‹ Traité d'anatomie topographique, ou anatomie des régions du corps humain, considérée spécialement dans ses rapports avec la chirurgie, et la médecine opératoireChapitre 15 sur 102 · DU CRANE · texte numérisé non relu

DU CRANE

céphalie ? qu’il faut bien distinguer de l’anencéphalie , dont il sera plus tard question ; au reste la tête peut seule, ne pas s’être développée., c’est l’acéphaîie simple ; elle peut être absente avec une portion plus où moins considérable du tronc , comme je le montrerai plus tard. L’acéphalie entraîne une foule d’anomalies dans les viscères du reste du tronc , parce que , suivant Béclard , un organe manque , quand ses nerfs manquent eux-mêmes primitivement.

La tête est une des parties les plus importantes , et bien que le fait prouve qu’un fœtus peut vivre sans elle dans le sein de sa mère , il est également prouvé qu’elle est une des conditions de la vie extrautérine , parce que cette portion du tronc , contient l’organe qui doit donner l’ordre de la contraction nécessaire pour la respiration , et que cet agent d’excitation manquant , la respiration ne s’établit pas ; de même la soustraction de la tête entraîne la mort; entre autres raisons , parce qu’elle soustrait le principe respiratoire.

La tête comprend le crâne et la face , parties bien distinctes l’une de l’autre sous tous les rapports.

ARTICLE PREMIER

Du crâne.

Le crâne est la portion cérébrale de la tête ; sa forme est celle d’un ovoïde irrégulier, dont la grosse extrémité est postérieure ; il est placé en arrière p<; en haut de la tête , dont il constitue la partie

la plus immédiatement continue avec le rachis ; sa direction est horizontale dans l’homme, et oblique à l’horizon , dans les animaux ; son volume absolu varie beaucoup ; son volume proportionnel est toujours inverse de celui de la deuxième section de la tête.

La surface extérieure du crâne est libre et cutanée en haut, en avant, en arrière et sur les côtés ; en bas, elle est confondue avec le col et la face. Sa surface interne est partout en contact avec le système nerveux, tapissée par le feuillet pariétal de la membrane arachnoïde et plus où moins prolongée par des cloisons.

Structure.- Le crâne est essentiellement formé par une cage osseuse , revêtue de deux périostes , l’un externe mince , l’autre interne, plus développé ; les parties molles surajoutées en dehors, varient beaucoup , elles donnent naissance à une foule de vénules, dites émissaires , qui ont une disposition fort curieuse, disposition que mettent à profit les praticiens, dans le traitement des maladies du cerveau, ou de ses membranes ; ces vaissaux sont dépourvus de valvules, leurs radicules extérieures au squelette du crâne , se réunissent en troncs de plus en plus volumineux , puis traversent les sutures où des trous pratiqués exprès , et se rendent directement dans les sinus méningiens, dans les veines méningiennes, ou même les diploïques. Les gros troncs artériels, qui se distribuent dans la cavité crânienne, envoient des rameaux au dehors, vers les organes des sens , ce qui lie la circulation de ceux-ci, avec celles du

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crâne ; ils sont encore remarquables par leurs larges anastomoses.

Développement. — Au développement général de la tête , il faut ajouter pour celui du crâne , qu’il se forme d’abord vers sa base , que sa voûte est achevée la dernière, et pendant long-temps conserve des traces de cette tardive formation , les fontanelles .

C’est sur le crâne , surtout , que portent les nombreuses variétés de la tête, qui ont été indiquées.

Déductions pathologiques et opératoires. — Le crâne manque quelquefois en totalité ; c’est ce qui constitue le vice de conformation que Bé~ clard appelle acrânie ; d’autres fois on trouve sa base seulement, anencéphalie du même auteur, monstruosité long-temps confondue avec l’acéphalie, mais parfaitement distincte et entraînant moins qu’elle d’anomalies, dans les viscères intérieurs. Suivant la plupart des auteurs, l’anencéphalie est accidentellement produite par une maladie qui détruisant la masse du cerveau pendant la vie intra-utérine , arrête en même temps , ou empêche le développement des parties supérieures du crâne, à une époque où déjà les parties de sa base, étaient formées. Enfin, dans quelques cas, la voûte crânienne s’est formée, mais est restée bifide dans une étendue variable, de là les hernies encéphaliques ; la disposition des veines émissaires, explique la possibilité, par des applications extérieures, d’agir puissamment sur les parties intérieures , spécialement de tirer par un mouvement rétrogradé, du sang directement, des veines raé-

ningiennes. La disposition générale des artères , rend compte des tuméfactions extérieures , et du trouble de certains organes des sens., dans les phlegmasies internes.

Telles sont les notions générales , que fournit l’examen de la portion crânienne de la tête : pour la connaître plus minutieusement , il faut successivement examiner les parois de sa cavité, et sa cavité elle-même , faisant abstraction des analogies, qui ont fait le sujet de cette description générale.

PARAGRAPHE PREMIER

Parois crâniennes .

Les anatomistes assignent au crâne six parois , distinguées en supérieure , inférieure , latérales , antérieure, [postérieure ; mais il convient mieux, comme pour l’étude du squelette de cette partie , de diviser le crâne en voûte , qui comprend les parois supérieure , antérieure et postérieure ; en parois latérales et inférieure. Les premières sont libres ; la dernière est confondue avec la face et le col, à l’occasion desquels nous verrons les rapports qu’elle contracte en dehors , spécialement avec les régions oculaires, olfactives, zigomatiques , pharyngienne , et de la nuque.

Au reste le tableau suivant donnera une idée de cette division en régions des parois crâniennes.

/ Vofite i° Région occipito-frontale.

^ PARTIE libre. ) ( En avant- • • Région temporale.

t.'.RANE. < I Parois latérales. < Au milieu. . 3° Région auriculaire.

| \ ( En arrière. . 4° Région mastoïdienne

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