‹ Traité d'anesthésie chirurgicaleChapitre 38 sur 123 · MODE D ACTION · texte numérisé non relu

MODE D ACTION

qu'on immerge ol à la rendre aussi inexciiable. Des expériences ont démontré que le bout périphérique d'un nerf, alors même que celui-ci a été complètement séparé de l'axe cérébro-spinal, ne perd jamais son excitabilité ou sa force nerveuse molrice que vers le cinquième jour après cette séparation.

» Les expériences relatives à l'élhérisation directe du tissu nerveux peuvent être conduites de manière à produire tantôt des effets passagers et tantôt des effets durables.

» Dans le premier degré, l'anesthésie peut ne pas durer au delà de quelques instants ; dans le deuxième, les facultés sensitives et motrices volontaires se rétablissent quelquefois en moins de douze heures, et quand ce rétabhssement a lieu, c'est la première qui reparaît d'abord ; dans le troisième degré, enfin, où le contact prolongé de l'éther a pu altérer la composition intime du tissu nerveux, il n'y a plus lieu d'attendre de la restitution lente de ces facultés que la régénération de ce tissu lui-même (1). »

Une circonstance particulière mérite d'être signalée dans l'exposé des expériences de M. Longet : c'est que, par l'immersion dans l'éther, les nerfs perdent leurs fonctions dans le même ordre que sous l'influence des inhalations éthérées. Mais en dehors de ce point de ressemblance, quelle différence profonde entre les effets de l'éthérisme et ceux de l'action directe plus ou moins prolongée ! Au degré le plus superficiel, alors (jue la sensibilité seule est anéantie et l'éthérisation très incomplète, l'anesthésie peut ne durer que quelques instants ; mais un peu plus tard, quand la motricité volontaire du nerf disparaît, bien que l'excitabilité aux agents extérieurs persiste encore, le rétablissement des fonctions ne s'opère plus qu'au bout de plusieurs heures et même quelquefois plus du tout; à lin Iroisième degré, le nerf est (f comme s'il avait été contus, ligaturé, puisqu'il empêche aussi bien qu'une contusion, une ligature, la transmission de la force nei'veuse molrice», dans

(!) LfingRt, ^fc'm. cite, p. 10.

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