L’HARMONIE
(Voir fîg. 79, 1 20 et 126.)
L’harmonie, dans une œuvre complète, se trouve à la fois dans l'ensemble, dans la couleur et dans l'effet : dans l’ensemble, lorsque toutes les lignes sont dans les proportions voulues et qu’un côté du tableau est bien balancé par l’autre; dans la couleur, lorsque cette dernière a bien sa valeur selon la place qu’elle occupe; dans l'effet, lorsque les ombres lient bien l’ensemble et donnent le relief vrai aux objets selon leur place et leur distance.
L’harmonie, considérée par rapport à la coloration générale du tableau, peut revêtir trois caractères différents :
Le premier se rencontre dans la manière brillante, celle dont les couleurs sont vives et peu mélangées, manière qui a pour qualité de représenter plus sincèrement la nature vivante et pour danger de conduire facilement aux tons d’éventail.
Le deuxième est déterminé parles tons rompus offrant une harmonie générale dans le tout, sans qu’on y remarque rien qui rappelle la palette du peintre ou les couleurs primitives. Ici, la qualité est dans la finesse et l’écueil dans la monotonie.
Le troisième se présente dans l'œuvre où domine un ton argentin ou gris de perle. La finesse se retrouve encore ici ; mais ce coloris tombe facilement dans la lourdeur, ou, comme dit souvent Reynolds, « dans la farine » .
Ces trois caractères résument à peu près toutes les espèces d’harmonies qui peuvent être produites au moyen des couleurs.
LE TON LOCAL
(Voir fig. 125.)
Le ton local se dit de la couleur même des objets; c’est, par conséquent, le ton local qui exprime la, vérité de la coloration . La
136 PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES DE L’ART
grande difficulté est de le mettre juste à sa place, selon la distance où il se trouve, et en rapport avec l’ensemble et l'harmonie du tableau.