagie ; le sang déborde et tombe dans le cul-desac du péritoine.

Tel est manifestement le mode de production de Yhématocèle rétro-utérine, maladie qui débute brusquement par une excessive douleur de ventre, accompagnée d'état syncopal et de suppression des règles. Quant à la cause qui produit cette hémorrhagie, il faut la chercher ou dans la rupture d'un vaisseau anormalement développé, ou dans un excès de tension du plexus uteroovarien. La première hypothèse me parait plus vraisemblable à cause de la rapidité avec laquelle une énorme quantité de sang s'épanche dans le cul-de-sac recto-utérin.

L'ovaire est un siège de prédilection pour le développement des kystes qui prennent leur point de départ dans une vésicule ovarienne. On y trouve aussi fréquemment des cysto-sarcomes à contenu colloïde, des cysto-carcinomes, des kystes dermoïdes, etc. Ges masses sont libres ou adhérentes, présentent un pédicule large ou étroit, long ou court, etc., circonstances d'un grand intérêt quand on se décide à pratiquer Tovariotomie.

Les artères de l'ovaire proviennent de l'artère utéro-ovarienne, analogue de la spermatique chez l'homme. Gomme cette dernière, elle naît de l'aorte au niveau de la région lombaire et pénètre dans le bulbe de l'ovaire par le hile, c'est-à-dire par son bord inférieur. Les veines se rendent dans le plexus utéroovarien.

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