‹ Traité d'aquarelleChapitre 141 sur 215 · LES BRANCHES · texte numérisé non relu

LES BRANCHES

Les chênes des futaies s’élèvent à des hauteurs prodigieuses. C’est entre eux une lutte de géants, pour arriver à voir le ciel et à recevoir les rayons du soleil; on dirait, en les regardant, qu’ils font des efforts inouïs pour sc surpasser les uns les autres. Ce n’est qu’à une hauteur énorme que des branches noueuses et fortes s’étendent à droite et à gauche, comme pour

repousser les faibles et dominer celte mer de têtes d’arbres (fig. 90).

LES ARBRES

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La nature est si puissante et le soleil, qui est comme l’œil de Dieu, est tellement le but auquel aspire toute végétation qu'au milieu de ces immenses futaies il n'est pas rare de voir un arbre jeune encore resté mince, mais que toute l’ardeur de la sève a conduit à la hauteur du géant. Il résiste à l’épuisement causé par ses efforts, si son pied est bien cramponné dans le sol; mais, si la nature n'a pas

Fig. 90.

accompli son œuvre avec toute la sagesse possible, on voit, par un beau jour d’été, le jeune arbre, victime, pour ainsi dire , de son aspiration vers le soleil , s'affaisser en

COUP D'OEIL SUR LA NATURE

faisant trembler le sol.

L’aquarelliste doit dessiner avec le plus grand soin les ramures et le corps de l’arbre, et surtout leur conserver leurs caractères. Il doit remarquer comment les branches viennent généralement s’attacher à l’arbre, comment elles s’y unissent d’une manière solide, comment l’écorce lie et semble presser fortement la branche pour la consolider encore.

Il faut aussi remarquer avec quel art infini a lieu la dégradation de grosseur des branches : telle branche, qui s’attache sur une branche mère, est au moins d’un tiers plus petite que celle- ci.

llien attacher les branches est la preuve d’une grande science et d’un grand mérite :

c’est ce qui caractérise le vrai dessinateur.

Les branches sont les parties les plus

LES ARBRES

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essentielles de l’arbre; le feuille, qui en est l’habit, ne peut se faire que si le corps a été bien étudié dans la réalité et les proportions de ses formes. Le squelette d'un arbre doit être étudié comme le squelette du corps humain.

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