‹ Traité d'anesthésie chirurgicaleChapitre 40 sur 123 · MODE D ACTION · texte numérisé non relu

MODE D ACTION

on dépose directement le poison sur le tissu nerveux, mais il faut pour cela qu'il ne provoque aucun travail de désorganisation, et que l'imbibition puisse se produire. La plupart des agents toxiques et les narcotiques en particulier réalisent ces deux conditions. Le nerf soumis à leur action directe présente encore tous les caractères du nerf sain : c'est par analogie que l'on admet une modification imprimée à la matière nerveuse, semblable à celle que l'on suppose exister dans les phénomènes de narcotisation générale. Sans l'altérer, ils pénètrent sa substance, se mettent en contact avec le sang qui le baigne (aussi les phénomènes toxiques sont-ils d'autant plus rapides et plus intenses que le nerf est plus vasculaire), et réalisent des conditions très analogues sinon identiques à celles qui existent quand l'agent est soumis à une absorption préalable, comme précédemment.

Si, par suite de quelque circonstance accidentelle ou de certaines propriétés particulières au poison, les conditions sont changées, Teftet local cesse de se produire ou change de caractère. C. Viborg (1) a pu verser près d'un gramme d'acide cyanhydrique concentré sur le cerveau d'un cheval mis à nu parla trépanation, sans apercevoir la moindre trace d'effet. Le fait n'est peut-être pas à l'abri de toute critique à cause du siège même de l'expérience, et l'on peut se demander après M. Martin-Magron, quels effets on est en droit d'attendre d'une action toxique développée sur un point circonscrit de la surface du cerveau. Mais Hubbard (2), après avoir observé une action très rapide en mettant en contact immédiat cet acide avec les nerfs, s'aperçut également qu'aucun phénomène no survenait, quand il avait soin d'isoler les cordons en passant une carte au-dessous. Ces résultats négatifs, attribués à juste litre à quelque circonstance accidentelle, nous paraissent devoir être la règle en ce qui concerne les anesthésiques à Fél/H li(|ui(U^ ou môme de vapeurs concentrées. L'irritation qu'ils

(1) Act. rcçf. Soc. med Ihifn, 1821, p. 240.

(2) Philadelph. Jmminl, IRJ2.

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