‹ Traité d'aquarelleChapitre 205 sur 215 · MÉDITATION · texte numérisé non relu

MÉDITATION

Aquarelle de Jules Laurens (fi g. 166).

Celte aquarelle représente une vieille femme des environs du Mont-Dore (Auvergne). La tète est penchée et rêveuse. Le tout se détache sur un fond gris.

EXÉCUTION

Employer, pour le début, du papier demi-torchon demi-force (voir page 370, n° 6). Après avoir préparé ce papier sur la planchette ainsi qu’il est indiqué plus haut, prendre un crayon de mine de plomb un peu dur et tracer un trait sec et ferme de la forme de l’ensemble, en indiquant également la forme générale des ombres et en caractérisant cette forme par quelques traits, pour bien les détacher de la partie lumineuse. Qu’on se le rappelle bien, lorsque le moment est venu de placer la couleur, tout doit être clairement figuré par le crayon, afin que, armé du pinceau, ou n’ait plus aucune hésitation sur l’application des teintes. Cela compris et le dessin terminé, prendre la boîte de couleurs et procéder par groupes d’ensemble, attendu que, si l’on couvrait couramment un trop grand espace, les teintes risqueraient de sécher et le modelé dans l’humidité serait impossible. Nous diviserons ici le modelé en cinq parties bien distinctes : la coiffure, la figure, le mouchoir, les mains et les bras.

Pour la coiffure, commencer comme toujours par le ton le plus clair des ombres et, pendant qu’elles sont humides, les modeler, les varier de couleur et de force ainsi que l’indique le modèle.

Passant ensuite à la figure, suivre la même marche que précédemment.

La figure ainsi modelée, étudier le mouchoir en procédant comme il est indiqué ci-dessus.

Peindre suivant les mêmes principes les parties suivantes.

LA FIGURE

LE TON LOCAL

Le ton local, comme nous l’avons (lit ailleurs, est le ton propre de l’objet, ton qui, placé en teinte limpide, l’enveloppe et permet à l’artiste de glisser dans cette teinte toute la variété de tons que lui indique la nature; pour la figure, comme pour le paysage et les fleurs, le ton local doit toujours envelopper l’ombre.

L’aquarelliste sûr de lui-même, lorsqu’il passe le ton local, s’il rencontre un modelé très réussi, peut par un tour de main affaiblir et arrêter net le ton local à cet endroit et conserver toute la fraîcheur à son ton de modelé.

Il faut maintenant, comme toujours, procéder par parties et passer le ton local, d'abord sur la coiffure, en profitant de la teinte humide pour le varier et le modeler, puis procéder de même pour la figure, le mouchoir et les manches de la robe.

L’œuvre ainsi terminée, on doit estomper les parties qui ne sont pas à leur place ou doiit les bords sont durs et donner de la fermeté là où le ton s'est trop affaibli; enfin, retrouver des demiteintes et des lumières à l’aide de la peau de daim et du grattoir. (Voyez pages 49 et 52.)

Fig. 3 GG

LA FIGURE

Page 1