‹ Traité d'anatomie topographique médico-chirurgicaleChapitre 3 sur 167 · EXTBAIT DU RAPPORT FAIT A LA SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE LYON · texte numérisé non relu

EXTBAIT DU RAPPORT FAIT A LA SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE LYON

PAR UNE COMMISSION COMPOSÉE DE MM. GENSOUL , NICHET , ET BRACHET, RAPPORTEUR.

L'histoire de Tétude de I*homme physique se perd dans la nuit des lemps : elle a commencé avec et peut-être avant Tétude des maladies. Et si, pendant une longue suite de siècles, les connaissances anatomiques n*ont pas fait tous les progrès qu'on aurait dû en espérer, cela tient, vous le savez, à ce préjugé religieux, d'ailleurs bien respectable, qui, faisant regarder le corps humain comme un objet sacré, ne permettait pas de toucher à sa dépouille mortelle sans inspirer une sorte d'horreur et de répulsion. Peu d'hommes osèrent affronter la crainte qu'inspirait celte vénération pour les morts. Aussi, bien loin de blâmer ces époques éloignées de leur peu de progrès dans l'anatomie, nous devons être émerveillés de ce qu'elles ont pu nous léguer. Mais depuis deux siècles, les facilités les plus grandes ont été données, et l'anatomisle n'a rien négligé pour achever cette étude graphique de l'homme. Aussi les découvertes sont-elles devenues bien difficiles aujourd'hui. Le corps humain a été scruté dans tous ses points et par toutes ses faces. Il n'est pas une partie que n'ait mille fois explorée le scalpel. Jusquelà, cette étude semblait n'avoir d'autre but que d'apprendre à connaître les organes. Il restait quelque chose de plus à faire, c'était de saisir d'un coup d'œil toutes les parties qui se trouvent agglo-

Yl PRÉFACE

mérées dans chaque région, quelles que fussent leur nature et leurs dîfTérences. Cette étude deyait être Tobjet s[>écial de l'anatomie moderne. Cependant qu'on ne croie point, comme on Ta dit, qu elle soit une création toute nouvelle...

Lors de la réorgapisation des études en France, Cbaussier sentit si bien la nécessité de grouper les organes par régions après les avoir étudiés en détail, qu'il arrivait toujours à l'examen d*anatomie armé d^un stylet qu'il enfonçait successivement dans plusieurs endroits du corps. Quelles sont les parties que j'ai traversées? demandait-il ensuite au candidat. Celait son unique manière d*iiiterroger pour connaître le degré d'instruction de Télève. Et le plus souvent il saisissait cette occasion pour faire la description topographique des organes et de leurs rapports avec les plaies, les opérations et la pathologie.

IkipuytraD Cl ensuite* des» leçons danatomie des régions, et il y répandait cette clarté et cette profondeur de vues chirurgicales qui lui appartenaient, et que nous avons eu le bonheur d*en tendre en 1810, 1811 et 1812. Ce n*est donc pas en 1823 que s*est fait le premier cours d*anatomie topographique. C*est même d'après ces leçons qu'ont été soutenues plusieurs thèses sur l'anutomie de différentes régions, sur le pli de l'aine, sur le creux de l'aiselle, sur le périnée, sur le cou, etc. — De combien aussi de leçons de ce genre M. le professeur Roux n'a-t-il pas souvent enrichi ses cours d'opérations!

Mfùs, il faut en convenir, ces essais ne constituaient point une science complète. Aucun traité n*avait été fait en entier, et les leçons de Dupuytren n'avaient jamais formé un cours complet, il était réservé a nos temps modernes d'achever cette œuvre imparfaite. Dès 1820 on sVst agité dans ce sens et plusieurs traités se sont préparés. Deux se sont succédé à des époques assez rapprochées, ceux de «MM. Velpeau et Blandin. M. Malgaigne en a publié un troisième en 1838. Leurs travaux sont importants, et il doit paraître difficile d'avoir rien à ajouter a ce qu'ont écrit ces trois savants.

Cependant, si l'on envisage qu'aucun d'eux n*a présenté laques- ^on de la même manière: si Ton fait attention que M. Velpeau, beaucoup plus occupé d'anatomie que de toute autre chose, a fait, dans chaque région, Tanatomie isolée dt* chaque organe, de chaque partie d'organe qui s'y trouve, et qu'il a eu |»eu uVgai d à cet en-' semble que devrait exiger une description topograplu^uç ; ea un

DE LA PR8|f|i«B ÉDITION. W

mol qu'il n*a presque f«il (|u'une analomie descriptive à l'occasion d*une anatomie lopographique chirurgicale : si Ton considère que M. Plandîn, tout en se renfermant mieux dans le sens du titre de son livre, a adopté une marclie pénible et qui l'expose à de nombreuieirépéli lions, puisqu*il met à découvert successivement et par ordre de tissus toutes les parties de la région qu'il étudie, qu'il einmine ensuite le rapport de chacune de ces parties, qu'il en étudie après la physiologie et après encore la chirurgie : si nous réflé-* chissons que M. Malgaigne fait, à propos de l'anatomie chirurgicale, un véritable traité de chirurgie topographique ou des régions, et qu'il laisse nécessairement beaucoup à désirer sous le rapport anatomique et plus peut-être encore sous le rapport chi« rurgical, parce que là il ne peut point y avoir et il n'y a point d'ensemble, tout est morcelé et partiel, comme la région dont il étudie les maladies ; il nous sera facile de comprendre que tout n'a pas été fait en anatomie topographii|ue. Il y a des lacunes i remplir, il y a surtout une coordination plus méthodique à suivre. Telles sont probablement les raisons qui ont porté notre collègue i reprendre ce travail en sous-œuvre. Personne n*était placé dans des conditions plus favorables pour en recueillir les matériaux con* venables, personne ne pouvait Tentreprendre avec plus de fruit i cau^e de la nature de ses études jus(|u'à ce jour. Malgré les grandes espérance^ qu'il a lieu de se promettre, M. Pétrequin a désiré ob-^ tenir vos suflVages et vos légitimes observations sur son ouvrage avant de le mettre au jour. En conséquence il vous en a offert le manuscrit^ et, pour répondre à son désir, vous Tavez soumis àTexameu d*une commission composée de MM. Gensoul, Nichelet Brachet.

La classification qu'adopte M. Pétrequin nous parait tout à la fois naturelle et méthodique. Sa description de toutes les régions vient s*y rattacher sans eifort. Il divise le corps humain en trono et appendices ou membres.

La première de ces divisions, ou le premier liVre, comprend six sections : le rachis, la télé, le cou, la poitrine, TalMlomen et le bassin. Le second livre, ou les membres, se divise en deux sections : les membres supérieurs et les membres inférieurs. Ces huit sections [irincipales sont ensuite subdivisées en autant de régions que cela a paru nécessaire pour Tétude de chaque objet sans confusion. Ainsi lu tête se partage d'abord en crâne et en face. Le crâne est eiisuite étudié à Textcrieur et à Tintêrieur ; et la face comprend îilOCMiiiriîmïïDt \m régions auriculaire,, oculaire, nasale et bucco-

▼m PRÉFACB

pharyngienne ; de cette manière» rien ne peat échapper i son scalpel investigateur.

Il ne fait point la description complète des organes on des appareils qui se trouvent compris dans chaque région. Il procède couche par couche. Il étudie ainsi les objets à mesure que la dissection les met i découvert. De cette manière il est plus facile d'en saisir les rapports : chaque couche forme une sorte de tableau qui représente mieux l'ensemble et la position relative de chaque partie.

Un autre caractère de la méthode qu*a sui\îe M. Pétrequin, c*est de ne point séparer la pathologie de Tanatomie. A mesure qu'il découvre un objet, il ne se contente pas d*en faire connaître les conditions topographiques, il y joint sur-le-champ les considérations qui se rapportent à ses lésions physiques et vitales, et toutes les conséquences qu'on peut en tirer pour le manuel opératoire. Cette manière de faire nous semble réunir plusieurs avantages : elle évite de nombreuses répétitions, et surtout elle fait mieux saisir les noacces opératoires, parce qu'elles se trouvent là enchaînées aux organes donton vient de parler, et dont elles semblent faire partie intégrante. On n'a pas eu le temps de perdre de vue leur disposition. Tout se trouve ainsi lié de la manière la plus intime : ce ne sont plus des parties d*un tout, c'est un tout indivisible.

En procédant ainsi, l'auteur atteint plus facilement le but qu'il s*est proposé, de ne pas se renfermer exclusivement dans les considérations relatives à la chirurgie, mais d*embrasser en nnHne temps la médecine

Vous le voyez. Messieurs, la tâche que s'e>l im{»o$ée notre collègue est immense. Malgré ses points de cimtact avec les autres traités d'anatomie topographique. elle devait présenter de grandes différences* ellede^*ail avoir son cachet particulier, son orûinalité. Nous ne pouvons déjà qu'applaudir à cette idée sranàe et lumineuse. Pour vous en faire juger à vous-mêmes toute l'importance, nous aurions voulu vous citer quelques-unes de ses descriptions ; mais leur étendue ne nous le permet pas : chacune d'elles dépasse de beaucoup les homes qu'il est possible de donner à un rapport. Nous nous contenterons de vous signaler les régions axîSlain^, snsclaviculaire, mammaire, inguinale, perinéale. le canal de Turèthre,etc.,comnie4>ffranl tout a la fois un modèle de des<mplion et un choix de recherches et d'applications pathologiques et opératoires du plos haut intérêt. En vous citant de préférence ce$ régions, nous n'avons pas rinleiilioo de vous faire regarder I» antres

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