LE FIEL DE BŒUF
Le fiel de bœuf, plus connu sous son nom anglais d’or g a II, car c’est une préparation presque exclusivement anglaise, sert surtout quand on peint sur le torchon ou le demi-torchon. Souvent, en effet, sur ces papiers, qu’on dirait gras, la couleur ne prend pas ou prend irrégulièrement ; pour certaines parties, les ciels par exemple, c’est un avantage; mais, dans d’autres cas, c’est un inconvénient, auquel il faut remédier de cette manière : tremper le pinceau dans l’eau, le frotter sur l’ox gall comme sur une couleur dont on voudrait
LE MATERIEL
largement l'imprégner, le laver ensuite dans le verre d’eau destiné an travail et le dégorger complètement : cette eau, ainsi préparée, mélangée avec les couleurs, permettra de peindre franchement; la limpidité des tons n’en sera pas altérée et ils glisseront mieux sur le papier.
L’ox gall peut rendre encore un service qui n’est pas à dédaigner. Si, l'aquarelle étant faite, on veut enlever nettement certaines parties, on mêle dans l’eau une assez forte quantité d’ox gall, de manière à ce que l’eau change de couleur et prenne un ton verdâtre,
Fig. 40.
puis on emploie cette eau pour enlever : la pénétration en est plus forte et la couleur s’enlève beaucoup plus nettement, grâce à l’ox gail.
Le meilleur fiel de bœuf est celui qui se vend en pâte dans un godet (fig. 40). Le fiel liquide peut tromper pour la qualité et pour la force.