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L’AUTOMNE

Septembre se lève : l’automne du peintre commence, l’automne, époque rêvée du coloriste, heure splendide où le soleil semble donner à ses rayons un éclat plus vif, une chaleur plus intense, pour dorer nos coteaux et nos forêts et les revêtir d’une dernière et plus brillante parure avant les neiges de l’hiver.

C’est surtout vers les forêts que se dirigent, à ce moment les peintres, c’est là surtout que va se dérouler devant eux un spectacle vraiment féerique. Le bouleau chante la première note dans ce concert universel; son feuillage léger et d’un gris argenté emprunte à l’ocre jaune et au brun rouge leurs tons finement bri Hantés ; puis viennent le hêtre et bientôt le chêne, qui, dans leurs masses touffues, offrent toutes les couleurs du prisme, le rouge, le jaune le plus intense, au milieu desquels quelques groupes plus jeunes ou mieux conservés jettent les accents suraigus de leurs rameaux verts. Que le soleil vienne frapper de ses rayons cet ensemble déjà si brillant, et l’on croira assister à un immense incendie.

La nature, en effet, se consume et use ses forces dans ces lumineux éclats; à peine octobre est-il arrivé à ses derniers jours que le vent s’élève et souffle avec violence; la tourmente fait aux arbres une guerre acharnée; elle les enveloppe, les courbe, les secoue et ne leur laisse ni trêve ni merci qu’elle ne les ait dépouillés jusqu’à la dernière feuille.

Le peintro, en s’éveillant, se croit le jouet d’une illusion : la magnifique parure qu’il admirait hier jonche la terre aujourd’hui. Tout est dit; la nature a changé d’aspect. Si le peintre est en forêt, il ne reconnaît plus ses arbres et retrouve à peine son chemin; il lui semble qu’il rêve; il se croit transporté dans un monde nouveau : cetle nature qui s’offre maintenant à ses yeux lui est inconnue; ce n’est plus l’automne, mais ce n’est pas encore l’hiver; qu’est-ce donc?

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