‹ Traite d'anatomie topographique, ou anatomie des regions du corps humainChapitre 43 sur 132 · FOSSE ZYGOMATIQUE · texte numérisé non relu

FOSSE ZYGOMATIQUE

Slriicturr. — 1« Eléments. — Lesqueletl.e tl6 cette petite rég;ioii lui sert d’enceinte^ il est spécialement formé par le sphénoïde , la partie postérieure du maxillaire supérieur , le palatin , le condyle du maxillaire inférieur , une partie du temporal et l’ethmoïde au fond. Il détermine les deux portions de la région qui ont été indiquées; celles-ci communiquent avec l’orbite /la première par la fente orbitaire inférieure * , la seconde vers le point de réunion de cette dernière fente avec la supérieure ; cinq trous sont ouverts dans le sommet de la fosse zygomatique ; un seul mérite une attention’spéciale, c’est \q sphéno-palatin j il est plus large que les autres, et sur une tête sèche fait communiquer la fosse sphéno-maxillaire avec la fosse nasale correspondante. Le condyle de la mâchoire et la partie antérieure de son articulation temporale ^ ^ correspondent aussi à la fosse zygomatique^ Rappelons que cette articulation est protégée en dedans, parl’épine 'du sphénoïde et le -ligament latéral internef[ui en naît; en dehors, par un tubercule de l’apophyse zygomatique et le ligament latéral externe; en arrière par le conduit auriculaire, tandis qu’en

• Dans les animaux cette fente s’agrandit, rorl)ite e4. cette région sont moins distinctement sépares; dans quelques-uns meme elle devient telle , que ces deux parties sont tout-à-fait confondues.

L’articulation temporo-maxillaire appartient, ])ar les antres jiarties de son contour, aux régions parotidienne et de la joue ; elle est placée sur leurs limites.

l(^G A.TMAT01\riE TOPOGRAPHIQUE,

avant , elle est fort lâclie j (|ii’elle renferme une lame fibro-cartilagineiise souvent percée au centre ; et C[ti’enfin elle est liibreficc par une membrane synoviale simple ou double, suivant que le trou de la lame inter-articulaire existe ou non. Le seul

muscle petit ptéryg;oïdien occupe en entier cette région , borné même à sa portion inférieure. Il est formé de deux faisceaux entre lesquels existe un intervalle triangulaire étroit. On trouve encore dans la fosse zygomatique l’extrémité inférieure du muscle temporal. L’artère maxillaire interne la parcourt et se termine dans son sommet j elle y fournit un nombre considérable de branches, parmi lesquelles il en est treize principales, et qui ont reçu des noms spéciaux j une veine l’accompagne et s’anastomose superficiellement avec la veine faciale comme il a été dit. Les vaisseaux lympliaticjues sont peu connus , ils se rendent dans les ganglions parotidiens et les profonds du col y les nerfs sont nombreux, et ne font, pour la plupart, que traverser cette fosse j parmi eux on compte : le nerf maxillaire supérieur et ses filets orbitaires inférieurs et dentaires , le ganglion de M echel, le nerf maxillaire inférieur divisé en deux branches, l’une supérieure, l’autre inférieure, branches elles-mêmes subdivisées en rameaux, qui sont : pour la première , les deux temporaux profonds , le buccal et le masseterin ; pour la seconde, le lingual, le dentaire et le temporal superficiel. Les tissus cellulaire et adipeux sont surtout fort abondants en haut, ils se continuent dans ce sens avec le peloton de même nature ffui l emplit le fond de l’orbite.

de la fosse zygomatique. 167

20 Rapports. — L’arcade zygomatique enlevée , ainsi que l’extrémité inférieure du muscle temporal qui forme le premier plan , on découvre la face externe du muscle ptérygoïdien externe, sur laquelle se trouvent appliqués les vaisseaux temporaux profonds et le nerf massétérin ; les deux nerfs temporaux paraissent dans ce plan, seulement au moment où ils se dégagent entre les os et le muscle pterygoidien j si l’on coupe la moitié de ce muscle , on pénétré dans l’intervalle de ses deux faisceaux où se trouvent réunis le nerf et les vaisseaux buccaux , et une portion de l’artère maxillaire interne ; plus profondément existe le second faisceau du muscle ptérygoïdien , au-devant duquel monte perpendiculairement derrière la tubérosité molaire , la troisième portion de la maxillaire interne j tandis qu’au-dessous passent les nerfs lingual en dedans , dentaire inférieur au milieu, et temporal superficiel en dehors, tous réunis par des filets d’anastomose. Telle est la disposition des parties, qui occupent la première portion de la fosse zygomatique ; dans la seconde y fosse sphéjio-maæillaire , on trouve de haut en bas: 1° la veine ophtalmique, et les nerfs ophtalmique de V\ illis, moteur commun , pathétique, moteur externe, deux filets du ganglion cervical supérieur , parties qui viennent de la fente sphénoïdale et traversent la fosse sphéno-maxillaire,pour se porter dans l’orbite j le nerf maxillaire supérieur dirigé d’arrière en avant ; ;3° le ganglion de Meckel , continu au nerf précédent , appliqué en dehors du trou sphéno-palatin , et envoyant en Ikis

anatomie topographique.

les liiets palalins^ eu avant les dcntain's poslcricurs, eji arrière le rameau vidum, çan^rlion entouré par de la fp-aisse, et les quatre branches finales de l’artère maxillaire interne, la vidienna, la ])lêrj^o-palaLuLc, la palatine supérieure y et la sphéno-palatine.

Développement. — La fosse zygomatique est fort étroite chez le jeune enfant; mais alors ses communications avec l’orbite sont très larges; chez l’adulte elle se dilate , et, en meme temps les fentes zygoraato-orbitaires se rétrécissent ; chez le vieillard, celles-ci reprennent une dilatation plus grande, due à l’amincissement et la résorption de la substance osseuse qui forme leur pourtour , et sous ce rapport seulement , l’état infantile reparaît.

D ariétés. — Au lieu de passer entre les deux portions du muscle ptérygoïdien externe, l’artère maxillaire interne souvent se glisse en dehors de lui.

Déductions pathologiques et opératoires. — Les plaies de cette région sont fort graves ; d’abord , [)arce qu’elles supposent nécessairement, que l’instrument vulnérant a traversé avant d’y arriver, la joue , la temj)e, la région parotidienne ou l’orbite, et, en second lieu, parce qu’il est presque impossible que les branches de la maxillaire interne , ou son tronc, n’aient pas été intéressés. C était le cas du militaire auquel, en i8i4 Marjolin pratiqua la ligature de la carotide prim il h^e , seul moyen qui fournît quelques chances devoir l’hémorrhagie s’arrêter; moyen toutefois peu sur, à cause des anastomoses des artères, comme rexpéricnce le dé-

DE LA RÉCIO.N ZYGOMATIQUE. lOf)

moMü-a à cet liublle professcm'. Cette véQion placée entre la jüucj la tempe, celle de la parotide, l’orbite, les narines et le crâne, a souvent servi à établir entre ces points des communications, morbides , soit par continuité vasculaire , soit par celle du tissu cellulaire. On a vu des polypes du sinus maxillaire détruire ce sinus en arrière, et paraître dans la fosse zygomatique, puis s’avançant plus loin,

arriver ju.sque dans la fosse temporale. J’ai déjà cité ‘ le cas remarquable d’un autre polype qui avait suivi la même marche , venant des fosses nasales par le trou spliéno-palatin dilaté ; mais les deux faits suivants, que j’ai recueillis à l’hôpital delà Charité, sont de nature à bien mieux établir cet usage relatif aux communications morbides des régions indiquées. Deux individus, l’un à la suite d’une fi’acture du col du condyle de la mâchoire, l’autre après un panaris, furent affectés de gonflement dans la région parotidienne ; bientôt après , saillie de l’œil , synq)tômes cérébraux et mort. L’ouverture de leur corps montra une inflammation des veines parotidiennes, temporales et maxillaire interne, inflammation communiquée aussi à la veine ophtalmique et au sinus caverneux. La laxité de l’articulation tcnqioro-maxillaire en avant vers cette région , surtout son mécanisme, font que la luxation n’est possible que dans ce sens 3 on voit alors le condyle franchir la racine transversc de l’apophyse zygoma-

’ / O) . Reyioa olfactive iu terne.

170 ANATOMIE TOPOüllAPHlQüE.

tique , et se porter j)lus ou moins loin dans la fosse de ce nom, obéissant à la traction non équilibrée du muscle ptérygoïdien externe j le déplacement peut être produit par la seule action de ce muscle. Pourtant des puissances étrangères à la fosse zygomatique , celle du masséter et du ptérygoïdien interne , peuvent y concourir , lorsque la mâchoire est fixée dans l’abaissement par une cause quelconque j quant à la tendance de ces derniers muscles à produire la luxation dans l’élévation de la mâchoire , lorsqu’elle succède à un abaissement forcé, cette cause n’est plus admise par personne , et l’anatomie la rejette, parce que toujours la ligne suivant laquelle se propage leur action , reste antérieure au condyle maxillaire.

Page 1