MODE D ACTION DES ANESTHÉSIOUES EMPLOYÉS LOCALEMENT
l'impossibilité absolue d'obtenir avec l'éthcr elle clilorororme certains phénomènes d'anesthésie locale. Si l'on applique ces substances sur la peau, en prenant soin d'atténuer leur action irritante, comme il arrive quand on entoure d'une atmosphère de vapeurs diluées une surface dénudée, un ulcère, un moignon d'amputé, par exemple, rien ne s'oppose à ce qu'il se produise un effet multiple : d'abord une action locale physicochimique qui est incontestable , mais encore une véritable absorption ou imbibition en vertu de laquelle, l'agent stupéliant, intimement confondu avec les iluides organiques en circulation, réahse les conditions indispensables à la manifestation de ses propriétés toxiques, et peut agir sur les nerfs en l'absence de toute manifestation générale. Il ne répugne en aucune façon d'admettre cette action de voisinage, quand elle est incontestable à l'égard d'autres substances. Dans ces cas particuliers, l'anesthésie locale deviendrait possible; son énergie serait en rapport avec l'activité de l'absorption.
11 est presque superflu d'ajouter que nous ne voulons pas restreindre les applications utiles de l'anesthésie locale aux conditions exceptionnelles dans lesquelles pourra s'exercer l'absorption. D'autres influences, tefles que le changement de température déterminé parl'évaporation, l'irritation de la peau, etc., peuvent, comme l'action stupéfiante elle-même, concourir au but que se propose le chirurgien. Mais il importe que, s'élevant au-dessus des données de l'empirisme, il sache faire la part de chacune d'elles^ alin de pouvoir, en les modifiant selon les circonstances, en tirer le meifleur parti possible.
SCCIDENTS DE l'ÉTHÉRISATîON. 225