MORTS IMMÉDIATES
Par réthcr.
Par le clilororormc.
CHOIX DE l'agent anestiiésique. Le tableau qui précède, dans lequel nous avons pris le soin de faire figurer la nature des opérations, justifie nos réserves à l'égard des morts consécutives ; il suffit pour montrer combien seraient fragiles de pareilles bases pour une statistique. 11 n'en est pas de même des morts subites survenues pendant la pratique de l'anesthésie, car toutes peuvent lui être légitimement attribuées. En comparant entre eux les résultats fournis par les deux premières années qui suivirent la découverte, on voit que l'année 1847, pendant laquelle on fit usage exclusivement de l'éther, compte un cas de mort. Cette période ne comprend pas tout à fait un an, puisque la première opération fut pratiquée par Liston àl'bôpital du collège derUniversité,le 19 décembre 18Zi6, et en France dans le premier mois de l'année ISbJ; tandis que le chloroforme, expérimenté déjà un grand nombre de fois par Simpson, fut signalé à la Société médico-chirurgicale d'Edimbourg le iO novembre 18Zi7, et immédiatement employé par la plupart des opérateurs. A ce cas de mort avec l'éther, pendant l'année 1847, la statistique en oppose huit avec le chloroforme pendant l'année 1848. Il y a donc eu, avec ce dernier, environ huit fois plus d'accidents pour deux périodes à peu près égales. Si, d'un autre côté, on compare entre eux les nombres respectifs de morts subites dont nous avons rapporté les observations, on arrive aux résultats suivants : Pour l'éther, pendant une période de quinze années (1847 à 1861), 3; ce qui fait une moyenne annuelle de 0,20. Pour le chloroforme, pendant une période de quatorze ans (1848 à 1861), 77 ; ce qui fait une moyenne de 5,50. La comparaison de ces moyennes conduit à conclure que le chloroforme a causé, chaque année, vingt-sepL fois et demie plus d'accidents que Fèther. Mais l'examen des chiffres annuels de morts subites pendant la chloroforraisation montre qu'à l'exception d'une année (1859), ils tendent à décroître, surtout depuis 1854 inclusivement. Jusqu'à celte époque, la moyenne avait été de 6,85 ; depuis lors elle est descendue et reste fixée à 3,57, malgré l'extension toujours croissante de la méthode