‹ Traité d'anesthésie chirurgicaleChapitre 65 sur 133 · NATURE DE LA MORT SURITE TENDANT L'ANESTHÉSIE · texte numérisé non relu

NATURE DE LA MORT SURITE TENDANT L'ANESTHÉSIE

douteuse ; les veines de l'encéphale, les carotides, le cœur, la veine porte, etc., tous les vaisseaux en contenaient en abondance, mais quelle était leur provenance?

On sait que dès le début de la putréfaction, il se développe des gaz qui s'accumulent dans le système veineux ; ce sont eux qui, ^ même avant tout autre signe de décomposition, donnent naissance à ces sugillations violacées qui se dessinent sur la face antérieure du tronc et des membres. Or, dans ce cas, la putréfaction n'était pas douteuse : « l'abdomen distendu par des gaz (rapportent les experts), et une odeur cadavérique bien prononcée, annonçant un commencement de putréfaction, nous convainquent de l'extinction réelle de la vie (1) » ; et un peu plus loin : « la partie extérieure du cou est gonflée; sur le côté gauche de cette région se montre une Uvidité cadavérique de 2 centimètres carrés environ », Les conditions même de l'autopsie, pratiquée à la fm du mois de mai, vingtsept heures après la mort, suffiraient à défaut d'autre preuve pour affirmer l'existence de la putréfaction; quoi de plus naturel dès lors, et de moins imprévu, que la présence dans le sang de ses produits ?

Dans un troisième cas, l'auteur, assisté de deux confrères, trouve à l'autopsie « dans toutes les veines de la base du crâne, même celles d'un calibre très médiocre, une notable quantité de bulles d'air interceptant le liquide et faciles à déplacer », et dans l'oreillette gauche « un dégagement d'air par bulles »(2). Il suffit, pour en comprendre l'existence, de rappeler que l'autopsie fut pratiquée à la fin du mois d'août et trente-six heures après la mort.

Les experts chargés de pratiquer l'autopsie de madame Simon ont constaté la présence de « quelques bulles d'air dans les veines qui rampent à la surface du cerveau et dans l'artère basilaire » (3). L'absence de gaz dans d'autres points, l'époque

(1) Voyez p. 25'j.

(2) Ibid., p. i'70.

(3) ibid., p. 284,

rUÉSENCE ACCIDENTELLE DE GAZ DANS LES VAISSEAUX. 363

de l'autopsie (soixante-douze heures après la mort), nous dispensent d'attacher h ce détail plus d'importance que ne l'ont fait les médecins légistes qui l'ont rapporté.

A l'examen nécroscopique de madame W...., pratiqué au mois de juin (vingt-cinq heures après la mort) , le médecin Fischer constata également la présence de fluides aériformes dans les vaisseaux du cerveau, dans la carotide (1) ; mais la disparition delà rigidité cadavérique, des lividités prononcées, le boursouflement de la face et du cou témoignent irrécusablement de l'existence de la putréfaction.

Nous ne nous arrêtons à un détail contenu dans l'observation si précise de M. Adolphe Richard, que pour rappeler l'interprétation qu'en donne l'auteur lui-même. « Dans les veines superficielles du cerveau il existait quelques bulles de gaz, mais cette disposition était due à la décomposition cadavérique, et sur un cadavre que nous avons ouvert immédiatement dans l'amphithéâtre, ajoute le judicieux observateur, nous avons trouvé le même développement de gaz » (2).

Enfin, des deux derniers exemples, l'un manque de détails à ce point qu'il échappe à toute analyse et à toute critique; l'autre est emprunté à une autopsie qui, pratiquée au mois de juin en Italie, et quarante-huit heures après la mort, explique suffisamment pourquoi, « l'autopsie montre le cœur gros, flasque et contenant des gaz î (3).

Il n'existe pas, comme le voit, un seul fait, non-seulement qui démontre, mais même qui autorise à admettre la formation dans le sang d'un gaz quelconque pendant l'anesthésie, ou la pénétration de l'air dans les veines, soit pendant les inhalalions, soit pendant le traitement des accidents. Les fluides aériformes trouvés dans les vaisseaux, ayant une origine toute naturelle dans l'existence de la putréfaction, leur influence hypothétique devient inacceptable.

(1) Voyez p. 28."..

(2) IbiL, p. 30-2.

(3) IbiJ., p. 305.

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ARTICLE IV

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