‹ Traité d'anatomie topographique avec applications à la chirurgie (volume 2)Chapitre 153 sur 219 · E. — VAISSEAUX ET NERFS DU RECTUM · texte numérisé non relu

E. — VAISSEAUX ET NERFS DU RECTUM

Artere%, — Les artères du rectum viennent de trois sources et sont divisées en hémorrhoïdales supérieures, moyennes et inférieures. Les hémorrhoïdales supérieures, de beaucoup les plus volumineuses, naissent de la mésentérique-inférieure, dont elles forment la terminaison. Les moyennes émanent directement de rhypogastrique, et les inférieures de la honteuse interne. Ces dernières [fig, 230) se distribuent exclusivement à la portion sphinctérienne, et traversent de dehors en dedans le creux ischio-rectal. Aucune de ces artères n'est assez volumineuse pour préoccuper sérieusement le chirurgien au cours d'une opération.

Veines, — Les veines hémorrhoïdales se rendent dans la mésentérique inférieure et aboutissent à la veine porte. Il faut en excepter toutefois un petit groupe qui accompagne les artères hémorrhoïdales inférieures, se rend dans la veine honteuse interne et de là dans la veine cave inférieure.

Nées de l'extrémité inférieure du rectum, les veines hémorrhoïdales, trèsabondantes, souvent un* peu dilatées, dépourvues de valvules, affectent une disposition plexiforme et passent à travers des boutonnières musculaires : aussi deviennent-elles fréquemment variqueuses, ce qui constitue les hémorrhoîdes. Après un temps plus ou moins long, les parois veineuses et le tissu conjonctif qui les entoure s'hypertrophient, et il se forme des tumeurs hémorrhoïdaives qui peuvent atteindre un volume considérable, s'enflammer, s'ulcérer, s'étrangler, fournir d'abondantes hémorrhagies et devenir la cause de très-graves accidents.

On a beaucoup discuté la question de savoir s'il convenait d'opérer les hémorrhoîdes. La plupart des médecins, pensant que le flux hémorrhoïdal est salutaire à la santé, ont repoussé toute opération. Nous serons d'accord, je pense, si l'on établit bien la distinction que je viens de faire entre les hémorrhoîdes et les tumeurs hémorrhoïdaires : il ne fautpas toucher aux premières, mais il est souvent indispensable d'opérer les secondes, qui, loin de favoriser la santé, compromettent parfois l'existence. D'ailleurs, en enlevant ou en détruisant une tumeur hémorrhoïdaire, on ne détruit pas pour cela les hémorrhoîdes, qui occupent les parties contiguës du pourtour de l'anus, car tous les chirurgiens sont aujourd'hui d'avis que, si l'écraseur de M. Chassaignac est excellent pour pratiquer cette ablation, la méthode employée par cet habile chirurgien est défectueuse. 11 ne s'agit pas en effet d'extirper tout le pourtour de la muqueuse anale, ce qui

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d'ailleurs a déterminé plusieurs fois des rétrécissements du rectum, mais bien d'enlever une ou plusieurs tumeurs isolément, sans faire une plaie circulaire.

MM. Verneuil et Fontan ;de Lyon), devancés d'ailleurs dans cette voie par M. Maisonneuve, ont préconisé tout dernièrement à la Société de chirurgie un nouveau mode de traitement des hémorrhoîdes,consistantdans la dilatation forcée de Tanus et qui donnerait d'excellents résultats. Il est bien entendu que cette méthode, pas plus qu'aucune autre, ne guérit les hémorrhoîdes, mais fait seulement disparaître les accidents. Il est d'ailleurs assez facile de se rendre compte de son action. La présence d'une hémorrhoîde peut déterminer de la contracture des sphincters, laquelle contracture devient à son tour une cause d'inflammation et d'étranglement ; la dilatation forcée doit, en effet, dans ces conditions, apporter un grand soulagement au malade en faisant disparaître l'étranglement. Mais, lorsque la tumeur est volumineuse, ancienne, ulcérée à sa surface, irréductible ; lorsqu'elle donne lieu à une suppuration et à des hémorrhagies incessantes qui plongent le malade dans un état cachectique, il faut la détruire par le fer ou par le feu.

Vaisseaux lymphatiques. — Les vaisseaux lymphatiques sont très-nombreux ; ils accompagnent l'artère hémorrhoïdale supérieure, et aboutissent à une série de ganglions situés en arrière du rectum dans l'épaisseur du méso-rectum, formant ainsi une chaîne continue avec celle des ganglions lombaires.

Nerfs. — Les nerfs proviennent du grand sympathique et accompagnent les artères. Ils constituent les plexus hémorrhoïdaux supérieur, moyen et inférieur. Les filets fournis par la moelle se dégagent du plexus sacré : aussi une lésion médullaire portant au niveau de la onzième vertèbre dorsale paralyse-t-elle le rectum.

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