I-NTIVODUr.TiON
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à laquelle des ré(^,ions crurales, antérieure, postérieure ou latérales , il faudrait rapporter ces véritables déductions anatomico-patliologiques, si belles et si importantes. Toutefois, l’envie d’établir les réfjions de la manière la plus propre à obtenir le plus de déductions générales, soit opératoires , soit physiologiques , ne doit jamais engager à former une région de tout un appareil d’organes , à moins que ceux-ci ne soient tous exactement placés dans le même lieu, comme on le voit pour les régions orbitaires externe et interne; il ne faudrait pas, par exemple , parce qu’ils font partie de l’appareil olfactif, faire entrer dans la région olfactive interne le sinus maxillaire ^ les sinus frontaux ; ce serait en effet procéder contre les règles les plus simples de l’anatomie topographique : le sinus frontal d’une part est un des éléments delà région du sourcil, le sinus maxillaire d’autre part appartient au squelette delà joue. Cependant la multiplicité des objets dans certains points, et en même temps la nécessité d’exposer minutieusement leurs rapports, imposent quelquefois la nécessité /de faire des coupes artificielles, afin de circonscrire l’examen dans des bornes plus étroites , et afin par cela même de faciliter l’étude. Au reste on prendra une idée de la division en régions du corps humain, et spécialement de celle que nous avons suivie, en jetant les yeux sur le tableau synoptique annexé à ce chapitre.
Les diverses régions peuvent ainsi être distinguées en naturelles et en artificielles, les premières bien plus nombreuses que les autres* et de même
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J IMTxülHJClTJOX.
<jue l’on divise les ui(jüiies en sijiipl(*s et en coin- ])os6s, de même aussi il y a des r6(jiüjjs simples et d’autres composées; nous avons fait ressortir ailleurs , au reste , l’analo^^ie (jui rapproche les régions et les organes.
Toutes les régions sont moulées sur le squelette, et présentent la même disposition générale; il en est qui sont allongées, celles des membres ; d’autres sont aplaties, et concourent à former les parois degrandes cavités; d’autres enfin sont courtes et épaisses.
Une région, quelle qu’elle soit, doit être euvi- .sagée- sous le rapport de sa forme extérieure , de sa profondeur, de .sa direction , de ses dimensions en largeur, de sa structure, de son dév'^eloppernent, de ses variétés, de ses usages plus ou moins nombreux; c’est seulement ainsi , que l’on peut retirer de l’étude topographique du corps, tout l’avantage que l’on a droit d’en attendre pour la pathologie et les opérations; c’est enfin seulement après avoir suivi une région dans tous ces détails, que l’on peut se dire en mesure de résoudre le problème dès longtemps proposé par les chirurgiens : iiiLerpreter la médecine opératoire par V anatomie.
Lorsque des régions concourent à former une cavité, si celle-ci est ouverte au dehors comme la bouche-; il faut commencer par la décrire; dans le cas contraire, l’exposition des régions doit précéder celle de la cavité; l’abdomen en fournit un exemple. L’exposition de la structure d’une région sc compose de deux choses : de l’énumération des éléments qui la compo.spiit-,etdel examen minutieux dr
INTRODUCnOiN.
leitvs i-apports de conlifraité; la première partie doit presque toujours être une simple éiiuniératioii , puisque tous les éléments d’une région sont supposés connus, et sont décrits dans les traités d’anatomie descriptive^ cependant, comme déjà nous l’avons dit' , diverses raisonspeuveiit en faire ag^irautrement.
L’énumération des éléments d’une région ne doit pas encore être faite d’une manière tout-à-fait arbitraire. Chaque région est pourvue de parties résistantes, soit osseuses, soit de tout autre nature, qui en forment le squelette ou le point d’appui ; ces éléments doivent d’abord être examinés. Viennent ensuite toujours des parties musculaires plus ou moins nombreuses, dans les interstices desquelles rampent les vaisseaux et les nerfs ; parmi ceux-ci , les uns ne font que traverser la région pour se porter ailleurs, les autres s’y terminent. Dans chaque région, les vaisseaux communiquent entre eux par des anastomoses plus ou moins marquées, et toujours fort importantes, parce, qu’étant souvent formées entre des branches qui naissent de divers troncs, ou du même tronc à des hauteurs différentes, elles établissent dans la région une circulation collatérale fort curieuse. Les vais-seaux et les nerfs de la plupart des régions, émanent de troncs qui en fournissent aussi à d’autres régions plus ou moins voisines, circonstance de laquelle résultent entre les unes et les autres des relations sympathiques de divers genres, qu’il importe beaucoup
’ /jOc. cil.
XI' INTRODUCTION
(.le no(,c*r encore. Dans toutes les réfjions on trouve du tissu cellidaire et des vésicules adipeuses en plus ou moins (grande quantité, fait qui doit soi- {pieusement être cité, ainsi que les variétés de densité que présentent ces organes sim[)les , non-seulement dans la région en général, mais encore dans ses différents points en particulier. Enfin, presque toutes les régions présentent une face extérieure, et par conséquent une partie du tégument externe entre dans leur composition, et s’y fait remarquer par des variétés locales sous le rapport de sa densité, de sa nature plus ou moins folliculaire, et des poils qui le recouvrent.
Les rapports des organes i des régions, constituent une partie très importante de l’anatomie topographique, et jugée telle par tout le monde; mais, comme nous l’avons suffisamment prouvé, les rapports sont loin de constituer cette science tout entière. Il est certaines régions où les organes forment des couches bien marquées et très régulièrement su-
' On SC demande au premier abord , si ceL article et le précédent nepourraient pas, dans les régions, être fondus ensemble, si par exemple les organes ne pouvaient pas être énumérés par couches de dehors en dedans. C’est ainsi, en effet, que nous procédions dans nos premiers cours (ï Anatomie topographique ^ mais bientôt nous nous sommes aperçus qu’en se conduisant ainsi , ou se prive de la possibilité détablir des généralités sur la disposition de tous les genres d’organes dans chaque iiégion, surtout sur celle des vaisseaux et des nerfs, t{ui ne forment pas des couches a part , mais sont mélangés avec les autres pai tics.
JM'KÜDUCTION. XlJ
perposées; il en est d’autres, an contraire, où l’on trouve une disposition différente. Dans les premières, l’étude des rapports est très simple, elle est très compliquée dans les secondes. Cette étude des couches d’iiiie région peut êt.re fnte des parties profondes vers les superficielles, mais il convient mieux de commencer d’nne manière inverse; d’abord parce que dans la dissection, les parties superficielles se présententles premièresàl’instrument, et ensuite parce que c’est dans cette direction que chemine le couteau du chirurgien pendant les opérations. Dans les régions où existent des aponévroses résistantes, qui forment des gaines aux organes , il est très facile pour l’étude, comme aussi pour la description, déporter son examen successivement sur les groupes organiques secondaires, circonscrits par les lames aponévrotiques; ainsi enverra par la suite , combien cette méthodeappliquée au périnée, simplifie l’exposition des rapports si compliqués des organes de cette importante région ; ainsi, dans les membres, il devient très facile de considérer successivement les rapports des organes , dans chacune des grandes gaines que constituent les vastes aponévroses qui s’y trouvent.
Chaque région présente un état parfait, dont on doit faire le type de la description première; mais pour y arriver, elle parcourt réellement, comme l’individu tout entier, un certain nombre de phases, dont l’importance ne peut plus maintenant être dou.teuse, et qui, nous le pensons, sera mise à chaque instant hors de doute dans la suite de cet ouvrage.
Outre les variations que présentent régulière-
I>TROüUCTl()>.
XLl)
ment les ré{>ions, considérées aux différents â(jes de la vie, variations plus ou moins apparentes, il en existe d’autres cpii, dans l’état parfait, suivent les sexes, et quelques-unes enfin qui sont soumises à des circonstances qu’il ne nous est donné de prévoir ni de calculer. Ces dispositions anormales, soit qu’elles portent sur la conformation générale de la région, soit qu’elles appartiennent spécialement à l’un de ses éléments, apportentquelquefois secondairementdes modifications dansles rapports normaux; d’autres fois elles ne changent en rien la disposition régulière. Les variétés organiques, tantôt consistent dans un accroissement ou une diminution de la disposition ordinaire, tantôt elles reproduisent des analogies entre diverses régions du corps, ou bien entre des groupes d’animaux différents sous le rapport de la position dans l’échelle des êtres ; tantôt enfin elles établissent de plus grandes analogies entre différents systèmes du même organisme, spécialement entre les différents ordres de vaisseaux, entre ceux-ci et les nerfs. On conçoit l’importance topographique de toutes ces variétés, qui peuvent motiver des précautions particulières dans les modes opératoires.
Toutes les régions bien naturellement dessinées , ont des usages évidents; tantôt elles concourent, comme dans les membres, à former, par leur superposition , des colonnes de sustentation ; tantôt , comme au tronc, elles concourent, par leur aplatissement, à circonscrire de grandes cavités splanchniques. Certaines régions sont bien dégagéCvS, et
INTROmK'.TlON.
XUl)
jouissent d’une grande mobilité ; d’autres présentent des usages inverses pour une disposition également inverse. Ces observations de physiologie topographique, sont de la plus haute importance dans certains points , ou les régions sont toujours plus ou moins modifiées pendant leur action ; partout elles montrentles relations sympathiques, qui lient entreell es les différentes parties du corps , relations que l’on conçoit facilement par les communications nerveuses et vasculaires.
Enfin , lorsqu’une région a été étudiée de la sorte, il devient très facile de concevoir ses différents états pathologiques , surtout on peut bien mieux étudier les opérations chirurgicales, qui consistent en général dans le rétablissement plus ou moins exact de l’ordre normal, par des actions exercées localement, soit superficiellement, soit profondément, à travers les organes. Ainsi, l’action connue de chacun des muscles delà région, leur action d’ensemble, considérations particulières à celle-ci, permettent d’interpréter les divers déplacements dans les fractures de son squelette, ou ses luxations. Par les dispositions vasculaires et les voies collatérales propres à une région donnée, on explique le rétablissement delà circulation, dans les cas d’oblitération des troncs vasculaires principaux ; on se rend compte de certaines congestions locales dans des régions non irritées elles-mêmes, mais voisinesde celle qui l’est directement, par exemple, des rouo-eurs de i’œil, des bourdonnements d’oreille dans les irritnlions cérébrales, etc.. Ces déductions, outre qu’elles
INTRODUCTlOi'». ‘
sont, immécliaccinonl; m iles pour la j)atholo{jie el la m édeci n e opéra to i re , o 1 1 1; en core l’i rn in en se a va n la de tourner au profit de l’anatomie topo(>raphiqne, qu’elles font aimer, et dont elles (>raventdans l’esprit les pins minutieux détails. Au reste, l’importancede toute l’anatomie, et spécialement de celle qui nous occupe, pour le médecin, aussi-bien que pour le cliirur^yien , esttelle, on le reconnaîtsi bien aujourd’hui , qu’il estsuperflu presque de s’arrêter à le démontrer. Qui oserait, en effet, sans une connaissance exacte du creux de l’aisselle, ouvrir le plus simple de ses abcès, ou pour tout autre cas , porter un instrument tranchant dans ce lieu , où la plus légère erreur peut prescjue donner la mort? Qui oserait opérer urue hernie, lier l’artère carotide, faire l’ouverture des voies aériennes, s’il ne connaissait dans leurs plus petits détails les régions où se pratiquent ces opérations? ÎSe sont-ce pas des notions d’anatomie topographique, qui nous apprennent, dans certaines phlegmasies cérébrales, à placer les sangsues derrière les oreilles, sur la pituitaire, sur la région supérieure de la tête, etc.? ISe sont-ce point des connaissances niinulieuses sur la région costale, qui nous font une loi, dans les affections de la plèvre, d’appliquer les sangsues, les vésicatoires et autres moyens semblables, tout-à-fait sur la partie latérale du thorax, au niveau des digitations du muscle grand dentelé , tandis que si l’on choisit le bras , les mêmes moyens sont plus efficaces si on les fait agir en dedans de celui-ci ?
L’hom.me , placé: au faîte de l’échelle des êtres, , possède toutes leurs propriétés générales, et s’en distingue par des caractères propres, surtout par son intelligence : de là d’immenses analogies, qui dominent notre sujet, et sont du domaine de la science générale de la nature j de là aussi des différences , que ce livre doit seulement signaler.
L’homme se trouve alternativement dans l’état de repos et dans l’état de mouvement : à l’état de repos, il fait le sujet de l’anatomie j la physiologie le considère seulement dans celui de mouvement. Toutefois , comme l’a si bien démontré le savant professeur Chaussier, la science de l’organisation est une , et Tisolement complet de ces deux états serait, une abstraction presque impossible , qui tournerait au préjudice de la science. Les belles considérations physiologiques de Bichat dans l’anatomie générale et Tanatomie spéciale, ont suffisamment établi les avantages de la marche contraire
y. ANATOMIK T()P0(;HA1M1J(^UK.
pour ces sciences, et, ce serait la plus {jrave des erreurs, de croire que l’auatoiuie topographique fait exception; toute région du corps, en effet, a des usages particuliers, qui en sont tout aussi inséparables que leqeu d’un organe l’esl. de celui-ci. Cette sorte de physiologie, que l’on pourrait appeler topographique , se fond souvent avec celle des appareils d’organes ; mais d’autres fois , elle s’en distingue tout-à-fait : elle a un caractère spécial et doit être étudiée à part. Ces considérations physiologicotopographiques , sont surtout de la plus haute importance, dans certains lieux, qui sont considérablement modifiés anatomiquement , par la seule action des organes.
Aucune comparaison n’est susceptible de rendre la forme du corps humain : elle le caractérise, en même temps qu’elle est soumise aux contours arrondis des êtres organisés, dont il fait partie.
Terme moyen , la hauteur du corps de l’homme est de cinq pieds , sa largeur est beaucoup moindre.
Le milieu du coi'ps en hauteur, tombe toujours sur le bassin , et spécialement sur un point variable suivant les sexes, comme on le verra plus bas. Le milieu en largeur, est tracé par une sorte de raphé ou couture, dont l’apparence offre aussi une foule de variétés , qui ne sauraient maintenant nous occuper ; ce raphé se trouve sur la ligne médiane , ou mieux dans un plan médian antéro-postérieur, qui divise le corps en deux moitiés à peu près semblables ; c’est par rapport à ce plan, que le corps humain est représenté comme symétrique par tous les ana-
AJNATOMJE TOPOGRAPHIQUE. 3
toniistes. Cependant cette symétrie, qui paraît chez J’adiilte, si parfaite dans les masses, le devient beaucoup moins si on la cherche dans les détails ; les régions et les organes qui les composent, nous en fourniront des exemples continuels. Bichat a beaucoup trop dit en faveur de la symétrie des organes de relation , et a trop glissé sur celle des organes nutritife. Certes, les deux reins et la vessie sont plus symétriques que le sommet des hémisphères cérébraux et la colonne vertébrale au dos. La symétrie d’ailleurs est sujette à une foule de variétés.
Les auteurs, etM. Meckel en particulier, parlent delà symétrie des parties supérieures et inférieures; tout en avouant qu’entre elles existent des analogies, on doit aussi déclarer qu’il n’y a plus similitude, et par conséquent plus de symétrie.
La direction naturelle du corps en mouvement, est la verticale : tous les sophismes de quelques philosophes, dans le but de prouver que nous sommes faits pour la station quadrupède , s’écroulent devant l’anatomie, qui montre à chaque pas le contraire. Dans cette position , l’axe du corps, ou la ligne véritablement médiane , qui, passant par le centre des trois cavités splanchniques , viendrait tomber entreles pieds sur le sol, forme avec celui-ci, lin angle de quatre-vingt-dix degrés. Dans l’état de repos absolu , le corps ne saurait conserver cette position, il gît horizontalement, et s’il appuie sur le dos, il s’incline toujours à droite ; disposition produite par le développement prépondérant des par- ( ies flroiles du corps, et par la présence vers ce côté.
4 Anatomie topoguapiiique.
du foie dont, le poids n’est qu’en partie compensé
par celui de la rate à fjauche
Entraînés par l’analogie éloignée des animaux articulés extérieurement, quelques savants ont dit que le corps de l’homme est formé d’un certain nombre de tranches superposées et plus ou moins analogues , dont les membres prolongeraient quelques-unes. Cette idée générale, vraiment philosophique, et à la hauteur de laquelle peuvent s’élever seulement ceux qui possèdent sur notre organisation et celle des animaux , des notions minutieuses , cette belle idée doit être signalée dans l’examen général du corps ; mais comme elle se rapporte surtout au tronc en particulier, c’est à son occasion que nous la mettrons à profit.
Le corps humain a pour base le squelette, qui retient même à lui seul sa forme générale ; d’autres parties moins résistantes viennent s’y surajouter en dehors , et forment ces contours , tantôt rudes et vigoureux, tantôt gracieux et délicats , qui le distinguent.
Le corps de l’homme se développe d’une manière fort curieuse : il parcourt successivement un certain nombre de phases , qui', une à une , repré-
* Chaussier, Leçons orales de Médecine légale.
» Tous les animaux vertébrés offrent la même disposition j leur squelette est intérieur, ils sont dits articulés intérieurement : d’autres animaux ont un squelette en dehors des muscles j on les appelle articulés extérieurement.
A.NATOMIE TOPOGRAPHIQUE.
sentent des états permanents, dans l’échelle des êtres, à tel point, par exemple, qu’en quelque sorte d’abord zoophyte , il se complique ensuite' dans son organisation , jusqu’au moment où il a acquis le degré qui le caractérise , dans sa position élevée de l’échelle animale.
Ces métamorphoses, auxquelles sont soumis tous les animaux, avaient été dès long-temps reconnues pour quelques-uns d’entre eux, les insectes , parce que chez eux, elles se font lentement, et sont faciles à observer. Dans l’homme , au contraire , une succession rapide les avait fait méconnaître , jusqu’aux travaux de MM. Meckel , Tiedemann, Geoffroy Saint-Hilaire, Blainville, etc. , qui les ont mises dans tout leur jour. Ces changements , si variés et si nombreux dans les premiers jours de l’existence, se répétant après la naissance, produisent la révolution des âges.
Au moment où il se forme, notre corps esttoutà-fait fluide , il prend peu à peu de la densité.
Les métamorphoses de la forme, se font plus rapidement que celles de la structure, mais on ne doit pas pour cela les méconnaître. De très bonne heure , l’embryon humain tend à prendre la conformation qui le caractérisera à l’état adulte.
Plus l’embryon est jeune, et plus son analogie avec les autres animaux s’agrandit, plus il y a de symétrie entre les moitiés latérales de son corps, plus enfin , le milieu de la hauteur totale , vient tomber sur un point rapproché de la tête.
L’organisme tout entier se forme, comme ses
ANATOMIK Tül>0(.UAPHl(^tIJi.
éléiiieiits Je jiarlies isolées, Joui; la réunion s’opère plus ou moins rapidement ; la direct ion du corps est, dans les premiers temps, celle d’une courbe ré^^ulière , à concavité antérieure.
Le corps humain présente des variétés sexuelles, qui ne sont pas moins importantes. L’homme est plus grand que la femme; son poids est plus considérable que le sien; chez le premier, le milieu du corps en hauteur, vient tomber sur le sommet de la symphyse pubienne, il correspond au dessous dans la seconde. Le niveau des épaules chez l’homme est le point où l’étendue transversale prédomine; c’est au niveau des hanches chez la femme. L’homme est remarquable par la force ; la femme, plus faible, se distingue encore par la finesse de' sa peau, le peu de poils qui l’ombragent, et la rondeur des formes de tout son corps ; mais ce sont surtout les organes génitaux qui établissent entre les sexes des différences qui nous occuperont seulement dans les spécialités.
Les races diverses de l’espèce humaine sont aussi pour l’anatomiste, le sujet de curieuses remarques ; leurs différences caractéristiques, peuvent être considérées comme des modifications du type suivant lequel, primitivement, l’organisme humain a été construit. Ces races principales sont au nombre de quatre : la caucasique, la mongolique, l’éthiopique et l’américaine qui n’est peut-être qu’une variété de la seconde. Leurs différences anatomiques générales se déduisent de la couleur de la peau et des proportions des parties. Disons seulemenf (pie la race
ANATOMIE topographique. 7
caucasique paraît s’ être soutenue au niveau de la beauté du type primitif; que la mongolique et l’américaine en sont déjà un peu éloignées ; mais que l’éthiopique, ou la race nègre, en diffère bien plus encore.
Ouant aux variétés individuelles, elles sont fort nombreuses; elles ont trait à l’étendue en hauteur et en largeur , à la direction plus ou moins verticalement conservée, et à la symétrie. Sous ce dernier rapport , la principale déviation générale du corps de l’homme consiste en une transposition complète des organes latéraux , transposition, que Béclard a dit se rencontrer une fois sur deux ou trois raille individus, mais que je crois moins rare, sans toutefois pouvoir indiquer la proportion. J’ai déposé dans les collections de la Faculté, deux fœtus qui la présentent ; j’en ai montré un autre à mon cours cette année, et, deux autres fois en outre, j’ai observé cette disposition anormale dans les pavillons de la Faculté.
Une organisation si complexe , aussi admirablement combinée, soumise à des lois, même dans ses écarts de l’ordre normal, ne saurait être conçue sans une action continuelle qui constitue la vie ' , açtion dont la durée ne peut être que temporaire.
' 1 enter de définir la vie d’une manière précise , serait entreprendre une chose prématurée; car avant il faudrait posséder tous les éléments de la question , et la science est encore loin de là. La vie, pour nous, est seulement l’oif^anisation en action.
puisque les organes qui 'en sont les moyens, tendent continuellement à s’altérer, en obéissant à la loi qui préside à leurs évolutions. La vie liumaine subit , comme ses organes , un certain nombre de métamorphoses, qui ne sauraient être révoquées en doute. L’embryon de quelques jours, en effet, vit, par imbibition , des fluides qui l’entourent, comme les animaux infusoires; plus tard, le développement des vaisseaux placentaires permet de supposer une absorption et une nutrition plus compliquées; le cœur, en se surajoutant au système vasculaire , vient rendre plus complexe la circulation simple auparavant, comme dans les insectes; avant la formation de l’artère pulmonaire, elle ressemblait à celle des poissons ; plus tard , elle a plus d’analogie avec cette fonction dans les reptiles , etc. La respiration, avant la naissance, se faisait peut-être par la peau * ; après, elle a lieu dans les .sacs pulmonaires. La vie intellectuelle se développe graduellement dans l’enfance, et tient sous sa dépendance la vie nutritive ; à l’époque de la puberté , un troisième ordre de fonctions s’établit , les génitales, qui quelquefois dominent les antres; pendant l’âge adulte ou de maturité , l’homme bien constitué, accomplit trois ordres de fonctions égalc-
’ AumoiiKS la finesse de celle-ci, d’une part, de l’autre le gaz respirable découvert dans l’eau de l’amnios, par M. Lassaigne , peuvent le faire présumer. Au reste , M. Edwards a établi cette respiration cutanée dans les reptiles batraciens, par les expériences les pins belles et les plus concl Hautes.
ANATOMIE topographique. ()
ment développées; les unes ont pour but sa propre conservation ; les autres, la perpétuation deTespece; plus tard, vers la fin de la carrière, les facultés géni- • taies se perdent, l’intelligence faiblit, et la seule vie nutritive persiste, pendant un temps variable. En suivant cette évolution progressive des fonctions, on voit chez le fœtus, les organes d’abord isolés d’action, se subordonnant plus tard les uns aux autres, et se mettant dans une telle dépendance , que leurs fonctions ne sauraient plus être exercées isolément. Dans les premiers temps, en effet , les vaisseaux suffisaient à la circulation sans cœur , supprimez celui-ci lorsqu’il est formé , la circulation est impossible, etc.
Tel est l’homme, pendant la durée de son existence et lorsque son évolution s’accomplit régulièrement ; mais il n’en est pas toujours ainsi : on voit quelquefois, sans que l’on puisse expliquer ce curieux phénomène, le développement arrêté toutà-fait dans son cours.
Delà des changements qui constituent beaucoup de changements qui peuvent porter sur les parties du corps, ou sur l’individu tout entier. C’est sous ce dernier rapport que nous les considérons ici. Le nombre infini des stades que parcourt l’homme pour arriver à l’état parlàit, donne précisément la mesure de la variété infinie de ces monstruosités générales , parce que la conformation irrégulière rappelle toujours une de ces phases ' :
* I-cs animaux .sont sujoLs a fl’aiilant moins de mous-
' ANATOMit: T01>0(iUA l'UlQUK.
les exemples ne manquent pas à l’appui de <eUe ingénieuse théorie des monstruosités, données par les savants auteurs de la loi de métamorphose. N est-ce pas parce que l’embryon a été arreté dans son développement au début, que se trouvent formées dans l’utérus, ces masses semi-organisées, qui constituent les môles? Ne sont ce point des développements faussés un peu plus tard, qui donnent naissance aux acéphales , aux monstres privés des membres , etc. , et qui laissant à certains fœtus à terme , quelque ressemblance avec des animaux inférieurs, ont fourni matière à ces histoires bizarres , mais remarquables, de femmes accouchées d’animaux plus ou moins immondes ? Je sais bien que certaines monstruosités se refusent à cette explication , mais cela prouve seulement, que plusieurs causes concourent à produire les déviations , et ce n’est pas une raison pour la rejeter avec quelques personnes : dans l’état actuel de la science , il y aurait même absurdité dans cette conduite, non seulement parce que la théorie de l’arrêt développement convient à presque tous les cas , mais encore, parce qu’elle est en rapport avec les lois connues de l’organisme, et que certaines monstruo-
truosités, qii’ils sont plus inférieurs, parce que les stades de développement qu’ils parcourent sont moins nombreuses j que leurs déviations organiques ne sont aussi pour la plupart que des reproductions de celles-ci, et que jamais elles n’élèvent l’animal à un degré supérieur d’organisation. Jamais, en effet, on ne voit un oiseau monstrueux, offrir le cerveau volumineux d’un mammifère.
AiNATÜMlE TOPOGRAPHIQUE. II
sités ne sauraient; être produites autrement. Dans d’antres cas, la conformation normale de l’homme est faussée en quelque sorte , par un surcroît de développement, et des parties s’établissent surnuinérairemcnt , ou avec des proportions outrées.
Telles sont les causes g^énéralcs qui modifient l’organisme dès son origine ; mais, pour donner toutefois une idée complète de ces changements, il est nécessaire d’ajouter : que les monstres femelles sont bien plus nombreux que les mâles; qu’une première déviation, souvent en entraîne une autre ; aussi Béclard a-t-il établi que l’absence d’une partie du système nerveux empêche la formation des nerfs, et, par suite, des organes influencés par ceux-ci dans l’état régulier ; cependant il se pourrait bien qu’ici l’effet eût été pris pour la cause ; c’est au moins ce que paroissent démontrer des faits rapportés par M. Serres , en même temps que ce savant médecin en cite d’autres, qui montrent que les nerfs et leurs centres d’origine sont plus indépendants les uns des autres dans leur formation que cela n’avait été dit. L’absence d’une partie a , pour conséquence, l’absence de la portion correspondante du système sanguin ; l’inverse ne paraît pas avoir lieu , comme le prétend M. Serres ; car les vaisseaux naissent dans les organes , et ne se prolongent pas pour les former. Enfin , il n’est pas rare de trouver des réunions plus ou moins complètes de deux organismes , et même ce qui est plus extraordinaire, l’un d’eux contenant l’autre. Queh pielois ces vices soni, simples, et coin-
Ai\ATO;\llE 1'OPOGKAI‘HIQUE.
patibles avec la vie ; dans d’autres cas iis sont compliqués , quelques-uns des orfjanes essentiels maiKjuent au nouvel être, et le meme instant le voit naître et mourir.
Après leur formation complète , nos organes sont encore exposés à une foule de maladies, les unes produites par des agents physiques , les autres résultant d’un dérangement vital plus ou moins grand j quelquefois elles sont légères , dans d’autres cas , elles causent un trouble général si considérable , qu’elles terminent très rapidement l’existence. Mais, quel que soit leur résultat ultérieur, elles se traduisent au dehors par une marche et des symptômes dont la physionomie est modelée sur la structure du corps , ou de l’une de ses parties, si l’altération est locale. De là une véritable physiologie pathologique , que l’anatomi-e peut seule interpréter convenablement , en même temps que celle-ci dirige la main du médecin , dans les cas où une opération est urgente pour rétablir l’équilibre , nécessaire à l’entretien de la vie.
Lorsque la mort survient, qu’elle soit le résultat lent de l’altération sénile des organes et des fonctions , ou bien , au contraire, que, succédant à une grave maladie , elle vienne frapper un individu au milieu de sa carrière , on se tromperait si 1 on croyait que tous les phénomènes vitaux, s’éloignent complètement et instantanément : le cœur se contracte encore long -temps, quoiqu’avec une force insuffisante pour la circulation j pendant un temps variable aussi , les nerfs, et surtout les muscles.
attestent, quelques restes de vie. Lés expériences de Nysten ont prouvé que ces derniers peuvent se contracter encore , six ou huit heures après la cessation de la circulation et de la respiration , ce qui varie cependant , suivant le genre de mort. Enfin , un dernier effort de contraction musculaire survient, tout ce système acquiert une rigidité ([ui dure un temps plus ou moins long , et la décomposition succède immédiatement.
Le corps de l’homme, devenu insensible, conserve encore une certaine expression en rapport avec la nature de la mort et les sensations qui l’ont précédée : la pâleur de la face caractérise les individus morts d’hémorrhagie ; les apoplectiques ont au contraire la face rouge et tuméfiée; la figure de ceux dont l’agonie a été longue et douloureuse peint encore les souffrances. Au moment où survient la dissolution , ces caractères s’effaçent, mais de nouveaux phénomènes fort curieux apparaissent, surtout lorsque des matières fermentescibles se trouvent dans l’estomac : la face et les yeux , qui s’étaient affaissés , se tuméfient ; ceux-ci deviennent brillants , sortent de l’orbite , les paupières sont écartées, et la figure prend une physionomie effrayante.
M. Chaussier ’ attribue ce changement au dégagement de gaz dans l’estomac, au refoulement consécutif du diaphragme, et par suite au reflux du sang dans le système vasculaire supérieur.
‘ J^ccons orales de Médecine légale,.
l4 ANATüMlt: TOPOGRAPHJQÜKi
Enfin, après un temps très court, les éléments (lu corps se dissocient, obéissent à leurs affinitésj entrent dans de nouvelles combinaisons, les uns se répandent dans l’atmosphère , les autres restent adhérents au sol, et l’organisme a disparu.
Le corps humain se compose du tronc et des membres , portions également distinctes par leur structure et leurs usages , qu’il faut examiner avec détail , chacune en particulier.
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