LES MONTAGNES ET LES LOINTAINS
L’un des écueils à éviter dans l’aquarelle, ce sont les duretés sur les bords, surtout pour les lointains ou les montagnes; aussi recommandons-nous de commencer par les lointains et, une fois qu’on les a réussis, de faire le ciel; car alors il est possible d'envelopper les lointains dans ce dernier et, de cette manière, de les adoucir; si pourtant, cela fait, les bords ou quelques parties du ciel
Fig. 8t.
sont trop durs, il faut, avec le pinceau ordinaire, placer légèrement de l’eau sur ces parties et, prenant une petite brosse comme celle que représente la figure 81 , la frotter légèrement sur les parties qu’on vient de mouiller, ce qui adoucira immédiatement les contours ; le difficile est d’arriver juste et de ne point exagérer ce frottis de la brosse dure qui, si elle enlevait trop, apporterait un remède pire que le mal.
L’emploi du pinceau-éponge (fig. 33 et 34, page 48) est aussi un excellent moyen pour combattre la sécheresse des bords.
Les lointains doivent être aussi simples que possible; il faut ne voir que la masse, l’ensemble, et bravement rejeter les détails inutiles.
L’importance des fonds est ainsi affirmée par Rubens : « Ce dernier ayant été prié de prendre un jeune homme pour élève, la personne qui le sollicitait cherchait à l’y engager en disant que ce jeune homme était déjà avancé dans l’art et qu'il pouvait lui être utile pour peindre les fonds. — S’il en est ainsi, répondit en souriant Rubens, il n’a plus besoin de mes conseils1. »